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être fait assez long-temps avant Richerius, qui vivait au Xlll° siècle. · Depuis cette session de Bayon au comte de Salm , nous savons que Henri de Lorraine, fils du duc Ferri de Bitche, mort en 1207, eut pour appanage la terre de Bayon et en bâtit le château. Ce Henri est surnommé le Lombard, et est connu par le testament d'Agnès, duchesse de Lorraine sa mère, en 1226, et par une bulle d'Innocent IV, de l'an 1250. Ce Henri le Lombard est enterré en l'abbaye de Senones avec Agnès son épouse , qui était apparemment de la maison de Riste, alors très-distinguée en Lorraine. Les armes de Henri gravées sur sa tombe, sont les trois Alérions, et celles d'Agnès sa femme, sont deux cygnes naissans, qui sont les armes de la maison de Riste. Ils eurent de leur mariage, 1° Philippe de Bayon , 2° Jacques ou Jacob, 5° une , sille nommée Isabeau : dans les titres de Senones des années 1249 et 1269, on peut voir la généalogie de la maison de Bayon , tome 2, de l'histoire de Lorraine , page xxxvij et xxxviij préliminaires , deuxième édition. Cette maison portait d'argent à la bande de gueule chargée de trois alérions d'argent. Elle a subsisté jusque vers l'an 1476 , et fut fondue dans la maison d'Amance, qui ne parait avoir subsisté guère plus long-temps. En 1477 (1), Bayon était fortifié , puisqu'en cette année, Perrin d'Haraucourt , seigneur de Chamblay et Evrard d'Haraucourt son frère, ayant pris le parti du duc de Bourgogne, Charles-lc-Hardi, contre le duc René II, s'étaient enfermés dans Bayon, et la ville ayant été prise d'assaut, le duc René les mit en prison, dont il les fit sortir quelques temps après et leur donna main-levée de leurs biens confisqués, sous promesse de lui demeurer à l'avenir fidèles et obéissans sujets. La terre de Bayon est actuellement pos, sédée par la maison de Ludres, et a été achetée par madame de Ludres. Le mar

(1) 1747.

quis de Ludres y possède en six portions,

cinq. Bayon a été érigé en marquisat le 7

octobre 1720. La sixième portion est au prince de Salm, comme seigneur de Neuvillers. Le château de Bayon est situé d'une d'une manière avantageuse sur la hauteur qui domine sur la prairie, il est presque tout ruiné. Du temps de Richer au XlII° siècle, Bayon appartenait encore aux comtes de Salm , au moins en partie, et nous avons vu que Henri prince de Lorraine, fils de Ferri de Bitche, avait eu pour appanage la terre de Bayon , et en avait fait bâtir le château. Les pères Tiercelins possèdent un couvent de leur ordre près la ville de Bayon, fondé en 1629 , sur le revenu de l'ancienne chapelle des seigneurs de Bayon , qui a été unie à leur couvent le 10juin 1654 ; ils possèdent de plus quatre autres chapelles d'un revenu assez considérable. Ces religieux furent d'abord établis par les princes Charles et Alexandre de Croy, seigneurs en partie de Bayon , dans un vieux corps de logis du château de la maison d'Haraucourt, situé près la paroisse de ce bourg; mais comme ils étaient extrêmement resserrés dans cet endroit et qu'ils n'y avaient nuls jardinaux , ils obtinrent en 1680 permission de se transporter hors du bourg et d'y acquêter des terres labourables , où ils ont bâti leur couvent, et s'y sont fait des commodités nécessaires pour l'entretien d'une communauté assez nombreuse. Il y a a Bayon un hôpital d'un très-petit revenu ; la chapelle de cet hôpital avec ses revenus , est unie au couvent des PP. tiercelins de Bayon. La paroisse a pour patrons saint Martin et saint Jean-Baptiste, et les dames de Remiremont en sont collatrices. Le bourg ou la ville de Bayon répondent pour le temporel à la communauté et office de Rosières. Il y a environ cinq cens habitans. Pendant la guerre du duc de Bourgogne, Charles-le-Hardi, contre la Lorraine (1), la ville et le château de Bayon furent pris par les Bourguignons, qui s'y maintinrent pendant quelque temps; mais les garnisons de Lorraine des villes voisines, pour se venger d'une course que les Bourguignons avaient faite contre une troupe d'aventuriers sortis de Vaudémont , qu'ils avaient forcés dans la tour de l'abbaye de Béchamps, et les avaient emmenés prisonniers à Châtel-surMoselle. Ces garnisons Lorraines ayant à leur tête Colignon de Ville, le capitaine nommé Fortune, qui commandait cinquante Gassecons aventuriers, le bâtard de Vaudémont, l'écuyer Gérard, Gratien de Guerre , Pierre Duféï et Vautrin son frère, Petit-Jean de Vaudémont, Ferri de Tantonville et Henri son frère, se rassemblérent le 12 août 1476 et s'avancèrent avec 2050 hommes contre Bayon, ils escaladèrent la place ; le capitaine Fortune entra des premiers avec ses gens, les autres le suivirent de près , on trouva dans la place de grandes richesses et beaucoup de provisions de bouche ; on y fit un butin de la valeur de plus de cent mille florins, quatre mille reseaux de blé, plusieurs prisonniers, quantité de meubles et de bestiaux. Les officiers qui commandaient dans Bayon, furent menés prisonniers à Vaudémont. La terre et seigneurie de Bayon avait été donnée comme on l'a dit ci-devant, par l'abbaye de Senones à la maison de Salm , pour son droit de prestation et sauve-garde sur ladite abbaye. Cette terre était venue en 1570 par contrat de mariage, à Charles-Philippe de Croy, et Diane de Dommartin son épouse, à charge de payer à Claude Rhingraff, fille de ladite Dommartin et de Philippe comte sauvage du Rhin et de Salm (2), son mari en premières noces, la somme de cent mille francs aussitôt qu'elle serait mariée

