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et à Beda. Une accusation d'hérésie fut alors lancée contre lui, et le parlement nomma douze juges, au nombre desquels se trouvait le célèbre Guillaume Budé, pour examiner cette affaire. Il fut reconnu coupable et fut arrêté. Les commissaires, appelés à prononcer son jugement, convinrent ensemble qu'on brûlerait ses livres, qu'on lui percerait la langue, et qu'on ne le condamnerait qu'à la prison perpétuelle, pourvu qu'il consentît à abjurer ses erreurs l. Cette sentence fut communiquée au prisonnier. Louis de Berquin , qui était loin de s'attendre à une pareille condamnation, fit appel au Roi. Les juges, irrités de son opiniâtreté, le menacèrent d'aggraver sa peine, s'il n'acquiesçait au premier jugement. Budé, désireux de le sauver, ne négligea rien pour l'engager à céder, et, en effet, il lui arracha un moment la promesse d'une rétractation. Mais, bientôt après, le gentilhomme reprit sa première résolution. Persuadé de la bonté de sa cause, il persista dans son appel. Les juges le condamnèrent alors à être brûlé sur la place de Grève, après avoir été étranglé 2. Comme on craignit que le Roi, qui avait toujours montré beaucoup de bienveillance à Berquin, n'empêchât l'exécution de la sentence, on saisit pour cela le moment, où la cour s'éloignait de Paris pour se rendre, a Blois. Le 22 avril 1529, Louis de Berquin fut conduit au supplice. Le visage de cet homme intrépide ne trahit aucun signe de faiblesse. Arrivé sur la place de Grève, il voulut haranguer le peuple. Mais les docteurs de Sorbonne et les moines se rappelaient encore la vive

1 Chevillier, p. 177, 178. Crcspin, liv. n, p. 97.

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impression que le discours de Jacques Pauvant avait produite sur la multitude. Un grand nombre d'individus, gagés à ce dessein, l'interrompirent par leurs cris, en sorte que ses dernières paroles ne furent entendues que d'un petit nombre de personnes. Quelques instants après, son corps fut réduit en cendres. 11 n'avait que quarante ans.

CHAPITRE V.

1529-1533.

I.a réforme trouve des adhérents dans les Universités.—Premières années de Jean Calvin. — Son séjour à Paris. — 11 commence à connaître les doctrines de la réforme. — Son arrivée à Orléans. Il étudie le droit et la théologie. — Il travaille à répandre la réforme à Orléans cl à Bourges. — Ses prédications à Lignieres. — Son retour à Paris. — Son premier ouvrage. — Zèle du réformateur. — Il est obligé de quitter Paris.

Le martyre d'un personnage aussi illustre eut un grand retentissement par toute la France. En effet, la lutte généreuse que Louis de Berquin avait osé entreprendre contre les moines, avait été suivie avec le plus vif intérêt par tous ceux qui désiraient voir refleurir les lettres, et réformer les abus de l'Église. Quoique l'issue de ce long combat fût terrible , et que les esprits fussent un moment frappés de terreur , un grand nombre de personnes se rangèrent secrètement sous l'étendard de l'Évangile.

Ce fut, surtout, au sein des Universités que la réforme trouva le plus grand nombre d'adhérents. Celle d'Orléans, que son voisinage de la capitale avait mise de bonne heure en rapport avec les nouvelles idées, comptait déjà, depuis quelque temps, plusieurs amis des doctrines bibliques, et entr'autres, un avocat, connu sous le nom de François Daniel, et un autre personnage, nommé Nicolas Duchemin ( Cheminus ), qui tenait dans sa maison, une pension pour les étudiants qui fréquentaient les écoles de cette ville. Mais la circonstance qui contribua le plus à accroître le nombre des sectateurs des doctrines bibliques dans celte cité, fut l'arrivée d'un jeune étudiant de Picardie, dont le nom est devenu trop célèbre, dans l'histoire de la réformation française, pour que nous ne consacrions pas quelques instants à jeter un coup-d'œil rapide sur la première période de sa vie , peu connue d'ailleurs.

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Jean Calvin, né à Noyon ', le 10 juillet 1509, appartenait à une famille honnête de la bourgeoisie. Son père, Gérard Cauvin, avait quitté de bonne heure, le bourg de Pont-1'Évéque, lieu de sa naissance, pour venir s'établir a Noyon. C'était un homme de sens et fort estimé, et qui était parvenu à occuper successivement les postes de notaire apostolique, de procureur fiscal du comté, de secrétaire de l'évêché et de promoteur du chapitre 2. Ces diverses charges l'avaient mis

1 En la maison pend à présent l'enseigne du Cerf, rapporte maître Jacques Le Vasseur, dans la partie de ses Annales de l'Eglise cathédrale de Noyon, intitulée : La Calvinographie, chapitre xci, p. 1157.

Le livre de ce personnage, qui était chanoine de l'église cathédrale de Noyon, contient jusqu'à mille trois cent quatre-vingts pages, et a été imprimé à Paris, l'an 1633 et 1634. Il l'a composé, dit-il, afin de satisfaire à la curiosité de ceux qui partent de Calvin, pour et contre, et dans ce but, il a feuilleté avec une diligence exacte tous les registres de Noyon et toutes les études des Notaires. Cet auteur, et un docteur en théologie , nommé Jacques Desmay, qui a consigné dans un petit livre intitulé : Remarques sur la vie de Jean Calvin, hérésiarque, tirées des registres de Noyon , ville de sa naissance, Rouen, 1657, les recherches qu'il avait faites sur les lieux, en 1614 et 1615, donnent quelques renseignements précieux sur les premières années de Calvin. Voyez -. Charles Drelincourt, La Défense de Calvin, etc., Genève, 1668.

2 Le Vasseur, chap. x, p. 1151.

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