crampe au pylore, ça le rend tout chose. » (E. Sue.)— a Mam'selle, v'làqu'vousm'rendez tout chose, je vois bien que vous êtes un esprit fort. » (Rétif, 1783.) — « M. le prêtre, qui était tout chose de cette affaire, se scandalisa.» (Vadé, 1744.)
Chou. — Bête. — On dit : bête comme chou.
Chou (mon), Mon Chouchou. — Mot d'amitié. — « On dit : mon chou, comme on dirait : mon ange. » (E. Carré.)
Se dit surtout aux enfants, par allusion au chou sous lequel on prétend les avoir trouvés, quand on ne saifque répondre à certaines de leurs demandes.
Chou Colossal. — Entreprise destinée à tromper le public par des promesses ridiculement alléchantes.
« Il y a deux ou trois ans, on vit à la quatrième page de tous les journaux un éloge pompeux d'un nouveau chou... Ce chou était le chou colossal de la Nouvelle-Zélande, servant à la fois à la nourriture des hommes et des bestiaux et donnant un ombrage agréable pendant l'été. C'était un peu moins grand qu'un chêne, mais un peu plus grand qu'un prunier. On vendait chaque graine un franc... On en achetait de tous les coins de la France. — Au bout de quelques mois, les graines du chou colossal avaient produit deux ou trois variétés de choux connues et dédaignées depuis longtemps. La justice s'en mêla. » (Alph. Karr, 1841.)
Chouan. — Légitimiste. — Allusion aux insurgés qui combattirent pour la monarchie dans nos provinces de l'Ouest. C'était une guerre de bois et de haies qui fit donner à ses acteurs le nom de Chouans, employé pour chatshuants dès le moyen âge.
Chouchouter. — Choyer tendrement. — « Tu seras chouchoute comme un chouchou, comme un dieu. » (Balzac.) V. Chou.
Choucroute (tête Ou Mangeur De). — Allemand.
Chouette, Chouettard, Chouettaud. — Bon, beau. — « Not' homme m'attend à la barrière pour faire une Hocc un peu chouette. » (M. Perrin.)— « C'est chouette, ça. » ( J. Arago, 1830.)— « Elle est bonne, votre eau-de-vie.— « Oui,elleest chouette. »(H. Monnier.)—«Ah! vous avez là une chouette femme. » (Gavarni.)
Voici peut-être un des premiers exemples du mot. Il nous en donne en même temps l'explication :— « Ma femme sera coincte et jolye comme une belle petite chouette. » (Rabelais.) V. Biblot, Danse, Toc, Casquette.
Chouette (être.) — Être pris.
Chouettement. — Parfaitement.
8uis-je près d'un objet charmant,
Pour l'allumer chouettement,
Mou cœur est comme une fournaise, (Festeau.)
Chourin. — Couteau.
Chouriner. — Donner des coups de couteau. — Formé des mots surin et suriner, usités dans le même sens.
Chourineur. — Tueur de chevaux. (Halbert.)—Le type du Chourineur créé par E. Suc dans les Mystères de Paris est resté célèbre.
Chrétien. — Étendu d'eau. — Allusion à l'eau du baptême chrétien. — « Une douzaine de drôlesses déguisées en laitières vendent du lait trois fois chrétien. » (Privat d'Anglemont.)
Chuter. — Faire une chute. — Pris au figuré. — « Si elle est bonne enfant, je la soutiendrai à son début au Gymnase... Ah I je puis faire chuter qui je veux. » (Balzac.)
Ci-devant. — Aristocrate dans la langue révolutionnaire. Mot à mot :ci-devant comte, duc ou baron. — Date de la suppression des titres de noblesse.
Ci-devant.— Homme âgé. Mot à mot : cidevant jeune. — « Le ci-devant de province n'abandonne jamais son rifflard. » (Phys. du parapluie, 1841.)
Cigale. — Pièce d'or. (Vidocq.)
Cigogne.—Préfecture de police.—«Railles, griviers et cognes nous ont pour la cigogne en partie tous paumés. » (Vidocq.) V. Dab.
Cinquièmh.—Mesure de liquide, cinquième de litre. — « Et quand, par hasard, il boit un cinquième sur le comptoir. » (Léo Lespès.)
Cintrer. — Tenir. (Colombey.) — Acception figurée. Pour cintrer dans une construction il faut contenir.
Cipal. — Soldat de la garde municipale. — Abréviation. — « Les danses ont été légèrement échevelées, mais,
Le cipal n'a rien à dire Aux entrechats de la vertu.» (Naquct.)
Citron. — Note aigre. — « Trois citrons à la clef. » (Nadar.)
Clair. — Œil. — Allusion à l'éclat du regard. —. « Allumez vos clairs et remouchez. » (Balzac.)
