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Qu'elle absurdité de dire que cette Chevauchée n'est pas un service par armes, puisqu'il est meceffaire de comparoître monté & armé, & que fi quelqu'un alloit à l'assemblée sans Cheval & fans armes , Lasnier le feroit juger défaillant & condamner à l'amende ; l'Escadron marche en ordre Militaire ayant Lasnier à la tette.

Qu'elle autre absurdité de dire que cette comparution se fait par une simple obéissance reverentielle, car fait-on l'hommage en Escadron , monté à Cheval & l'épée au côté contre toutes les formules d'hommage portées par l'art. 333. de nôtre Coûtume conformes au droit commun? Faiton hommage , & rend-on des respects à autre qu'au Seigneur en personne, & le fait-on toutes les années

Il est remarquable que Lasnier dans ses premieres écritures avoit dit , que la Chevauchée se faisoit pour garder la Foire , & il est vray que ç'a été originairement la causc impulfive de la faire, puiss que c'est le jour de la Foire.

Mais on lui dit qu'outre que sous l'heureux Regne du plus Augufte & du plus grand des Rois, la violence publique étoit enchaînée , cette cause avoit entierement cessé, les Seigneurs voisins n'ayant plus le droit d'armer pour venir insulter la Foire à la porte de la Ville, ni consequemment de pretexte d'armer les hommes de la Seigocurie pour s'oposer à leur irruption : Que cette couleur de garder la Foire étoit si fausse qu’à la suposer, il faudroit que l'Escadron le trouvât dés le point du jour dans le champ de Foire ou de Bataille pour n'en sortir qu'à Soleil couchant, & qu'en ce cas il faudroit fournir la nourriture aux hommes & aux chevaux, comme le Seigneur est tenu de faire ca toutes corvées, à moins que les investitures ou aveus portafsent obligation aux hommes d'y aller à leurs dépens ; car le service d'arınes est par l'art. 261. de la trés ancienne Coûtume une corvée non toutefois objecte & vile, & que tour au contraire bien loin que i’Escadron de Cavalerie faffe garde tout le jour à la Foire, il ne faisoit qu'y mener les Officiers en crioms phc pour les ramener.

L'adversaire s'est crouvé li convaincu par ces raisons qu'il changé de batterie & reconnu dans cette production imprimée pag. 11. vers la fin , que cette mascarade s'accomplir en moins de trois heures.

2. Reponse. Qu'encore que la proposition de Lalnier, que la Chevauchée n'est aujourd'huy qu'un droit de Menée qui aflujeitit les vassaux de se representer à un jour prefix à la Cour du Seigneur , pour marque de leur soumillion ne soit aucunement reguliere , parce que la Menée ne se fait pas à la Cour du Seigneur proche , mais à celle du Seigneur Supericur , ou le Seigneur proche éiois tenu de mener ses hommes. Cependant le défendeur accepte volontiers la similirude & on l'interpelle de s'en souvenir ; on convient donc qu'anciennement le Seigneur proche étoit obligé de meaer & representer en certaines saisons & journées, tous les hommes à la Cour du Seigneur, dont il cenoit : par exemple, ce Seigneur'de Vitré menoit ses hommes proches à la Cour du Comte de Rennes son Seigneur à tous les plaids generaux.

Cette comparution étoit generale & s'apelloit Menée de personnes , mais c'est ce qui confond l'adversaire.

Car comme il étoit injuste d'obliger le Vallal à mener tous ses hommes à son Seigneur , de leur faire quitter leurs affaires pour comparoître devant lui sans aucune necellité, & que ce n'étoit plus qu'une couleur dont les Officiers du Seigneur Supericur se servoient pour vexer les arrieres Vafaux par des amendes faute d'avoir comparu ; le Duc Jean V. surnommé le Sage, déchargca les Seigneurs proches de la necesuré de faire Menéc de leurs hommes & aux hommes d’y comparoître ; fi ce n'est qu'ils y fuffent fpecialement assignez comme défendeurs , pour répondre à leur partie adverse. C'est la constitution du 8. O&t. 1420. qui s'observe encore aujourdhuy , portant dispense de comparution personnelle aux menées , fi ce n'est que l'on y soit alligné pour cause particuliere & depois ce tems-là il a passé en maxime qu'il n'y a plus de Menées de personnes , mais seulement menées de causes en vertu d'allignations, ainsi le Seigneur de Vitré qui étoitienu de mener tous ses hommes 4. fois l'an à la Cour du Comte de Rennes comme Scigneur, & qui met encore aujourd'huy pour l'un de ses plus considerables privileges , celui d'être alternativement avec le Baron de Fougeres délivré ou expedié le premier jour des Plaids , ne menc plus tous ses hommes à la Cour de Rennes , non plus que le Seigneur de Kaer les hommes i la Cour de Veoncs ; il n'y a plus que les hommes specialement assignez , ou qui y veulent poursuivre des expeditions, comme dans l'art. 269. de la Coûcume, qui soicnt obligez d'y compus roître. 4. Objection. Lasnier dit qu'il n'y a pas plus de raison d'abolir la Chevauchée, qu'il y en aurois

