•presque également cher. Si les adjectifs se rapportaient au même substantif, la répétition n'aurait pas lieu:
Ce jeune et beau monsieur se croit tout permis.
Ce, (pronom.)
2. Le pronom ce, suivi d'un pronom relatif et placé au commencement d'une phrase, doit ordinairement être répété dans le second membre, si toutefois celuici renferme le verbe être: Ce qui augmente mon chagrin et mes inquiétudes, c'est Vindifférence avec laquelle vous recevez mes exhortations.— Ce qui me rend la vie douce, c'est votre attachement. On pourrait à la rigueur supprimer ce pronom dans ces deux exemples, mais l'emploi en est indispensable quand le verbe être est suivi d'un pluriel ou d'un pronom de la première ou de la deuxieme personne: Ce que je blâme en vous, ce sont vos indiscrétions et vos fanfaronnades.—Ce qui m'attire dans ce jxtys, c'est vous, ce sont les agréments de votre société.— Ce qui l'inquiète, c'est moi, ce sont mes imprudences.
3. L'emploi de ce pronom a lieu d'ordinaire aussi avant le verbe être, quand le sujet, sans renfermer ce, est d'une certaine etendue: Un éloge particulier que mérite la, Grèce, c'est d'avoir produit les plus grands hommes dont l'histoire doive conserver le souvenir. (Ma
Wy.)
4. Dans co cas aussi l'emploi de ce serait indispensable, si l'attribut singulier, qui commence la phrase, était suivi du verbe être accompagné d'un sujet pluriel. Une autre singularité de la ville de Rome, ce sont les trou~ peaux de chèvres, et surtout ces attelages de grands bœufs aux cornes énormes. (Châteaubriand.)
5. Quand le verbe être est suivi d'un simple adjectif, la répétition de ce n'a jamais lieu: Ce qu'il a fait est digne d'eloge.—Ce qui m'indigne est donc louable à vos yeuac.
7. Ce suivi du verbe être et d'un adjectif se dit de ce qui précède; pour désigner ce qui suit, on emploie il pris impersonnellement.1 On dira donc: Le prince a tort, c'est incontestable.—Je ne me serais pas attendu à cela, c'est vraiment indigne d'un honnête homme; mais il faut dire: Il est indigne de se conduire ainsi.—Il est possible que j'aie eu tort.—
II est beau de mourir pour sauver rinnocence.
(Voltaire.)
8. Hors le verbe être, il n'y a guère que les verbes pouvoir, devoir et sembler qui sont quelquefois, mais rarement, précédés de ce au lieu de cela: Figurez-vous quelle joie ce peut être, (Molière.)—Ce doit être faux.— Il fera beau temps, ce me semble.
Rem.—-Il y a une différence entre quelle heure est-ce? et quelle heure est-il f Le premier siarnific, quelle est Vheure qui sonne en ce moment f Quelle heure est-il f peut se dire en toute circonstance, où l'on ignore l'heure. A la première question, on répond, c'est deux heures, et il la seconde, il est deux heures.
(Grammaire nationale.)
9. Remarquez des locutions telles que les suivantes, où que vient à la suite de ce: C'est un crime à Tyr que d'avoir de grands biens. (Fénelon.)—C'est créer les talents que de les mettre en place. On pourrait dire aussi, avoir de grands biens, c est un crime à Tyr, etc., mais l'emploi de c'est au commencement de la phrase fortifie puissamment le mot qui le suit. On se servira donc de cette locution toutes les fois qu'on voudra attirer l'attention sur un certain membre de phrase.
Celui, celle, ceux, celles.
10. Devant la préposition de on supprime quelquefois celui, celle, ceux, celles: Cette conduite est d'un honnête
Mais quand* le substantif remplacé par le pronom démonstratif représente un objet matériel, cette suppression ne peut avoir lieu. On ne dira donc pas: Ce jardin est de mon cousin; mais est celui de mon cousin.
11. L'emploi de celui, celle, etc., est indispensable pour remplacer le second substantif énuméré dans des phrases telles que la suivante : J'ai entendu ta uoix et celle de ta sœur.
Celui-ci, celui-là.
