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i mais. On peut, avec de l'application et de la persée vérance, achever un Ouvrage ; mais des hommes de lettres, livrés à un travail opiniâtre et difficile , peuvent-ils échapper aux traits de l'envie , et aux piéges de la mauvaise foi ? Le premier volume de ces Annales devait paraître, dès le mois de juillet. Nos mesures étaient prises, pour que le second parût peu

che tems après. Comment se fait-il que nous ayons été forcés de faire éprouver d'aussi longs délais ; et comment nos Souscripteurs n'auraient-ils pas

alors conçu les plus justes inquiétudes ? Nous pourrions en instruire le public, și la délicatesse ne nous obligeait au silence. Du reste , au milieu des occupations minutieuses, des immenses travaux qu'exige cet Ou„vrage, nous avons su nous en distraire un instant, pour obvier à tous ces inconvéniens. Une imprimerie est organisée : nous n'avons pu

le faire qu'à grands frais; mais rien ne nous a coûté pour rassurer le public, et pour livrer, de mois en mois, un volume à nos Souscripteurs. La nouvelle tâche que nous avait imposée la critique ; les soins que nous avons été obligés de donner au fonds de l'Ouvrage; les embarras , qui accompagnent l'organisation d'un établissement, nous ont empêchés de iij nous livrer, comme nous le désirions, a la correction des premières feuilles de ce volume. Il s'y est glissé un assez grand nombre de fautes typographiques ; ce qui a nécessité un long errata. On pourra s'apercevoir que la plupart des feuilles ont été revues avec soin. Au reste, nous pouvons assurer que désormais nous redoublerons d'attention et de zèle.

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DRAMATIQUES,

OU

DICTIONNAIRE GÉNÉRAL DES THÉÂTRES.

ansara

BEA BEAUMONT (Francis), né à Leicester, en 1585 , auter dramatique anglais.

Sa jeunesse fut obscure; mais son esprit se développant avec l'âge, il finit par montrer une imagination vive et brillante. Le jugement et le goût présidèrent à tous ses travaux ; ce qui fit dire à Dryden que sa muse était la Folie conduite par la Sagesse. Il avait fait, ainsi que son ami Fletcher, ses études à Cambridge. Tous deux suivirent et abandonnèrent la carrière de la jurisprudence; et, par suite, ils composerent en société des Tragédies et des Comédies , qui obtinrent des saccès mérités. Beaumont avait la réputation d'être un si bon juge, en matière de Théâtre, que Benjohnson lui soumit tous ses ouvrages et se trouva bien de ses conseils. Ses censures étaient justes, sévères, mais sans amertume. Il s'en permettait rarement dans la société, et, lorsqu'il s'y livrait à la plaisanterie, c'était toujours avec tant de délicatesse qu'on était'obligé de lui pardonner.

A

e inautseis poëte presenta un ouvrage de sa composition à Jacques Tér., qui se plaisait à protéger les lettres. Le Roi lut l'ouvrage, et s'aperçut qu'il manquait un pied au troisième ou au quatrième vers; il le fit observer à Beaumont, dont il aimait la société. Celui-ci lui répondit: «Sire, » votre réflexion est juste ; mais si votre majesté continue » de lire, peut-être trouvera-t-elle un pied de trop dans » les vers suivans »,

Cambden s'étant servi, dans une société de savans, d'un mot inusité fut relevé par Benjohnson ; la dispute s'échauffa : Cambden choisit Beaưmont pour juge, et le pria de dire son sentiment sur ce mot : « J'attends , lui répondit notre poëte,

, pour prononcer en sa faveur, que vous vous en soyez

déclaré le père ». Beaumont mourut en 1615, à peine âgé de 30 ans, et fut enterré à Westminster.

»

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BEAUNIER (N.), a publié : l'Heureuse Inconstance, comédie en un acte et en vers. M. de Carabas, comédie en un acte. Le Mariage de Rousseau, intermède. Delia , ou les Troubadours, comédie lyrique en un actè.

BEAUNOIR (Madame de), auteur dramatique, 1808.

On doit à cette dame, plusieurs ouvrages, parmi lesa quels on distingue : Vénus Pélerine, le Danger des Liaisons, Fanfan et Colas, le Sculpteur, et la Famille des Pointus.

BEAUPRÉ (Mlle.de).Cette actrice est une des premières qui aient paru sur le Théâtre, ou, jusques-là, l'on n'avait vu que des hommes. Elle disait de Corneille : « Il nous a fait

grand tort; avant lui, nous avions pour trois écus, des » pièces que l'on nous faisait en une nuit, et qui rapportasi

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