donc qu'a mon arrivée (qui fut seulement le 13 de decembre, tant pour l'incommodité du temps que pour ce que j'ai vu en passant les trois principales villes de Berry, lesquelles croissent graces au Seigneur), je ne trouvais pas Monsieur Paur, mon frère, pour ce il était allé à Poictiers, et moi arrivé, il me presenta au consistoire du vendredi 16 du susdit mois, là où il fut arrêté que je ferais trois exhortations assemblant nos quantons qui sont cinq en nombre, en trois assemblées affln que tout le corps de l'eglise m'ouït avant ma rèception, ce que fit les vendredi, samedi et dimanche suivants, qui etoient le 16,17 et 18 du susdit mois : Et c'est grace a Dieu (l'eglise aucune glorifiée de moi, ouict aussi que monsieur Paur, mon frère, remontra que n'etois exercé a la prèdication) et que de l'autre côté a fait que j'ai esté supporté; du reste, messieurs, j'ai bien vu cette assemblée et en si bonne disposition et saint ordre qu'elle a liberté jusqu'au baptesme et mariage pur et impollu de superstition, et jusque à l'enterrement de nos morts a la manière de par de-là ce que j'ai vu quant aux trepassés, et deja plusieurs fois moi-même pratiqué quant aux baptesmes et mariages, en quoi nous avons matière et occasion de glorifier notre bon Dieu. L'Eglise aussi etend tellement sa benèdiction sur ceste ville, que les papistes et nous vivons en telle paix les uns parmi les autres qu'on jugerait que nous ne sommes qu'un corps : même a mon exemple et exhortation se chastient aucunement de leurs vins comme des jurements, jeux et autres, ce qui me fait espèrer que le Seigneur en adjoindra tousiours quelqu'un a son troupeau; en demeurant, Messieurs, j'ai esté humainement receu de monsieur Paur, mon frère, lequel m'a logé en sa chambre et demeurons ensemble, là ou je n'ai point faute de livres: car il en est bien garni. J'ay aussi esté fort bien receu de toute l'assemblée à laquelle j'espère, Dieu aidant, profiter, l'èdifiant de mon costé selon la mesure de de grace qu'il plaira de nous donner, pour laquelle chose, je vous prie tous de vouloir supplier et aussi pour l'avancement et prospèrité de notre chère assemblée, et pareillement vous ne
serez oubliés en nos oraisons, aidant le Seigneur éternel lequel je prie, messieurs, nous augmenter ses grâces et enrichir de ses bénédictions spirituelles par nostre maistre et souverain Seigneur Jesus-Christ son bien-aimé fils, auquel a lui et le SaintEsprit soit gloire, honneur et empire éternellement.
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Ce 2 février 1559.
Messieurs, je ne veux pas oublier de me recommander bien
humblement a vos bonnes grâces et sainctes prières. Votre
humble serviteur,
De Bonvouloir.
Manuscrit* de la Bibliothèque de Genève, n* 121. Lettrtt de divers à divers. De Bonvouloir ou Delaunay était second pasteur à Saint-Maixent.
N0 40.
LETTRE DE CALVIN A l/ÉPOUSE * DE L'AMIRAL DE COLIGNY.
Madame:
Le bruyt commun touchant la délivrance de monseigneur nous a donné courte joye pour quelque petit de temps, et d'autant nous a-ce esté plus grant regret d'entendre tantost après que nous estions frustrés de nostre désir et opinion. Mais combien qu'il en soit aultrement advenu si vous fault-il pratiquer ce que l'Escripture nous monstre que la foy est de longue attente, et qu'il ne nous est point commandé d'estre patiens pour ung an ou pour deux, mais tenir nos affections en suspend jusqu'à ce que le temps opportun soit venu
N° 41.
LETTRE DB FRANÇOIS DE MOREL A CALVIN.
Ante quatuor dies ad te scripsi de rébus multis. Verum quia heri accidit ut rex in hypodromo cum exerceretur ita graviter assula lancea in fronte sauciaretur ut oculi dextri detrimentum fuerit non sine mortis periculo hoc te ignorare nolui. Ita dies aliquot quae spes vitae futura sit cognosci poterit. Judicia Domini profunda abyssus quae tamen sole clarius interdum apparet, gravissima persecutionis tempestas quae totum istud regnum nulla pêne civitate aut oppido praetermisso concusserat fortasse iste maxime sedabitur. Dominus nostrl misereatur et te commilitonesque tuos conservet. Amen.
