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lacunes. — Avoir un trou sous le nez, aimer à boire : l'avoir ouvert comme un gouffre. — Se démancher le trou du cul, se donner de la peine : trotter à faire tomber le derrière. — Trou du souffleur, trou de bise, trou de balle, trou d'Aix, anus. Le Trou d'Aix est l'entrée de la Charente entre l'île d'Aix et le continent.

Trou d'ogre, bureau de placement. — Trou est congén. de tar-iére et s'associe avec le sens de ce mot.

Troubade, troubadour, P., fantassin :j. de m. sur troupier.

Troufignard, troufignon, P. J' vais l'enlever le troufignon, je vais te donner un coup de pied dans lë derrière : syn. de trou de la fesse ; le trou aux confins du dos ; en pic. le croupion.

Trouillarde, P., prostituée, souillarde : elle a les habitudes de la truie, elle se vautre. Troule, en rou., veut dire truie; troulier, se vautrer; troulièle, femme, — trauler, en pic., marcher dans les mares, — trouille, trouillon, trouillement, dans le Ce., désordre.

Trouillarde ressort à la racine de trôler, en norm. treuler. Trouille, P., peur, lâcheté, poltronnerie. Trouiller dans le Ce., veut dire souiller, salir de boue : celui qui a la trouille se salit, avec allus. à la truie. Un étron s'appelle en holl. drol. Trouiller, P.. mêler : réduire en boue,comme fait la truie lorsqu'elle entre dans une mare. — Trouilloter du corridor, avoir mauvaise haleine sentir la flaque brouillée, la flacade.

Trousse, M., anus : derrière ; par assoc. avec trousses, haut de chausses plissé, assemblé sur soi comme un trousseau. Trousser, veut dire former un seul bloc ou billot, comme les touffes de verges qui poussent sur un pied d'arbre tronqué, les branches adventicesd'un tronc ou les fruits formant une masse au bout d'une branche. Le billot du tonnelier s'appelle trochet, les fruits assemblés en massette au bout de la branche trochet, en v. fr. troiche, troche,. atrocher, dans le Ce. veut dire mettre en paquet, lier ensemble ;. troxa, en esp. havresac, trousseau; trozo, tronçon. — Trousse est congén. de torse.

Troussequin, P., derrière : trousse, par j. de m. sur troussequin arçon de derrière d'une selle.

Trouvé, F. C'est trouvé, c'est nouveau, original. — Se trouver mal sur qque chose, se l'approprier : se trouver mal dessus comme celui qui bâtit sur un terrain qui ne lui appartient pas. — Trouver buisson creux, ne trouver personne au logis : battre le buisson et ne pas faire lever de lièvre. — La façon de trouver décrite dans ce mot consistait ^retourner les objets et d'en faire monter un à la surface dont on ignorait l'existence. Trouver présume qu'on a troublé un ordre ou un désordre préétabli, qu'on l'a renversé en cherchant. Turbare, en lat, a le sens de renverser et de poursuivre, faire rouler devant soi.

Troys, V., zut! d'intention trêve, en angl. truce. L'idée d'arrêt s'incorpore dans le tronc qui sert à barrer le passage : tras, trost en ly., veut dire solive. .— troisir, en bgn., jeter de nouvelles trousses de tiges, en parlant d'un tronc d'arbre, — torquette, en norm., une branche d'arbre avec ses fruits.

Truc, P. Avoir, connaître le truc, — la manière, le moyen. — Avoir du truc, avoir l'expérience du métier. — Donner le truc;, indiquer la manière de faire. — Débiner le truc, dévoiler une ruse, des menées. — Maquiller son truc, exercer son talent pour faire le mal, le fausser. ^- Faire le truc, exercer son métier de prostituée. — Pièce à trucs, thé., pièce dont la machinerie est compliquée de beaucoup de poulies. Grand truc, M., assassinat: le grand turbin. — Boulolter le truc, oublier la consigne : la trahir, la manger, avec allus. à manger le morceau.Repiquer au truc, revenir à la charge.

Truc veut dire roue, rouage, partie du treuil, en gr. trôkhos, en lat. trochus. Truck, en angl., veut dire roue et voiture: trucide, treuil. Le truc est l'engin, l'artifice, le tour dont le treuil est un modèle.

Trucage, truquage, P., fabrication d'antiquités : ruse, tromperie.

