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ERRATA.

Page 51, lig. 14 : on se contente du simple c devant o et n;

lisez : devant o et a. Page 134, lig. 21 :

Nel puel nommer et ne porquant

Balbié l'a en souglotant, lisez en seul mot neporquant , ou en trois mots ne por quant (neque per quantum, non pas même pour autant, nonobstant

cela). Il n'y a point de motif de séparer une des trois racines. Pag. 166, lig. 9 : le sepulchre u li bom huem fud enseveliz;

lisez : u li bons huem.

DE LA

LANGUE DE MOLIÈRE.

A, devant un infinitif, propre à, capable de , de force ou de nature à....

Cherchons une maison à vous mettre en repos. (L'ÉT. V. 3.) Je me sens un caur à aimer toute la terre.

(D. Juan. I. 2.) Je n'ai point un courroux à s'exhaler en paroles vaines. (ibid. I. 3.)

Pour de l'espril , j'en ai sans doute, et du bon goût
A juger sans étude et raisonner de tout ,
A faire aux nouveautés , dont je suis idolâtre ,
Figure de savant sur les bancs d'un théâtre. (Mis. III. 1.)

Et la cour et la ville
Ne m'offrent rien qu'objets à m'échauffer la bile. (Ibid. I. 1.).
Monsieur n'est point une personne à faire rire. (Pourc. I. 5.)
Des ennuis à ne finir que par la mori.

(Am. Magn. I. 1.) A, devant un infinitif, pour en suivi d'un participe présent:

On ne devient guère si riche à étre honnêtes gens. (B. Gent. III. 12.) En étant honnêtes gens.

L'allégresse du caur s'augmente à la répandre. (Éc.desfem. IV. 6.) En la répandant, lorsqu'on la répand.

Cette tournure 'correspond au gérondif en do, ou au supin en u des Latins , qui n'est lui-même qu’un datif ou un ablatif, l'un et l'autre marqués en français par à : vires acquirit eundo; diffunditur auditu.

Il faut avec vigueur ranger les jeunes gens,

Et nous faisons contre eux à leur étre indulgents. (Ec. des f. V.7.) En leur étant indulgents.

Votre choix est tel ,
Qu'à vous rien reprocher je serois criminel.

(Sgan. 20.) En vous reprochant rien, si je vous reprochais rien.

A, devant un infinitif, marque le but :
... Un cæur qui jamais n'a fait la moindre chose
A mériter l'affront où ton mépris l'expose.

(Sgan. 26.) Pour mériter, tendant à mériter.

Si c'éloit une paysanne, vous auriez maintenant toutes vos coudées franches à vous en faire la justice à bons coups de bâton. (G. D. I. 3.)

Lorsque si généreusement on vous vit prêter votre témoignage à faire pendre ces deux personnes qui ne l'avoient pas

mérité. (Pourc. 1.3.)
Ah! c'est ici le coup le plus cruel de tous,
Et dont à s'assurer trembloit mon feu jaloux. (Amph. II. 2.)
La chose quelquefois est fâcheuse à connoître,
Et je tremble à la demander.

(ibid. II. 2.)
A, devant un infinitif, au point de , jusqu'à :
La curiosité qui vous presse est bien forte,
M'amie, à nous venir écouter de la sorte!

(Tart. II. 2.) -A, devant un infinitif, par le moyen de:

Et que deviendra lors cette publique estime
Qui te vante partout pour un fourbe sublime,
Et que tu t'es acquise en tant d'occasions,
A ne t'étre jamais vu court d'inventions !