Claque.— Réunion de claqueurs, d'applaudisseurs à gages. — « Oublié par le Dictionnaire de l'Académie, qui admet cependant Claquer et Ciaqueur.
Claques (figure A). — Figure qu'on souffletterait volontiers. — « Oui, ces figures à claques, aous les caresserons. » (Coguiard.)
Claquer.— Mourir.— « Malheur du diable! mou pauvre adjudant s'est laissé claquer. » (Noriac.)
Claquer.— Manger. — Allusion au claquement des mâchoires.
Claquer. — Dissiper. — C'est Manger pris au figuré. — « Quand on s'est permis cette gourmandise, plus rien à claquer. » (Commentaires de Loriot.)
Clarinette. — Fusil d'infanterie. — Du moment qu'on appelait^ fantassin troubadour (V. Troubade),on devait appeler son instrument clarinette. Les deux termes s'expliquent l'un l'autre. — « Quant au fantassin, il est obligé de porter un fusil de quatorze livres, aimable clarinette de cinq pieds. » (Vidal, 1833.) — a Tout à l'heure les feux de deux rangs déchireront la toile, et nous verrons si vos clarinettes ont de la voix. » (Richard.) V. Agrafer, Toile.
Clavin. — Clou. (Halbert.-) Vieux mot.
Clavin, Clavine, Clavineur, Clavinier. — Raisjn, vigne, vendangeur, vignoble. (Halbert.) Formés de Calvin et de ses dérivés.
Clé, Clef (a La). — Acception figurée de clé, qui signifie une marque réglant l'intonation de notes musicales. — « C'est bien cette grande queue de vache mal peignée. Trop de chignon à la clé. » (Villars.) — « Sa ville natale lui élève une statue; c'est fort naturel. Je trouve même qu'elle aurait pu le traiter avec plus de respect, et l'inaugurer tout seul, sans agriculture ni archéologie à la clef. » (Éclair, 1872.)
Cliché. — Banal, connu. — Synonyme de Stéréotypé, et emprunté comme lui à la typographie.— « Tel est le discours cliché que
le vénérable baron a en réserve pour toutes les circonstances. » (Figaro.)
On dit : c'est cliché, pour c'est immuable, c'est connu. — Cliché se prend souvent comme substantif. V. Guitare.
Bientôt de la prison pour dettes
On sera, dit-on, affranchi.
Gare aux histoires toutes faites!
Ah ! que de clichés sur Clichy. (1867, Al. Flan.)
Cliquot. — Vin de Champagne portant la marque de feue madame Cliquot.
Elle boit beaucoup de cliquot
Et bat volontiers la campagne. (E. Villars.)
Cloporte. — Portier. — Calembour : clôtporte. — « Je connais le truc pour apprivoiser les cloportes les plus farouches. » (Montépin.) — « Qu'a dit le vil cloporte? — Le cloporte a dit : C'est huit sous. » (Champfleury.)
Clou. — Prison. — On ne peut pas en bouger plus que si l'on y était cloué.—« Je vous colle au clou pour vingt-quatre heures. » (Noriac.) — « Comme de juste, ou ne vient pas se mettre au clou soi-même, » (E. Sue.)
Clou. — Mont-de-Piété. Mot à mot : prison d'objets engagés. — « Il avait mis le linge eu gage; on ne disait pas encore mettre au clou.» (Luehet.)
Clou (mettre Au). — Vendre un objet. (1851, Almanach des Débiteurs.)
Clou De Girofle. — Dent gâtée, dent noire et cassée comme un clou de girofle. — a Madame Cramoisi demanda à Santeuil combien ils étaient de moines à Saint-Victor. — Autant que vous avez de clous de girofle dans la bouche, dit Santeuil, voulant parler de ses dents noires et gâtées. » (Santoliana, 1764.) —
Clouer. — Mettre en gage. — De clou, d'où dérivent aussi accrocher, clouer, déclouer et surclouer. (Engager, dégager et renouveler au Mont-de-Piété.)—« Jeune insensé, oubliestu que nous avons passé le 20 du mois, et qu'à cette époque les habits de ces messieurs sont cloués et surcloués ? »(Murger.)
Cocange. — Coquille de noix. — Le jeu de cocange ou de robignolle est un jeu tenu par les filous qui courent les foires.
Cocantin. — Homme d'affaires, intermédiaire entre le débiteur et le créancier. (1851, Almanach des Débiteurs.)
![[graphic]](http://books.google.fr/books?id=UNk_xqY_ezcC&hl=fr&ie=ISO-8859-1&output=text&pg=PA96&img=1&zoom=3&hl=fr&q=Cat%C3%A9chisme+poissard&cds=1&sig=ACfU3U3V3Zk7kh5agz5c2EZDoZLash8Dyw&edge=0&edge=stretch&ci=842,1358,120,35)
Cochon. — Libertin, polisson.
