Le criminel aux points de vue anthropologique, psychologique et social (Livre numérique Google)

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Vigot, 1908 - 246 pages
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Fréquemment cités

Page 65 - Pourquoi le remords est-il si terrible, qu'on préfère de se soumettre à la pauvreté et à toute la rigueur de la vertu, plutôt que d'acquérir des biens illégitimes? Pourquoi y at-il une voix dans le sang, une parole dans la pierre? Le tigre déchire sa proie et dort; l'homme devient homicide et veille. Il cherche les lieux déserts, et cependant la solitude l'effraye : il se traîne autour des tombeaux, et cependant il a peur des tombeaux.
Page 145 - Le milieu social, dit-il, est le bouillon de culture de la criminalité ; le microbe, c'est le criminel, un élément qui n'a d'importance que le jour où il trouve le bouillon qui le fait fermenter.
Page 106 - Goya était aussi excentrique que son talent : il puisait la couleur dans des baquets, l'appliquait avec des éponges, des balais, des torchons, et tout ce qui lui tombait sous la main ; il truellait et maçonnait ses tons comme du mortier, et donnait les touches de sentiment à grands coups de pouce.
Page 81 - ... cloaque. On croit voir une affreuse broussaille vivante et hérissée qui tressaille, se meut, s'agite, redemande l'ombre, menace et regarde. Tel mot ressemble à une griffe, tel autre à un œil éteint et sanglant ; telle phrase semble remuer comme une pince de crabe. Tout cela vit de cette vitalité hideuse des choses qui se sont organisées dans la désorganisation.
Page 240 - ... de corps aux êtres vicieux et malingres. Que résulte-t-il de cette protection inintelligente accordée exclusivement aux faibles, aux infirmes, aux incurables, aux méchants eux-mêmes, enfin à tous les disgraciés de la nature ? c'est que les maux dont ils sont atteints tendent à se perpétuer indéfiniment ; c'est que le mal augmente au lieu de diminuer, et qu'il s'accroît de plus en plus aux dépens du bien.
Page 73 - Paris émaillent leur conversation d'un grande nombre demots empruntés à l'argot de tous les métiers et à l'argot proprement dit; ils dénaturent plus ou moins les terminaisons et les désinences des mots, m,ais le fond de la langue reste le même, et il est facile de les comprendre, sans même être initie.
Page 4 - Dieu n'agit pas par des volontés particulières. » Loin de révéler Dieu, la nature est immorale ; le bien et le mal lui sont indifférents. Jamais avalanche ne s'est arrêtée pour ne pas écraser un honnête homme ; le soleil n'a pâli devant aucun crime ; la terre boit le sang du juste comme le sang du pécheur. L'histoire de même est un scandale permanent au point de vue de la morale.
Page 80 - Au dix-septième siècle, se battre, c'était se donner du tabac; au dix-neuvième, c'est se chiquer la gueule. Vingt locutions différentes ont passé entre ces deux extrêmes. Cartouche parlerait hébreu pour Lacenaire. Tous les mots de cette langue sont perpétuellement en fuite comme les hommes qui les prononcent. Cependant, de temps en temps, et à cause de ce mouvement même, l'ancien argot reparaît et redevient nouveau.
Page 114 - ... L'apprenti a vu tatouer un camarade plus âgé et il a voulu faire le brave : il a tendu son bras à l'opérateur, et, malgré la douleur, il s'est laissé faire. Tout cela est pur amusement, et généralement le malfaiteur ne cherche à produire aucun effet en se tatouant. « Quand le jeune Océanien, lui, soumet son corps tout entier, et d'abord son visage, tout ce qu'il expose au regard de tous, à la cruelle opération que les rites de sa tribu lui imposent, il sait le motif sérieux qui...
Page 56 - ... Peuple, souviens-toi que si, dans la République, la justice ne règne pas avec un empire absolu, et si ce mot ne signifie pas l'amour de l'égalité et de la patrie, la liberté n'est qu'un vain nom. Peuple, toi que l'on craint, que l'on flatte et que l'on méprise; toi, souverain reconnu, qu'on traite toujours en esclave, souviens-toi que partout où la justice ne règne pas, ce sont les passions des magistrats, et que le peuple a changé de chaînes et non de destinées.

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