(L'Et. III. 1.) A supprimé. Voyez PRÉPOSITION supprimée. - A datif, redoublé surabondamment:

Et je le donnerois à bien d'autres qu'à moi,
De se voir sans chagrin au point où je me voi. (Sgan, 16.)
Que de son cuisinier il s'est fait un mérite,
Et

que c'est à sa table à qui l'on rend visite. (Mis. II. 5.) L'on prescrit aujourd'hui de dire à bien d'autres que moi.... C'est à sa table que l'on rend visite, sous prétexte que les deux datifs font double emploi ; mais cette façon de parler est originelle dans notre langue, et nous vient du latin, où cette symétrie des cas est rigoureusement observée entre le substantif et son pronom relatif. Boileau a dit de même :

« C'est à vous, mon esprit, à qui je veux parler. (Sat. IX.) Vers qu'il lui eût été facile de changer, et qu'il voulut maintenir, avec raison ; car ce pleonasme est dans le génie et la tradition de la langue :

LE DRAPIER:

« Par la croix où Dieu s'estendy,
« C'est à vous à qui je vendy
« Six aulnes de drap, maistre Pierre. »

(Pathelin.) Voyez de redoublé surabondamment.

- A VOUS, où nous ne mettons plus que vous. Voilà un homme qui veut parler à vous.

(Mal, im. II. 2.) A datif, marquant la perte ou le profit. ÊTRE AMI A QUELQU'UN :

Mais, quelque ami que vous lui soyez... (D. Juan. III. 4.) Cette tournure vient des Latins, qui l'avaient empruntée aux Grecs.

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pas

A (un substantif) devant, en présence de...

A l'orgueil de ce traître,
De mes ressentiments je n'ai été maître.

(Tart. V. 3.)
A cette audace étrange,
J'ai peine à me tenir, et la main me démange. (ibid. V. 4.)

A pour de ; essayer à , manquer à , tâcher à... Essayez, un peu, par plaisir, à m'envoyer des ambassades, à m'écrire secrètement de petits billets doux , à épier les moments que mon mari n'y

(G. D. I. 6.) Manquez un peu , manquez à le bien recevoir: (Sgan. 1.) Depuis assez longtemps je tache à le comprendre. (Ibid: III. 5.)

pour en, dans : SE METTRE QUELQUE CHOSE A LA

sera pas...

- A TÊTE:

Pensez-vous.....

Et, quand nous nous mettons quelque chose à la tête,
Que l'homme le plus fin ne soit pas une bête ? (Ec. des Mar. I. 2.)

- A

- A pour contre; CHANGER UNE CHOSE A UNE AUTRE :

Et, des rois les plus grands m'offrit-on le pouvoir,
Je n'ý changerois pas le bonheur de vous voir. (Mélicerte. II. 2.)
« Ce jour même, ce jour, l'heureuse Bérénice

Change le nom de reine au nom d'impératrice.» (Racine, Bérén.)
- A pour sur, d'après ; A MON SERMENT :
Je n'en serai point cru à mon serment, et l'on dira que je rêve.(G.D. II. 8.)
A mon serment l'on peut m'en croire.

(Amph. II. 1.) - A dans le sens de par, SE LAISSER SÉDUIRE A. ...: Et ne vous laissez point séduire vos bontés.

(Fem. sav. V. 2.) Et que j'aurois cette faiblesse d'âme De me laisser mener par le nez à ma femme ? (Ibid. V. 2.) Il est clair que Molière a voulu éviter la répétition de par. A se construit avec laisser; par se construirait avec mener. Voyez A CAUSE QUE,

- A CE COUP,

- A CETTE FOIS , CRÉDIT, A LA CONSIDÉRATION,

A L'ENTOUR DE ,

A L'HEURE, A MA SUPPRESSION,

A PLEIN,

A SAVOIR , Au et Aux.

ABANDONNER. ABANDONNER SON COEUR A..., suivi d'un infinitif :

Aussi n'aurois-je pas
Abandonné mon coeur à suivre ses appas.. (Ec. des Mar. II. 9.)
ABOYER, métaphoriquement; ABOYER APRÈS QUEL-
QU'UN, en parlant des créanciers :
Nous avons de tous côtés des gens qui aboient après nous, (Scap. I. 7.)
ABSENT. ABSENT DE QUELQU'UN:
Et qu'un rival, absent de vos divins appas.. (D. Garcie. I. 3.)

« Nul heur, nul bien ne me contente,
« Absent de ma divinité. »

(FRANÇOIS [er.) C'est un latinisme : abesse ab. A CAUSE QUE.

Vous ne lui voulez mal, et ne le rebulez
Qu'à cause qu'il vous dit à tous vos vérités. (Tart. I. 1.)

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