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ou majeure, et ce pour tout droit successif que ladite Claude pourrait espérer de ladite de Dommarsin sa mère. La terre de Bayon et dépendances fut adjugée par decret du 28 janvier 1669 à François de Rennel conseillerd'état, pour la somme de neuf cent mille francs Barrois. Le 26 avril 1686, ladite terre et seigneurie de Bayon fut vendue pour la somme de trente-huit mille cinq cent septante une livre sept sols cinq deniers , au nom de Marie-Louise d'Apremont, duchesse de Lorraine, épouse non commune en biens de messire Henri comte de Mansfeld son mari, au sieur Armet Rivet bourgeois de Paris. Dans le contrat de vente sont exprimés les droits, terres, prés, maisons, bois, etc., dépendans de ladite terre, comme aussi ce qui en dépend à Borville et Neuviller, etc. Depuis cet achat, la terre et seigneurie de Bayon est passée dans la maison de Ludres qui la possède aujourd'hui. Elle avait été donnée en partie à Louise d'Apremont épouse du duc Charles IV, par son testament du 14 septembre 1668 , avec cent mille francs qui furent employés à acheter le surplus de la terre de Bayon. Jean de Bayon, religieux dominicain, historien de l'abbaye de Moyenmoutier, était probablement né à Bayon , et en l'an 1526, étant exilé de son ordre, quoi qu'innocent comme Joseph, Johannes de Bayon, Ordinis Praedicatorum cum Joseph in exilium relegatus, fut reçu dans l'abbaye de Moyenmoutier par l'abbé Bencelin, de qui il était connu, et qui l'exhorta à écrire une chronique depuis le commencement du monde jusqu'à son temps, ce qu'il exécuta. Pour l'histoire ancienne depuis lecommencement du mondejusqu'au XV° siècle, où il vivait, il ne dit rien de fort intéressant ni qu'on ne trouve mieux dans d'autres historiens ; mais pour l'histoire de Lorraine, des comtes de Vaudémont et de l'abbaye de Moyenmoutier , il est très-précieux, il nous apprend quantité de faits et de particularités importantes. On le trouve im

primé par extrait dans l'histoire de Moyenmoutier, depuis la page 250 , 251 et suivantes, et dans notre histoire de Lorraine.

