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là que la seigneurie de Blâmont entra dans la maison de Salm , par le mariage de la fille unique et héritière des anciens seigneurs de Blâmont et de Turkestein, avec Herman de Salm, lequel étant décédé sans enfans, Blâmont revint à Henri comte de Salm son frère, qui épousa Judith ou Joate de Lorraine. En lui furent réunis les comtés de Blâmont et de Salm. On peut voir la généalogie des comtes de Blâmont et celles des comtes de Salm , que nous avons données dans l'histoire de Lorraine. Ferri comte de Blâmont, fils de Henri II comte de Salm, mort vers l'an 1255, fut obligé par le mauvais état de ses affaires , d'inféoder la terre de Blâmont à Jacques de Lorraine évêque de Metz , moyennant une certaine somme que ce prélat lui donna, comme nous l'avons déjà rcmarqué. Au mois d'avril 1269 (1), le duc Ferri obligea par un traité, Henri sire de Blàmont à dédommager l'abbaye de Senones, · dont il avait pillé les biens situés à Senones, Buriville, Hablainville et Pétonville. Archivcs de Lorraine. Henri sire sire de Blâmont et de Deneuvre, fonda avec Cunegonde sa femme, la collégiale de Deneuvre en 1501 , sous l'invocation de saint George ; cette collégiale devait être desservie par sept prêtres, ou même plus si les bienss'en augmentaient, à charge d'y dire tous les jours deux messes, dont l'une devait être chantée à Notes. Les chanoines devaient suivre les règles des autres collégiales, et entr'autres celles de la collégiale de Ligny, qni passait apparemment pour la mieux réglée · En 1510, 1515 et 1514, il y avait guerre entre le sire de Blâmont, Henri son fils et le duc Ferri, contre Renaud évêque de Metz ; l'accommodement se fit en juillet 1514. L'évêque de Metz Ademare, de Montil , affectionnait Henri comte de Blâmont son feudataire, et lui avait donné le gouvernement du temporel de son évêché, après sa

(1) 126g.

mort arrivée en 1561. Thiébaut sire de Blâmont fut nommé Lieutenant général du même évêché, et Général des troupes de l'évêque et fit son serment entre les mains du doyen, le 5 juin 1561; il prit occasion de cet emploi pour faire fortifier sa ville de Blâmont et celle de Deneuvre, fiefs de l'évêché de Metz. Comme il avait fait de grandes avances de ses propres deniers pour soutenir les intérêts de l'évêché, il en demanda le payement à Jean de Vienne nommé évêque de Metz par le pape Urbain V. Il était du à Thiébaut de Blâmont, douze milie trois cent soixante-trois florins , mais comme il avait fait recette de deux mille trois cent soixante-trois florins, on ne lui tint compte que de dix mille florins , et encore ne furent ils payés que par partie : cette dette occasionna bien des hostilités de la part des comtes de Blâmont contre les évêques de Metz. En 1562, après la fête de saint Luc, la paix fut faite par l'entremise du duc Jean, entre Robert duc de Bar et Thiébaut de Blâmont. Le même Thiébaut comte de Blâmont fut établi en 1566 le 6 décembre, par le duc Jean I", lieutenant de son duché avec promesse de lui rembourser tous les frais qu'il pourrait faire à l'occasion de cet emploi. / En 1591 (1), Valeran de Luxembourg comte de Ligny et de Saint-Pol , étant en guerre contre la ville de Metz, engagea Henri comte de Blâmont d'entrer dans sa querelle, et celui-ci promit de défier dans quinze jours la ville de Metz et de lui faire le plus de dommage qu'il pourrait : cette guerre ne fut point heureuse pour le comte de Blâmont, il fut battu par ceux de Metz près le village de Cirey. La paix fut enfin conclue par la médiation de l'évêque de Metz, dont Henri était feudataire, et par celle du duc de Lorraine et des arbitres nommés de part et d'autre. En 1406, le duc Charles II et Henri sire de Blâmont, s'obligent réciproque

(1) Hist. de Lorr. t. 2. p. 94

ment à s'entre-secourir l'un l'autre , contre leurs ennemis, avec qui ils étaient en guerre.Mais en 1442, Conrade Bayer évêque de Metz, piqué contre Ferri comte de Blâmont, lui ôta la vouerie de Vic, et refusa de lui payer trois cents florins d'or qu'il percevait annuellement sur les salines de l'évêché de Metz. Ces difficultés firent naître une guerre entre Conrade Bayer et Henri comte de Blâmont. Après diverses hostilités de part et d'autre, la reine Isabelle duchesse de Lorraine, pendant l'absence du roi René I" son mari, qui était allé au royaume de Naples, les mit d'accord. Elle condamna l'évêque de Metz à payer au comte les trois cents florins d'or, et à lui rendre la vouerie de Vic, et obligea Ferri comte de Blâmont à restituer à l'évêque de Metz, les places dout il s'était emparé pendant la guerre.

