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Essai sur la vie, le caractère et le génie de Lord Byron

 (Livre numérique Google)
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Page 93 - En achevant ces mots épouvantables, Son ombre vers mon lit a paru se baisser; Et moi, je lui tendais les mains pour l'embrasser ; Mais je n'ai plus trouvé qu'un horrible mélange D'os et de chairs meurtris, et traînés dans la fange, Des lambeaux pleins de sang, et des membres affreux Que des chiens dévorants se disputaient entre eux...
Page 126 - Et toi, Byron, semblable à ce brigand des airs, Les cris du désespoir sont tes plus doux concerts. Le mal est ton spectacle, et l'homme est ta victime. Ton œil, comme Satan, a mesuré l'abîme, Et ton âme, y plongeant loin du jour et de Dieu, A dit à l'espérance un éternel adieu...
Page 236 - ... d'obtenir l'estime. Tant de changements ont eu lieu depuis cette époque dans le cercle de Milan, que j'ose à peine en rappeler le souvenir... La mort, l'exil et les prisons autrichiennes ont séparé ceux que nous aimions... Le pauvre Pellico! j'espère que, dans sa solitude cruelle, sa muse le console quelquefois...
Page 127 - Parmi les chœurs sacrés tu t'asseyais encor; Jamais, jamais l'écho de la céleste voûte, Jamais ces harpes d'or que Dieu lui-même écoute, Jamais des séraphins les chœurs mélodieux, De plus divins accords n'auraient ravi les cieux! Courage! enfant déchu d'une race divine! Tu portes sur ton front ta superbe origine! Tout homme en te voyant reconnaît dans tes yeux Un rayon éclipsé de la splendeur des cieux!
Page 126 - L'aigle, roi des déserts, dédaigne ainsi la plaine; II ne veut, comme toi, que des rocs escarpés Que l'hiver a blanchis, que la foudre a frappés; Des rivages couverts des débris du naufrage, Ou des champs tout noircis des restes...
Page 127 - Laisse aux fils de la nuit le doute et le blasphème; Dédaigne un faux encens qu'on t'offre de si bas : La gloire ne peut être où la vertu n'est pas.
Page 126 - Le mal est ton spectacle, et l'homme est ta victime. Ton œil, comme Satan, a mesuré l'abîme, Et ton âme, y plongeant loin du jour et de Dieu, A dit à l'espérance un éternel adieu ! Comme lui, maintenant, régnant dans les ténèbres, Ton génie invincible éclate en chants funèbres; II triomphe, et ta voix, sur un mode infernal, Chante l'hymne de gloire au sombre dieu du mal. Mais que sert de lutter contre sa destinée?
Page 237 - Scott; je le connais beaucoup, et je l'ai vu dans des circonstances qui mettent en évidence le vrai caractère de l'homme. Je puis donc vous certifier que son caractère est digne d'admiration, que de tous les hommes il est le plus franc, le plus honorable, le plus aimable. Quant à ses opinions politiques, je n'ai rien à en dire : comme elles diffèrent des miennes, il est difficile pour moi d'en parler; mais il est parfaitement sincère dans ses opinions, et la sincérité peut être humble ,...
Page 125 - Toi, dont le monde encore ignore le vrai nom, Esprit mystérieux, mortel, ange ou démon, Qui que tu sois, Byron, bon ou fatal génie, J'aime de tes concerts la sauvage harmonie Comme j'aime le bruit de la foudre et des vents Se mêlant dans l'orage à la voix des torrents...
Page 234 - Voilà en grande partie, et autant que ma mémoire peut me les rappeler, les opinions et les jugements qu'émit Byron dans les trop rapides moments que je passai près de lui. Je l'ai dit: c'est lui qui donnait du prix à ces riens, qui, détachés, peuvent n'avoir que peu d'intérêt, mais qui dans leur ensemble, avec la grâce qu'il y mettait , avec tous les soins d'une hospitalité charmante, en avaient un extrême. Certes, il n'est pas de grand homme qui ne perdît au fidèle tableau de sa conversation...

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