Entre Bayon et Vrécourt, qui n'est qu'à un quart de lieue de Bayon, on voyait autrefois un fort, ou un camp Romain, sur une éminence qui domine sur la prairie, sur la Moselle et sur la grande route qui va dans les montagnes de Vôge. On trouve souvent dans les ruines de ce fort ou de ce camp, des médailles romaines du haut-empire. Les fondemens en étaient d'une épaisseur extraordinaire. On y aremarqué des tuiles plattes antiqucs, beaucoup plus grandes et plus épaisses que nos tuiles d'aujourd'hui ; l'espace qu'il occupait et qui était d'environ de douze jours de terre, est aujoud'hui labouré, et I'on en a arraché jusqu'aux fondemens, dont les pierres ont été employées, partie

à construire la maison des Tiercelins de

Bayon, et partie à faire une vanne qui est au-dessous de ce château, pour empêcher que la Moselle n'approchât du château de Bayon. Le lieu où était cet ancien château que nous croyons avoir été un comp Romain, s'appelle la Côte le Bel. BAZINCOURToU BAZAINCOURT.— Bazaincourt ou Bazincourt, Basini-Curtis, village du Barrois, diocèse de Toul, à droite de la Saulx, deux lieues au midi de Bar. Ce lieu était anciennement annexe de Monplone ; mais il a été depuis érigé en cure ; bailliage de Bar, présidial de Châlons, parlement de Paris. La paroisse a pour patron saint Pierre-ès-liens. Le chapitre de Ligny nomme à la cure. Les décimateurs sont le prieur de Rupt, le chapitre de Ligny et les religieux de Trois Fontaines. M. le duc de Choiseul-Stainville y jouit des droits domainiaux, utiles et honorifiques. Ce village contient environ soixante-cinq habitans. M. Longeaux y possède un fief, dit le fief de la cour et maison forte de Bazincourt. Bazincourt a été autrefois possédé par des seigneurs du même nom. Je trouve en 1295 (1), que F. Jacques prieur de

(1) Archiv. de Lorr. Layette, Bar, Nicey.

Rupt-aux-Nonains, du consentement de Hugues abbé de saint Benigme de Dijon, dont ce prieuré dépendait, échangea avec Husson de Bazaincourt écuyer, les bois et les terres appartenant audit prieuré au finage de Bulcomont et quelques autres biens , contre le quart que possédait · Husson de Bazaincourt au finage de Rupt, appelé le grand quartier vers Huillemont et le terrage avec trois muids de blé de rente, à prendre sur la grange de Bazaincourt, et au cas que ledit de Bazaincourt obtiendrait du comte de Bar, que certains hommes de corps fussent dorénavant dudit prieuré, il lui serait diminué un muid de blé sur les trois qu'il cédait. On ajoute que si le roi de France, le comte de Bar ou leurs officiers venaient à troubler ledit ' prieuré en la possession dudit échange, il · serait déclaré nul. Je trouve encore en 1509, Marguerite de Bazaincourt femme de Gui sire de , Clémont, mentionnée dans un dénom, brement qu'ils donnent l'un et l'autre à : Edouard comte de Bar, de leur maison de l'Ile-en-Rigaut et d'autres terres. BAZOILLES-SUR-MEUSE. — Bazoilles, Bazoliœ ou Bosolium, village du diocèse de Toul, à gauche de la Meuse, à l'endroit où elle entre sous terre, une lieu au-dessus de Neufchâteau , bailliage de la Marche, parlement de Paris, prési| dial de Châlons, Barrois mouvant. Le | chapitre de Ligny nomme à la cure et est décimateur pour la plus grande partie. Il y a environ cent habitans. La seigneurie de Bazoilles-sur-Meuse a été long-temps possédée par la maison du Fay (1). On trouve plusieurs reprises faites par ces seigneurs. Henri du Fay déclare dès l'an 1592, qu'il tient en fief et hommage-lige du duc de Bar, après le roi de France, le comte de Savoie et M. de Beaujeu, sa forteresse et ville de Bazoilles. Le même Henri du Fay et Julienne de Poitiers sa femme, engagèrent en 1400 à Henri Thierrion, receveur-général du duc

#1) Archives de Lorraine, Layette, la Mottte cl l5OuTmOnt.

