The Enigma of Reason

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Harvard University Press, 17 avr. 2017 - 408 pages
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Reason, we are told, is what makes us human, the source of our knowledge and wisdom. If reason is so useful, why didn't it also evolve in other animals? If reason is that reliable, why do we produce so much thoroughly reasoned nonsense? In their groundbreaking account of the evolution and workings of reason, Hugo Mercier and Dan Sperber set out to solve this double enigma. Reason, they argue with a compelling mix of real-life and experimental evidence, is not geared to solitary use, to arriving at better beliefs and decisions on our own. What reason does, rather, is help us justify our beliefs and actions to others, convince them through argumentation, and evaluate the justifications and arguments that others address to us.

In other words, reason helps humans better exploit their uniquely rich social environment. This interactionist interpretation explains why reason may have evolved and how it fits with other cognitive mechanisms. It makes sense of strengths and weaknesses that have long puzzled philosophers and psychologists--why reason is biased in favor of what we already believe, why it may lead to terrible ideas and yet is indispensable to spreading good ones.

Ambitious, provocative, and entertaining, The Enigma of Reason will spark debate among psychologists and philosophers, and make many reasonable people rethink their own thinking.

 

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La raison des philosophes est un super-pouvoir distinctif de l'humain; celle des psychologues expérimentaux une capacité biaisée, paresseuse et fautive ("<i>flawed</i>") (voir Daniel Kahneman [book:Système 1 / système 2 : les deux vitesses de la pensée|31363466] pour une exposition détaillée).
Ces deux perspectives sont irréconciliables avec une explication évolutionnaire de la raison : une capacité ne peut être sélectionnée pour ses défauts, ni l'être en vertu de caractères ou de traits d'une nouveauté entière et sans commune mesure (sans homologie) avec sa/ses devancière(s).
Une super-capacité fautive et fruit de l'évolution forme une énigme. Mercier et Sperber entreprennent de la démonter en défendant cette proposition centrale :
Le raisonnement est un mécanisme inférenciel intuitif dont le domaine propre comprend l'évaluation et la production des raisons comme justifications et comme arguments pour convaincre autrui.
Ce que les psychologues expérimentaux tiennent pour des défauts et des erreurs de l'intuition et de la raison sont en réalité des caractères adaptatifs, adéquats à la coordination sociale, à la préservation de la réputation individuelle, à la communication et au renforcement des normes et engagements mutuels, de manière tel, par exemple, que le partage de croyances au sein d'un groupe et la capacité d'anticiper les objections possibles renforcent la portée et la qualité du raisonnement individuel; tandis que l'absence de cet arrière-plan et d'objection anticipables appauvrie le raisonnement. Ces motifs font que le même Newton a atteint des sommets dans le raisonnement mathématique (auditoire dense) et s'est égaré dans les spéculations d'alchimie (auditoire faible).
Les organismes vivants possèdent une variété de mécanismes cognitifs inférenciels, produisant des informations nouvelles à partir d'informations actuelles (par exemple: la direction du retour au nid déterminée à partir de la position du soleil et du décompte des pas ou emjambées chez <i> Cataglyphis fortis </i>, une variété de fourmis).
Les intuitions sont des informations nouvelles auxquelles un système cognitif parvient sans représentation ni accès aux raisons ou raisonnement qui les précédent, il s'agit d'un mécanisme non conscient.
Les mécanismes inférenciels sont modulaires, spécialisés pour le traitement d'un domaine d'informations, et pour la production d'une sortie, spécifiques.
Les mécanismes inférenciels cognitifs n'opèrent pas sur des entrées formatées en représentations langagières articulées logiquement (du type <i> modus ponens </i>, <i> si P, Q </i>), ils exploitent plutôt des régularités fiables dans leur environnement sans produire une représentation de la transformation qu'ils en font.
L'erreur à la base des énigmes de la tradition de pensée sur la raison viennent de ce que celle-ci est entendue comme un mécanisme de formation de croyances et de décisions objectives, impartiales et supérieures chez le penseur solitaire, alors que la raison permet de justifier, argumenter, évaluer et convaincre.
Les tenants de la raison individualiste sont incapables d'expliquer pourquoi nous nous avérons, d'un côté, si prompts et persévérants à tenir et à tirer orgueil de jugements faiblement étayés, mais si minutieux et détaillés, de l'autre côté, dans l'évaluation des raisons des autres. Ils sont également peu loquaces sur la forme de la discussion, du débat et de justification que revêt la formation solitaire de nos décisions. Nous raisonnons en réponse à des objections et à des demandes de justification virtuelles, prochaines ou imaginaires. Enfin et surtout, les partisans de la raison individualiste sont incapables d'expliquer pourquoi un groupe d'individus qui discutent, argumentent et justifient leurs décisions parvient
 

Table des matières

A Double Enigma
1
Shaking Dogma
13
Understanding Inference
49
Rethinking Reason
107
What Reason Can and Cannot Do
203
Reason in the Wild
275
In Praise of Reason after All
328
Notes
337
References
357
Acknowledgments
383
Illustration Credits
385
Index
387
Droits d'auteur

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Expressions et termes fréquents

À propos de l'auteur (2017)

Hugo Mercier is a researcher at the French National Center for Scientific Research, working in the Cognitive Science Institute Marc Jeannerod in Lyon.

Dan Sperber is a researcher in the Departments of Cognitive Science and of Philosophy at the Central European University, Budapest, and in the Institut Jean Nicod at the École Normale Supérieure, Paris.

Informations bibliographiques