Images de page
PDF

de Toul étaient anciennement seigneurs de Mirecourt et de Charmes, comme on l'infère de lachartre de Mirecourt, de l'an 1254, imprimée dans la nouvelle édition de l'histoire de Lorraine, Cela parait encore plus clairement par des lettres de la même année 1254 , par lesquelles Frideric, comte de Toul, donne à Thirion Bamuset la moitié du four de Charmes; et la même année, le même Frideric cède à Arnoû, chevalier de Bresse, en fief et hommage-lige, les copelles du marché de Charmes. En 1269, Ferri de Charmes, qui fut fils d'Hetedon , dit comte de Toul, affranchit les bourgeois de Charmes et règle les redevances qu'ils lui devaient payer chaque année, savoir : par tête cinq sous toulois, s'ils demeurent dans leur propre maison, et deux sous et demi s'ils demeurent en maison d'autrui ;tant par bête tirante, tant par vache, tant par cheval. Si les bourgeois ne payent au jour marqué, le seigneur pourra ne les pas recevoir le lendemain, sinon au double de la somme due. Il règle les amendes de Mésus, et ordonne que le bourgeois qui, étant commandé pour aller hors de la ville à la suite de son seignenr, pour faire proye, ou pour faire semblant chose, fait refus d'y aller, payera douze sous d'amende. Si le bourgeois est commandé pour aller à la chevauchée du seigneur, il se défrayera le premier jour et la première nuit; après cela il sera défrayé aux frais du seigneur. Tout le reste est presque le même que dans la chartre de Mirecourt. Le maire, le doyen et le juré ne seront en charge qu'une année. Le bourgeois de Charmes ne peut porter témoignage contre les gens de la famille du coEnte, ni réciproquement la famille du comte contre les bourgeois. Pour assurance de ces promesses, le seigneur Ferri de Charmes donne pour garant Ferri III, duc de Lorraine, et consent que si lui Ferri, seigneur de Charmes, n'exécute pas ses promesses envers les bourgeois de Charmes, ledit duc Ferri tienne en fief la ville de Charmes, du consentement du

dit seigneur ; et comme il n'avait point de sceau particulier, il a prié le duc Ferri de mettre le sien à ces lettres, qui furent faites le jour des Bures, au mois de mars 1269 ou 1270, avant Pâques Depuis un cartain temps, on connait dans le pays une maison considérable qui porte le nom de Charmes, et qui pourrait descendre, au moins par les femmes, des anciens seigneurs de Charmes; comme EudesdeCharmes, en1510, qui vend au prince Maheu de Lorraine, pour deux cents livres de petits forts, vingt livrées de terre sur le ban de Haixo. Eten 1526, Eudes de Charmes, renonce au droit de rachat des vingt livrées de terre vendues par lui en mille trois cent vingt. Et en 1444, Nicolas de Charmes reprend duduc Réné Ila moitié des droitures et copelles de Charmes. En 1504, Jean de Charmesreprend du duc Bené II les mêmes droitureS. Les ducs d9 Lorraine, et en particulier le duc Ferri III, avaient acquis des seigneurs de Charmes, dès l'an 1285, les fiefs, forteresses et hommes de garde, qu'ils avaient à Charmes. Voyez la généalogie des comtes de Toul. Depuis ce temps, c'està-dire depuis 1285, les ducs de Lorraine sont demeurés seigneurs souverains et propriétaires de la ville de Charmes. En 1511 , il y a dans l'archive de Lorraine une reprise de Guillaume Desarmoises, des copelles du four dc Charmes, dont il jouissait à cause de Marguerite de Charmes son épouse. En 1527, le 11 mars, Thomas Desarmoises fut fait capitaine de Charmes, En 1619, les copelles de Charmes furent données au sieur de Marainville, à vie. En 1614, le bois de la Wêpre près les Charmes fut donné au sieur d'Anglure, pour les essarter et y construire maisons. En 1562, le 25 janvier, Nicolas Desarmoises, au nom de ses frères et sœurs, vendit au duc Charles III tous ses droits et actions sur le four bannal de Charmes, maison et affouages en dépendant, moyennant 2,500 francs.