de Bar, leur terre de Bazoilles pour une somme de 200 francs d'or, du coin du roi de France. Durant la guerre que se firent Edouard duc de Bar et Charles II duc de Lorraine, la forteresse de Bazoilles fut démolie, le village pillé et brûlé. Julienne de Poiters, veuve de Henri du Fay, au nom de ses fils Jean, Bernard et Louis, et d'Isabelle sa fille, en porta ses plaintes au duc Charles II, lequel, en qualité de tuteur du duc de Bar son fils , lui fit délivrer 2500 francs d'indemnité. L'acte est du 12 juillet 1425. Nous trouvons encore les reprises de la terre de Bazoilles , d'Ayme du Fay, de 1507 et 1517, d'Antoine du Fay, de 1557 et 1545 (1). René de Saint-Remi, baron de Choulette en fit l'acquisition, et sa veuve dame Jacquette de Bevault, au nom de ses enfans, René-Henri , Remi-Charles, François-Pierre et Pierre-Jean de Saint-Remi, en fit ses reprises le 15 octobre 1665. BAZOILLES-LES-MIRECOURT.— Outre Bazoilles-sur-Meuse, il y a encore Bazoilles à une lieue au sud-ouest de Mirecourt, diocèse de Toul. L'église a pour patron saint Remi. La collation de la cure appartient à madame la Secrette de Remiremont. Décimateurs, le curé pour un tiers de la grosse et menue dime, hors dans les ensenges, où le curé m'a rien ; les deux autres tiers sont à l'hôpital de Remiremont. Le curé a le quart dans les basses amendes : il est chef de justice, et a séance et voix aux plaids-annaux de Bazoilles : il a droit de faire garder ses bestiaux sans salaire.Ce lieu est du bailliage de Mirecourt, cour souveraine de Nancy. Dépend Roserotte , petit village oû il y a une chapelle. On y dit la messe fêtes et dimanches. La Secrette de Remiremont perçoit les deux tiers de la dime, et le curé a un resal de blé sur une maison. Dépend aussi le Ménil-les- Bazoilles , village à deux lieues au sud-ouest de Mirecourt. Ily a une chapelle à la nomination

(1) Ibidem.

des familles des Grillet et des Mougenot, chargée d'une messe par semaine. Dépend encore la cense de Bouzeval. BEAUFREMONT. — Beaufremont, nommé ordinairement dans les anciens Béfroimont, village chef-lieu de la baronnie et prévôté de ce nom , dont les seigneurs sont à présent messieurs d'Alençon et de Morvilliers. En 1210, nous trouvons dans un titre de Renaud évêque de Toul, pour l'abbaye de Saint-Evre (1), Milo miles, écuyer ou gentilhomme de Beffroimont et Liébaut seigneur de Beffroimont son frère ; la maison de Beaufremont est ancienne et illustre dans ce pays. Le village de Beaufremont est du diocèse de Toul, office de Foug, cour souveraine de Nancy; la paroisse a pour patron saint Pierre et saint Paul. L'abbé de Chaumousey nomme à la cure ; décimateurs, le curé pour le sixième dans les grosses dimes, et un tiers dans les menues, il a encore quelques parts aux dimes de Malaincourt ; le seigneur du lieu pour les deux tiers des grosses et menues diII10S. Il y a un château dont la chapelle castrales est dédiée sous le nom de saint Jean et de saint Nicolas. Patrons, les seigneurs du lieu ; revenu , soixante écus , les deux chapelains sont tenus de dire chacun une messe par semaine. Le revenu était autrefois considérable, puisqu'il y avait quatre prêtres institués pour la desserte de cette chapelle. Roncourt est l'église succursale de Beaufremont. M. de Gournay, évêque de Sithie suffragant de Toul, permit en 1628, d'y faire les fonctions pastorales. Mêmes. décimateurs qu'à Beaufremont. M. l'abbé président de la chambre des comptes de Lorraine, était ci-devant seigneur de ce lieu, qui a porté le nom de Morvilliers depuis l'érection de Lifoù en comté, et son changement de nom en Morvilliers. Il y a aussi un hermitage nommé saint An

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toine , sur le finage. Il y a 24 ou 25 habitans dans le village.

