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reste de l'armée forcerait le Tage et tenterait d'envoyer des partis pour joindre le 5* corps, en même temps qu'il fournirait des vivres à ce qui serait à Santarem; mais ne le quitter pour

aller sur le Mondego que lorsqu'on ne pourrait plus faire autrement 1.

» 4° Prolonger la situation de l'armée dans la position où elle se trouve... attendre de nouveaux ordres... ou des nouvelles du 5° corps, qui a ordre lui-même de s'approcher par l’Alemtejo'... et attendre qu'on soit réduit à la dernière misère avant de prendre un des partis ci-dessus proposés. » Comparaison des partis proposés avec les intentions

de l'empereur. Il

у a opposition, dit le résumé de la conférence, avec les volontés de l'empereur dans le premier parti proposé, en ce qu'on abandonnerait le Tage à l'ennemi, ainsi que

toute la ligne, que l'on délaissait.

• Le second est plus conforme aux ordres de l'empereur, dit le prince d'Essling; cependant on y voit encore de grandes difficultés, toujours à cause des positions occupées actuellement, et qu'il

• On voit qu'à cette époque Masséna savait très bien qu'on faisait le siégę de Badajoz.

faudrait abandonner... Il est donc également réjeté.

» Le troisième parti proposé est celui, à ce que déclare encore le prince d'Essling, le plus en rapport avec les volontés de l'empereur, en ce qn'il remplit le double but d'occuper l'ennemi', et de faire vivre l'armée en la mettant en rapport avec le 5* corps et Badajoz ; cependant ce parti n'est pas encore celui qu'on doit suivre. On préfère le quatrième, qui s'accorde tout-à-fait avec les intentions de l'empereur...

» Nous savons, est-il dit plus bas, que le maréchal Soult fait le siége de Badajoz: ce ne peut être qu'avec le 5° corps et des détachemens du 1" et du 4 corps... Il est probable qu'après la prise de Badajoz , le 5° corps fera le siége d'Elvas, mais qu'avant la prise de cette ville, celle d'Estremoz et celle de Portalegre, le 5* corps, qui n'a pas

de rapport exact sur notre position, ne s'avancera pas,

dans la crainte d'être écrasé par lord Wellington, à moins que nous ne jetions

Il y a ici une particularité extraordinaire... Il paraîtrait positif que l'empereur avait ordonné à Masséna de fatiguer son ennemi par une obsession continuelle, et que ces ordres, probablement secrets, lui enjoignaient de se conduire ainsi. Du moins les réponses faites aux différens partis proposés l'indiqueraient assez.

des troupes sur la rive gauche du Tage; mais ce projet offre de grandes difficultés". Je crois donc qu'il vaut mieux gagner du temps, et attendre, pour prendre un nouveau parti semblable à celui qu'on nous a proposé, que nous soyons réduits à une extrême misère; il faut aussi attendre de nouveaux ordres de l'empereur. Si les officiers qui sont partis avec le général Gardanne ont pu passer,

ils seront de retour du 10 au 15 du mois prochain.

Tel est le résumé du résumé de la conférence; je l'ai dépouillé de beaucoup de répétitions diffuses et ennuyeuses. Maintenant voici les deux paragraphes de la fin que je transcris en entier..

Nous, maréchal, prince d'Essling , commandant en chef l'armée du Portugal, avons interpellé messieurs les officiers-généraux qui étaient à Gollegao avec nous, dans la journée du 15 février, de prendre connaissance de l'écrit ci-dessus, contenant huit pages, et intitulé : Résumé de la conférence de Gallegao, en les invitant d'émettre

• J'espère que voilà une opinion bien motivée.

Celui qui est allé en Perse. Les soldats, qui cherchent toujours à rire, et sont parfois très plaisans, disaient : le . néral Lannes est bien à plaindre, il a perdu le général Kilmaine ; mais il est content tout de même, car il lui reste le général Gardanne.

leur opinion sur l'exactitude des faits qui y sont énoncés.

& Torres Novas, le so février 1811.

Signé MASSENA.O Maintenant, à cet exemplaire du résumé de la conférence de Gallegao, voici ce que je trouve au revers de la page où Masséna a écrit ce que je viens de transcrire plus haut. Opinion du duc d'Abrantes, commandant en chef

le 8' corps de l'armée de Portugal, sur l'écrit ci-dessus.

Quoique la réunion de Gollegao ait plutôt » donné lieu à une conversation qu'à une confé• rence d'importance, puisqu'on n'y a pris l'avis » de personne, et que chacun a émis ses opinions » sans ordre, néanmoins j'ai été assez attentif à » ce qui s'est dit pour pouvoir assurer que l'écrit - ci-dessus, contenant à peu près ce qui a été dit à » Gollegao, renferme cependant des propositions i qui n'y ont point été discutées, et qu'il y a eu des observations de faites et des objets discutés qui o n'y sont pas énoncés. . » Perpès, le ai février 1811. · Le général en chef du 8° corps,

Le duc d'ABRANTÈS. »

le gé.

Le sens de l'opinion du duc d'Abrantès, qui d'abord paraît obscur, s'explique tout naturellement lorsqu'on voit la conduite du prince d'Essling ultérieurement. Il est notoire pour chacun des intéressés, qu'il a voulu prendre l'avis de tous ses généraux en chef pour n'en suivre aucun. Du moins voilà ce qui me fut dit par le maréchal Ney et par Junot, et je sais que néral Reignier pensait comme eux. Quant au comte d'Erlon, je ne sais s'il était de l'avis de ses collègues : toutefois je ne l'ai pas revu au retour de la campagne.

Malgré cette belle résolution qui avait l'air de traiter de faibles , d'incapables , d'ignorans, tous ceux qui parlaient d'une retraite, cette retraite eut lieu presque immédiatement après la conférence de Gollegao, puisque l'armée se mit en mouvement le 6 mars. Le même jour, le duc quitta également Pernès, et fit sauter le pont avant son départ. A peine le ge corps eut-il commencé son mouvement, que la cavalerie anglaise parut sur sa gauche, et le suivit toujours dans sa marche.

Voici maintenant un moment bien glorieux pour le maréchal Ney!... Il a sauvé l'armée !... Et cependant le prince d'Essling fut constamment peu bienveillant pour lui, et souvent très

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