Cochonnerie. — Charcuterie. — « La viande de porc que lady Morgan, cette virago britannique, nomme de la cochonnerie. » (Ricard.)
Cochonnerie. — Acte indélicat. — « Le seul texte de ma lettre vous suffira pour répondre à toutes les cochonneries possibles ; je vous constitue donc pour mon défenseur officieux. » (Lettre de Beurnonville, ambassadeur de France en Prusse, à M. Besta, 1" germinal an VIII.)
— « Oscar, s'approchant avec dignité : Marquis, vous me faites là une cochonnerie tfui ternira à jamais votre blason. » (Marquet.)
Cochonnerie. — Salauderie, aliment dégoûtant, préparé par des gens malpropres comme des cochons. — « Vous ne mangerez pas de ça, c'est de la cochonnerie. » (Chenu.)
Cockney. — Badaud. — Anglicanisme. V. Philistin.
Coco. .— Cheval. — a Ce grossier animal qu'on nomme vulgairement coco, » (Aubryet.)
— « 'On entend la sonnerie de la botte, de la botte à coco, tu sais. » [Vie parisienne, 1866.)
Coco. — Nom d'amitié.
J' vais te donner un p'tit beequau. Viens, mon coco. (Dialogue entte Suzon et Eustache, chanson, 1836.) Si V grand emp'rcur d'vant vous défile Vous ertrez tous: Eh 1 v'ià le coco, (te Violettes et les Œillets, chanson, août 1815.)
Coco. — Tête. — Allusion à la forme ovale de la noix do coco.
Mais, de co franc pleton de table, Qui rend spirituel, uirnable, 8ans vous alourdir le coco,
Je m'en fourre à gogo. (H. Valère.)
Coco (dévisser Le). — Étrangler.
Coco. — Œuf de poule.
Coco.— Homme peu digne de considération.
— « Joli coco, pour vouloir me faire aller. » (Balzac.)
Coco (se Passer Par Le.) — Manger. — Comparaison de l'estomac humain à celui du cheval. Le refrain populaire de la Botte à Coco en a donné l'idée à l'armée et au peuple.
Cocodès. —. Jeune dandy ridicule. — Diminutif de coco pris en mauvaise part. — a Ohé! ce cocodès a-t-il l'air daim 1 » (L. de Neuville.)
— Une Physiologie du Cocodès a paru en 1864.
Cocodète. — Femme d'un dandysme ridicule. C'est la femelle du cocodès. — « On s'y moque des cocodès et des cocodètes. » ( Yriarte, 1867.)
Cocons. — Camarade de première année à l'École polytechnique. Mot à mot :co-coustrit.
Ton ancien tu tutoiras,
Et ton co-cons pareillement. (La Bédollière.)
Cocotte. — Jument. — C'est la femelle de Coco (Cheval). — « Les Garibaldiens tiraient, lo commandant saluait au niveau des oreilles de son cheval. Mieux vaut que Cocotte l'attrape que lui. » (Vieparisienne, 1867.)
Cocotte. — Mal vénérien. — On lui a sans doute donné le nom de celle qui en est souvent la cause. V. plus bas. — « L'ai-jo eue assez de fois, la Cocotte, à ce point qu'on m'appelait le roi des cocotiers. » (L. de Neuville.)
Cocotte. — Mal d'yeux. — Sans doute parce qu'on a les yeux à la coque, c'est-à-dire couverts d'une taie blanchatre.
Cocotte (ma). — Mot d'amitié. — C'est un synonyme de ma poule. V. ce mot.
Cocotte. — Femme galante. — Mot à mot: courant au coq. — On disait jadis poulette.— « Madame Lacaille disait à toutes les cocottes dutmartier que j'étais trop faible pour faire un bon coq. » (Sabbat des Lurons, 1817.)— «Les cocottes peuvent se définir ainsi : Les bohèmes du sentiment... Les misérables de la galanterie... Les prolétaires de l'amour, J > (Les Cocottes, 1864.) Cocotte se dit aujourd'hui pour lorette. V. Machin.
Cocotterie. — Monde des cocottes. « Les | courses ont fait de l'argent. J'y ai remarqué la plupart des bettings'men mêlés à la fleur de la haute cocotterie parisienne. » (Figaro, 1867.)
Coenne De Lard.—Brosse. (Vidocq.)—Allusion aux soies qui garnissent la cocnne. , V. Couenne.
Cœur Sur Le Carreau (jeter Du). — Vomir. •— Ce calembour se trouve déjà dans; Le Roux (1718 ). — « La tête me tourne et j'étends 1 moh cœur sur le carreau. J> (La Correctionnelle, 1840.)
