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sés. Sans les combats de la révolution , quelle bouche eut jamais prononcé les noms de Bernadotte , de Masséna , d’Augereau, de Lannes , de Desaix, de Davoust, de Ney, d’Oudinot, de Bertrand , de Pichegru , de Moreau , - de Jourdan, de Soult , de Macdonald, de Marmont, de Victor, de Suchet, de Mortier, de Lauriston , de Molitor, de Bonaparte , et de tant d’autres qui font l’ornement de nos fastes militaires. Sans doute on en aurait lu quelquesuns dans les almanachs militaires ; mais à quelles places les aurait-on trouvés?

Les récompenses , accordées aux armées qui avaient vaincu et aux individus qui s’étaient signalés dans les combats fétaient un puissant aiguillon qui les poussait a de nouveaux exploits. Sous la convention et le directoire , un décret, parlequel ces gouvernemensdéclaraient que telle armée ‘avait bien mérité de la patrie, enflammait tous les bataillons du plus vif enthousiasme; et, lorsqu’un soldat était proclaméà la tête de sa demi-brigade , comme ayant bien faitson devoir, cet éloge, contre lequel il n’y avait pas à réclamer, était regardé, par tous les camarades du brave, comme le prix le plus glorieux qu’ils pussentjamais mériter eux-mêmes.

Les proclamations des généraux étaient un des moyens les plus efficaces qu’ils pussent. employer pour animer les troupes, la veille ou au moment d’une bataille. Le général Bonaparte avait le talent de les faire aussi courtes qu’énergiques. Il imitait en cela Henri IV, qui, à Ivry, ne prononça que ces belles paroles : « Vous ‘êtes Français, je suis votre roi. Dans la mêlée, jetez les yeux sur ce panache blanc, vous le verrez‘ toujours dans le chemin de l’honneur et de la victoire. » Tous les discours de ce grand capitaine à ses soldats portent ce caractère antique, dont l’énergique brièveté se. grave profondément dans l’esprit de cent mille hommes qui marchent à l’ennemi.

Les fusils, les pistolets , et les sabres d’honneur ajoutèrent un nouveau degré a la vive émulation qui, depuis près de dixans , régnait parmi les troupes. Mais l’institution de la Légion-dflonneur, et le signe distinctif queles légionnaires portaient sur leur poitrine, achevêrent d’enflammer au plus haut degré cette ardeur à laquelle rien ne résiste, et qui de tous les soldats d’une armée fait autant de héros. Qui pourrait dire le nombre des actions d’éclat dont la patrie est redevable à cette étoile et a

ce ruban rouge, devant lesquels tous les fac

tionnaires ont reçu l’ordre de porter les armes’) Voyez-vous cet intrépide cavalier qui s’élance au milieu d’un bataillon ennemi? il lui veut enlever son drapeau pour conquérir la croix d’honneur. Celui qui se précipite, le sabre àÄla main, sur une pièce de canon, c’est pour gagner cette même croix par la mort des canonniers. La mort n’est rien, le ruban rouge est tout pour ces braves. Enfin, la plus noble et la plus brillante récompense est proposée a tous les soldats de farmée. Uéminente dignité de maréchal de France, à laquelle le brave Chevert ne put être élevé sousle règne de Louis XV, ainsi que tantd’autres braves officiers qui n’avaient pas l’honneur d’être nés gentilshommes, attend le conscrit de vingt ans, que sa bravoure et ses talensauront fait monter depuis le rang de sous-officier jusqu’au grade de général de division. Dix combats pourront lui mettre à la main le sceptre des guerriers.

Le conscritl On voit , par ce mot, que lesystème de recrutement de l’armée n’était plus le même qu’avant la révolution. Ce dernier’ avait été remplacé par des réquisitions qui, a leur tour, le furent par la‘ conscription , a laquelle

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tous les jeunes gens, âgés de vingt ans révolus, furent assujettis. Chaque année, les communes étaient obligées d’en dresser un tableau, et de le transmettre au procureur-syndic, ou au préfet de leur département respectif, lequel, conformément aux ordres qu’il avait reçus du ministre de la guerre , arrêtait, proportionnellement a la population de ces communes, le nombre des conscrits qu’elles devaient fournir a l’armée. .a

, Ce mode de recrutement, d’abord exécuté avec une certaine modération , devint peu a peu une étrange vexation par lesambitieux projets de Bonaparte, au point que toute la jeunesse française, depuis vingt ans jusqu’à trente et plus,‘ se vit menacée d’un appel forcé aux diapeaux. D’abord, de quatre-vingt à cent mille hommes, les conscriptions s’élevèrent successivement depuis deux cent mille jusqu’à trois cents. Chose étonnante! Ces conscrits, qui s’étaient cachés pour ne pas tirer au sort, ou qui n’avaient marché qu’en tremblant vers le lieu du tirage, étaient devenus, au bout de moins de trois mois , de bons soldats, et capables de faire trembler l’ennemi qui se moquait de leur jeunesse. En 1814 on en vit avec ad

miration dans les plaines de la"Lorraine et de la Champagne, plus de cinquante mille dont la plupart étaient sans souliers, et vêtus des seuls habits qufilsavaient en sortant de leurs villagQs , se battre avec autant de succès que de valeur contre les soldats de la Ptussie et de la Prusse. Cependant cet étonnement salfaiblira un peu, si‘ l’on pense que toute la jeunesse française était devenue militaire, par les fréquens exercices qu’elle se plaisait à faire journellement dans les villes, dans les villages, et jusque dans les plus petits hameaux.

Si nous considérons l’armée française depuis la restauration , nous la trouverons bien changée de ce qu’elle était auparavant, sans avoir néanmoins perdu ce courage , innéchez tousles Français, dont elle avait donné, pendant plus de vingt années, tant de preuves éclatantes. Forcée de céder , comme en rugissant, aux armées européennes, réduite par cent comëats glorieux au quart de ce qu’elle était deux ns auparavant, et soumise au monarque légitime,

qui lui avait conservé de sa ‘gloii‘e tout ce

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qui dépendaitde lui , elle ne soupirait qu après l’occasion de se mesurer de nouveau avec les ennemis, fiers d’avoir fait succomber, sous l’é

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