Oeuvres De M. Rousseau De Geneve: 3

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Page 71 - idées jufqu'à un certain point; & l'homme ne diffère, à. cet égard, de la bête que du plus au moins; quelques Philofophes ont même avancé qu'il ya plus de différence de tel homme à tel homme , que de tel homme à telle bête. Ce n'eft donc pas tant l'entendement qui
Page 255 - s'apperçoit. Qu'importé au genre humain que quelques frelons pillent le miel de quelques abeilles ? Les gens de lettres font grand bruit de toutes ces petites querelles ; le refte du monde ou les ignore , ou en rit. DE toutes les amertumes répandues fur la vie humaine, ce font-là les moins funeftes. Les épines attachées à la Littérature
Page 251 - fe promettent tant de confolations. On n'a jamais tant employé d'efprit à vouloir nous rendre bêtes. Il prend envie de marcher à quatre pattes quand on lit votre ouvrage. Cependant , comme il ya plus de
Page 145 - qui font frémir la nature & choquent la raifon , & tous ces préjugés horribles qui placent au rang des vertus l'honneur de répandre le fang humain. Les plus honnêtes gens apprirent à compter parmi leurs devoirs celui d'égorger leurs femblables ; on vit enfin les hommes
Page 262 - en état d'aller au printems habiter ma patrie , j'y profiterai de vos bontés. Mais j'aimerois mieux boire de l'eau de votre fontaine que du lait de vos vaches ; & quant aux herbes de votre verger , je crains bien de n'y en trouver d'autres que le Lotos qui
Page 115 - déjà venues au point de ne pouvoir plus durer comme elles étoient : car cette idée de propriété , dépendant de beaucoup d'idées antérieures qui n'ont pu naître que fucceffivement, ne fe forma pas tout d'un coup dans l'efprit humain. Il fallut faire bien des progrès , acquérir bien de l'induftrie
Page 97 - pas, à cette vue , de ne pouvoir porter aucun fecours à la mère évanouie, ni à l'enfant expirant? TEL eft le pur mouvement de la nature , antérieur à toute réflexion : telle eft la force de la pitié naturelle , que les mœurs les plus dépravées ont encore peine à détruire , puifqu'on voit tous les jours, dans nos
Page 260 - leur fein que je me confole de tous mes maux : c'eft parmi ceux qui les cultivent que je goûte les douceurs de l'amitié & que j'apprends à jouir de la vie fans craindre la mort. Je leur dois le peu que je fuis ; je leur dois même l'honneur d'être connu de vous : mais consultons l'intérêt dans nos affaires
Page 53 - l'homme dans cet état, la notion du jufte & de l'injufte , fans fe foucier de montrer qu'il dût avoir cette notion, ni même qu'elle lui fût utile. D'autres ont parlé du droit naturel que chacun a de conferver ce qui lui appartient, fans expliquer ce qu'ils entendoient par appartenir* D'autres donnant d'abord
Page 118 - CETTE application réitérée des êtres divers à lui-même , & les uns aux autres , > dut naturellement engendrer dans l'efprit de l'homme les perceptions de certains rapports. Ces relations que nous exprimons par les mots de grand, de petit, de fort, de faible , de vite , de lent, de peureux , de hardi,

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