Le 16 mai 1455, le duc Jean dégagea une rente de quatre cent cinquante fforins sur les salines de Dieuze, Ham, Gelacourt, Flin, d'Illonville ou Glonville, Ezerailles et Bademénil , engagées par René I" en 1452, le 24 novembre à Thiébaut de Blâmont et Marguerite de Lorraine sa femme, pour la somme de cinq mille cinq cents florins qu'il lui avaient prêtés.

Le 22 décembre 1472, le duc Nicolas manda à Lunéville, Ferri et Olri de Blâmont frères, pour y renouveler le serment que leur père Thiébaut et leur mère Marguerite de Lorraine, avaient fait en 1422 le 26 septembre, de reconnaître pour souverains les ducs de Lorraine, de recevoir leurs ordres dans l'étendue de leur seigneurie , de les servir de leurs personnes et de leurs forteresses, cela en présence de Henri de Ville évêque de Toul, et Thierri d'0géviller abbé de Moyenmoutier.

Ferri et Olry renouvelèrent le serment de leur père et de Marguerite de Lorraine leur mère, et à l'instant Robert Morel, conseiller du duc, et Jean de Besange lieutenant général du bailliage de Nancy, passèrent comme commissaires du duc ,

' neuvre, où ils firent prêter serment aux juges de ne recevoir aucun seigneur qu'il n'eut fait préalablement serment au duc de Lorraine.

Olri de Blâmont évêque de Toul, devenu seul héritier de Blâmont, de Deneuvre et de leurs dépendances, par la mort de ses frères et sœurs, fit cession de tout ce qu'il y avait en 1499, au duc René II, et René en rcçut l'investiture de Henri de Lorraine son oncle évêque de Metz. Le même Olri de Blâmont en 1505, fit donation de Deneuvre et de ses dépendances au même duc René II ; la même année, René en prit possession par Erard d'Haraucourt.

Depuis les cessions de Deneuvre et du comté de Blâmont , faites au duc René II, avec l'agrément de Henri évêque de Metz, oncle de René, ce prince en fit hommage à l'évêque Henri : et le duc Antoine fils et successeur de René II, rendit le même devoir à Jean son frère évêque de Metz; mais depuis ce temps , le duc de Lorraine ne fit plus ses reprises pour ce comté, à l'évêque de Met, mais à l'empereur

Il est déjà parlé du comté de Blâmont, comme appartenant nuement au duc de Lorraine, dans le traité de Nuremberg de l'an 1544, sous le duc Antoine.

En 1546, procès s'étant meu entre les officiers de l'évêque de Metz , et ceux de Christine de Dannemarck , douairière de Lorraine, dame de Blâmont, au sujet du ressort prétendu par le procureur général de l'évêque de Metz à Vic, pour la HayeBarre, située entre Igny terre de Blâmont et Avroncourt, seignenrie de Réchicourt ; Nicolas de Lorraine, administrateur perpétuel des évêchés de Metz et de Verdun, s'étant fait informer du droit des parties contestantes , reconnut que la ville de Blâmont n'était ressortissable à son évêché ni au siége de Vic, mais était libre et franche envers les évêques de Metz, de tous ressorts, jnridictions , redevances et sujétion, et n'était que fief libre de l'évêché de

Metz, et n'était obligée qu'à ne dresser

dans les seigneuries de Blâmont et de De- | armes contre lesdits évêques, ez lieux de

