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VI. Le roi très héroïque et fortuné qui porta le nom de Satyavarman, dans le monde par ses œuvres, était le fils de sa sœur.

célèbre

VII. La terre avec les montagnes, les arbres et les mers, les points cardinaux et les points intermédiaires, vacillaient de toutes parts sous la pression de sa grandeur.

VIII. Dans le combat, son ennemi ne pouvait soutenir sa présence, non plus que l'Asura celle de Vishnu, mais tournait le dos dès qu'il le voyait.

IX. Par la beauté, il était sur cette terre pareil à l'Amour. Pour ceux qui désiraient la gloire, il était pareil à Indra, terrible par le pouvoir qu'il a de vaincre. Très fort, il était semblable au fils du roi des dieux. Dans les assemblées des hommes, il était digne du respect des bons. Son aspect était terrible comme celui de Tarkshya. Ce seigneur, le roi Çri-Satyavarman, triomphait de tous les êtres en détruisant ses ennemis.

X. Ce grand roi mourut sans avoir longtemps régné, et, fidèle au devoir, il mérita par la science le monde d'Içvara.

XI. Le roi fortuné nommé Indravarman attaché au devoir, fort et célèbre sur la terre par sa majesté, était son frère cadet.

XII. Dans le combat, ce roi fort et destructeur des héros étrangers se jetait sur ses ennemis dès qu'il les voyait, comme le lion sur les éléphants.

XIII. Gloire sur la terre à ce roi héroïque et renommé! Il détruisait les armées ennemies comme le dieu armé de la foudre a détruit les Asuras.

XIV. Il brillait, ce grand sage, ce roi, entouré de héros; car, fidèle à la loi comme il l'était dans son règne, il était pareil au Roi de la loi1.

(14-15) Ce roi prospère, tout d'abord, érigea lui-même à Virapura un Indrabhogeçvara, après avoir choisi le jour lunaire, le demi-jour lunaire, l'heure, le signe du zodiaque lunaire, le jour de la semaine et l'horoscope les plus favorables. Immédiatement après, il érigea un Indrabhadreçvara.

(15-22) Ensuite, celui qui est né de la race royale de la lune au croissant sans tache en automne, dont le corps délicat a la beauté du fils de Dharadhara 2, qui est semblable à la lune apparaissant au sommet de la montagne de son lever au milieu de la troupe des étoiles, quand il montre son visage charmant comme un bouton de lotus à la fenêtre de sa magnifique demeure, dont la poitrine

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ment comme justicier, que le roi peut lui
être comparé. Se rappeler aussi que Dhar-
maraja est un des noms de Yudhishthira,
l'idéal du roi juste. Cf. XXVIII, st. 1. A. B.
2 Du fils de Vishnu, c'est-à-dire de l'A

mour.

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cachée1 exhale deux parfums produits par une abondance de musc et par un
enduit de santal odorant, dans les œuvres duquel se reconnaissent les signes
de la plus haute fortune, tant pour le royaume que pour le roi, avec la plénitude
d'un bonheur immense, qui prend une majesté terrible quand son cœur reste
inébranlable dans la possession du champ de bataille ébranlé par le bruit des
cordes d'arc qui vibrent dans l'armée ennemie et dans sa propre armée, le
roi Indravarman, a érigé ici le bienheureux Indraparameçvara, qui fait le bon-
heur de tous les mondes, sur la place de la magnifique demeure de Satyavar-
man; dans une pensée souverainement pure, et avec des dons pris sur les
dépouilles qu'il a arrachées à ses ennemis, pour toutes les troupes des solitaires,
des ascètes, des sages et des brahmanes, qui éveillent et développent réciproque-
ment leurs pensées, dans le temps du roi des Çakas exprimé par les mondes,
les jumeaux et les montagnes 2, dans la nuit du neuvième jour de la quinzaine
claire du Chien3, sous l'astérisme lunaire d'Uttarāshāḍhā et l'horoscope de l'écre-
visse, le jour solaire du lundi. Tant que dureront la terre, les montagnes, le
grand océan et l'espace céleste, que ce dieu dure également.