Trucageur, fabricant d'antiquités. — Trucard, P., habile, adroit, malin.

Truche, M. La faire à la truche. mendier : mener la vie de qq. qui va à la chasse avec le fusil de toile, qui n'a pour outil de travail qu'une trousse, en esp. troxa, havresac; syn. de truquer de la pogne. Trousse veut dire carquois, en it. turcasso, par assoc. du contenant avec le contenu, comme dans trousse de barbier, trousse à peignes. Trucher, mendier ; trucheur, mendiant.

Trucsin, M., prostituée : femme qui va au truc. Sin est un allit. à tocsin et ajoute au sens un détail obscène.

Truelle, F., cuiller. Manier la truelle, manger : — la soupe, dîner.

Les truelles, typ., équerre: par assimilation des pattes = vquerre, avec les mains = louches. L'équerre est formée de deux jambes en angle droit. — Truelle est le dimin. de trua, en lat., écumoire : d'intention cuiller à retourner le contenu du pot; trulla veut dire cuiller à queue. Tor-eûein, en gr., veut dire travailler en ronde bosse, tor-ûnae, cuiller de bois pour remuer et écraser les aliments, trûein, tourner la vrille.

Truffard, P., vieux soldat :il a des tubercules sur le nez. — Truffe, nez tuberculeux. — Truffe de savetier, marron : allus. de couleur et de bon marché. — Aux truffes, soigné. — Truffé de chic, de galbe, bourré, — relevé. — Truffe est un amalgame de lerrae tuber. Truffat, dans le Ce., veut dire tarte ou pâté de pommes de terre.

Trufferie, P., tromperie; truffer, tromper, en esp. trufar, en it. truffare, dans le Ce. truffer, chez Borel, se moquer, en it. truffarsi, se rouler de rire. — Le sens propre de truffer est rouler. La lornie qui sert à exprimer ce sens se trouve dans truffiau, trouff.au, bille de bois, billot, bûche de Noël qui doit brûler trois jours de suite, mots du Ce.; dans troufion, troufieu, trognon, du pic.. dans trofée, toufle d'herbe ou d'arbre, formant cépée, en rou. ; dans torfa, tourbe, tirée d'un fond trouble, en it., en ail. Torf, en holl. turf. Truhan, pourvu/an, en esp., veut dire bouffon, trufaldin, un personnage dans le rôle de farceur.

Trumeau, F. Vieux trumeau, vieille catin : cascadeuse, femme à culbutes. Faire el trumeau, el tourmeriau, en rou., veut dire culbuter, avec allus. au trëme, fuseau qui tourne. On y dit aussi, faire tumète : tumer est un doublet de tomber. — Le sens de trumeau est petit trême, fuseau, syn. de tibia.

Trune, M., pièce de cinq francs : elle tourne; allit. à thune.

Truquarder, P.,racoler : faire le truc, Vivre en roulure. Truquer, faire du commerce, tromper, ruser, racoler, — Truquer de la pogne, avoir pour métier de tendre la main, le poing. — Truqueur, commerçant, camelot, contrefacteur, trompeur malin : tous gens à engin, à poulie ou artifice. — Truqueuse, prostituée : roulure au truc. — Jeu truquigé, M., jeu préparé pour tricher : jeu truqué, falsifié, dans l'intention d'atiger, de taper dans le sens argotique.

Tuant, F., assommant ; ennuyeux : con-tondant.

Tube, F., bassin pour prendre des douches : en holl. tobbe, cuve plate, mots congén. de timbale.

Tube. P., chapeau haut de forme : il met en fumiste. — Se coller qque chose dans le tube, manger ou boire. — Se rincer le tube, boire. — Id., nez : cornet, trompe. — Se piquer le tube, s'enivrer: mettre le nez dans la piquette. Id., fusil : bâton creux. Tuber, fumer la pipe : le tube.

Tubercule, F., nez bourgeonné : truffe, vitelotte. — Lâcher une tubéreuse, vesser. La tubéreuse a une odeur particulièrement forte après le coucher du soleil et on a vu des décharges électriques se produire dans les fleurs fanées quand il y a de l'orage dans le ciel. Sa racine est bulbeuse : tuber exprime la rotondité par son association avec tumere, gonfler.

Tucker, P. Les tuckers de la Morgue les dalles : allus. aux sommiers élastiques fabriqués par Tucker.

