Le vrai scandale Michelin

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Golias, 2000 - 96 pages
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C'était le 8 septembre 1999 : le groupe Michelin, n° 3 mondial des pneumatiques annonçait simultanément une croissance de 17,3% de ses bénéfices et un plan de productivité prévoyant 7500 suppressions de postes en Europe sur trois ans. Le lendemain, le titre Michelin enregistrait en bourse une hausse de plus de 12%. Choquant ? Certes, mais le constructeur clermontois n'a pas le monopole de ce genre de pratique. Licencier en période de bénéfices semble devenir le nouveau sport à la mode de l'ensemble de la filière automobile et d'un capitalisme français en pleine mutation. Le vrai scandale Michelin est donc ailleurs : depuis 1982, la France a dépensé près de 10 milliards de francs pour remettre à flot l'une de ses firmes qui, devenue une multinationale, s'empresse de déserter le marché national de l'emploi... A la tête de la neuvième fortune professionnelle de France, François Michelin jurait à qui voulait l'entendre qu'il ne s'occupait pas de politique. C'est faux ! Depuis des années, l'ancien patron et toujours co-gérant de la Compagnie Générale des Etablissements Michelin cautionne et promeut les activités d'une tripotée de chefs d'entreprise et d'intellectuels rassemblés au sein de l'Aleps, l'Association pour la liberté économique et le progrès social. Fondée avec le soutien d'anciens collaborateurs recyclés dans la lutte anticommuniste, cette officine proche d'Alain Madelin entreprend de convertir la France aux thèses néolibérales américaines. Après des décennies de clandestinité intellectuelle, elle a désormais pignon sur rue : chaque année, l'Aleps parraine les Universités d'été de la Nouvelle Economie, rassemblant à grands frais parlementaires, prix Nobel, grands entrepreneurs et journalistes libéraux de tous les pays. Mais sous cet aspect d'inoffensive boite à idées universitaire, l'Aleps cache une organisation de combat autrement plus incisive. Proche des milieux catholiques traditionalistes, très appréciés d'une partie de l'extrême-droite française à qui ils ont fourni idéologie et argumentaires de rechange, ses membres rêvent d'abattre la social-démocratie et les institutions issues du pacte social noué à la Libération. Ils sont les intellectuels organiques de l'aile la plus réactionnaire, la plus archaïque du patronat français. François Michelin est leur ami. Il vient de prouver qu'il était aussi leur meilleur représentant.

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Table des matières

Succès Story p
17
En bourse les Michelin cherchent
33
François Michelin libéral intégriste p
47

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Informations bibliographiques