12. Celui-ci, celle-ci, ceux-ci, celles-ci,—celui-là, celle-là, ceux-là, celles-là, ne peuvent être suivis d'un pronom relatif, à moins qu'ds ne soient précédés de c'est, ce sont, c'était, etc., ou que le pronom relatif ne commence une proposition incidente explicative, c'est-à-dire une proposition susceptible d'être retranchée. Dans ce dernier cas les pronoms celui-ci, celui-là, etc., sont toujours séparés du pronom relatif par une virgule, ce qui n'a jamais heu après celui, celle, ceux, celles: C'est celui-là qui m'a frappé.— Voyez-vous ces deux maisons? Celle-ci, qui a coûte vingt mille florins, ne vaut pas cellelà, que f ai eue pour la moitié de cette somme.
13. On emploie celui-là, pour celui, quand le pronom relatif en est séparé par le verbe: Celui-là est heureux, dont la conscience est tranquille. Cette construction s'emploie principalement pour éviter de couper une proposition principale par une incidente déterminative d'une certaine étendue.
Ceci, cela.
14. Ces deux pronoms se disent des choses. Exprimés ensemble, ils marquent une espèce d'opposition, et s'emploient ordinairement, le premier pour désigner l'objet qui est près de nous, le second pour
16. Après le verbe être, on emploie la ce qui, là ce que, là ce dont au lieu de cela qui, cela que, cela dont: C'est là ce qui m'afflige.—Est-ce là ce que vous m'aviez promis?
17. On emploie quelquefois cela en parlant des personnes, mais familierement et sur un ton de mépris:
Cela parle, cela se vante, et cela ne sait rien.
18. Dans la conversation tout-à-fait familière on emploie ça au lieu de cela: Comment ça va-l-il.—Ca ne l ' amuse pas.
Pronoms relatifs.
PREMIER COURS.
§64.
1. Les pronoms relatifs sont ceux qui ont rapport à un substantif ou à un pronom, que pour l'ordinairo ils suivent immédiatement, et avec lequel ils ont une relation intime. Ces pronoms sont qui, dont, que, quoi, ou, lequel, laquelle, lesquels, lesquelles.
2. Le substantif ou pronom, auquel se rapporte le pronom relatif, se nomme l'antécédent de ce pronom. Ainsi dans les phrases: La douleur qui se tait n'en est pas moins vive.—C'est vous que nous cherchons, l'antécédent de qui est douleur, et celui de que est vous.
3. Il faut, autant qu'il est possible, rapprocher le pronom relatif de son antécédent, ou du moins ne pas l'en séparer par un substantif ou un pronom, à cause de l'équivoque qui pourrait en résulter. On ne dira donc pas: J'ai remis la lettre à votre sœur que vous m'aviez confiée; mais, en rapprochant que de son antécédent lettre, on construira ainsi: J'ai remis à votre
pu dire: Les mats des vaisseaux qui s'élevaient et se confondaient de toutes parts, parce que le verbe s'élevaient prouve d'une manière évidente que le pronom qui se rapporte à mâts et non à vaisseaux.
On trouve aussi quelquefois le pronom séparé de l'antécédent par un verbe ou un autre mot: un loup survint à jeun, qui cherchait aventure. (La Fontaine.) —Sans vouloir condamner cette construction, il faut en général être circonspect sur son emploi, ou, mieux encore, éviter d'en faire usage.
Qui.
5. Le pronom qui est des deux genres et des deux nombres. Employé sans préposition après son antécédent, il est sujet, et se dit des personnes et des choses: Le premier qui fut roi fut un soldat heureux. (Voltaire.)—C'est l'intérêt qui le fait agir.
Employé avec une préposition, il ne se dit que des personnes: La dame de qui ou dont je tiens cette nouvelle est une personne sure.—Je vous indiquerai un homme à qui vous pourrez vous adresser en toute confiance.
Quand il s'agit de choses, il faut, dans ce cas, employer lequel: Voilà le banc sur lequel je me suis assis.— Il m'écrivit un billet, auquel je n'ai pas répondu.
6. Qui s'emploie aussi sans antécédent exprimé, et comme tel il est aussi des deux genres et des deux nombres, et figure sous la même forme en qualité de sujet, de régime direct, et de régime indirect; seulement dans cette dernière fonction, il est précédé de la préposition: Qui sert les malheureux sert la divinité. (Latouche.)—Je sais qui vous préférez.— On sait à qui vouz avez révélé ce secret, et de qui vous avez trompé la confiance.
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