Cal. Julii, 1559. Tuus obsequentissimus FiliusFMorellenus.
A mon tres-honore Seigneur
Monsieur Charles Passel.
I
Manuscrits de la Bibliothèque de Genève n" 112. Lettres à Calvin.
Liebe, dans sa pseudomje de Calvin , a prouvé que le réformateur prenait aussi le nom de Carolus Passelius.
N° 42.
LETTRE DE LA MOTTE A CALVIN.
Dies nunc abierunt sexdecim, ex quo Neracum perveni, ubi ea reperi quae partibus inflnitis meam expectationeui superarunt,
Conciones publiée et palam : psalmi omnibus viis : libri propa
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iam, nihilominus omnino quam apud nos: Theodoros
incredibilem adventu suo expectationem concitavit
Vale pater optimus et saluta amicos nostros Du Mas
d'Agenoy.
Ce 27 juillet.
Ttbi ex animo deditus
benevolus Plancius
(Nom. novo) De tA Mottb.
à Monsieur Monsieur d'EsPEViLE, là où il sera.
Cette lettre, de laquelle nous ne donnons qu'un fragment, te trouve dans le n* 109 des manuscrit/ de la Bibliothèque de Genève : manuscrits latins, lettres adressées à Calvin.
N° 43.
LETTRE DE CALVIN AU DOC DE LONGUEVILLE.
Monseigneur,
Mesme quand l'opportunité s'adonneroit de vous
inciter plus souvent, je croy que ma diligence ne vous fascheroit point. Et vous expérimentez assez le besoin que vous en avez au milieu de tant de destoursbiers que Salan vous dresse, auxquels il est difficile de résister. ... Or, monseigneur, vous avez un grand avantage en ce que madame vostre mère ne désire rien plus que de vous voir cheminer rondement en la
crainte de Dieu, etc Parquoy il vous est
nécessaire de vous revestir d'une telle magnanimité, qu'il n'y ait ne faveur, ne haine des hommes qui-vous destourne de glorifier celuy qui mérite bien d'estre préféré a toute crea
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tures mortelles et caduques Je vous prie, monseigneur,
de vous exercer songneusement a lire et ouïr la Parole de
Dieu Je vous prie aussi, Monseigneur, de vous garder
des allechemens et delices de ce monde, dont il est impossible que vous ne soyez environné
Ce 22 d'aoust 1559.
Lettrct de Calvin, n° 108 de» manuscrit! de la Bibliothèque de Genève. Ruchat, vu, p. 376.
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LETTRE ADRESSÉE A CATHERINE DE MÉDICIS PAR UN GENTILHOMME QDI S'ÉTAIT CACHÉ SOCS LE NOM DE VILLEMANDON.
Je commenceray, Madame, par vous dire que regnant le feu Roy, lors Dauphin, revenu de Piedmont, où il s'oublia tant, que de commettre un ord et sale adultère, par le conseil et conduicte de certains mignons, meschans et infideles serviteurs, et par lesquels d'abondant la miserable et grande Senechale, Diane de Poictiers, public et commun receptacle de tant d'hommes paillards et effrenez qui sont morts, et qui encores vivent, luy fut introduicte comme une bague dont il apprendroit beaucoup de vertu : et depuis que les nouvelles furent venues, que la bastarde estoit née du susdict adultère, vous fustes mise sur les rengs, Madame, par les susdicts moqueurs et la dicte vieille meretrice : qui vous despescherent et declarèrent entre eux incapable de telle grandeur et honneur, que d'estre femme d'un Daulphin de France, pource que n'auriez jamais enfans, puis que mettiez tant à en porter, veu qu'il ne tenoit à vostre seigneur et mari. Il me souvient que au lieu et chasteau de Roussillon sur le Rosne, ils en tindrent un grand parlement, dont la cognoissance en vint à la feu Roine de Navarre, qui vous aimoit singulièrement, laquelle me dit
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