|

Le duc Charles III, en 1606 (1), par son testament, donne au cardinal Charles

Le traité de Charmes, passé en 1655(1), entre le duc Charles IV et le cardinal de

de Lorraine, son second fils, les ville, châ- Richelieu, est célèbre dans l'histoire de teau et seigneuries de Charmes, et au cas Lorraine. Le cardinal se rendit à Charmes

que le Prélat voulût rétablir le château de Charmes, il veut que le revenu de cette terre vaille audit cardinal aunuellement la somme de vingt-mille francs barrois. Charmes souffrit beaucoup pendant la guerre du duc Charles de Bourgogne contre le duc Réné II. La ville fut assiégée, pillée et brûlée par le duc de Beurgogne, en 1475 (2). Il n'y avait daus la place que quarante gascons, commandés par le PetitPicard; la garnison fut pendue aux saules qui étaient près de la ville. Quelques années auparavant et pendant l'absence du duc Nicolas, en 1471 (3), le maréchal de Bourgogne étant maitre de Châtel-sur-Moselle, les bourgeois de Charmes firent la petite guerre sur ceux de Châtel et enlevèrent leurs troupeaux. Ceux de Châtel usèrent de représailles. Le conseil de régence de Lorraine était résidant à Charmes et ordonna le siège de Châtel. Cette ville, apparemment aurait été forcée, si le duc Nicolas, qui était à Paris, ne l'eût donnée avant sa prise à un seigneur de Clermont, ce qui rallentit extrêmement le courage des assiégeans et les porta à s'accomoder avec la garnison. Pendant les dernières guerres de Lorraine, sous le duc Charles IV, en 1657(4), ce prince reprit la ville de Charmes et quelques autres places qui étaient occupées par les français. Peu de temps après, le colonel Gassion profitant de l'absence du duc Charles qui était à Besançon, occupé de son mariage avec madame de Cantecroix, attaqua Charmes, la surprit, l'escalada et y mit le feu; la flamme gagna si rapidement les maïsons, qu'à peine les soldats ennemis eurent le loisir de piller la ville; elle fut réduite en cendres presqu'en un moment.

[ocr errors][ocr errors]

sur les cinq heures du soir du18 septembre, aocompagné du cardinal de la Valette, du Nonce du Pape et de quantité de seigneurs. Le duc n'y arriva que sur le minuit; il ne vit le cardinal que le lendemain; ils eurent ensemble de longues conférences sans pouvoir rien conclure. Le cardinal l'ayant rencontré qui revenait de la messe, lui pcrsuada de venir trouver le roi Louis XIII, qui était à la Neuve-Ville près Nancy; Charles y consent, et sur le champ on dresse un acte par lequel le duc ratifie le traité de Nancy, passé avec le duc Nicolas François son frère, auquel on ajoute deux articles : 1° Que le duc pourrait faire sa demeure à Nancy, avec tous les honneurs dus à son rang. 2° Que si dans trois mois il accomplit les conditions de l'accord, le roi lui restituera Nancy, dont les fortifications seront rasées, si sa majesté le trouve à propos. Voilà ce que l'on trouve de plus remar- . quable touchant la ville de Charmes, qui se ressent encore beaucoup des disgraces qu'elle a essuyées dans les guerres précédentes ; le duc Léopold y a fait construire un pont sur la Moselle, qui est un des plus beaux, et des plus grands du pays. Le pouillé du diocèse de Toul marque Charmes comme annexe de Florémont, floridus mons, et lui donne pour patron saint Nicolas, et pour collatrices et principales décimatrices les dames de Remiremont. Dans l'étendue de la paroisse de Charmesse voit la commanderie de Xugnei, en latin Suniacum, près le château de SaVignl. Il est parlé de Suniacum dans le partage du duc Thierri avec Gérard son frère, comte de Vaudémont, vers l'an 1075. Et dans un titre de l'abbaye de Senones, de l'an 1175 , on dit que cette commanderie de Xugnei est estimée deux mille livres, · (1) Hist. de Lorr., t, 3, p. 239 et 24o

an 1633.

