Poétique de la mobilité: les lieux dans Histoire de ma vie de George Sand

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Rodopi, 2000 - 260 pages
Pour Sand, dans Histoire de ma vie comme dans les Lettres d'un voyageur, voyage et autobiographie vont de pair, car c'est son roman familial qu'elle inscrit dans l'espace. Les lieux de l'enfance et de l'adolescence constituent autant de noeuds de signification dont cette étude s'efforce de dénouer progressivement les fils. Ainsi s'éclaire toute la configuration affective et intellectuelle de l'écrivain. Se dévoile également la richesse de l'imaginaire sandien, tant dans les chapitres consacrés aux expériences enfantines de dédoublement, par le miroir ou l'écho, que dans les analyses du caché, du secret et de l'enfermement. En liaison avec la thématique du dehors et du dedans, l'espace sandien privilégie la frontière et le passage - seuils ou gués -, avec la tentation récurrente de se perdre dans l'élément liquide et mouvant des marécages et des rivières. Sa vision du monde, transcendée par le travail de l'écriture, est du côté de l'ubiquité, de la non-séparation et de la réconciliation des contraires. Il est donc bien légitime de parler d'une véritable poétique de la mobilité.
 

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Page 27 - Je me suis rencontré entre deux siècles, comme au confluent de deux fleuves; j'ai plongé dans leurs eaux troublées, m'éloignant à regret du vieux rivage où je suis né, nageant avec espérance vers une rive inconnue.
Page 21 - ... j'y retrouvais autrefois et que j'y reportais encore. Affreuse illusion des choses humaines ! Elle me reçut toujours avec son excellent cœur, qui ne pouvait mourir qu'avec elle ; mais je venais rechercher le passé qui n'était plus et qui ne pouvait renaître.
Page 27 - Toute la maladie du siècle présent vient de deux causes: le peuple qui a passé par 93 et par 1814 porte au cœur deux blessures. Tout ce qui était n'est plus ; tout ce qui sera n'est pas encore. Ne cherchez pas ailleurs le secret de nos maux.

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