Recherche Images Maps Play YouTube Actualités Gmail Drive Plus »
Ma bibliothèque | Aide | Recherche Avancée de Livres | Historique Web | Connexion

Livres

  

Chahut: Danse.—(V. Cancan).

Et pour se mettre en rut,
Apprennent la du peuple à danser le chahut.

A. Barrier.
J ' vas prendre l'air innocent

En dansant,
J'mets F chahut l'a la retraite.

Festeau.

« Un caractère d'immoralité et d'indécence comparable au chahut que dansent les faubouriens français dans les salons de Dénoyers. »—1833, Mansion.

« La chahut comme on la dansait alors était quelque chose de hideux, de monstrueux; mais c'était la mode avant d'arriver au cancan parisien, c'est-à-dire à cette danse élégante, décemment lascive lorsqu'elle est bien dansée. Aujourd'hui le cancan en l'école moderne triomphe, la chahut n'est plus guère connue que des titis des Funambules. » — P. D'anglemont.

Chahuter: Faire tapage, danser le chahut.

« Ce verbe, qui, à proprement parler, signifie crier comme un chat-huant, vient du nom de cet oiseau autrefois appelé chahu ou cahu... II est facile maintenant de se rendre compte de ce qu'a pu être dans l'origine la danse appelée chahut. C'était, suivant toute apparence, un branle pendant l'exécution duquel un ou plusieurs danseurs faisaient entendre le cri de l'oiseau des ruines. » — Fr. Michel.

« Ça mettra le vieux Chariot en gaîté... il chahutera sur sa boutique. » — E. Sue.

Chahuter veut dire aussi renverser, culbuter.

Sur les bords du noir Cocyte ,
Chahutant le vieux Caron ,
Nous l' fich'rons dans sa marmite , etc.
(Chanson df canotiers.)

Chair Humaine (Vendeur de): Agent de remplacement militaire. — Au dix-huitième siècle, on donnait déjà le même nom au sergents recruteurs. — Synon.: Marchand d'hommes, mangeur de blanc.

Chaloupe: Femme dont la toilette fait un étalage exagéré. — « C'te chaloupe ! » s'écrie un gamin de Gavarni à l'aspect d'une femme dont l'énorme jupon flotte au vent. —La Chaloupe orageuse était naguère une variété pittoresque du cancan. — (V. Tulipe.)

Chameau : Femme de mauvaise tournure. Dans le Cabinet satyrique de 1634, M. Fr. Michel trouve plusieurs exemples concluants en faveur de cette définition , mais non en faveur de celle qu'on lui attribue généralement aujourd'hui. —En effet, on donne souvent le nom de chameau à des femmes suspectes, mais dont la tournure est plus irréprochable.

« Qu'est-ce que tu dis là, concubinage? coquine, c'est bon pour toi. A-t-on jamais vu ce chameau d'Egypte! » Vidal, 1833.

« Cette vie n'est qu'un désert, avec un chameau pour faire le voyage et du vin de Champagne pour se désaltérer. » — F. DeriÈge, 1842.

« II n'y a pas d'affront pour une femme appelée chameau! Cet animal est sobre et laborieux. Quelle citoyenne du quartier Bréda peut en dire autant? » — Commerson.

Champ: Champagne.

* Maria. Oh!... du champ!... — Eole... agne. — Maria. Qu'est-ce que vous avez donc? — Eole. On dit du champagne. — Maria. Ah bah! où avez-vous vu ça? » — Th. BarriÈre.

Fine Champagne: Eau-de-vie de première qualité.

— C'est le nom d'un village de la Charente-Inférieure. « Nous lui ferons prendre un bain de fine champagne. » — (V. Cochinat.)

ChanÇard : Favorisé habituellement par la chance.

— Synon.: Veinard.

Chandelles (Faire voir mille ou trente-six) : Éblouir d'un rude coup sur la tête.

« J'avoue que ce soufflet m'a fait voir trente-six chandelles. » — Cam. Desmoulins, 1790.

Chandelle (Tenir la): Au figuré, êtr^ placé dans une fausse position par les hasards d'une intrigue quelconque; en être réduit à considérer le bonheur d'autrui sans pouvoir y prendre part.