Tué, F. Etre tué, être stupélait : frappé. — Tuer les mouches au vol, à quinze pas, avoir mauvaise haleine. — Tuer le ver, prendre un verre à jeun : vieille recette. — Tuer le colimaçon, faire taire sa conscience : allus. à ce qui charge la conscience; le colimaçon porte sa coquille. — Etre bon à tuer, être gras. — Tuer est le verbe latin tundere, au passé tutudi. Chez Borel on trouve (jertuer pour pertuiser, rendre, pertusum, part, passé de pertuudi. En norm. on appelle tuette lé sabreur, le sabrenas, l'individu qui abat la besogne vite et mal; tuassè se dit en manc. des pommes et des poires qui ont reçu des contusions.

Tuffre, M., tabac: tourbe, en it. lorfa, en holl. turf.

Tuile, P., accident ; obstacle imprévu : tuile qui se détache du toit et qui tombe sur la tête du passant. — Id., coiffure : assoc. avec toiture, chapeau. — ld., carte cintrée : pont.Id., assiette: syn. de aisseau, petit ais pour couvrir le toit, congén. et syn. de assiette, plat. — Tuileau, casquette: petite tuile. Tuller, observer en se méfiant, dévisager. — La tuile, chez les drapiers est un petit ais, un aisseau enduit d'un mastic fait de résine, de giès et de limaille, qui sert à donner du lustre aux draps: le tustre éclaire ; ainsi fait l'œil. Se tuiler, s'enivrer: se mettre un casque, se faire casquette.

Tuite, P., cuite : permutation de p et t.

Tulipe, P. Danser le pas de la tulipe orageuse. La tulipe dans cette phrase désigne la tulipe de teinte fouettée. Le vent fouette en temps d'orage et les jambes fouettent pendant le chahut. L'association dé la danse avec la tulipe orageuse se présente d'autant plus facilement à l'esprit que floreo et floreta en esp. désignent un pas de danse; florear veut dire broder des fleurs sur un canevas; broder appelle l'idée de tricoter des jambes.

Tumer, P. Tu me la tûmes, tu m'ennuies, tu m'emm... et par abrév. tu m'., d'où tumer, et pour exploiter la drôlerie de l'expression, tu me la tûmes, tu me causes de l'ennui avec ta m.

Tune, M., pièce de cinq francs : thune de cinq balles. td., prison de Nanterre ; bagne : syn. de loir; tuno, tano, en mér., veut dire trou, tanière. — Tuneçon, prison; violon : petite tune. Tuner, mendier: giverner, en esp. tunar, vagabonder.

Tunnel, F., anus: en ly. tonna, tunnel, allus. au tonneau sans aucun fond, comme dans tonnelle.

Turbin, P., travail, occupation, emploi : allus. au mouvement de la turbine. — Aller au turbin, aller racoler: abus de mots.— Turbiner, travailler; gagner sa vie par tous les moyens. — Turbineur, M., P., typ., ouvrier; travailleur.

Turc, M., P., Tourangeau. Turc se prononce dans le Midi Teur, d'où j. de m. sur Tours. — Turcan, Tours.

Turf, sport, pelouse, champ de courses, en angl.; le sens est gazon, par analogie du gazon formé d'un tissu compact de rhizomes avec la tourbe, en holl. turf.

Turin, M., pot de terre :j. de m.; en angl. tureen.

Turlupiner, F., se moquer; taquiner : en rou. tourner autour de qq., l'impatienter; en pic., tourmenter. chez Bichelet plaisanter froidement, sottement. — On disait Turlupins au xm« siècle pour des gens qui s'appelaient eux-mêmes la Fraternité des pauvres. Ils faisaient profession d'impudicité jusqu'à s'unir aux femmes en plein marché. Borel les nomme Turlupins et Tire-lupins. Ce mot exprime un mouvement de luxure et caractérise 1 ardeur «lu chien. — Turlupia, dans le Midi, veut dire se pourlécher les lèvres, avoir envie, tressaillir d'impatience et de joie. Tre dénote le degré qui dépasse les limites; les variantes de ce verbe sont trelapa, trelampa. Lupin est congén. de luper, dans churlu^er, de lipette, de laper, lamper. Le peuple les appelait picards, vagabonds et beghards, mendiants, en angl. beggars.

Turlurette, P., femme gaie aimant le plaisir : elle chante tirelire comme l'alouette.

