Images de page
PDF
ePub

restitution facile, sont placés entre parenthèses. Les restaurations d'un caractère plus conjectural sont mises entre crochets [ ]. De même, dans la traduction, ce qui est de conjecture pure est entre crochets; les parenthèses désignent les mots qui ont dû être ajoutés au texte, comme remarques, ou pour satisfaire aux exigences de la construction française.

Voici la table des caractères adoptés pour la transcription :

[merged small][ocr errors][ocr errors][merged small][merged small][merged small][merged small][merged small][merged small][merged small][ocr errors][ocr errors][merged small][merged small][merged small][merged small][merged small][merged small][ocr errors][ocr errors][merged small]

INSCRIPTIONS

SANSCRITES

DU CAMBODGE.

[blocks in formation]

INSCRIPTIONS

SANSCRITES

DU CAMBODGE.

I (206 a b)1.

HAN CHEY.

Publications antérieures : H. Kern (d'après un estampage incomplet de M. Harmand), dans les
Annales de l'Extrême Orient, janvier 1882. A. Barth, dans le Journal asiatique, août-sep-

tembre 1882 et février-mars 1883.

L'inscription comprend deux parties indépendantes l'une de l'autre, désignées ici par les lettres A et B.

[blocks in formation]

Les deux parties sont entièrement en çlokas anushṭubh, occupant chacun une ligne et divisés en leurs pādas2. A en contient 35; B n'en a que 12.

On sait, par MM. Harmand et Aymonier3, que Han Chey ou Phnom Han Chey, d'où provient l'inscription, est le nom donné par les indigènes à une vieille tour élevée sur un des contreforts du plateau qui domine la rive droite du Mekong, à quelque distance audessus du vaste groupe de pagodes et de ruines connu sous le nom

[blocks in formation]

par cette

de Phnom Bachey1. La tour, comme la plupart de ces édifices fort
nombreux dans le pays2, est en briques, de forme carrée, haute de
13 à 14 mètres et large de 6 à 7. La porte, en épaisses dalles de grès,
est élevée de trois ou quatre marches au-dessus du sol elle était
autrefois flanquée de colonnes et elle est encore surmontée d'une
sorte de tympan où se voient diverses scènes sculptées. C'est sur les
deux parois de l'enfoncement ou de l'espèce de couloir formé
porte dans l'épaisseur du mur de la tour, que sont gravées les deux
parties de l'inscription, A occupant la paroi de gauche; B, celle de
droite3. A l'intérieur de l'édifice, il y a la trace d'un plancher à
Go centimètres au-dessus du sol, avec une gargouille s'ouvrant au
dehors. Si la tour a réellement servi au culte d'un linga, ce serait là
le somasútra, le « chenal du nectar », destiné à conduire à l'extérieur,
où elles étaient recueillies avec empressement par les fidèles, les eaux
ayant servi aux ablutions du dieu. A une vingtaine de mètres de la
tour, se trouve un édicule de forme carrée, mesurant environ 2 mètres
en hauteur et 3 mètres sur chacune de ses faces. Trois de ces faces
sont formées chacune de trois pierres plates dressées debout, d'autres
pierres plates superposées aux premières formant le toit. La qua-
trième face est ouverte et sert de porte. Cette porte est également
décorée de sculptures et flanquée de colonnes. A un mètre en avant

Phnom Bachey (qui n'est pas marqué sur la carte la plus récente du Dépôt de la marine) est situé sur la rive droite du grand fleuve, vers le milieu du coude qu'il fait, au-dessous de Stung Trang, dans la direction de l'ouest, environ par 12° N. et 103° E. La localité est marquée sur la carte de Fr. Garnier et sur celle qui est jointe au récent ouvrage de M. J. Moura Le Royaume du Cambodge, 2 vol., Paris, 1883. La carte qui accompagne la Géographie du Cambodge de M. Aymonier, Paris, 1876, indique Phnom Bachey et Phnom Han Chey.

:

[ocr errors][merged small]
[ocr errors]

2 Le mémoire cité de M. Aymonier en décrit ou en énumère plus de vingt dans ces parages la description de celle de Han Chey se trouve pages 22-24 du tirage à part. Notre inscription II provient d'une tour semblable.

* Par côté gauche et côté droit, il faut entendre ici, de même que dans toute la suite de ces inscriptions, la gauche et la droite d'un spectateur placé à l'intérieur de l'édifice et tourné vers le dehors, en d'autres termes la gauche et la droite du dieu, en supposant que l'édifice soit un

sanctuaire.

