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Mais on dit que dès l'an 1452 elles avaient embrassél'état de chanoinesses séculières, où elles se sont maintenues jusqu'à présent sans faire aucuns vœux. Elles n'admettent dans leur chapitre que des demoiselles de condition et d'une noblesse de seize quartiers bien prouvés ; l'abbaye est régulière et s'est maintenue jusqu'aujourd'hui dans le droit d'élection ; il y a dans ce chapitre quinze prébendes, dont l'abbesse en a deux. Il y a deux chapelains destinés à les servir, stipendiés du chapitre.

La paroisse du village de Bouxiêres-auxDames a pour patron St. Martin, collateur le chapitre, décimateur le même chapitre pour les trois quarts, et le curé pour l'autrc. L'Evêque de Toul a droit de nommer une dame dans le chapitre de Bouxières-auxDames, à cause de la sondation de l'abbaye par St. , Gauzelin évêque de Toul : on compte jusqu'à huit chapelles fondées dans l'église de l'abbaye ou de la paroisse. Cette paroisse a pour annexe Pixerécourt ; décimateur, le chapitre et le curé pour moitié, l'autre moitié est au prieuré de Lay. On conserve dans l'église de l'abbaye de Bouxières un livre des évangiles qui a servi à l'évêque St. Gauzelin 3 mais qui a été écrit par l'ordre d'Aarnalde un de ses prédécesseurs; on y conserve aussi le peigne d'ivoire du même saint.On voit sur la croupe de la montagne voisine, une chaire de maçonnerie, d'où l'on prêchait autrefois les pélerins, qui venaient en foule en pélerinage en ce lieu, et qui ne pouvaient être contenus dans l'église de l'abbaye qui n'est pas grande. On y va encore aujourd'hui le jour de la Trinité en pélerinage : on peut voir la liste des abbesses de Bouxières dans le dernier tome de notre Histoire de Lorraine. La comtesse Eve, fondatrice du prieuré de Lay est inhumée à Bouxièresaux Dames ; clle avait vendu à St. Gauzelin le village d'Agincourt, situé au-dessous du village d'Eumont. Agincourt reconnait aujourd'hui l'abbesse de Ste. Glossinde de Metz pour collatrice de la cure et pour cimatrice pour les deux tiers de la dime.

L'évêque St. Gauzelin, fondateur de Bouxières-aux-Dames y est inhumé et honoré. La maison de Bouxières à présentéteinte, portait lozange d'argent et de sable. B0UXIERES-AUX-CHENES. — 0n connait encore dans ce pays d'autres lieux du nom de Bouxières , comme Bouxieresaux-Chénes, village répondant à Amance, dont il n'est pas éloigné; l'église est dédiée à Ste. Madelaine et à St. Quentin : la cure fut unie à la collégiale de St. George de Nancy, par Hector d'Ailli, Evêque de Toul, à charge de payer à la chambre épiscopale le droit d'union. Collateur, ledit chapitre de St. George. Décimateurs, le curé pour le tiers de la grosse et menue dime, l'abbesse de St. Pierre de Metz pour les deux tiers. Seigneur, le roi de Pologne. Cour souvcraine de Lorraine. Chapelles : la Chapelle de St.-Nicolas, collateur, le chapitre de St. George de Nancy. La chapelle dans la maison du S" Dombâle , dont il est collateur. ECUELLE, Scutella, dépend de la paroisse de Bouxières-aux-Chêncs; la chapelle est sous l'invocation de St. Etienne, on y dit la messe fêtes et dimanchcs par sentence de l'officialité du 29 novembre 1688. Le curé est payé par les habitans. La maison de Tillon a fait sa demeure ordinaire à Ecuelle, dépendance de Bouxières-aux-Chênes. Cette maison considérable portait de sable à deux épées d'argent, mises en sautoir, la pointe en bas. Il y a à Ecuelle un hermitage et un hameau, nommé le Vinot, dépendans de Bouxières-aux-Chênes. BOUXIERES-AUX-BOIS. — Bouxières-aux-Bois, village de Dompaire, à trois lieues de Mirecourt; il est chef-lieu d'un ban où il y a un sief. Dompaire est annexe de la Viéville , et Bouxières est annexe de Derbâmont. L'église de Bouxières est champêtre. Patron, saint Mathieu. Seigneurs, le Roi , le chapitre de Remiremont et M. de Thilly. C'est à présent un vicariat. V oyez Dompaire. BOUXIERES, village entre la Moselle

