L'expiation

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M. Dreyfous, 1879 - 46 pages
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Page 16 - C'est alors Qu'élevant tout à coup sa voii désespérée, La Déroute, géante à la face effarée, Qui, pâle, épouvantant les plus fiers bataillons, Changeant subitement les drapeaux en haillons, A de certains moments, spectre fait de fumées, Se lève grandissante au milieu des armées, La Déroute apparut au soldat qui s'émeut, Et, se tordant les bras, cria : Sauve qui peut...
Page 17 - Comme s'envole au vent une paille enflammée, S'évanouit ce bruit qui fut la grande armée, Et cette plaine, hélas, où l'on rêve aujourd'hui, Vit fuir ceux devant qui l'univers avait fui ! Quarante ans sont passés, et ce coin de la terre, Waterloo...
Page 14 - II tenait Wellington acculé sur un bois. » Sa lunette à la main il observait parfois Le centre du combat, point obscur où tressaille La mêlée, effroyable et vivante broussaille, Et parfois l'horizon, sombre comme la mer. Soudain, joyeux, il dit : Grouchy ! — C'était Bliicher ! L'espoir changea de camp, le combat changea d'âme, La mêlée en hurlant grandit comme une flamme.
Page 8 - Il neigeait, il neigeait toujours ! La froide bise Sifflait; sur le verglas, dans des lieux inconnus, On n'avait pas de pain et l'on allait pieds nus.
Page 15 - Derrière un mamelon la garde était massée, La garde, espoir suprême et suprême pensée ! — Allons ! faites donner la garde, cria-t-il, — Et Lanciers, Grenadiers...
Page 22 - Toujours le bruit des flots, toujours le bruit des vents! Adieu, tente de pourpre aux panaches mouvants, Adieu, le cheval blanc que César éperonne ! Plus de tambours battant aux champs, plus de couronne, Plus de rois prosternés dans l'ombre avec terreur, Plus de manteau traînant sur eux, plus d'empereur ! Napoléon était retombé Bonaparte.
Page 23 - Comme le froid matin d'un jour mystérieux. Son âme palpitait, déjà presque échappée. Un jour enfin il mit sur son lit son épée, Et se coucha près d'elle, et dit : c'est aujourd'hui ! On jeta le manteau de Marengo sur lui. Ses batailles du Nil, du Danube, du Tibre, Se penchaient sur son front ; il dit : Me voici libre ! Je suis vainqueur ! je vois mes aigles accourir...
Page 21 - Il est, au fond des mers que la brume enveloppe, Un roc hideux, débris des antiques volcans. Le Destin prit des clous, un marteau, des carcans, Saisit, pâle et -vivant, ce voleur du tonnerre, Et joyeux, s'en alla sur le pic centenaire Le clouer, excitant par son rire moqueur Le vautour Angleterre à lui ronger le cœur.
Page 23 - II marchait, seul, rêveur, captif des vagues sombres. Sur les monts, sur les flots, sur les cieux, triste et fier, L'œil encore ébloui des batailles d'hier, II laissait sa pensée errer à l'aventure.
Page 8 - C'était un rêve errant dans la brume, un mystère, Une procession d'ombres sur le ciel noir. La solitude vaste, épouvantable à voir, Partout apparaissait, muette vengeresse. Le ciel faisait sans bruit avec la neige épaisse Pour cette immense armée un immense linceul ; Et, chacun se sentant mourir, on était seul.

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