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B

om

(1) jayati mahāsurapuratrayāvamarddaṇavividhavikramo pi (2) sitabhasmaprabhā-
vayogādijapahuṁkāranirmmalataraçarirapradeçaç ca gagaṇāntarasphuritavidyuda-
neka (3) cañcaccaruruciravitataçikhiçikhāvalījvalitanetratrayajyotsno 5 dyoditasa-
kalajaganmandalasthitir bhbhāti bahuta (4)rakanakarajatatarulatāvaguṇṭhitatuhi-
nagiriçikharagahavivarantarasthito 6 vanatasiddhacāraṇaharishanmukhaçatama-
khamukhatıya(5)vivudhagaṇamastakakirīṭamanikiraṇavicchuritapādavimvo nipa-
titaraktabandhujīvakusumareṇurañjitacaraṇatalakamalakomalamṛi(6)ṇālanālas tu
nabhastalanisṛitagambhiragangājalanipātadhārādhautatarajaṭādhāro tyahaṁkāra-
Sous les vêtements, ou sous les en- tout blancs d'un enduit de musc et de san-
duits qui la recouvrent. Je soupçonne des tal odorant». A. B.
jeux de mots sur līna, pris dans le sens
d'antarlīna « la place intérieure de la poi-
trine», et vāyu, que je traduis «parfum »>
pour «vent parfumé », mais dont le sens
propre est vent, souffle». Le «sel» de
l'expression serait dans l'attribution de
deux souffles à une seule poitrine. Cf.
ci-dessus, p. 223, note 6. Le sens est
dont la poitrine et les deux bras reluisent

2

723.

3

Voir ci-dessus, p. 219.

4

L'idole de ce dieu, et le temple qui la renferme.

'Lisez -çikhiçikhā–.

Le mot gaha (synonyme de gahana?) est dans Pāņini, IV, 2, 38. Mais le plus probable est que le lapicide a oublié un

na.

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kāmāngadahanas sasurasuramunisiddhayakshagandharvvakinna (7)ravarāpsaro-
ganapavitracaraṇayugalāmbhoruhaç cãtivaladarppāndhāsuraghnaç ca sa bhaga-
vān maheçvaro pi jagata sthityutpattipralayakāraṇas tu tathāpi nārāyana(8)ṣ sa-
mastabhuvanaparirakshaṇasamarthabhavaḥ kshīrārṇṇavatarangasanghatatalaça-
yanānantabhogabhujagaparisevitacaturbhujabhuvanastambhaç cāpi govarddhaṇa-
(9)giridharaṇasurāsuramunibanditacaraṇāravindas tu kṛitamadhukańsāsurakeçi-
cănūrarishṭapralamvanidhano pi madhukaiṭabharudhirasandhyāyamānacaraṇana-
kha(10) manidarppaṇaç capi yad ekamūrttisthitas tata iti çańkaranārāyano pi
bhagavān suracitābharaṇakanakapiñjarīkṛitatanuvaraikadeças tu tasya prasādo
(11) stu bhagavate çrimata indravarmmane sarvvopabhogan sa dadātu tasmai sar-
vvaiçvaryyānīhāmutra vā tasya rājño yathepsitāḥ1 bhavantu sma || tasmai
sakalakoçakoshṭhā (12)gārasāntaḥpuravilāsinīdāsadāsīgomahishakshetrādidravyam

hemakaṭisūtravalayanūpurakirīṭamanimuktipravālahārādibhūshaṇam rajatakum-
bhannabhajanavya (13) janātapatrakadavakalaçacamaraçarāvādiparibhogam 2 sa-
çriman indravarmmeti parameçvaracaritanirantaramanās surapatir iva dattavān.
sakalalokakā (14) raṇaprasādātiçayebhyo vigatakalushacittabhāvena ||

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prathamataran tavat çrīkoshṭhāgāram pavitreçvarasya koshṭhāgāram mamaucko-
(17)shṭhāgāram bhuvanāgrapurakoshṭhāgaradvayam klajadaṭīpradeçagramai-

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8

Absence de samdhi. Il faut de plus sous-entendre un mot tel que arthās.

* Le mot -kadava—, inconnu aux lexiques, se retrouve pareillement devant -kalaça- dans le n° XXVI ci-après, A, ligne 7.