. d'abolir la Foy & l'Hommage , le Rachat , & les Lods & Ventes,

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Reponse. Ce raisonnement est infiniment absurde , la Chevauchée eft abolic , parce que c'étoit l'effet d'une puissance publique ou droit de commander en armes qui a été retranchée, mais les Rachats, Lods & Ventes & devoirs utiles , & l'obéissance à Cour & Moulin, n'ont point reçü d'atteinte ac dependant point de la puissance publique ou droit des armes. Cela est livray que chacun Seigneur de Fief peur bien affcager son Domainc , à charge de foy, hommage, Rachar Lods & Ventes , rentes & redevances , mais nul ne peut faire d'investitures de Ficf charge de prendre les armes à son mandement ou lemonce.

Obje&ion. s. Que de l'abolition de la Chevauchée, s'ensuivroit cette pernicieuse consequence que les possesseurs des grandes Seigneuries, Duchez , Comtez , Marquilats, en demeurcroient privez & qu'il s'en teroit reversion cessante caufâ , puisqu ils ont été baillez à condition du sera vice d'armes & qu'il n'y en auroit plus.

Reponse. Ce saisonnement va à l'extravagance l'obligation de servir par armes un Seigneur
particulier n'étant pas la même que de servir le Roy Souverain Maître ; & la source de la Puis-
Iance publique, personne n'ignore que chacun ne doivent le servir jusqu'à la derniere goute de son
lang , & qu'à son égard le service par armes ne peut jamais érre aboly, puisqu'il est le fondement
de la puissance publique, & qu'il possede Souverainement le droit des armes, mais de conclu-
IC de l'obligation dont on est tenu au Roy à celle que l'on peut devoir aux Seigneurs de Fief, c'est
ne songer pas à ce qu'on dit.

obještion 6. Qu'il a la possession de faire chaque année cet actroupemene d'hommes, même l'exem.
ple de quatre Seigneurs de Fief à Rennes , qui sont le Seigneur Evêque de Rennes , le Chapitre
de la Cathedrale, l'Abbé de Sainte Melaine & l'Abbelle de Saint Georges lesquels en font autant
les jours de leurs Foires.

Reponse. L'exemple n'autorise point à violer les Loix , on ne prescris ni contre la raison ni con-
tre l'autorité Royale ; plusieurs dereglemens ont continué jusqu'à nos jours, où ils ont enfin fait
aauffrage, le retablissement des bonnes regles ne se fait pas coújours subitement : Si les Officiers
de quatre ou cinq Seigneurs ayant Fief dans la Ville de Rennes, se font étudiez à entretenir
cette occasion de vexer les sujets du Roy contre les Loix generales & contre l'exemple de tous
les autres Seigneurs de Fief qui s'y sont loûmis, c'est un puissant motif de les condamner ; certe
continuation de desordre ne pouvant avoir cu que deux causes. L'une l’avidité des Officiers de ces
Jurisdictions qui se servent de cette couleur pour griveler , arrachant ce qu'ils peuvent fous preo
texte d'amende & pour le procurer des vacations. Car entre deux ou trois cens hommes à cheval
notamment un jour de Foire , il y en a d'yvres dés le matin , il y en a dę purulans, encore plus de
nal-adroits & tous sont fans discipline, de forte que cette mascarade ne le palle pas sans quelque que-
relle , playe ou bosse qui profite à la jurisdiction,

L'autre cause est la ridicule ambition des petites gens , un Saverier , un Tisseran , un Jardinier dont sont remplis les Fauxbourgs, dans lesquels les Fiefs de Vitré s’extendent pour le plus, croyent être devenus Soldars & gens de Cavalerie , quand ils ont paru à cheval & l'épée au côté, & de même les Valers que l'on y cnvoye: car l'adversaire demeure d'accord page 8. qu'un proprietaire n'est point obligé d'y être luy même , & en effet il y a déja plusieurs liécles qu'il fur décide que le Vallal qui devoit le service d'armes pouvoit envoyer un autre homme en la place, Gune terus in Ligurino ibid.

