Z4h petite Civette ! ah Chatte! ah petit Chien \ Si tu savois l'excès du feu qui me devore..., Va, va, de mon côté, dit-elle, je t'adore; Puisque je teTai dit, tu n'en saurois douter: Si tu veux , petit Fils, je m'en vais te chanter Un petit Air ,' car j'ai du gout pour la Mufique: Lequel aimes-tu mieux du tendre ou du bachique? Lorsque j'étois enfant, six mois on me montra, Et j'ai vû pour le moins quatre ou cinq Opera: On disoit que j'avois la voix assez jolie: En discontinuant j'ai fait une folie. On dit des Operas, & non des Opera. Operas, Opera, tout comme il vous plaira Larira. Ça, JVÏessieurs, que chacun me seconde, Et faites, s'il vous plaît, Chorus tous à la ronde.
CHANSON
Sur l'Air:
Ton joli,, belle Meuniere t ton joli Moulin.
(i)TjAuAND-Eis,en cette (2) Piolle JT On vit (3) chenument;
(4) Artons, (j) Pivois & (6) Criolle
On a (7) gourdement: (8) Pjtanchons, faisons (9) riolle Jusqu'au Jugement.
(io) Icicaille est le Theatre
Du petit (i i) Dardant: (12) Fonçons à ce (13) Mion folâtre
Notre (14) Palpitant; Pitanchons Pivois (1 $) chenâtre
Jusques au (16) Luisant.
Tousles Convives repetent en Chorus les deux derniers Vers de chaque Couplet.
Ma Déesse, il n'est rien d'aprochant ! dit Cortouche Apuyant tendrement un baiser fur sa bouche. Qu'en dites-vous, Amis? n'est-ce pas bien chante? Quelle voix ! de plaisir je fuis tout transporté! N'est-il pas vrai, Messieurs, qu'elle est incomparable? Un certain air mutin la rend toute adorable: SUÀ ', Jattaclle a te voir le bonheur de mes jours, Veuille seulement plaire & tu plairas toujours. Chacun veut à son tour déployer fa science, Et dans les Airs François montrer son élegance. Lors Vous les eussiez vû déguiser Dubousset, Mettre en pieces Lambert, défigurer Mouret:Lully fur tout étoit traité d'étrange sorte. Cartouche cependant n'avoit pas la main morte, 11 battoit la mesure, étoit fort ponctuel, Un , deux , trois : on l'eût pris pour un petit Rebel:
Balagny seul chanta d;une façon passable,
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Et d'ailleurs il avoit la voix fort agréable.
Sa chanson achevée, ils chantent tous en gros: Vn son harmonioux se méle au bruit des pots: Harmonieux, s'entend pour cette noble Clique; Pour Campra, c'eût été chose diabolique,
Le Soleil excitant ses coursiers ralentis , Avoit plongé ses feux dans le sein de Thetis, Lorsqu'un grave Vieillard à mine venerable Arrive , les entend, les trouve encore à Table: Et voyant que chacun trop long-tems aime &boit; Il leur tient ce discours d'aussi loin qu'il les voit:
Qj£cst-ceci, mes Enfans? écoutez.-vous vos fiâmes? Et perdez.-vous ainsi le tems avec des Femmes? C'est boire trop long-tems, aimer & babiller; Il est, vous le savez : heure de {a) Maquiller: Levez-vous, finissez bonne chere & mufique , Partez & travaillez pour le bien de la Clique;
C'est trop, indignes cœurs, vous devriez rougir. D'un si lâche repos, quand il est tems d'agir.
Cartouche lui répond : Si la joye est un crime, Non , un cœur genereux n'en eft point IcjiElime: Qu'au travail au plutôt chacun soit assidu, Et reparons Je tems que nous avons perdu.
Quand j'ai bû , dit Grippaut , il n'est rien que je craigne, Je tuerois maintenant un Archer pour un peigne S'il s'en presente à nous, que ces vils Combatans: Tombent comme la feuille éparse au gré des vents.
)-. [a) Travailler.
V
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Ans certaine Cité qu'en mille endroits on
prône,
Située au milieu de la Saône & du Rhône, Par son esprit adroit /brillant depuis long-tems, Pelissier faisoit la pluie & le beau-tems. 3l passoit dans ce lieu pour homme d'importance: Il joiioit, regaloit, faisoit grosse dépense. A son air de candeur les plus fins étoient pris, Il pàssoit quelquefois les Etés à Paris, Puis revenoit l'Hyver dans cette aimable Ville* C'étoit là qu'à la Clique il étoit plus utile. Dans chaque occasion propre à faire un bon coup» Il les avertissoit : C'étoit faire beaucoup. Ils savoient sûrement pat cette intelligence, Le lieu , l'heure où devoir passer la Diligence* Quand elle transportoit de l'Or ou de l'Argent. Alors à l'attaquer nul n'étoit négligent. Ils étoient grassement bien payés de leurs peines, Et revenoient toûjours à Paris les mains pleines. Parmi ceux de la Bande étoit certain Voleur, Nommé le Févre, ayant jadis eu de l'honneur. 1l avoit beau se voir dequoi vivre à son aise, Il lui venoit parfois certaine sinderese. Cependant il n'osoit demander son congé, Et la peur, malgré lui, le tenoit engagé. 11 avoit eu déja quelque legere envie
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