Turlutaine, F., boutade, toccade. Le turlut est l'alouette huppée. Comme elle porte chapeau pointu elle est toquée. Cette petite coiffe a pris le nom de turlutaine, mais ce n'est que la turlut-ine, le petit turlut, caractérisé par son bonnet, pointu comme celui de pierrot. Si la turlutine nous reprend, c'est que notre toquade nous fait penser à la coiffe du turlut.

Turlutine, P., nourriture du soldat en campagne. Elle ne doit pas être fameuse parce que turlut vaut flûte! zut ! turlututu chapeau pointu ! En rou. on ait ututu capieu pointu ! — en pic. hututu 7 mère 'd nos glaines! je n'y crois pas. — Turlututu, en norin , désigne le mirliton.

Turne, P., maison mal tenue : dans le Ce., caverne, taudis, var. de tune, tanière, en norm. tune, teune, turne, maison malfamée, trou. La même vai iante se rencontre dans trune pour thune, pièce de cinq francs.

Turquie, M., Touraine : habitée par les Turcs.

Turturie, V., gibet: il entortille le cou d'une lorlouse.

Tutoyer, P., fréquenter : être à tu et à toi. — Tutoyer qq. chose, s'en emparer. trop familièrement.

Tutu, F., petit jupon court de danseuse : blésité pour cucu.

Tuyau, F., information confidentielle concernant les chances de gain aux courses, à la bourse. — ld., botte; soulier percé: ils exhalent une odeur de tuyau de descente. — Tuyau de poêle, chapeau haut de forme: allus. de forme et de couleur. — Se rincer le tuyau, boire. — Se ramoner les tuyaux, mettre le doigt dans le nez. — Id., jambe : tibia, os creusé, dit canon, en termes de manège. — Les mêmes métaphores se rencontrent en esp.: cano, syn. de tuyau, prend le sens de délation dans cahutazo, au sens propre conduit de communication, tuyau, canal de la respiration, canolavado de personnes à jambes grêles. — Tuyau correspond à ludel, en esp., en norm. iuet, en ly. tou, en holl. luit, tuvel, tuteron. Tuter, en norm. veut dire se rincer le tuyau. Tu est le bruit que fait la langue chaque fois qu'elle ouvre le passage au souffle, soit pour boire, tuteron téter, soit pour souffler dans un tuyau, en angl. to toot, en holl. loeten.

Type, P., individu : marqué d'un cachet personnel; un bon type, un bon garçon ; un rude type, un farceur, par ironie. Id., un original, un homme excentrique. — Typesse, femme quelconque. — Typo, F., typographe : typote, ouvrière typographe.

Tyran, F., roi ; roi au jeu de cartes : en gr. tûrannos, blésité pour koirannos, chef, kûros.

u

Urf, P., chic : son des liquides dans la bouche du gourmet. Cette aspiration fait présumer que la boisson est exquise.

Urle, M., parloir de prison: hurler est une hyperbole grossière pour parler; elle a été faite sous l'impression des pleurs que provoque la rencontre du détenu avec sa famille.

Urne, P., tête : fiole. — Avoir un député dans l'urne, être enceinte: avoir dans le bocal un citoyen d'avenir.

Urpino, P., rupino, rupin, par métathèse.

User, P. User ses bottes, faire des démarches pour rien. — User son matricule, mil., faire son temps de service : comme on use sa capote. — User la pierre ponce, subir la peine des travaux forcés: prendre un bain, ce qui fait venir à l'esprit la pierre ponce qui est pour quelques-uns un accessoire de toilette. — Usiner un peintre, F., l'exploiter commercialement. — Ustensile. P., marmite, femme exploitée par un souteneur. — Ustensilier, thé., chef d'accessoires, de moyens de mise en scène. — Ustoches, M., ciseaux : ustensiles, outils de voleurs, syn. de eustaches, couteaux de poche. — Usure aux fines herbes, saisie des enjeux dans un tripot : paraphrase de rufle opérée sur le tapis virl. Utilité, thé., artiste qui ne joue que des petits rôles : il est utile au theâtre, mais ne lui donne pas d'éclat.

Ut, typ., P'., à ta santé, ut tibi prosit.

V

Vachard, P., Saint-Cyr., paresseux : la vache quand elle rumine, se couche, cligne des yeux et se laisse aller au doux plaisir de la digestion ; agenouillée par devant, étendue par derrière, livrée

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