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,tné, lequel approche le mieux de la perfection de leur âge. Parmi les enfans de la ville nul D'est plus adroit que lui, mais il est plus fort qu'aucun autre. .Parmi de jeunes paysans, il les égale en force & les passe en adresse. Dans tout ce qui est à portée de l'enfance, il juge, il raisonne, il prévoit mieux qu'eux tous. Est-ìl question d'agir, de courir* de sauter, d'ébranler des corps, d'enlever des masses, d'estimer des distances, d'inventer des jeux, d'emporter des prix? on diroit que la nature est à ses ordres, tant il fait aisément plier toute chose à ses volontés. 11 est fait pour guider, pour gouverner fes égaux; le talent, l'expérience lui tiennent lieu de droit & d'autorité. Donnez-lui l'habit & le nom qu'il vous plaira, peu importe; il primera par-tout, il deviendra par-tout le chef des autres; ils sentiront toujours sá supériorité sur eux. Sans vouloir commander,il sera le maître, fans croire obéir, ils obéiront.

II est pafvenu à la maturité de l'enfance,il a védi de |la vie d'un enfant, il n'a point ifchetté sa perfection aux dépens de son bonheur: au contraire, iîs ont concouru l'un à l'autre. En acquérant toute la raison de son âge,il a été heureux & libre autantque sa constitution lui permêt de l'étre. Si la fatale faux .vient moissonner en lui la fleur de nos esperances , nous n'aurons point à pleurer à la fois fa vie & fa mort, nous n'aigrirons point nos douleurs du souvenir de celles que nous lui aurons causées; nous nous dirons; au moins il a joui de son enfance; nous ne lui avons rien fait perdre de ce que la nature lai avoit donné.

Le grand inconvénient de cette premiere éducation, est qu'elle n'est sensible qu'aux hommes clairvoyans, & que dans un enfant élevé avec tant de foin,des yeux vulgaires ne voyent qu'un poliçon.Uo Précepteur songé à son intérêt plus qu'à celui de son Disciple,il s'attache à prouver qu'il ne perd pas son tems & qu'il gagne bien l'argent qu'on lui donne; il le pourvoit d'un acquis de facile étalage & qu'on puisse montrer quand on veut; il n'importe que ce qu'il lui apprend soit utile, pourvûqu'iïse voyeaisément. II accumule sans choix, fans discernement, cent fatras dans fa mémoire. - Quand il s'agit d'examiner l'enfant» on lui fait déployer fa marchandise, il l'é-v

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taie, on est contents puis il replie son balot & s'ed ya. Mon éleve n'est pas si riche , il n'a point de balot à déployer, il n'a rien à montrer que lui-même; Or un enfant, non plus qu'un homme, né se voit pas en un moment. Où sont les Obi'ervateurs qui sachent saisir au premier coup d'œil les traits qui le caractérisent? 11 en est, mais il en est peu, & sur cent mille peres,il ne s'en trouvera pas un de ce nombre.

Les questions trop multipliées ennuyent & rebutent tout le monde, à plus forte raison les.enfans; Au bout de quelques minutes leur attention so lasse, ils n'écoutent plus ce qu'un obstiné questionneur leur demande f & ne répondent plus qu'au hasard. Cette maniere de les examiner est vaine & pédantesque; souvent un mot pris à la volée peint mieux leur sens & leur esprit que ne feroient de longs discours: mais il faut prendre garde que ce mot ne soit ni dicté ni fortuit. 11 faut avoir beaucoup de jugement foi - même pour apprécier celui d'un enfant.

J'ai oui raconter à feu Milord Hyde, qu'un de ses amis revenu d'Italie après trois ans d'abience, voulut examiner les progrès de son fils âgé de neuf à dix ans. Ils vont un soir se promener, avec son Gouverneur & luidans une plaine où des Ecoliers s'amusoient à guider des cerf - volans. Lc pere en passant dit à son fils, est le ctsf-volant dont voilà l'ombre? fans hésiter, sans lever la tête, 1 enfant dit, Jur le grand chemin. Et en effet, ajoûtoit Milord Hyde, le grand chemin étoit entre le soleil & nous. Le pere à ee mot embrasse son fils, & finissant-là son examen, s'en va fans rien dire. Le lendemain il envoya au Gouverneur l'acte d'une pension viagere outre ses appointemens.

Quel homme que ce pere-là , & quel fils lui étoit promis? La question est précisément de l'âge; la réponse est bien simple; mais voyez quelle netteté de judiciaire enfantine elle suppose! C'est ainsi que l'Eleve d'Aristote apprivoisoit ce Coursier célèbre' qu'aucun Ecuyer n'avoit pu dompter.

Fin dit Tome premier.

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roi ;niais cet entourage, dont l'aveuglement préparait la plus étonnante catastrophe, ne bornait y" pas son animosité au chef de la maison d'Orléans; elle la reportait sur toute la famille.

Le duc de Chartres recut le cordon bleu un an plus tard qu'il n'était d'usage de le donner aux princes du sang. Ce fut le premier janvier 1789 qu'il fut nommé chevalier du Saint-Esprit.

La possession de ce titre donnait au prince des droits à une pension annuelle de mille écus; la somme fut partagée par lui entre ses frères et sœurs; ils en firent don à des malheureux.

Le duc de Chartres touchait à peine à sa seizième année. Lorsque les murs de la Bastille s'écroulèrent, l'arbre de la liberté fut planté sur cette place où gisaient les derniers vestiges du despotisme; le peuple vainqueur détruisit tous les abus; il effaça de nos lois nationales les traces de privilège et du bon plaisir.

L'abolition des droits féodaux, la révocation des apanages portèrent une rude atteinte à la fortune du duc d'Orléans. Son intérêt privé l'occupait peu quand parlait l'intérêt public. Le prince applaudit à cette régénération populaire, encore pure de tout excès.

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