et la Seille.— Bouxieres, en latin Vacariae. village entre la Moselle et la Seille, au-dessus du Pont-à-Mousson fut donné à l'abbaye de Saint-Arnoù de Metz en 785 par la reine Hildegarde, femme de Charlemagne (1); elle dit que la terre de Vacariae est située dens le duché de Mozellane et dans le comté de Metz, elle la donne avec l'église et toutes les dépendances à l'abbaye de Saint-Arnoû, déclarant que son intention était d'être inhumée dans la même église de Saint-Arnoû. La chartre fut signée et scellée de la main de l'empereur Charlemagne, et la donnation agréée et confirmée par le même prince. Il y a apparence qu'il y avait autrefois dans ce pays beaucoup de Boüis, comme l'insinue ce grand nombre de lieux du nom de Bouxières, Buxeriae dérivé de Buxus, du Boüis. Pour Vacariœ, dont nous venons de parler, c'est une autre étymologie, elle vient de Vacca, vaccariœ une vacherie. BoUxwEILLER voyez BUCHowIELLER. BOUZEY, aujourd'hui DOMBROT. Bouzey, ancienne terre de nom et d'armes de cette maison, porte d'or au Lion de sable; elle est située sur la rivière de Verre à une lieue de Chatenois, diocèse de Toul, doyenné de Vitel, présentement du bailliage de Neufchâteau et auparavant de celui de Vôge, cour souveraine de Lorraine. Patron saint Denis. Collateur, le chapitre de Remiremont. Décimateurs,le même chapitre pour les deux tiers , le curé pour l'autre tiers. Cette terre appartenait à Jean I" de Bouzey seul, le lundi d'après Pâques de l'an 1504; et à Jean II de Bouzey le 10 avril 1401 ; elle était possédée le 26 février 1470 par Nicolas, Vautrin II, Jean III et Guillaume de Bouzey, chacun pour un quart. Des portions de seigneurie de Vautrin II, Jean III et Guillaume, qui furentaliénées, ont été formées les trois seigneuries appelées de Removille, Ligniville et Dommartin.

(1) Histoire de Lorraine, tome 1. preuves. page 292.

La portion de seigneurie de Nicolas de Bouzey, n'estjamais sortie de la maison de Bouzey et par cette raison on lui a donné le nom de seigneurie du lieu ou de Bouzey. Elle passa sucoessivement par contrats de mariage, de Nicolas à Mengin de Bouzey son fils, le 50 Juin 1496 ; de Mengin à Jean VII, le 28 avril 1547 ; de Jean à François III, le 5 août 1567; et de François à Christophe, le 6 novembre 1600. Christophe I" de Bouzey fit construire une chapelle seigneuriale dans l'église paroissiale, et dans cette chapelle un caveau pour servir de sépulture à sa famille. Il fit rentrer dans sa maison les seigneurs de Removille et de Ligniville, et la moitié de celle de Dommartin, par acquisitions des années 1612, 1615, 1619 et 1625; et transmit ainsi par contrat de mariage le 24 novembre 1629, les trois quarts et demi de la terre de son nom à Henri II de Bouzey son fils, après la mort duquel ils tombèrent en partage à Antoine I" de Bouzey qui en aliena une partie et vendit l'autre en 1697 à Joseph de Bouzey son frère, fils ainé d'Henry,etpèredumaréchaldeBouzey. Pour ôter à la maison de Bouzey qui possédait la terre de Dombrot en totalité, le désagrément d'avoir des comparsonniers étrangers dans celle qui portait son nom et ses armes, et pour prévenir les inconvéniens auxquels celà aurait pu donner occasion dans la suite, le duc Léopold par lettres-patentes du 20 janvier 1715 régitrées en la Cour souveraine, et à la chambre des Comptes les 16 et 19 février suivant, supprima et rétablit à l'instant les noms de Bouzey et de Dombrot, donna le nom de Dombrot à la terre appelée jusque-là Bouzey, et le nom de Bouzey avec ses armes à la terre connue auparavant sous les nom de Dombrot. Voyez, Dombrot. A la clef de la voûte de la Chapelle seigneuriale, est attachée une grande pierre, sur laquelle les armes de Christophe de Bouzey et celles d'Yolande de Joinville sav femme sont sculptées : A chacun des quatre angles sont pareillemeut attachées qua