L'église paroissiale de Charmes est assez'tion de l'abbaye de Saint-Paul de Verdun.

grande et belle (1); on dit qu'elle est du temps de Charlemagne, et on montre dans un vitreau une image d'un roi de France ; mais il n'y a nulle apparence que l'édifice soit de cette antiquité.

Ce roi de France, dont le manteau est orné de fleurs de lys, ayant auprès de lui

Ydes personnes qui lui demandent son intercession, est apparemment saint Louis ; les autres monumens qui s'y remarquent ne sont nuliement antiques. Charmes est à sept lieues de Nancy, six de Lunéville, cinq d'Epinal, deux et demie de Mirecourt et deux de Bayon. Le bailliage de Charmes se régit par la coutume de Lorraine, et le village de Vincey par celle d'Epinal. La ville de Charmes a produit quelques écrivains célèbres, comme Jean Ruyer, chanoine de Saint-Diey; Nomesius, auteur d'un Parnasse poétique; Alberi, auteur d'une vie desaint Sigisbert; le pèreThomas, capucin, auteur d'une théologie morale. On voit dans l'église paroissiale une fenêtre en verre peint, faite en 1295 par les tailleurs et cordonniers de Charmes, en l'honneur des saints Crépin et Crépinien. CHARMES-LA-COTE. —Charmes la Côte, village à quatre lieues de Commercy, une et demie de Toul, rétabli en cure par sentence du commissaire apostolique, le 22 novembre 1741. Ce lieu était possédé en souverainetéparJean-Jacques de Ligniville, seigneur de Vannes, de Sauxures en partie, de Housselemont, Bulgnéville et Sageri, baron de Villers en Auxoy, souverain de Charmes-la-Côte. Il était pèrede Charlotte de Ligniville, qui épousa, après l'an 1624, Charles de Gournay, mort en 1652. . CHARMOIS.Voyez DAMELEVIERE. CHARNY. — Charny, chef-lieu d'une prévôté dépendante de l'évêché de Verdun, situé sur la Meuse, entre Verdun au midi et Forges au nord. L'église de Charny a pour patron saint Loup, évêque de Troyes en Champagne; la cure est à la présenta

[ocr errors]

Hugues de Flavigny dit que ce fut en considération de saint Airi, évêque de Verdun, ' qni avait régalé le roi Childebert et toute sa , suite, que ce prince donna la terre de | Charny à l'église de Verdun. En 1174, l'évêque Arnoul donna à l'abbaye de St.Paul l'église de Charny et celle de Chaumont. Raoul de Torote, évêque de Verdun, molesté par les trois principales familles de sa ville épisopale, en 1227, et ne pouvant mettre la paix dans la ville par les voies de douceur, se retira à Charny, d'où il envoya demander du secours à Jean, évêque de Metz, et à Gobert d'Apremont, ses parens ; avec ce secours il assiégea la ville de Verdun (1), mais craignant l'effusion du sang, il ne voulut pas faire donner l'assaut; il cantonna ses troupes à Charny, Vatronville et Dieuë, et empêcha qu'il n'entra des vivres dans la ville, ce qui obligea les bourgeois de recourir à sa clémence et de promettre avec serment de ne faire désormais aucune entreprise contre sa juridiction. Cependant, les principaux citoyens s'étant rendus secrètement à Aix-la-Chapelle, avaient obtenu du roi des romains la confirmation de tous leurs privilèges, avec pouvoir d'établir sept jurés et un sousdoyen pour gouverner la ville au nom de l'empereur, et quatorze échevins pour y rendre la justice, après avoir été présentés à l'évêque, par pure cérémonie, sans être obligés d'avoir son approbation. Le diplôme était du 51 mars 1227. L'évêque Raoul de Torote, ayant eu connaissance de ce diplôme subreptice, se pourvut aussitôt; et ayant représenté à l'empereur Henri que ces lettres étaient préjudiciables aux droits de son église, il en obtint aisément la révocation par des lettres-patentes datées de Vorms, le 6 des calendes de mai 1227. Ces différens furent terminés par un traité de paix par lequel le prélat cédait aux bourgeois l'administration de son comté, qu'il leur vendit moyennant une somme de deux mille livres rachetables par ses successeurs.