La maison de Beaufremont porte-vairé,

contre-vairé et d'or et de gueule. Le 15 octobre 1589 , la baronnie de Beaufremont, composée des villages de Beaufremont , Lémécourt, Malaincourt, Médonville, Urville, Gendreville, Aulnoy et Landaville en partie, fut prrtagée entre M. Joachim-Charles-Emmanuel de Tornielle et M. Gabriel-Ferdinand de Madruch comte de Chalain , chacun pour moitié. L'une appartient aujourd'hui au comte de Morvillier et l'autre aux comtes d'Alençon. ( , Il y a quatre hermitages en la baronnie de Beaufremont ; à Beaufremont, à Gendreville, à Urville et à Rosières. Dans chacun de ces hermitages il y a deux hermites. De tout temps les seigneurs ont nommé conjointement ces hermites. BEAULIEU EN ARGONNE. Abbaye de l'ordre de Saint Benoit, au diocèse de Verdun. — Beaulieu en Argonne, abbaye de l'ordre de St. Benoit, au diocèse de Verdun , située sur une éminence, ayant Clermont-en-Argonne au nord et Sainte Menhoud au couchant. Ce monastère fut fondé au VIII°. siècle par Saint Rodingue, nommé vulgairement Saint Rouin : on dit qu'il vint d'Ecosse en France, et qu'il avait reçu le caractère épiscopal dans son pays. Après avoir visité plusieurs monastères, il s'arrêta dans celui de Tholey, au diocèse de Trèves, où il demeura pendant quelques temps, sous la discipline de Saint Paul, qui en était alors abbé, et qui fut depuis évêque de Verdun. Apres avoir vécu deux ans avec lui dans le monastère de Tholey, il se retira dans la forêt d'Argonne, en un bois nommé alors Vaslogium , distant de Verdun d'environ six lieues. C'était un lieu très solitaire, et le saint n'y eut d'autre compagnie que de quelques disciples qui le suivirent, ct qui se logèrent dans des cellules qu'ils se bâtirent de feuillages et de branches d'arbres, s'exerçant dans la pratique de la vie religieuse et dans une extrême pauvreté.

Le seigneur de cette forêt nommé Austrasius, fâché de ce que ces étrangers se fussent établis dans ce terrain sans sa permission, envoya ses gens qui les en chassèrent. Saint Rouïn céda humblement, et se mit en chemin pour aller à Rome, visiter les tombeaux des Saints Apôtres. A son retour, il trouva Austrasius attaqué d'une maladie extraordinaire, qu'il guérit par ses prières. Ce seigneur, par reconnaissance, lui donna le terrain où il avait commencé de s'établir, et lui permit d'y bâtir un monastère. Il en dédia l'église sous l'invocation de Saint Maurice, dont il avait obtenu quelques religieux en passant par Agaune, dans un second voyage qu'il fit à Rome, pour demander au pape qu'il confirmât l'érection de son monastère. Il est croyable qu'il y fit recevoir la règle d'Agaune ou de Tarnate, qu'il avait vu pratiquer à Agaune.

Le roi Childéric confirma les grandes aumônes que les personnes riches et pieuses firent à ce nouveau monastère, dont la réputation se répandit bientôt dans toutes les provinces voisines. St. Rodingue, après avoir bien établi son monastère pour le spirituel et pour le temporel, y nomma pour premier abbé, Etienne, son disciple et son compatriote, puis il se retira dans son hermitage de Bonneval , à une demie lieue de Beaulieu, pour y passer les dernières années de sa vie dans une entière retraite; il venait toutefois les fêtes et dimanches au monastère, où il disait la messe et faisait quelques exhortations à ses disciples, puis revenait avec un compagnon dans son hermitage. Il y mourut vers l'an 680. Il fut rapporté à Beaulieu et enterré devant l'Autel de St. Jean l'Evangéliste. On célèbre sa fête le 17 deseptembre ; son culte était déjà célèbre au X° siècle, puisqu'on portait sa chasse en procession, avec celle de saint Vanne et de saint Airi, au Mont-Joui, entre Verdun et Beaulieu, sous l'évêque Dadou, mort en 922.

Ce fut sous l'abbé saint Popon (1) que

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