Dominique libens in Caftra vocatus,

Aut eat , aut aliuna prose submittat iturum.
Cela même agrave l'abus , car le Maître qui envoye son Valet ne lui peur donner 'le pouvoir
de ceindre l'épée, ni même le Seigneur de Fief'à ses hommes contre les Ordonnances & les Regle-
mens, il faudra même que le Maître demeure civilement responsable de la forisc que son Valet
peut commettre.

Or puisqu'il n'est point permis de s'arroger le droit d'armes, que le Seigneur de Vitré ne le peut
donner', & qu'au respect des Seigneurs privez les hommes de Fief ne doivent plus d'obéillance
aux armes , il est indubirable que l'on ne peut contraindre les hommes de Vitré non plus que-
ceux des autres Seigneuries de s'armer , de monter à cheval & dc s'attrouper même au nombre
de deux ou trois cens,

Et il est encore d'une consequence necellaire & inevitable qu'on ne peut les condamner en des
amendes, parce qu'ils se tiennent dans l'obéissance qu'ils doivent aux Ordonnances de Sa Majesté
& qu'ils refusent de violer des Loix salutaires à l'Erat tant de fois réžierées.

Encore un coup, l'attroupement & port d'armes est prohibé comme un crime de Lezc Majesté,
OD AC peut licitement l'entreprendre que par le commandement exprés de Sa Majesté, & co obcillant

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à les propres Officiers. Le mauvais usage, la tolercoce & la dissimulation n'excuscroient pas ceux qui sont obligez de sçavoir les Ordonnances, & qui ne peuvent igporer qu'il faut un Mandement exprés , Verba ( infcio Principe ) intelliguntur non mandante , non enim jufficeret fola scientia patientia fed expreßum & Speciale mandatum requiritur, dit Mc. Charles Dumoulin, loc. cit. nous De sommes plus dans la déplorable conjoncture des tems , ou Proceres Regalibus manum injecevant laborante Republicâ , dit excellemment le Docte Hauteserre, nous sommes aux beaux jours où la souveraineté a dislipé tous les nuages. Est-il tollerable que dans la Ville capitale de la Province, & dans la place publique qui apartient au Roy, un Seigneur Féodal, même les Officiers de la Jurisdiction puissent faire armer, monter à cheval, & assembler deux ou trois cens hommes pour s'en faire suivre par la Ville & Fauxbourgs.

Il faut donc que le Seigneur de Vitré pour obliger ses Vallaux à la Chevauchée, les falle prealablement dispenser par une Declaration du Roy bien & dúëment enregistrée, d'obéïr aux principales Loix de l'Etat, & jusques là le Défendeur se tient assuré, que la Cour ne jugera pas qu'il doive payer des amendes à faute d'avoir violé les Ordonnances de Sa Majesté , ce qu'il n'a jamais fait , & ne fera jamais.

Il n'y a pas d'aparence fac Mr. le Duc de la Tremoille veüille se donner cette peine pour une chimere telle que cette Chevauchée ou mascarade, qui ne sert qu'à faire paroître son Officier à Cheval, en House & Robbe à la tête de l’Escadron , digito monftrari de dici kic eft, & lui dona ner pretexte de vexer les hommes par de pretenduës amendes contre l'intention d'an aulli Illustre Seigneur. Ledit Seigneur Duc a été li perluadé que cette Chevauchée n'étoit qu'une couleur à ses Oficiers de gêner & vexer les hommes de Fief , que Lasnier fic lui même publier il y a quelques gonées aux Prônes des Paroilles, qu'il avoit commission d'écouter les conditions qui seroicat pro. posées par un chacun pour l'amortissement de ce pretendu devoir. C'a été un delaftre bien fatal aux hommes de ces Fiefs, que la commission d'en reformer les Rôles soic échức à Lasnier qui n'est connu que par ses vexations. Dans le deroicr ficelc étant question de reformer les Rôles de la terre de Bossac la Thebaudais l'une de celles du Seigneur de Laval en cette Province, ledit Seigneur ca donna la Commission à l'Illustre Bertrand d'Ãrgentré, Commentateur de notre Coûtume , qui cgvertu de Lettres du Roy, descendit sur les lieux en 1560. & l'accomplit en fix jours sans procés. Par un contre-pied terrible, Lasnier Chicancur fiefft & trés-ignorant en maricre Féodale; ainsi qu'en toutes les parties du Droit, bien que dans ses titres il se dile Avocat en la Cour, mais faussement, tout cas sans Licences & Cans Latin, n'ayant jamais entré au College, travaille depuis plus de sept ans à la reformation du Rôle des Fiefs de Vitré à Rennes , au nombre seulement de crois , l'un dans la Paroisie de Saint Germain, l'autre dans celle de Toussaints , & le troisiéme dans celle de Saint Helier , pendant lesquels sept ans il a fait essuyer aux hommes de ces trois Fiefs plus de fix mille exploits & procés, pour le procurer des vacations & à fes Collegues Officiers de la Jus risdi&tion , sans que l'on [cache quand la persecution finira.

