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De 1328 à 1589. La branche des Valois, treize rois, en 261 ans.

De 1589 à 1793. La branche des Bourbons, cinq rois, en 206 ans.

Si l'éloignement des faits dont se compose l'histoire des Capétiens directs, et le peu d'importance apparente de la plupart de ces faits, les rend pour nous d'un intérêt beaucoup moindre que celui que peuvent offrir des événemens plus graves et plus rapprochés de nous; peut-être réclament-ils davantage l'attention du philosophe. Quel spectacle en effet plus attachant lui pour la suite et que le que développement de ces efforts constans et de ces progrès insensibles du pouvoir royal, le plus ferme garant de la félicité des peuples, lequel nul à-peuprès à l'accession des premiers Capétiens au trône, est, peu à peu, reconquis par eux sur la féodalité, et transmis avec la majeure partie du territoire français, à la branche qui doit les

suivre! Quelque circonspecte d'ailleurs des qu'ait été généralement la politique Capétiens, pour ne poin trop éveiller la jalousie; quelque pacifiques qu'aient été leurs moyens ordinaires d'accroissement, la législation, les affranchissemens et les alliances; la force néan moins qu'ils furent obligés de déployer aussi quelquefois, contre des vassaux puissans et peu soumis, tels surtout que les ducs de Normandie et d'Aquitaine, devenus rois d'Angleterre, ne laissent pas de jeter de l'éclat sur leur histoire. Cet éclat augmente encore aussi bien que l'intérêt, lorsque ces mêmes Capétiens prennent part aux Croisades, qui toutes se trouvent renfermées dans la période de temps qu'ils occupent guerres pieuses, impolitiques sans doute, et que fit naître un zèle plus généreux peut-être qu'éclairé, mais dont les résultats furent avantageux à la société : parce que l'esprit factieux des grands y trouva un aliment qui, désormais, lui fit répandre au dehors cette inquiète

activité qui nuisoit à tous au dedans; parce que le besoin de fonds disponibles où ils se trouvèrent leur fit aliéner et disséminer leurs vastes domaines; parce que le même besoin procura de nombreux affranchissemens, dont l'exemple une fois donné, devoit entraîner de rapides imitations; et parce qu'enfin ces circonstances et mille autres encore, nées de la même cause secondèrent naturellement les efforts des rois pour ressaisir leur pouvoir, lequel se trouva consolidé, lorsque la cause elle-même qui avoit favorisé cette révolution, vint à cesser d'exister.

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La branche des Valois nous offre avec un intérêt plus soutenu des résul tats qui ne doivent pas être moins utiles. Cent vingt ans de guerres contre l'Angleterre, avec une variété de succès et de désastres, qui mirent plusieurs fois la France à deux doigts de sa perte, et qni placèrent même l'étranger sur le trône; la restauration miraculeuse de la chose publique, au moment le

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plus désespéré, et l'expulsion entière hors du territoire français, de ceux qui sembloient le posséder incommutablement ; d'autres guerres en Italie, aussi honorables à la valeur française, que peu profitables, que funestes même à l'état; la rivalité des maisons de France et d'Autriche, maintenue par des hommes tels que François I et Charles-Quint; des guerres civiles, et la dernière née du fanatisme religieux, et empreinte de toutes les fureurs qu'il est capable d'enfanter; les caractères les plus divers et les mieux prononcés; des mœurs aussi intérėssantes que bisarres, mélange confus de générosité, de valeur, de galanterie, d'ignorance et même de barbarie; des hommes gigantesques, preux chevaliers, qui semblent au-dessus de notre nature actuelle, et qui introduits sur la scène des événemens, donnent une teinte nécessairement romanesque, à l'histoire; enfin au milieu de cette période même, un homme qui semble

n'y pas appartenir, tant il est étranger à l'enthousiasme; politique profond, les qui calcule froidement toutes chances, qui les prépare, qui les fait naître, qui sait ordinairement en profiter, et qui achève de mettre les rois hors de page tel est le spectacle vraiment dramatique que nous présente cette partie de notre histoire.

Mais c'est à la branche des Bourbons que la France doit son illustration la plus pure. C'est sous la domination de ses rois, que les conquêtes de l'esprit humain vont de pair avec les exploits militaires. Sous leur administration, la sagesse des lois, la politesse des mœurs, la perfection des arts portent la civilisation à un dégré de hauteur qui semble le terme fixé aux combinaisons de la sagesse humaine et d'où elle ne sauroit plus que déchoir. Ce moment arrive, par les essais imprudens d'une philosophie présomptueuse, qui s'énorgueillissoit d'avance de l'application de ses principes au gouvernement de l'é

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