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SANSCRITES

DU CAMBODGE.

9. Quant à Dharmadeva, il eut un fils aux grandes pensées, un lion dans la forêt de sa race et appelé (pour ceła) Simhavīra 1.

10. Savant, chez qui les savants vont aujourd'hui encore s'abreuver du suc de l'art poétique, il fut le ministre excellent du roi çrī-İçānavarman.

11. Le dieu qui donne l'accomplissement de tous les désirs, Hara çrī-Nikāmeçvara, et Hari2, le maître de ceux qui aspirent à la perfection, (le dieu) qui donne la perfection,

12. (Les images de) ces deux dieux furent par lui érigées avec foi, non sans de nombreuses libéralités (en faveur des prêtres), haut dressées comme deux piliers de (sa) gloire, destinées à rester debout tant que la terre sera debout.

13. Celui-ci eut un fils, dont le cœur demeura inaccessible à l'envie et aux autres défauts, qui, n'ayant que de hautes visées, maintint constamment sa pensée fixée sur Bhava 3.

14. Dans l'enfance même, il montra de la retenue; dans la jeunesse même, il sut dompter ses sens; au temps même de la poursuite des trois sortes (de biens), il donna (toujours) la préférence au devoir.

15. Bien que vivant en cet âge (dégénéré), il reste ferme dans la bonne coutume, de sorte que Dharma, quoique harassé par Kali, ne bronche pas, bien qu'il n'ait plus qu'un seul pied 5.

16. Médecin du glorieux lion des rois, du victorieux Jayavarman, il fut sans orgueil, bien qu'il sût tout ce qu'il est possible de savoir.

où nous avons trouvé des inscriptions
(II et VIII) aux noms de Bhavavarman et
d'Īçānavarman. Il est vrai qu'en 627, c'est-
à-dire à une date qui ne saurait être bien
éloignée de celle de l'inscription II, le roi
du Cambodge, d'après les annales chinoises
(Nouveaux Mélanges asiatiques, I, p. 84;
cf. 77 et go), aurait conquis le royaume
de Fu-nan, et que M. Yule est d'accord
avec Fr. Garnier pour identifier cette
dernière contrée avec Campā. Abel Ré-
musat (Nouveaux Mélanges asiatiques, I,
p. 75 et 77) l'identifie avec le Tonkin, et
St. Julien (Journal asiatique, 4° série, X,
p. 97) avec Siam. I y a là encore bien
des points obscurs. Pour le nom de
Campa, qui est en sanscrit celui d'un
arbuste et d'une fleur, on sait qu'il revient

fréquemment dans la géographie de l'Inde propre, notamment comme celui de l'ancienne capitale des Angus, dans le Bengale septentrional.

1

a

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« Héros semblable à un lion. Hara et Hari, noms de Civa et de Vishnu. Nikāmeçvara signifie « le Seigneur des désirs»; « qui donne la perfection» signifie aussi « qui donne le succès ».

Ou en coupant les mots autrement, « sur Bhava qui est (vraiment) », avec le double sens de « sur le (seul) être existant (réellement) ». Bhava est un nom de Çiva. Le plaisir, l'intérêt et le devoir, les trois objets de l'âge mûr.

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17. Ensuite le roi, avec des marques d'honneur, le céda au royal frère de sa mère, lequel, sans avoir le titre de roi, jouissait d'une fortune digne d'un roi. 18. Puis, selon l'ordre de succession dans la famille, le roi ayant reconnu qu'il était l'homme convenable, l'établit avec honneur dans le gouvernement de cette (ville d')Adhyapura.

19. Alors seulement qu'il la protégea avec justice, procurant sans cesse la prospérité d'autrui, cette ville d'Adhyapura justifia vraiment son nom1.

20. Renonçant à prendre des chefs de maison la juste redevance de leurs jardins, encore qu'il en fût le maître, il leur donna par là la pleine aisance. 21. Quand, de la part des malades ou des indigents, par suite même de leur confiance (en lui), il entendait une parole impatiente, sa pitié en était doublée. 22. Que ce que j'ai amassé de mérite depuis ma naissance soit à mon père, » telle est la résolution qu'on célèbre de lui.

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23. Avec l'offrande à Çiva 2, il rassasia les dieux; par l'étude (du veda), les munis 3; ses ancêtres, avec l'eau versée pieusement de ses mains filiales “.

24. C'est par lui, Simhadatta, que fut érigé ici, avec toutes les donations appropriées, ce donneur de victoire, çri-Vijayeçvara 5.

25. Et ce qu'il lui a donné en fait de serviteurs, de jardins et d'autres biens, que tout cela soit tenu pour propriété du dieu, et que (nul) ne le ravisse ou ne le détruise.

26. Le jour de la première décade (révolue du mois) de Vaiçākha", (l'année

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celle que semble, à première vue, comporter
le texte, et je la conserve parce qu'elle a
pour elle la grammaire. Je doute pourtant
qu'elle soit exacte. Étant donnée la con-
struction plus que libre de la plupart de
ces expressions numériques, qui sont en
quelque sorte de simples dictées de chiffres,
je crois qu'il faut plutôt traduire : « le pre-
mier jour (marqué) par deux fois cinq,
c'est-à-dire par dix; en d'autres termes, le
dixième jour de la première quinzaine du
mois, par opposition au dixième jour de
la seconde quinzaine. Le résultat est le
même, mais l'interprétation, comme on le
voit, est bien différente.