Conviction de la seconde Proposition touchant l'amende de Chevauchée. Es preuves pourroient dispenser le Défendeur de repondre aux pretentions de l'Adversaire

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pretention.

La Cour est donc fupliée d'observer que Me. Jean Lasnier au bas de la troisiéme page de la production imprimée , a foûtenu que par deux anciens Aveus baillez au Roy, en 1542.755s.l'Ufe. ment Loy generale du Fief de la Vicomté de Rennes , eft que tous les Vallaux Etagers de la Seigneurie , sans aucune exception ny diftin&tion , sont fujets an Devoir de chevauchée, à peine de foie xante sols monnoye d'amende. A le lui voir proposer aussi affirmativement, il n'y a personne qui ne crúc que ce sont les termes de ces Aveus, d'autant plus qu'il les a fait imprimer en lettre ou carattere , que l'on apelle d'Allegation , & different du corps du discours.

Cependant il est sauf le relpect de la Cour trés faux que ces Aveus de 1942. & 1555. parlent ni de monnoye , ni de soixante sols , ni même d'amende , & que cette écriture en caracterc al'Allegation , eft unc faulleré, qu'il a pratiquée co plus de cinq cens endroits de ladite production , dont les trois parties continuent 103. pages in folio de petite lettre.

It pratique une autre maligaité à l'égard de cet Avcu de 1942, car aprés l'avoir allegué dans cette page 3. produit sous corre D. E. F. page 4. repcré au haur de la page 10.& par tout ailleurs comme une piéce fondamentate , & qui étant produite étoit devenuë commune ; il l'a retirée du procés afin que les Défendeurs n'en pusseat tirer les inductions utiles qu'il leur fournisoit , &

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pour ne laisser que l'autre Aveu de 1555. qu'il croit plus favorablc à ses prétentions , mais qui merite d'autant moins de consideration, qu'il n'a jamais été publié au Siege de Rennes , ni reporté & reçû à la Chambre.

Lasnier a répondu à cette objetion qui lui a été faite par d'autres , qu'il étoit à la Chambre des Comptes employé dans un Inventaire de l'an 1577. & qu'ainsi on devoit le presumer reçů.

Mais ea premier lieu, il n'est pas veritable que tous les aveus qui sont inventoricz, pasient pour verifiez & aprouvez , & son conseil est mal informé des marimes de la Chambre.

En second lieu, il ne se souvient pas qu'il a produit la preuve certaine qu'il n'a jamais été publié, raporté ny verifié. Car sous corre 4.0, il a produit en vélia & par original ledit Aveu de 1555. au dernier feuilles duquel est attaché sous le contre [cel l'Arrêt de la Chambre du 27. Juin 1556. portant qu'elle renvoyoit ledit Aveu au Présidial de Renocs pour y être publié, & coluite raporte n'en ayant reteau qu'un autant , ou copic. Me. Lasnier est faile de cet original, qui seroic par devers la Chambre s'il avoit été raporté, & il ne produit ni les pub'ications & declarations du Procureur du Roy à Rennes de n'avoir moyens de blâmo, ni l'Arrêt de report & receprion; il eft donc trés-indubitable qu'il n'a été ni publié & reporté, ni reçû, & qu'il n'y en a qu'une co. pic par devers la Chambres li bien que ce n'est pas cet aveu de 15ss. qui doit faire foy; mais eclui de 1542. qu'il a retiré du procés malignement , dautant que la regle observée de tout tems , & que Sa Majesté a reperée par fon Edit du mois d'Août 1681. pour Bretagne, non seulement l'aveu de plus ancienne date fait la regle, 'mais il défend à la Chambre de recevoir aucun aveu qu'il ne soit préalablement verifié sur les anciens & public article 10. & 12. du titre second.

