Recherche Images Maps Play YouTube Actualités Gmail Drive Plus »
Ma bibliothèque | Aide | Recherche Avancée de Livres | Historique Web | Connexion

Livres

  
[ocr errors]

SCENE II.

LA PRINCESSE, MERDINE, tonte effarée* & en déshabillé comme la Prince£e.

M E R p l N E.,

~E*H bien ! j'y cours.... Quelle vapeur Vous a fait devancer le réveil de FAurere? Madame , )e croyok que voiu dormiez encore.

LA PRINCESSE.

Was-tu pas entendu, quand l'ai parlé tovthauti Je viens de tn'éveiUer tout a- l'heure e- *

Oh; que voilà d'allarme & du bruit pour àe*

fonges!

Là., tranquilifez vous, tous fonges font mepfonges. - ~

Vous faites, je ne fçais, quel galimatias.,,. Si le Diable venait ....

LA PRINCESSE.

Paix.... il ne viendra pas.

i

MERDINE

A raconter fes maux fouvent en les foulagt i Caites- moi cette hiftoire ; allons, prenez eou« rage.

LA PRINCESSE.

Merdine, tu connois ceTréTent fi charmant Qu'en partant me laifla le Prince moq Amanç \

Ce don fi précieux, gage de fa tendrefle, Ce tréfor qui depuis fait toute ma richefiè} MERDINE.

Eh , vraiment, je le deis, Pulique par jour au moins je le vuide dix fois.

LA PRINCESSE. Je cemmcnçok à peine è cligner la prunelle; A peine je venois d'éteindre ma chandelle» ( Car avant de dormir je la iouifle toujours,) La nuit éroit à peine au milieu de (on cours > Un bruit affreux foudain chez moi fe fait entendre;

Tout tremble, tout paroîtfebriièr &fè fen« drei

J'entends des cris , des pleurs & des gêmïjjemensi Dis ferpens de Peffroi j'entends les" fifflemens} Bref, après tous ces cris d'horreur & d'épouvante, A la pile lueur d'une lampe mourante, Je vois un Spectre affreux s'élever d'un tombeau >

Tenant entre fes mains unlugubroßambeau:

Ii tourne autour du Pot > la rage dans les

yeux;

Il pâlit à fa vue , ôc, d'un ton furieux, Perfide, me dit ii, au mépris de ta gloiré, TU trahis donc ainit mon nom ôc ma mémoire?

Ton époux eft outré de tes feux infolens; Plus les nœuds font facris, flus Us crimes Jim grands J

Je toméis tes erreurs, je Us rappelle toutes. ItC Prince Mordaucul t'adore, ôc tu récentes i

Son Pot eft à tes yeux le plus grand de tes biens;

Tu chéris fes préfens, tu méprifes les miens. Où donc eft la Seringue ôc la Chaile- percée,

Que dans mon Teftament ma flamme t'a

laifsée î

Contre un vil Pot de Chambre as-tu pu let changer?

Tremble, perfide femme. Oui, je viens une vanger.

Encor fi je voyois ton repentir fincere,

Р'ине main vigoureufe il veut fraper mon Pot:

Immobile, glacée, & tfofantdire mot, J'avois jufques alors écouté les menaces i Mais voyant le danger, je vole fur fes traces > Je peniois l'arrêter.... Le Phantome odieux Me renveriè à lès pieds & le brife à nias yeux.

Je vois briller l'éclair ¡ je fens trembler la Terre;

Et le finge finit far un coup de tonnerre.

Je m éveille à ce coup , & tremblante, je

cours

A mon cher Pot de Chambre objet de mes

amours:

Ц m'a fervi d'autel > jamais nul facrifice Ne fut offert aux Dieux avec plus de dé' lice >

Et combattant ainfi ce pronoftic mortel, J'ai forcé le tombeau de céder à P autel.

Voilp quel mon finge.... EJ> bien, dis , que

t'en fimble i Parle-moi fans détour.... MERDINE, qui a écouté le récit du Jongt toujours dans la même poflure d'effroi, ouvrant

« PrécédentContinuer »