« Embrassez-vous, caressez-vous, trémoussez-vous, moi je tiendrai la chandelle? » — J. Lacroix.

« Tu m'as pris pour un imbécile... Comment, moi, j'irais tenir la chandelle'? » Jaime.

Chancelle (Moucher la) : S'adresser pour l'explication de ce mot aux cinq vers suivants:

Comment, disait-il,

D'un mari, ma belle,

Malgré la chandelle,

Tromper l'œil sub«il?

Mouche*, disait-elle. — V. Maeille.

Chantage, Chanteur, Chanter, Faire chanter : — « Le chantage, c'est la bourse ou l'honneur...

» Le chantage est une invention de la presse anglaise, importée récemment en France. Les chanteurs sont des gens placés de manière à disposer des journaux. Jamais un directeur de journal, ni un rédacteur on chef, n'est censé tremper dans le chantage. Ces bravi viennent trouver un homme qui, pour certaines raisons, ne veut pas qu'on s'occupe de lui. Beaucoup de gens ont sur la conscience des peccadilles plus ou moins originales...

» Le chanteur s'est procuré quelque pièce, un document important; il demande un rendez-vous à l'homme enrichi. Si l'homme compromis ne donne pas une somme quelconque, le chanteur lui montre la presse prête à l'entamer, à dévoiler ses secrets. L'homme riche a peur, il finance. Le' tour est fait. Vous vous livrez à quelque opération périlleuse, elle peut succomber à une suite d'articles : on vous détache un chanteur qui vous propose le rachat des articles.

» Dans le dix-huitième siècle, où le journalisme était au maillot, le chantage se faisait au moyen de pamphlets dont la destruction était achetée par les favorites et les grands seigneurs. L'inventeur du chantage est l'Arétin, un très-grand homme d'Italie qui imposait les rois, comme de nos jours tel journal impose les acteurs. » — Balzac.

« Le chantage est une plaie de vieille date ; elle est plus ancienne que le pistolet d'arçon et le vol de grand chemin; Ésaii chanta en cédant son droit d'aînesse à son frère pour un plat de lentilles, et le sage Joseph, lui-même, fit chanter sa famille entière en mettant des plats d'argent dans le sac de Benjamin

» Faire chanter quelqu'un, c'est obtenir de lui des concessions à l'aide de menaces, c'est exploiter son secret, c'est opprimer sa faiblesse, c'est menacer par une révélation ou une critique sa position dans le monde, c'est enfin mettre en danger le présent et l'avenir avec les souvenirs du passé ; le plus souvent on cède par peur d'un châtiment, d'un scandale ou d'un ridicule; les gens qui résistent sont parfois victimes de leur crânerie. Le comte de Sainte-Hélène, qui est mort au bagne, serait peut-être devenu maréchal de France, s'il avait donné quelques sous au forçat, son camarade de chaîne, qui le voulait faire chanter.

» Nous mettons tout d'abord la politique hors de cause. Nous ne voulons pas savoir si on devait appeler chantage l'opposition de certaines feuilles à cei-tains ministères et leurs attaques, qu'un jour changeait en louange. Depuis longtemps les ministères ont pris leur revanche, c'est un compte qui a dû être balancé par doit et avoir; et puis l'autorité est une cible naturelle; on vise surtout ce qui est grand et haut, ne fût-ce que par amour-propre...

» Tout homme est susceptible de chanter, ceci est dit en thèse générale. Tout homme a quelques défauts de cuirasse qu'il n'est pas soucieux de révéler. Achille, qui comptait des parents dans l'Olympe, avait le talon sensible, et nous ne sommes plus des demi-dieux. Pour prouver la vérité de cet affirmation, citons les deux extrêmes, l'Évangile et Laubardemont, la charité et l'intolérance. — Donnez-moi une ligne d'écriture, disait l'un, et je fais pendre l'écrivain.— Que celui qui n'a jamais péché, a dit l'autre, jette au pécheur la première pierre.

» On fait chanter la famille qui a un membre gangrené; on fait chanter le ténor auquel il manque une note; on fait chanter le vieillard qui a la fatuité des enfants naturels; on fait chanter le prétendu qui a des cousins germains scrofuleux ; on fait chanter la grande dame qui fait du roman réaliste par lettres.

« PrécédentContinuer »