Coffier. — Tuer. ( Halbert.) — Abréviation 1 d'escoffier.
Cognac. —. Petit verre d'eau-de-vie, dite de Cognac. — La dénomination est généralement |
fausse et ne trompe personne, mais on ne l'a conservée qu'avec plus d'amour.
Cognac, Cognard, Cogne. — Gendarme. — V. Cicogne, Raille. — Il est à remarquer que carruche et canton (prisons) ont le sens de coins. V. ces mots. Le cognard serait donc, à proprement parler, celui qui vous jette dans le coin, mot à mot qui vous cogne. Notre langue a conservé rencogner avec ce sens. Cogne est une abréviation. Cognac est un jeu de mots.
Cognade. — Gendarmerie. V. Garçon.
CoGNABD, Cogne. — Gendarme. V. Cognac.
Cogne. — Eau-de-vie. —. Abréviation de Cognac.
Coiffer Sainte Catherine. —Rester fille, ne pas se marier.— Allusion à la coutume qui permettait aux filles seules d'orner, aux jours de fête, la statue de sainte Catherine, patronne des vierges. — « Il y a un préjugé généralement accrédité contre les célibataires qui souvent coiffent sainte Catherine par égoïsme. » (La Cloche, août 1872.)
Coire. —Ferme, métairie. (Halbert.)
Col (se Pousser Du).— Se faire valoir, passer la main sous le menton, près du col, en renversant la tête, est un geste présomptueux.
Toi qui te poussais tant de col, Nous t'avons pris Sebastopol.
(Remy, Chanson, 1856.)
Col Cassé. — Dandy ridicule. — Allusion au col droit cassé aux angles qui est à la mode en ce moment. — « Il y a là-bas une jolie pro- • vision de cols cassés, escortés de toute une cohorte demi-mondaine. » (P. Véron.)
COLABRE, COLAS, COLIN. (Vidocq.)—CoU,
col. — Diminutifs et jeux de mots.
Colback. — Conscrit. —Comparaison de sa chevelure, qui n'est pas encore taillée militairement, au bonnet à poil, dit colback, porté autrefois dans une partie de la cavalerie.
Collage. — Liaison difficile à rompre.
Collant.— Dont on ne peut se débarrasser. — « Nous sommes rabibochés. C'est une femme collante, J > (L. de Neuville.)
Colle. — Simulacre d'examen, examen préparatoire à un examen véritable. — Appelée ainsi parce qu'on cherche à y coller (embarrasser) l'étudiant. — Il n'y a pas à Paris d'institution sérieuse qui n'ait son colleur. — « On
est toujours tangent à une colle, soit que le professeur vous interroge à l'amphithéâtre, soit que le sort vous ait désigné pour être examiné sur les travaux des huit jours précédents. » (La Bédollière.) — « La veille des épreuves, il leur poussait des colles. » (A. Marx.)
Collège. —Prison. (Vidocq.) — Le contact des prévenus en fait souvent une maison d'éducation pour le crime.
Collégien.— Prisonnier. (Idem.)
Coller. — Examiner, faire subir une colle.
Coller. — Prendre en défaut. — « Voilà une conclusion qui vous démonte. — Me prêtes-tu 500 francs si je te colle? » (E. Augier.)
Abréviation de coller sous bande : acculer dans une situation mauvaise. — Terme de billard. — « C'est fini, ils sont collés sous bande, » (Robquin.) V. Bande.
Coller.—Jeter, mettre.—«On l'a collé au dépôt, envoyé à la Préfecture de police. » (Monselet.) V. Clou.
Coller. — Donner.
Pas un zigue, mfim' un gogo, Qui lui colle un monaco.
(Léonard, Parodie, 1863.)
Coller. — Contracter un collage. — « Julia: Qu'est-ce que va devenir Anatole? — Amandine : Le monstre ! il est déjà collé avec Rachel. » (Les Cocottes, 1864.)
Colleur. — Répétiteur chargé d'examiner. «Un colleur à parler m'engage. » (Souvenirs de Saint-Cyr.)
Colletin. — Farce. (Vidocq.)
Colletin. — Collet protecteur de cuir ou de tapisserie que mettent les forts de la halle pour porter leurs fardeaux sans se blesser.
Colletiner. —. Porter des fardeaux à la halle. On abrége en disant coltiner.
Colletiner. — Arrêter. (Grandval.) — Diminutif de colleter, prendre au collet.
Collier, Coulant. — Cravate. — Mots expressifs dans la bouche du voleur qui voit dans la cravate un moyen d'étrangler.
Colonne (chapeau En). .— V. Bataille.
Coloquinte. — Tête de forte dimension. — Allusion de forme. — « Je crois que vous avez la coloquinte tant soit peu dérangée. t> (L. Desnoyers.)
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