Au fond, le Défendeur soûtient, 1. Qu'il n'est point dû d'amende pour défaut de prétendue Chevauchée. 2. Que s'il étoit dû uoc amende, elle ne seroit pas de 60. sols. 3. Que les sols s'il en écoit dû , ne seroient pas monnoye.

Me. Jean Lilnier supołe que l'Ulement general des Fief de Vitré à Rennes , est que le défaut de comparoître à la Chevauchée cmporre amende.

Le Défendeur soûtiene que l'Usement de Fiefs en ce que touche la prétenduë Chevauchée , n'est autre, Gnon que tous les hommes tenanciers n'y sont pas lujeis, & qu'il ne s'aplique aucunement à l'amende ou peine , laquelle ne s'établit que par des dispositions précises & formelles, & non point par extenfion ou interpretation.

Que l'usement du Fief confifte en ce que tous les Tenanciers ne doivent pas le devoir de Chevauchée, mais seulement les Estagers ou Domiciliaires du Fief, c'est une verité dont ledic Lasnier convient par la these même, & partant ecleroit perdre du tems , que de la prouver comine il seroit aisé par ses propres piéces, de sorte qu'il demeure constant que la clause ordinaire portée par les arcus & tcnuës du Devoir de Chevauchée selon l'Ufement de Privilege du Fief, nc fignific autre chose finon que par l'Usement & le Privilege du Fief, on ne la doit que parce que l'on est Eftager , & cela ne peut fignifier une peine ou amende que l'on conteste.

En effet , pour établir un Ulement general de Fief, & pour le prouver lors qu'il est contesté, il faut qu'il soit fondé sur une reconnoissance generale de tous les hommes , comme enseigne le Sieur d'Argentré sur l’ariicle 277. de l'ancienne Coûtume, & à se relâcher jusqu'à l'excés, il faut pour suposer un Ulement general dans un certain fens, que du moins le Seigneur l'ait aindi entendu & expliqué dans les aveus & denombremens qu’:l baille au Roy.

Pour decider donc la question de sçavoir si la claulc de Devoir la Chevauchée à l’usement de Fief, signifie qu'il n'y a que les Estagers à la devoir , ou fi elle content une amende, il ne faut que con'ulter la Declaration du Seigneur même dans l'aveu au Roy dc isss. qui porte; fone tous nos Hommes en Sujets ESTAGERS tenus comparoir montez de cheval & faire la Chevassa shée, depuis la place du Champjacquet en la Ville de Rennes, jusqu'au champ de la Foires pour Accompagner nos officiers allant par ladite Foire. Voilà l'Ulement du Fief expliqué par le terme Eftagers, c'est le Seigneur lui même que l'interprete, mais il n'y parle pas d'amende ; il est donc vray que la cia

le & Pir meni de Fief se termine à la seule qualité d'Estagers à laquelle le Scigneur a retraint son explication sans nulle mention d'amende.

Il y a lieu de penser que l'Aveu de 1942. adjoûtoit quelque chose contraire à l'intention de Lasnier , puis qu'il l'a retiré du procés , & on le lomme de le communiquer.

1. Objection. L'Adversaire dit ; que par des Aveus de plusieurs particuliers le Devoir de Ches vauchée est reconnu amendable,

1. Réponse. Le Défendeur trouve dans ces Aveus mêmes la conviction dudit Lasnier, il est remarquable qu'il a produit au procés plus de quatre ccns Aveuss Içavoir, à la coute 4. D. 259.

tant

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dû c

tant separez que rel:ez en Registre s à la cotte 4. E. 9. à la corre 4. F. 17. à la coure 4. K 'relicz en Registre 90. Tous corte 4. P. 16. & plus de vingi épars sous diverses corte, de ces 400. il n'y en a pas 30. qui poricat amende, & les 370. autres non plus que tous les autres qu'il dir page 13. pouvoir encore produire au nombre de deux cens, ce qai fait en tout 570. ne parlent point d'amende.