Blâmont et dépendances. Ainsi conclu et décidé le 10 septembre 1546. En 1561 le 25 février , intervint un accord entre le duc Charles III et François de Beaucaire evêque de Metz , par lequel il fut arrêté par la médiation de Charles cardinal de Lorraine, que les villes d'Albe, Sarrebourg, Blâmont, Deneuvre, Conflans et Condé,demeureraient nuement au duc de Lorraine, et que Hombourg, St.-Avold, Baccarat et Remberviller, seraient à l'évêque de Metz. Ensuite de cet abandonnement le duc Charles III en 1567, reçut de l'empereur Maximilien II (1), l'investiture du comté de Blâmont, par son envoyé le comte Jean de Salm, maréchal de Lorraine. En 1596, le comté de Blâmont fut engagé au sieur Guy de Brunn. La ville de Blâmont avait été donnée pour douaire à la duchesse Christine de Dannemarck, mère du duc Charles III, au temps de son mariage avec le prince François fils du duc Antoine. Cette princesse s'y retira après la mort du duc son époux en 1545 , elle s'y retira de nouveau après que le roi Henri III eut emmené à Paris en 1552 , le jeune duc Charles III fils de cette princesse; elle y fit quelques bâtimens au château. Blâmont fut attaqué au commencement de septembre 1587, par l'armée des Reïtus protestans d'Allemagne, qui étaient sous la conduite du duc de Bouillon. Un jeune gentilhomme Lorrain nommé Mathias Klopstein, qui s'y était jeté avec deux compagnies, se défendit si bien, qu'après leur avoir tué deux cents hommes , il les obligea de se retirer; mais avant leur retraite ils brûlèrentBlâmont en tout ou en partie.En 1656, Klopstein gouverneur de Blâmont, mit le feu à la ville à l'approche du général Bernard duc de Saxe Veimar, et se retira dans le château; il s'y défendit avec tant de vigueur, que les assiégeans irrités de sa résistance, le firent pendre devant la porte du château, après avoir passé la garnison au fil de l'épée. Depuis ce temps, M. de

(1) Hist. de Lorr. t. 2, p. 136o.

Feuquière en 1658, brùla le château qui n'a pas été rétabli. Le capitaine Klopstein était fils d'un autre Mathias Klopstein, issu de famille noble d'Allemagne qui fleurissait au XVI° siècle dans les confins de Hesse et de Thuringe ; il abandonna sa patrie et ses biens pour s'attacher au service du grand duc Charles III, et le suivit en Lorraine en qualité de capitaine de cavalerie; il s'y établit et eut pour héritiers de son mom et de son zèle, Alexandre et Mathias Klopstein. Alexandre suivit le parti des armes ainsi que ses aïeux, et reçut pour récompense de ses services, la prévôté et capitainerie de Marsal à perpétuité. Mathias son frère, se distingua sous le règne de Charles IV, dont il mérita la confiance dans les emplois honorables qui lui furent eonfiés, et surtout dans celui de gouverneur de Blâmont, où il versa son sang pour la gloire de la patrie et l'intérêt de son prince. Son neveu François Klopstein, fils d'Alexandre, successeur du zèle et de la fidélité de ses ancêtres, essuya un sort moins tragique mais plus pénible dans sa durée. Chargé qu'il était des intérêts du duc, en sa qualité de capitaine, prévôt, commandant la bourgeoisie dans Marsal , il sut par sa vigilance, conserver au grand regret du gouverneur Français, le dépôt sacré des titres et papiers de la couronne, qu'il avait en main, et les faire passer avec d'autres secours nécessaires à l'armée de Charles IV, son légitime souverain. Il soutint même au péril de sa vie, les droits du duc dans cette place; sa maison brûlée, ses terres ravagées, ses biens saisis, sa vie en danger pendant un long-temps, furent les fruits de la persécution des ennemis de l'état, et les effets tristes, mais glorieux de son zèle. Enfin, cette famille s'est toujours distinguée par son attachement inviolable aux intérêts des ducs, ce qui lui a mérité les louanges du peuple et la confiance du Souverain.