2

INSCRIPTIONS

SANSCRITES

DU CAMBODGE.

IMPRIMERIE NATIONALE.

INSCRIPTIONS

SANSCRITES

DU CAMBODGE.

de cette cellule, est un troisième petit monument, en forme de porte, composé de quatre dalles, celle qui repose sur le sol étant percée de mortaises comme le piédestal d'une statue. Aussi M. Aymonier estime-t-il que les édicules de ce type, assez communs dans le pays, ont servi à abriter l'image d'un dieu. Un peu plus loin, avec les débris de deux statues, se trouve un linga de 50 centimètres de long, « qui présente la particularité d'augmenter progressivement de grosseur vers sa partie supérieure, en forme de massue antique, son diamètre variant de 10 à 15 centimètres.

Les lignes 1-16 de A sont consacrées à l'éloge du roi Bhavavarman. Puis viennent l'éloge de son fils et successeur (17-21), celui d'un personnage qui fut au service du père et du fils (22-31), enfin l'érection par ce personnage, qui était seigneur d'une localité appelée Ugrapura, d'un Çivalinga invoqué sous le nom de Bhadreçvara. Les douze lignes de B ne contiennent que l'éloge du même roi Bhavavarman, et l'inscription s'arrête brusquement après avoir introduit, dans la dernière ligne, un personnage au service de ce prince, apparemment le même que celui qui figure dans A. Dans la suite, si elle a existé, était-il également question du fils de Bhavavarman1? S'agissait-il de la même fondation ou d'une autre analogue? Y trouvait-on le nom du donateur et celui du jeune roi, dont l'absence est si singulière dans A2? Ce

[blocks in formation]

Bien que les exemples ne manquent pas de rois qui ont gardé ce titre pendant toute la durée de leur règne, il est peu probable qu'ici il faille voir le nom du jeune roi. Ce nom a dù, en effet, comme tous les autres, se terminer en varman, et l'auteur de l'inscription n'aurait pas manqué de le relever par l'addition d'un çri ou de quelque autre équivalent. Par une fâcheuse coïncidence, ce nom ne se trouve pas non plus dans notre n° II, où il s'agit probablement des deux mêmes princes. L'inscription XI place Mahendravarman après Bhavavarman.

sont là autant de questions auxquelles il ne sera sans doute jamais possible de répondre. Tout ce qu'on peut affirmer, c'est que, dans l'état actuel, cette partie de l'inscription est incomplète, soit que, pour une raison ou pour une autre, elle n'ait jamais été achevée, soit que la suite ait été coupée, ce qui prouverait que le document n'est plus in situ. Ce dernier doute du moins pourra être résolu sur place à la suite d'un nouvel examen de la pierre1.

L'inscription ne dit rien des prédécesseurs de Bhavavarman. Elle nous apprend seulement que, comme tant d'autres de ses confrères de l'Inde, il prétendait descendre du Somavamça, l'une des deux grandes dynasties de la légende épique2. Ce silence s'expliquerait, au besoin, par l'hypothèse que le donateur aurait été un homme nouveau, dont les ancêtres n'auraient eu jusque-là aucune relation avec la famille royale. Il importe toutefois d'en prendre note et nous aurons à y revenir à propos de l'inscription XI. Jusqu'ici nous n'avons aucun document daté de Bhavavarman; mais, par XI qui contient une liste de rois, et par X, nous savons que Jayavarman, son troisième successeur, régnait en 664 et en 667 A. D., et VI nous apprend qu'Īçānavarman, le deuxième successeur, était sur le trône en 626. On ne se trompera donc pas de beaucoup en adoptant pour Bhavavarman la date approximative à laquelle M. Kern a été conduit par des considérations paléographiques, et en plaçant ce prince dans les premières années du vir siècle 3. C'est lui peut-être qui envoya à

1 Il l'est maintenant. M. Aymonier ayant eu l'occasion de repasser à Han Chey, s'est assuré que les pierres sont in situ et que l'inscription a été gravée après leur mise en place. En tout cas, B n'a pas été coupé : le chambranle est d'une seule pièce, comme celui de gauche, et il se prolonge bien au-dessous de la dernière ligne. Il faut donc admettre que, pour une raison ou pour une autre, l'inscription est restée inachevée. Au-dessous de la partie inscrite, la pierre est fendue en deux endroits; mais M. Ay

[blocks in formation]

INSCRIPTIONS

SANSCRITES

DU CAMBODGE.

« PrécédentContinuer »