Études littéraires sur le dix-neuvième siècle (Livre numérique Google)

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H. Lecène et H. Oudin, 1887 - 456 pages
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Page 136 - Le Fils de l'Homme ait dit ce qu'on voit rapporté Muet, aveugle et sourd au cri des créatures, Si le Ciel nous laissa comme un monde avorté, Le juste opposera le dédain à l'absence Et ne répondra plus que par un froid silence Au silence éternel de la Divinité.
Page 292 - Alors il se soulève, ouvre son aile au vent, Et, se frappant le cœur avec un cri sauvage, II pousse dans la nuit un si funèbre adieu, Que les oiseaux des mers désertent le rivage, Et que le voyageur attardé sur la plage, Sentant passer la mort, se recommande à Dieu.
Page 211 - Les astres émaillaient le ciel profond et sombre ; Le croissant fin et clair parmi ces fleurs de l'ombre Brillait à l'occident, et Ruth se demandait, Immobile, ouvrant l'œil à moitié sous ses voiles, Quel dieu, quel moissonneur de l'éternel été Avait, en s'en allant, négligemment jeté Cette faucille d'or dans le champ des étoiles.
Page 149 - Mais toi, ne veux-tu pas, voyageuse indolente, Rêver sur mon épaule, en y posant ton front? Viens du paisible seuil de la maison roulante Voir ceux qui sont passés et ceux qui passeront. Tous les tableaux humains qu'un Esprit pur m'apporte S'animeront pour toi quand, devant notre porte, Les grands pays muets longuement s'étendront.
Page 183 - C'est que l'amour, la tombe, et la gloire, et la vie, L'onde qui fuit, par l'onde incessamment suivie, Tout souffle, tout rayon, ou propice ou fatal, Fait reluire et vibrer mon âme de cristal, Mon âme aux mille voix, que le Dieu que j'adore Mit au centre de tout comme un écho sonore.
Page 47 - Le jour, je m'égarais sur de grandes bruyères terminées par des forêts. Qu'il fallait peu de chose à ma rêverie ! une feuille séchée que le vent chassait devant moi, une cabane dont la fumée s'élevait dans la cime dépouillée des arbres, la mousse qui tremblait au souffle du nord sur le tronc d'un chêne, une roche écartée, un étang désert où le jonc flétri murmurait!
Page 149 - Oh ! qui verra deux fois ta grâce et ta tendresse, Ange doux et plaintif qui parle en soupirant ? Qui naîtra comme toi portant une caresse Dans chaque éclair tombé de ton regard mourant, Dans les balancements de ta tête penchée, Dans ta taille dolente et mollement couchée Et dans ton pur sourire amoureux et souffrant...
Page 134 - Vos anges sont jaloux et m'admirent entre eux. Et cependant, Seigneur, je ne suis pas heureux; Vous m'avez fait vieillir puissant et solitaire, Laissez-moi m'endormir du sommeil de la terre.
Page 115 - Un jour, de nobles pleurs laveront ce délire ; Et ta main, étouffant le son qu'elle a tiré , Plus juste arrachera des cordes de ta lyre La corde injurieuse où la haine a vibré! Mais moi j'aurai vidé la coupe d'amertume, Sans que ma lèvre même en garde un souvenir ; Car mon âme est un feu qui brûle et qui parfume Ce qu'on jette pour la ternir.
Page 137 - Gémir, pleurer, prier, est également lâche, Fais énergiquement ta longue et lourde tâche Dans la voie où le Sort a voulu t'appeler, Puis, après, comme moi, souffre et meurs sans parler.

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