Il y avait dans Blàmont une collégiale fondée en 1582 par Henri IV du nom comte de Blâmont, et son épouse Valburge de Fénétrange, pour six chanoines et un prévôt, ayant chacun 25 florins d'or de revenu ; mais dans la suite les comtes de Blâmont retirèrent le revenu des cinq prébendes, et n'en laissèrent qu'une, dont le revenu fut partagé en six. Leur chapitre est uni à la paroisse, dont l'église est placée dans le faubourg de Giromeille. Cette collégiale fut brûlée dans l'incendie qui arriva à Blâmonten 1656. Ellefut rebâtie en 1666, et la cure lui fut unie le 10 mai 1707 ; et en 1710 cette collégiale fut unie à celle de Deneuvre. Les capucins y furent établis en 1627 par Marguerite de Gonzague, duchesse de Lorraine, et les religieuses de la congrégation y entrèrent en 1629. Blâmont se rétablit assez bien par le grand passage de Nancy et de Lunéville à Strasbourg. La ville est ouverte de tous côtés, il y a un baillage, le château est absolument abandonné. BLANZEY. — Blanzey ou Blanzée, prieuré de l'ordre de Prémontré, dédié à sainte Agathe, patrone de l'église ; est une haute justice dépendante de l'abbaye de sainte Marie de Pont-à-Mousson, communauté de Bouxières-aux-Chênes, à deux lieues de Nancy, diocèse de Toul. Le père Benoit Picard , capucin, dans son pouillé de Toul, tome 1 , page 158, dit que ce lieu était autrefois le chinier des chiens de chasse des ducs de Lorraine, et que Berthe, duchesse de Lorraine, veuve de Mathieu I", le donna avec toutes les terres qui en dépendaient à l'abbaye de sainte Marie, sur la fin du douzième siècle (1). M. l'abbé Hugo, évêque de Ptolémaïde, dans ses annales de l'ordre de Prémontré, dit au contraire que Blanzey fut donné à l'abbaye de sainte Marie par Ferri II, duc de Lorrine, en 1280, pour l'indemniser des torts qu'il avait faits à cette maison ; mais il paraît plus vraisemblable

(1) Annal. Praemonstrat. t. II. p. 2o4.

par la bulle du pape Lucius III, de l'an 1181 , qui confirme les biens donnés à sainte Marie-aux-Bois, que partie de Blanzey fut donnée à cette abbaye par le duc Matthieu : Partem allodii de Blanzei, quam dedit vobis Matthaeus dux Lotharingiœ, du consentement de Berthe son épouse, de Simon, Ferri et Matthieu ses fils, de Robert son frère, et de Thiéri de Sassures voué de ce lieu (1). La bulle ajoute que l'autre partie avait été donnée à sainte Marie par Hugues, abbé de saint Evre de Toul, du consentement de son chapitre, sous la redevance d'un sens de six sols Toulois, payable le jour des saints Innocens ; en outre que l'église du même lieu avait été cédée par l'abbesse et le chapitre de Bouxières, sous la redevance de six résaux de seigle , et trois de froment. Cette bulle est rapportée toute entière à la fin du deuxième tome des annales de Prémontré. Blanzey est du bailliage et parlement de Nancy. On connait un autre Blanzey, village du diocèse de Verdun, situé dans une plaine, avec une tour sortifiée de fossés , à deux lieues de Verdun et d'Etain, juridiction de Verdun, parlement de Metz. Ce lieu est un hameau dépendant de la paroisse de Vatronville. Blanzey avait autrefois des seigneurs particuliers. Dans l'histoire des évêques de Verdun il est fait mention d'un seigneur de Blanzey, qui servit en 1451 Louis de Haraucourt, évêque de Verdun, dans la guerre qu'il fit cette année à son chapitre (2). Dans un titre de l'an 1269, il est dit que Garnier de Blanzey reconnait qu'il tient de Thiebaut, comte de Bar trente livres de terre à forts sur tout ce qu'il a à Blanzey, et sur ce qui lui viendra d'Alison sa sœur. Ferri, abbé de saint Benoit en Voivre signa cet acte. BLENOD, dépend du temporel de l'évéque de Toul. Et TUMEJUs, chāteau. Blénod, bourg situé environ à cinq lieues de la ville de Toul, vers le midi, ayant

