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il se créa des ressources. Un bruit qui courut à cette époque en Espagne, et que je suis fondée à croire vrai, mais que je n'ose prendre sur moi d'affirmer, c'est que Mina avait fait un marché avec les généraux français, pour que tout ce qui n'avait pas rapport à la guerre, et qui venait de France, fût escorté par lui Mina, ou par ses troupes, c'est-à-dire ses guerillas, en payant une sorte de redevance qu'il employait à payer ses troupes. D'après ce que je sais de lui, la chose ne m'étonnerait

pas. Mais si Mina lui-même n'était pas d'un naturel féroce, il laissa faire des atrocités par ses troupes, en hien des circonstances, et notamment dans celle de l'attaque du convoi. Néanmoins, ayant de l'accuser, lui personnellement, il faut réfléchir à ce que les guerres de partis ont d’horrible dans leurs scènes, et combien les instrumens employés par les chefs sont difficiles à diriger.

Le mal produit dans la guerre d'Espagne par les partidas est immense. Les Anglais ont voulu le nier, et je ne conçois pas pourquoi , car l'évidence est positive. Quelle fut la véritable cause des malheurs de la troisième expédition de Portugal ? ce fut précisément cette interception de nouvelles, cet empêchement de faire communiquer un corps avec un autre, et cela sur la sur

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face entière de la Péninsule !... L'impossibilité de faire passer une dépêche autrement qu'avec une escorte de deux cents hommes, tandis

que les Espagnols et l'armée anglaise correspondaient télégraphiquement, l'autre impossibilité de faire passer des convois de vivres sans un bataillon pour les défendre, tandis

que

les ennemis avaient leur pain cuit, coupé, et prêt à manger en arrivant dans chaque village. On a évalué le nombre des hommes des guérillas à soixante-mille, je le crois aisément.

Maintenant que j'ai assez parlé de l'Espagne pour avoir, je crois, donné une idée assez juste de son état intérieur, voici une pièce assez curieuse écrite deux mois plus tard que l'époque à laquelle nous sommes arrivés, et dans la même année. On sait que le roi et la reine d'Espagne étaient alors à Marseille, le séjour de Compiègne ne leur ayant pas convenu. Cette lettre est, j'espère, une réponse à tout ce qu'on peut dire contre l'empereur dans să conduite envers les souverains espagnols; et, en tout état de choses, je sais bien quelles réflexions cette lettre peut suggérer. (1)

« Marseille, le 30 novembre 1811. « J'ai mis sous les yeux de Leurs Majestés, (1) Le prince, de la paix 'a dit dernièrement qu'il ne savait

» monsieur le colonel, votre lettre du 21 du cou. » rant,

Le roi et la reine sont infiniment satisfaits des détails intéressans qu'elle contient. Ils en o ont fait plusieurs fois la lecture, et n'ont pu ? y voir sans attendrissement la constante bien» yeillance de Sa Majesté l'empereur et roi pour > eux et pour leur famille.

• Ils ont reconnu dans cette circonstance une » nouvelle preuve des bonnes dispositions de Son » Excellence le duc de Rovigo à leur égard, en • même temps que votre zèle, et la sagesse de p votre conduite dans tout ceci. Je me plais d'au? tant plus à vous le témoigner que c'est leur o intention. Continuez donc à répondre de cette > manière à la confiance que le roi et la reine ont nen vous.

Vous connaissez assez la position gênée dans » laquelle se trouve le roi sous le rapport de ce qu'il doit, et sous celui de ses finances,

» Tâchez, monsieur le colonel, d'engager Son Excellence le duc de Rovigo, à provoquer une

pas comment j'avais des lettres de lui. Je pourrais lui en montrer un grand nombre toutes écrites de sa main s'il veut se donner l'ennui de les relire. J'ai même fait la générosité d'en donner pour des recueils d'autographes. Ces lettres sont adressées à mon mari , dont j'ai les papiers.

» prompte réponse de Sa Majesté l'empereur sur » la lettre du roi. Vous concevez que les disposi» tions à arrêter pour notre départ, fixé au 6 avril

prochain, sont naturellement subordonnées au » secours extraordinaire que Sa Majesté sollicite ► de la bienveillance de Sa Majesté l'empereur.

» Telles sont, monsieur le colonel, les bases des » nouvelles demandes que vous avez à faire, et »sur le prompt succès desquelles vous apprécierez aisément notre impatience.

» Je suis, monsieur le colonel, votre affec» tionné.

LE PRINCE DE LA PAIX. i) Cette lettre a été copiée par moi-même sur l'original qui existe à Paris, et est entre les mains de celui à qui elle fut adresséel.

On peut ajouter que l'empereur fut toujours à merveille pour les souverains espagnols. Une fois le paiement ne se fit pas exactement pour leur pension, et le colonel Çalhé fut envoyé prés de l'empereur pour solliciter ce paiement. -A l'instant même, me dit-il, l'empereur le fitordonnancer. Je rapporterai plus tard une nouvelle preuve, non seulement de sa bienveillance, comme ils l'appellent, mais bien plutôt de sa coquetterie

envers eux.

M. le commandeur Cailhé de Geisne, colonel au sees vice de Portugal.

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Joie de la France. Naissance du roi de Rome. Madame

Durand. - Ses Mémoires. - Ils sont excellens et vrais. Mon arrivée à Sèvres. Réceptiou des dames de la Halle.Conversation de Junot avec elles. - Leur bonté et leur esprit naturel. – Mes enfans. - Rencontre du Roi Joseph à Poitiers. - Ma joie de le voir. Ses mots sur l'empereur. Je me sépare de madame Thomière.- L'empereur et le roi de Rome. La tête blonde et rose. Victor Hugo.

Nous trouvâmes la France encore dans l'ivresse de la joie la plus délirante, de la naissance du roi de Rome'. Hélas! c'était le dernier sourire de la fortune à Napoléon. Mais combien il fut heureux de cette dernière faveur!... comme

· Les détails les plus admirablement faits comme vérité, sur cet évènement, se trouvent dans un ouvrage intitulé : Mémoires de madame Durand, veuve du général Durand... damc d'annonce de Marie-Louise.

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