tre pierres moins (grandes, sur lesquelles

on a aussi sculpté les armes et gravé les
noms des seize quartiers d'Henri de Bou-
zey leur fils , qui sont : Bouzey , Salvan
Mont-fleurs, Pauyette, Thuillieres, Niven-
han-Serocourt, Serocourt, Jainville ,
Lignivile , Sandrecourt , Borbévelle ,
Serrage, Barizy, Barezey, Vaudoncourt.
Tous les corps qui étaient dans le ca-
veau de cette chapelle , ont été trans-
portés en 1751 , dans le caveau de la
chapelle de la maison de Bouzey, en l'é-
glise primatiale de Nancy.
BOUZONVILLE.—Bouzonville , en
allemand , Bouzendorf, est un gros Bourg
situé au passage de la Niede, in Pago
Nedensi, seu Nithachooa , à sept lieues
de la ville de Metz, à six de Thionville ,
et à trois de Sâre-Louis : il est du Diocèse
de Metz , et a titre de Bailliage.
Il y a une Abbaye de Bénédictins ,
fondée en 1055 , par le Comte Adalbert,
tige de la maison de Lorraine , et par
la Comtesse Judith son épouse ; les
Princes de la maison de Lorraine se con-
sidérant comme fondateurs de ce monas-
tère , lui ont fait de grands biens , et le
pape Léon IX qui était allié et proche
parent des Fondateurs de la mêm2 abbaye,
lui accorda de grands priviléges, en dédia
l'Eglise et y fit de riches présens. Gérard
d'Alsace premier duc héréditaire de Lor-
raine , était fils d'un autre Gérard , fils
d'Adalbert fondateur de Bouzonville (1).
Thierri sils du duc Gérard d'Alsace,
et son successeur dans le Duché de Lor-
raine , avait été élevé auprès d'Adalberon
III, Evêque de Metz. Ce Prélat pria
Thierri son élève, qui était encore fort
jeune, lors du décès du duc son père ,
de lui céder le domaine de Bouzonville
en échange de celui de Commercy, qui
apartenait à l'Eglise de Metz, ce que
Thierri lui accorda, dit l'histoire de la
fondation de l'Abbaye de Bouzonville. (2)
Cependant nous ne voyons pas que
cette cession ait eu lieu ; apparemment

- A

( 1 ) Histoire de Lorraine, 1. p. 1 123. 1 12 4. (2) ibid. p. 1 1 15

à cause de la mort d'Adalberon, décédé
peu de tems après , en 1072, un an ou
deux après la mort du Duc Gérard d'Al-
sace père de Thierri. Les Ducs de Lor-
raine ont toujours depuis possédé la sou-
veraineté de Bouzonville, et se sont fait
honneur de se déclarer défenseurs de
l'Abbaye ; et les Evêques de Metz depuis
Adalberon , ont toujours exercé leur auto-
rité, au moins sur une partie de Com-
mercy, et on regarde cette seigneurie
comme rclevant de leur Crosse, au moins
jusqu'eu 1445.
Les Ducs de Lorraine se sont toujours
réservé l'Avouerie de Bouzonville, mais
leurs (1)Sous-voués y ont souvent commis
de grands excès qu'il a fallu réprimer.
Dès l'an 1125. Renier Abbé de Bouzon-
ville en porta ses plaintes à Thierri d'Al-
sace , comte de Bitche , fils du duc
Thierri et premier protecteur de l'Ab-
baye , qui s'étant fait répresenter les
Chartres du Monastère, et en particulier
la Bulle du Pape Léon IX, qui réglait
les droits des Avoués , ordonna qu'ils
se contenteraient de ce qui était contenu
dans ces anciennes Chartres, ce qui sut
ainsi réglé en présence de plusieurs sei-
gneurs des environs , qui s'étaient ren-
dus avec lui à Bouzonville.
Ce Monastère porte le titre de la Ste.
Croix , parce que le comte Adalbert, son
fondateur ayant rapporté de son voyage de
Jérusalem une portion considérable du
bois de la sainte Croix, la déposa à Bouzon-
ville et y fonda un monastère où cette pieuse
Relique a toujours été honorée par un grand
concours de peuple. Les réglemens
que le conte Thierri de Bitche avait
faits pour contenir les avoués de Bou-
zonville dans de justes bornes, furent
mal observés. Eenviron soixante ans
après , et en 1184, Bertrand évêque de
Metz , comme prélat ordinaire , dit
que les avoués de l'abbaye forçaient
les sujets de Bouzonville, d'épouser
les esclaves des dits avoués , ce qui

() Histoire de Lorraine , t. 1. 1 1 2 3.