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Vaucouleurs et la Meuse au couchant, et
Buligny à l'orient (1); Blénod est chef-
lieu d'une châtellenie dépendante du tem-
porel de l'Evêque de Toul. On y voit les
ruines d'un camp Romain , dont l'on a
tiré un grand nombre de Médailles. M. du
Saussay, évêque de Toul , dit qu'on y dé-
couvrit de son temps une statue d'Apollon,
avec des colonnes et des restes d'un tem-
ple. C'est apparemment de ce temple que
Blénod a tiré son nom, car Apollon ou le
soleil était appellé Bélénus. Ainsi Blénod
ou Belenodium sacrum, pourra dire, tem-
ple de Belenus ou d'Apollon. Son annexe,
Buligny, Beleniacum, confirme cette con-
jecture. Il est certain que Belenus était
adoré dans les Gaules, et qu'il signifiait
Apollon (2).
On tient que Blénod fut donné à l'église
de Toul par le roi Dagobert II. Ce lieu a
été autrefois plus considérable qu'il ne
l'est aujourd'hui(5). Cefutl'évêque Theut-
fride qui vivait en 651, qui obtint du roi
Dagobert II, Blénod, Bladenau, et plu-
sieurs terres qui en dépendaient, et qui
montrent que ce lieu était anciennement
très-puissant (4).
Henri de Ville, évêque de Toul, qui a
gouverné cette église depuis 1400 jusqu'en
1456, répara le château de Blénod qui
tombait en ruine, il le fortifia et le rendit
comme imprenable.
Antoine de Neuf-Châtel, aussi évêque
de Toul, et décédé en 1495 (5), répara
de même le château de Blénod. Hugues
Deshazards, mort en 1517 bâtit en 1509
à Blénod, la belle église qu'on y voit au-
jourd'hui, construite sur le modèle de l'é-
glise cathédrale de Toul, mais en racourci;
il y fit aussi élever dès les fondemens le
palais et la forteresse qui s'y faisaient re-
marquer , mais qui n'y paraissent aujour-
d'hui que par leurs ruines; Hugues Des-

(1) Benoit, histoire de Toul, pag. 23 et 24.
(2) Antiq. expl., tom. 2, pag. 419 et 42o. .
(3) Benoit, Pouille, t. 1, p.87.
(4) Histoire de Lorraine, t. 1, première édi-

tion et preuves, page 126 et 169.
(5) Pag. 189 et i9o.

hazards était natif de Blénod et y a choisi
sa sépulture (!). L'église de Blénod a pour
patron saint Médard, et pour collateur,
l'abbé de saint Mansuy. Il y a dans l'église
quatre chapelles fondées; et dans le bourg
un hôpital, fondé par le même Hugues Des-
hazards dont on a parlé (2).
Il a pour annêxe Buligny, où se voit la
chapelle castrale fondée en 1455 par Ferri,
comte de Ligniville et la comtesse de Graux
sa femme.
Dans la dépendance de Buligny est le
chàteau de Tumejus, qui appartenait à la
maison de Ligniville.
Ce nom de Tumejns en lorrain patois,
signifie versé jusqu'à terre. On dit, quand
chevau tumé Thomas, Thomas tumé-t'il ?
c'est-à-dire, quand le cheval versa Tho-
mas, Thomas versa-t'il. Le premier des
seigneurs de Ligniville qui ait pris le titre
de seigneur de Tumejus, est Ferri de Li-
gnioille II du nom, seigneur de Tanton-
ville et de Tumejus, qui épousa Isabelle
de Blâmont, fille de Jacques et d'Odette
de Thuilières, qui vivait en 1475.
Il eut d'Isabelle sa femme entr'autres en-
fans, Jean IV du nom, seigneur de Tan-
tonville, capitaine d'Arches en 1528. Il .
épousa Jeanne d'Oiselet, et en eut,
Ferri de Ligniville, et 2° Jacques de Li-
gniville, qui a fait la branche des seigneurs
de Tumejus. Jacques, le 27 avril 1555,
fut fait maître de l'artillerie de Lorraine
après la mort de Jean de Ludres. Il fut fait
bailli de Vôge en 1565. Il épousa en 1554
Sigismonde Hausmunster, dont il eut
Christophe de Ligniville-Tumejus, con-
seiller-d'état et capitaine-général de l'artil-
lerie de Lorraine; il fut fait chevalier de
l'ordre du roi de France. Il épousa en 1550
Catherine de Sandrecourt. On peut voir
la suite de sa généalogie dans celle de la
maison de Lenoncourt et Ligniville.
Blénod répond au présidial de Toul et
au parlement de Metz, mais Buligny est
de l'office de Gondreville, et répond à la
cour souyeraine de Lorraine.
1) Ibid. pag. 1oo.
# # † de Toul, t. 1, p. 87.

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