cessa peu de temps après la perte de la bataille de Saint-Quentin. Les réformés de la capitale qui avaient choisi les lieux les plus secrets pour tenir leurs assemblées religieuses *, s'imaginant que l'embarras où se
1 On lit dans la préface d'un manuscrit de la Bibliothèque Royale intitulé : Histoire des Persécutions et Martyrs de l'Eglise de Paris, depuis 1557, jusqu'au temps de Charles neufième, les paroles suivantes: Nous avons esté longtemps cachez en nos maisons privées, aux bois et aux-cavernes, et nous a souvent la nuict couverts aux cachettes. 182, Saint-Germain. Manuscrits français. Théologie. ,
Ce manuscrit est peut-être l'original de l'ouvrage de la Roche-Chandieu. Malheureusement la partie la plus intéressante, depuis la page 7-71, manque.
Florimond de Rémond nous donne quelques détails sur ces assemblées secrètes des premiers réformés. « Ils ont longuement continué, dit-il, cette façon de s'assembler là où ils ont peu establir des tglùes secrètes, comme dans la vaste forêt de Paris.
Pour faire ces assemblées, on faisait choix de quelque maison qui eust des huis desrobez, afin de pouvoir au besoin se sauver. Et aussi entrer par diverses advenues, et celuy qui faisait le Predicant, portait des dez et des cartes, afin de les pouvoir jeter sur le tapis, au lieu de là Bible, et couvrir leur fait sur le jeu. Ainsi se sauva le ministre Louperaut, qui se fait appeler Montigni, dans la rue du Coq, à Paris, près le Louvre, en la chambre garnie de maistre Pierre du Rosier, lequel ayant esté surpris par son hoste, avec dix ou douze luthériens s'excusa sur les parties qu'ils avoient fait aux cartes et aux dez, avec ses compagnons, Le ministre de Mantes était plus advisé, quand preschant à cachettes, à Paru , à la Croix-f'erte, prés le Louvre, il faisait mettre des jetions* sur la table et des contes pour tromper tes survenants, s'ils n'estaient de son troupeau. Liv. vu, p. 910.
Voici encore, au sujet de ces assemblées clandestines, une anecdote du même auteur, qui se plaît souvent, ainsi que nous l'avons déjà remarqué, à jeter du ridicule sur les réformés. « Comme un jour, dit-il, quelques-uns craignant estre surpris à Paris, eussent pris les champs ef par diverses routes se fussent rencontrez en un mesme lieu escorté et estoigné du village , il advint que sur le point de la manducation (la Cène) le pain jà distribué, le surveillant cassa la bouteille destinée pour la potation sacramentalte ; de sorte que demeurant sans vin, ta troupe resta bien estonnée. Quelqu'un proposa de la faire avec de l'eau,