Cerre preienduë amende n'est donc pas de l'Usement du Fief: car un Usement general de Fief De le prouve pas par des (cauës de quelques particuliers , il faut qu'il foit ou ait été confessé universellement par tous , auquel cas il se peur conserver par l'exercice sur quelqu'uns, mais pour l'établir ou pour le prouver lorsqu'il est contesté, il faut prouver le consentement universel. C'est e que dir d'Argentré ad art. 277. in verbis en la seigneurie num. 1. prima del principalis pofitio favienda eft de jure universali super toto universo feudi, ut jus deducatur ex universo in totum corpus , non ita ut de individuo uno concludatur ad aliud quia à separatis non valeret illatio , il dit encore, in verb. neque item eorum particularium prestatio non onerat alios Vassallos aut feuda eorum, dene: gatio privar Dominum portefione in jure universaliter probato in totum feudum, ce qu'il avoit dit auparavant glof, s. n. 13. que quand le Seigneur pretend quelques devoirs non établis par le rexie de la Coûtume , la preuve en incombe au Seigneur, guia in oneribus que consuetudo non expressit , Dominus aitoris partes explere debet , recufante quidem Vassallo. Er la raison qu'il en repete, in verbis és lieux circonvoisins est que particularia non inferunt generaliter , de sorte que de 600. Aveus qui sont au procés ou aux mains de Lasnier par la confellion n'y en ayant qu'environ trente qui chargent les advoüins d'amende en cas de défaut & $70. qui ne les en chargent point, il est trèsévident que l'on ne peut pas generalement y affujettir les autres qui ne s'en sont pas chargez , & que l'ulement du Fiet ne confte pas à la faire amendable, mais à distinguer les Eragers qui sculs la doivent d'avec les non étagers qui n'y sont pas sujets par la déclaration même du Seigneur de Laval dans ses Aveus au Roy comme il a été dit.

2. Réponse. Le défendeur ajoute qu'en examinant ces 30. Aveus particuliers , on voit que dans la plậpari l'amende n’est apliquée à la Chevauchée que obliquement & par une broüillerie de Notaires qui raportant aprés le devoir de Chevauchée quelques rentes qui étoient dúės par ces particuliers avec amende en cas de défaui , od apliqué l'amende au tour. 3. Réponse. La confirmation de cette verité : &

que
l'amende n'est
pas pour

Chevaachée est precile & formelle dans l'un des lix Aveus produits par ledie Lalnier sous corre 4. P. do 27. janvier 1545. par lequel feante Monnier . Aliette Orry sa femme déclarent tenir une piece de terre avec herbregement ou eftage, doo une autre piece de terre nommée les Tifonieres , confessent devoir Chevauchée au jour de la Madelaine s obéissance telle qu'en pareil cas aparlient, ton on con• nu neuf den.propre rente payable à la recette o amen de en casde défaut de faire par cause de ladite derene prece nommée les Tifonnieres.

Ils confeffent devoir Chevauchée & renie avec amende , mais pour empêcher l'équivoque, ils déclarent que l'amende n'incombe qu'à cause de la rente dúë sur la piece de verre & non à cause de la Chevauchée.

Il y a lieu de croire que cet Aveu a échapé de la main, & qu'entre les 200. Aveus qu'il dit avoir encore il y en a de semblables , puisqu'il ne les a pas produits, peut être même que l'on en auroit trouvé de semblables entre ceux qui sont au procés, i la precipitation avec laquelle on a vû plus de 1ooo. picces en 4. ou s. jours n'y avoit fait obstacle.

Observation. A roures ces preuves le défendeur ajoute une observation décisive & qui est ausli commune aux deux autres chefs du procés. La Cour est supliée de la faire sur la qualité & la force des propres Aveus de Mr. le Duc de la Tremoille au Roy qui emportent toujours une obligation inexcusable contre ceux qui l'ont écrit , encore qu'ils ne fassent pas Loy à leur profit li routes les solempitcz n'y ont éić gardées.

Lasnier avoit , comme a čré dit , produit deux Aveus géneraux de la Baronnic de Vitré, l'un de 1942. & l'autre de isss. qui n'a été ni publié ni reçû à la Chambre. Il a retiré le premier & il eût peut-être encore retiré le second sans que le Sr. des Hayes Malescot en avoit produit une copic sous cortes A + Z.

Par cet Aveu mis, par Original sous cotte 4. O. il est déclaré au commencement du Chapitre de la Vicomić ou Fiefde Vitré à Rennes, que la déclaration desdits Fiefs est prise d'un rentier reformé le 16. Février 1938. cela donnoit licu de demander la communication de ce Röle refore mé, mais il s'est heureusement trouvé que Lasnier vient de la produire sous cotre X. P. dans les repliques du 20. Avril dernier contre les Procureurs de la Pievôté, & quoyque ce ne soit pas par original, mais une fimple copie en papier marqué des deux precedens Timbres, sans être ligné même par collationé, il fait foy contre la produisant,

Tome II.

Mmm

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