[ocr errors][merged small]

Raoul de Torote eut pour successeur dans le siège de Verdun, Gui de Trainel, auquel succéda, en 1245, Gui de Mello, sous lequel les brouilleries avec les bourgeois recommencèrent. L'évêque publia contre eux une sentence d'excommunication et un interdit général contre la ville, d'où il se retira portant le corps de Notre-Seigneur à la tête du clergé. Ces choses aigrirent de plus en plus les bourgeois, et ils commencèrent à fortifier la ville, et à en réparer les brêches. L'évêque feignant de renvoyer ses troupes auxiliaires fit entrer les siennes dans ses châteaux de Charny , de Dieuë et de Vatronville. Les bourgeois de Verdun résolurent de les y aller forcer, et sortirent de la ville le lundi d'après la St. Barthélemy 1226, au nombre de douze ou treize mille hommes. L'évêque Gui de Mello , qui était sorti de Charny avec environ trois cents hommes de ses gens, ayant aperçu l'armée des bourgeois, gagna le haut d'une montagne pour fondre sur eux lorsqu'ils passeraient. Il les attaqua avec tant de vigueur qu'il les mit en fuite, et les obligea de lui demander la paix, puis retourna victorieux à Charny. Cette place subsista avec réputation sous les évêques, ses successeurs ; ensuite elle tomba entre les mains des comtes de Bar, auxquels elle fut engagée pour une somme d'argent. En 1516, Robert, duc de Bar, établit Clarin de Crepi , son procureur-spécial, à comparaître en son nom devant Gui de Roye, évêque de Verdun, pour lui signifier que la terre, forteresse et chatellenie de Charny, et ses appartenances lui appartiennent, et pour recevoir le serment dudit évêque, de n'aliéner, ni transporter, ni mettre en autre main qu'en la sienne ou en celle de ses héritiers, et généralement de faire tout ce qui appartient à ce cas, comme le duc ferait s'il était présent (1). Le duc de Bar était donc maître de Charny, et l'évêque de Verdun le tenait de lui et lui en faisait hommage. (1) Hist. de Verdun, p. 26, preuves.

En 1586, Pierre de Bar, seigneur de Pierrefort, s'empara de Charny au quatorzième siècle, et y mit une garnison qui rançonnait toute la province. Il parait que l'évêque Louis d'Haraucourt, qui mourut en 1456 était en possession de cette forteresse; mais sous l'évêque Nicolas Psaume, elle était possédée par des princes étrangers. Aujourd'hui Charny est à la France, et son château a été démoli comme presque tous les autres du pays.

CHARPAGNE. Voyez SCARPONE.

CHATEAU-BREHAIN, Voy. BREHAIN.

CHATEAU-SALINS. — Château-Salins, lieu célèbre par ses salines, est situé sur la petite Seille, qui se dégorge dans la Seille, auprès de Salone. Château-Salins est distant d'une bonne lieue de Vic, de deux lieues de Moyen-Vic, et de deux lieues et demie de Marsal.

Château-Salins n'est pas ancien; il n'en est pas fait mention dans l'ancienne histoire du pays. (1) Le père Donat, tiercelin, assure que le duc Raoul acheta dans l'évêché de Metz, auprès d'un seigneur de Mâlatour, une place où il fit un château et des salines, ce qui donna occasion à l'évêque de Metz de bâtir à l'opposite le château de Beaurepaire (2). Nous savons que le duc Ferri III associa Thiébaut, comte de Bar, à la moitié du fief qu'il tenait à Amelincourt (aujourd'hui Château-Salins), etautiers des salinesdu même lieu, en 1277.

On sait aussi qu'Isabelle d'Autriche, veuve de Ferri IV, duc de Lorraine , décédé le 21 avril 1529 , ayant fait bâtir vers l'an 1540, près d'Amelincourt, un château nommé à présent Château-Salins (5); Ademare, évêque de Metz, en fit construire un autre à quelque distance de là, qu'il nomme Beaurepaire, pour tenir en bride Château-Salins.