'Avril-mai, le mois où la lune est
pleine dans l'astérisme Viçākha, lequel
fait partie du groupe de la Balance.

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révolue) étant désignée par les portes, le chiffre 8 et les flèches; Jiva 2 est logé dans le Sagittaire, le fils de Kavi3 est dans le Taureau, la Lune est arrivée au milieu du Lion, le fils de la Terre est dans le Cancer, le fils du Soleil 5 dans le Verseau, et les autres se tiennent dans le Bélier. Ainsi triomphe ce criVijayeçvara érigé au moment où le Scorpion se trouvait à l'horizon 7.

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4

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Mars. La leçon très nette du texte ne peut signifier que «le Vanija est dans le Cancer, Vanija désignant le demi-tithi ou jour lunaire de ce nom. Cette indication, si elle s'accordait avec les autres données, n'aurait rien d'étrange. Pour tout acte rituel, il importe, en effet, de connaître le jour lunaire, de savoir dans quel nakshatra la lune se trouve en ce moment. Or, pour cela, l'indication du jour solaire ne fournit qu'un moyen très indirect, le jour lunaire ne s'accordant pas du tout avec le jour solaire et pouvant commencer à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit. Encore moins la position de la lune dans tel ou tel signe du zodiaque donnet-elle sa position dans le cercle des nakshatras, les divisions des deux cercles ne correspondant que d'une façon très approximative. Je n'hésite pourtant pas à introduire dans le texte la corection indiquée en note

et adoptée dans la traduction. La lune est, en effet, indiquée comme se trouvant au milieu du Lion, et c'est bien là la position qu'elle devait avoir le dixième jour, pour que, cinq jours plus tard, elle fût pleine dans Viçākha, c'est-à-dire dans la constellation de la Balance. Le tithi indiqué par le Vanija ne serait donc pas celui qui a coïncidé avec l'érection du linga, mais un tithi précédent, celui où la lune se trouvait dans la constellation du Cancer, et on ne voit pas la raison qui aurait pu faire choisir celui-ci. Le léger changement de n en n nous fournit, au contraire, le mot avanija, qui est synonyme de bhumija, un des noms courants de la planète Mars. Ce qui achève d'écarter le dernier doute, c'est que la position de Mars dans le Cancer est confirmée par XII. — Le dérivé kaulira, comme nom du Cancer, ne figure pas dans les lexiques.

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Deux lignes, comprenant une strophe prakṛiti de l'espèce Sragdharā, divisée en ses quatre pādas.

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L'inscription provient de la même localité que X. Elle est tracée sur une pierre plate et rappelle l'érection d'une image de Vishnuİça qui ne font qu'un seul corps », par conséquent encore un Harihara, par un personnage porteur du nom singulier de Kavalitayamin. Elle ne contient pas de nom de roi; mais, comme elle n'est postérieure que de six jours à la précédente, elle est du règne de Jayavarman. Elle est datée, en effet, du 16 du même mois de Madhava ou Vaiçākha, et de la même année, comme le prouvent les positions assignées à Vénus et à Mars (celles de Jupiter, Mercure et Saturne sont moins décisives). Or cette année de 589 est ici désignée comme écoulée. Il faut donc aussi la considérer comme écoulée dans XI et conclure que nos deux inscriptions sont l'une et l'autre du commencement de 590 çaka= 668 A. D.

L'écriture est la même que celle de VI et de VII. Elle rappelle surtout cette dernière par ses caractères grêles et anguleux, tracés d'une main malhabile et sans aucun soin. Mais, comme elle a moins souffert, elle est d'une lecture plus facile. La fin de la strophe est marquée par une double barre verticale surmontée de chaque côté d'un crochet. Dans la transcription, ce signe est figuré par ||

re

TOME XXVII, 1 partie.

10

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IMPRIMERIE NATIONALE.

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INSCRIPTIONS SANSCRITES DU CAMBODGE.

En dehors de l'inscription, à droite et à gauche, existent quelques caractères isolés. A droite, on distingue

ya

nam

na

yam

écrits dans des directions différentes et même renversés les uns par rapport aux autres. A gauche, on lit:

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Ce ne sont pas les restes d'un contexte disparu, mais des essais qui n'ont jamais eu de suite. Parfois, les caractères sont tracés les uns dans les autres. On dirait des exercices de quelque apprenti lapicide.

yāte kāle çakānām navatanuvishayair mmādhave shodaçãhe1
jivaç căpejasūryyo bhriguçaçitanayau tāvurākhye vilagne
sauro minendrayāyi kshititanayayute karkkate maitram indu-

r vvishṇvīçāv ekamūrttī kagalitayaminā2 sthāpitāv atra yuktyā ||

TRADUCTION.

L'époque des Çakas étant passée (d'un nombre d'années marqué) par neuf, les corps et les objets des sens3, dans (le mois de) Madhava 4, le seizième jour : Jīva 5 (est) dans le Sagittaire, le Soleil dans le Bélier, le fils de Bhrigu et celui de la Lune dans le (signe) appelé Tavura qui se levait; le fils du Soleil est arrivé

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8

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