était contre le bon ordre et contre les lois de l'église , qui ne reconnait point ces sortes de mariages comme légitimes, par le défaut de liberté des contractans; et de plus comme contraires aux intérêts de cette maison , qui perdait ses sujets par ces alliances illégitimes et disparates , au lieu de les multiplier en s'alliant avec les sujets du duc de Lorraine , ou avec ceux de l'abbaye de Mouzon et de celle de Rethel , ainsi qu'il avait été réglé par la bulle du Pape Léon IX. C'est ce que dit Bertrand évêque de Metz, en voulant cor1iger ces abus. Les ducs de Lorraine comme descendans du conte Adalbert fondateur de Bouzonville , ont toujours conservé sur elle une autorité particulière ; et dans les tems qu'on y a fait jouir du droit d'élection , ils ont confirmé et agréé les élections , et ont même donné aux abbés élus l'investiture par la crosse. Dans la suite ils y ont nommé des abbés commandataires et séculiers; et c'est l'état où se trouve aujourd'hui Bouzonville. Ce monastère ayant été totalement incendié le 19 mai 1685 a été rétabli en l'état où nous le voyons aujourd'hui , beaucoup mieux bâti qu'il n'avait jamais été : l'église est enore la même qui fut érigée par le fondateur. Elle a beaucoup soussert par le grand incendie dont nous avons parlé et a porté assez longtems les tristes marques de cet accident : mais elle est bien rétablie et bien décorée aujourd'bui, et est fort fréquentée par les peuples des environs qui y viennent adorer la Stc. croix qu'on y COIlSCI'Ve. Antoine duc de Lorraine donna la seigneurie de Bouzonville en 1545 à Valentin comte d'Isembourg , en échange de Chatel sur Moselle ; mais ces deux seigneuries furent bientôt réunies au domaine de Lorraine. Celle de Couzonville est un très ancien fond des Ducs de ce pays, comme ou l'a vu ci-devant. La réforme de la Congrégation de saint