› Voir ci-dessus, p. 220.

• Le participe présent construit comme un verbe personnel avec le pronom relatif: voir ci-dessus, p. 184.

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kam1 cam[?]laipgiriçikharottungadīrgham 2 sarvvāņi tena dattāni tasmai cittaprasādena || (18) ye ke cit sadhupurushāḥ3 svapunyaparirakshārtham te tāni sarvvāṇi samrakshya dirghāyushā bhavantu sarvvaiḥ kulasantānais svargge vasantu yāvad indro pi (19) divastho hy asty anekaçatasahasrakalpeshu tāvad devatāviceshaiḥ ramantu sma || ye ke cit pāpapurushāḥ5 narakanirbhbhayāḥ tāni dravyāni vā hara (20)nti nāçayanti te hy alpayusha bhavantu narake patantu sarvvais 7 saptamakulaiḥ yāvat sūryyācandramasau grahanakshatratārāgaṇās santi tāvat? narake (21) vasantu sma || sarvvāṇīmāni vacanāni purohitāgrāsabrāhmaṇapaṇditatapasagaṇānām 10 yada çrīpa(22) ramapurohitena hūyamāne barṇṇāle 11 lihyamāne jvālamāne 12 tadā sarvve çapam avadan || ye tany anucaranti te dīrghā(23) [yusha bha]vantu || uktam hi 13 ||

III. pākabhedaḥ 14 kṛitaghnaç ca

narakat 15 na nivarttante

bhūmiharttă ca te trayaḥ

yavac candradivākarau

TRADUCTION.

B

1-7. Gloire à celui qui, même après avoir accompli des exploits de toute sorte

en détruisant les trois villes des grands Asuras, a le corps d'une blancheur sans

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1

1

tache, par l'effet de la cendre dont il est couvert, et grâce au grondement par
lequel, dans la prière à voix basse du Yoga et des autres exercices pieux, il se
protège contre tout contact1. Ses trois yeux, brûlants comme les éclairs qui tra-
versent tout d'un coup le ciel, et comme les belles grandes flammes bondissantes
et étincelantes que le feu lance l'une après l'autre, répandent une lumière aussi
douce que celle du clair de lune. Actuellement, il opère la conservation de l'uni-
vers. Il brille, placé dans une caverne profonde au sommet de la montagne de
neige couverte d'une multitude d'arbres et de lianes d'or et d'argent. Ses pieds
arrondis semblent incrustés des rayons lancés par les pierres précieuses des dia-
dèmes que portent sur la tête les troupes des dieux prosternés devant lui: Sid-
dhas, Caraṇas, Hari, Shanmukha, Çatamakha et les autres. Les êtres, perdant
le sang qui les retenait en ce monde, semblables à des fleurs échappées de leur
lien rouge2, colorent comme de leur pollen les plantes de ses pieds pareilles aux
tendres racines et aux tiges du lotus. Il porte une tresse lavée à flots par la chute
des eaux profondes du Gange, tombant de la voûte du ciel. Il a brûlé le corps de
l'Amour, le plus orgueilleux des dieux. Ses deux pieds, pareils à des lotus, sont
un lieu de purification pour les troupes des Munis, des Siddhas, des Yakshas,
des Gandharvas, des Kinnaras et des plus belles Apsaras, ainsi que pour les Suras
et les Asuras. Il est le destructeur des Asuras aveuglés par un orgueil extrême.
Enfin ce bienheureux Maheçvara est le créateur et le destructeur aussi bien que
le conservateur du monde.

8-10. Nārāyaṇa est aussi capable de protéger le monde entier. Il soutient le
monde avec ses quatre bras caressés par le serpent dont les anneaux infinis ont
pour lit le sommet des vagues soulevées de l'océan de lait. Ses pieds, pareils à
des lotus, sont loués par les Suras, les Asuras, et les Munis qui l'honorent parce
qu'il a porté le mont Govardhana. Il a tué Madhu, Kamsa l'Asura, Keçin, Că-
ṇūra, Rishța, Pralamba. Les ongles de ses pieds, pareils à des pierres précieuses,

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