Vanne y a été reçue en 1612. Le bourg de Bouzonville n'a rien de fort remarquable. Le pont qui est sur la Niede auprès de l'Abbaye, est fort fréquenté par le passage des troupes , qui viennent de Metz à Thionville ou à SâreLouis et réciproquement : ce passage a beaucoup contribué à l'agrandissement de ce bourg , et à y attirer beaucoup d'habitans. La prévôté de Vaudrevange transférée ensuite à Bérus , fut enfin fixée à Bouzonville en 1706 et on joignit celle de Freishctrof, Le bailliage de Bouzonville est fort étendu , et comprend environ cent quatrevingt tant bourgs que villages et hameaux. Dans ces derniers tems il a été beaucoup question de transférer l'Abbaye de Bouzonville en un autre endroit, et de faire du monastère et de l'église qui subsistent aujourd'hui , une espèce de fort et de magasin pour la commodité des troupes qui y passent et y séjournent souvent, et pour la sûreté du passage qui est de grande conséquence, surtout en tems de guerre. L'Eglise paroissiale du bourg est à Vaudreching , diocèse de Metz , à environ un quart d'heure de Bouzonvillc. BOZEMONT voyez BAUzEMoNT. BOZEY voyez BAuzEY. B R A B A N T - L E - C O MT E. Brabant - le - conte village du diocèse de Toul , et faisant communauté avec Brabant-le-Roi, village de Champagne, diocèse de Toul. Le Roi est seul seigneur de la partie du Barrois. Ce lieu est situé entre la Chez et l'Ornain , à quatre lieues de Bar. L'église paroissiale , qui est dédiée à St. Maurice . est bàtie sur le territoire de Brabant-le-Roi. La cure cst à la nomination de l'abbé de Beaulieu en Argonne , il est décimateur pour deux tiers , et le curé pour l'autre. Il y a environ quinze habitans dans la partie du Barrois. Ea 1276 Ogier chevalier sire d'Anglure , avec Thiébaut comte de Bar , échangea tout ce qu'il avait en ban de justice à Brabant, contre les hommes de corps et leurs ménages, qu'il avait à Haironville et Sauldrux. Brabant-le-Comte est du Barrois mouvant, bailliage de Bar, présidial de Chalons, parlement de Paris. BRAINVILLE.— Brainville, village du diocèse de Toul, office, recette, sénéchaussée et bailliage de Bourmont, Cour souveraine de Lorraine. La paroisse a pour Patron St. Loup Evêque de Troye. M. de Lisle en est seul Seigneur Haut-justicier moyen et bas ; il est en outre seigneur du fief situé dans le même lieu nommé de la Maison forte, qui en est le château , il y a une Chapelle castrale du titre de S. Joseph, dont le dit M. de Lisle est Patron, comme ayant été fondée par son aïeul : sa famille a été annoblie en 1572. La Cure est à la nomination du Prieur du bourg S. Marie, qui est Décimateur avec le Curé. Il y a quarante-cinq ou quarante-six habitans dans ce lieu. Il y a encore un village du nom de Brainville, du diocèse de Verdun, office de Conflans en Jarnisi, recette de Briey, à trois lieues d'Etain et bailliage d'Etain : il est situé sur le Rup de Longeau , juridiction du Juge - garde du seigneur qui est M. le comte de Gourcy. La paroisse a pour Patron S. Airy ou Ageric Evêque de Verdun. Collateur, le Chapitre de Corze avec le Curé du lieu. Il y a 57 ou 58 habitans. On connait aussi Brahainville, France, diocèse de Toul, bailliage de Chaumont. Patron de la paroisse, S. Evre. Collateur, l'abbé de St. Mansuy. Décimateur, le curé pour un tiers et les religieux de Mureau pour les deux autres tiers : la seigneurie est partagée entre plusieurs Seigneurs. Il y a encore Brainville , diocèse de Verdun, hameau répondant à Dieppe. Brainville, village de Hattonchatel. BRAS. — Bras, village dans le Verdunois, à une lieue au dessous de Verdun sur la Meuse , vis-à-vis Charni. Il y a deux villages de Bras, l'un nommé

la grande et l'autre la petite Bras, comme il parait par les lettres d'affranchissement , accordées à ces deux lieux , qui sont nommés villes dans les lettres d'affranchissement à eux donnés par Guillaume d'Haraucourt Evêque de Verdun, le 20 d'Août 1495 (1). Bras étoit connu dès le 9.me siécle. Bernard Evêque de Verdun mort en 879 donna aux clercs de S. Vanne la Dime de laine dans le canton de Bras. (2) Sous Liebaut de Cousance Evêque de la même ville mort en 1405, le Duc de Bar quitta à ceux de Verdun le droit de Touneû ou de Tetonium , Péage qu'il tirait sur les chemins d'entre Dieue, Fleuri et Bras. Dans une ancienne chartre de S. Vanne, on fait mention de la centaine de Bras, et de la Dime de moutons ou de béliers qu'on y payait à ce monastère. Centena n'est dit que d'un gros lieu et d'une grande Communauté. Dans les lettres d'affranchissement de l'an 1495, on leur accorde les franchises de la loi de Beaumont , à l'exception de certains droits que l'Evêque se réserve. Les habitans de ces lieux sont nommés Bourgeois et Bourgeoises, on les oblige de servir à la guerre quand ils y seront commandés : ils pourront prendre femmes dans tous les lieux dépendans del'Evêché ou de l'abbaye de S. Paul , et pourront aller demeurer dans les mêmes lieux ; ne pourront se réclamer d'aucun autre Seigneur que de l'évêque de Verdun. On régle les amendes que devront payer ceux qui outrageront de paroles ou qui frapperont un Bourgeois ou Bourgeoise : si une femme dit vilain laid(injure atroce) elle portera pcndant quatre dimanches à la procession une pierre pesant un demi cent ou cinquante livres. Elle fora la même pénitence, et payera dix sols d'amende, si elle porte la main sur une autre, dont il y ait témoins. Si le Seigneur Evêque va à Bras, on le défrayera de foin et de (1) Histoire de Verdun, preuves. pag. 47. pag. 139(2) pag. 359 et pag. 7 preuves.

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