[merged small][ocr errors]

Y

Tout ceci se passa en l'absence du jeune duc Raoul, qui était alors à l'armée du roi Philippe de Valois ; à son retour il trouva l'esprit de l'évêque Ademare fort aigri contre la duchesse Isabelle, régente, car le duc Raoul n'était pas encore en majorité; le prélat avait amassé beaucoup de troupes, et avait attiré dans son alliance le comte de Bar et quelques autres seigneurs du pays,

La guerre fut déclarée de la part de l'évêque en 1542, et les hostilités commencèrent dès-lors de part et d'autre avec beaucoup de vivacité; tout le pays en ressentit les violens effets. Le comte de Bar étant mort en 1544 on songea de part et d'autre à faire la paix. On prit pour arbitre le comte de Luxembourg, qui en régla les conditions en cette sorte: Que l'évêque paierait au duc Raoul dix mille livres ; qu'au lieu de Moïen et de Remberviller, qui avaient été cédés au duc, l'évêque Ademarelui laisserait en toute hauteur,Turkestein et tout ce qu'il possédait dans le diocèse de Metz (1). Que le même évêque ne répèterait rien au duc Raoul pour tout ce qu'il prétendait lui être dû. Le traité de paix est du lundi, veille de la St. Barthelémy 1344. Ainsi le château de ChâteauSalins subsista, et demeura au duc de Lorraine.

Marie de Blois, épouse du duc Raoul, ayant été reconnue régente de Lorraine après la mort du duc son époux, arrivée en 1546, fit ses reprises auprès de l'évêque Ademare, de tous les fiefs que les ducs de Lorraine, prédécesseurs de Raoul , son époux, et du duc Jean son Fils, tenaient de l'évêque de Metz (2). Ademare qui souffrait très-impatiemment l'érection de Château-Salins, près d'Amelincourt, envoya son frère Vautier à Nancy sommer la duchesse régente de lui faire aussi hommage pour cette nouvelle forteresse, et pour lui défendre de construire de nouveaux bâtimens dans les fiefs relevans de son évêché. Il y eut sur cela de grandes contestations,

[ocr errors][ocr errors][merged small][ocr errors]

|

qui aboutirent à une guerre ouverte entre la duchesse et le prélat. Ademare fit partir son frère Vautier, ou Gaucher, à la tête de ses troupes, qui firent le dégat dans la campagne aux environs de Château-Salins, puis s'approchèrent de la place comme pour l'assiéger. La garnison, commandée par Jean de Wisse et Pierre du Chatelet, fit une vigoureuse sortie sur les gens de l'évêque. Le combat dura jusqu'au soir, et les deux armées se séparèrent sans qu'on pût dire à qui la victoire était demeurée. Le reste de l'année 1547 et l'hiver de 1548 furent employés de part et d'autre à ramasser des troupes nouvelles et à se fortifier par des alliances. Dès le mois d'avril, la duchesse régente fit avancer ses gens sous la conduite de Jean de Wisse et de Pierre du Chatelet sur les terres de I'évêque de Metz, ils y firent de grands ravages et allèrent mettre le siége devant St. Avold. Mais ils furent repoussés, et Ademare les ayant attaqués avec toutes ses forces, les battit et en tua jusqu'à deux mille trois cents. L'évêque entra ensuite sur les terres de Lorraine, et après les avoir ravagées, vint mettre le siége devant Château-Salins. La duchesse douarière fit à l'évêque des propositions de paix qui furent agréées. Après la paix conclue, la duchesse proposa à Ademare, en attendant qu'il eût ramassé les sommes nécessaires pour la payer, qu'il mit en dépôt entre ses mains son château de Beaurepaire; en sorte que Marie de Blois se vit tout-à-la fois maitresse des deux châteaux de Beaurepaire et de Château-Salins. Cette rencontre lui fit naître la pensée de les garder tous deux, et lorsque l'évêque présental'argent dont on était convenu, on chercha des prétextes pour éluder les promesses. Ce prélat irrité, leva de nou

velles troupes qu'il joignit à celles des Mes

sins, et vintassiéger Château-Salins, leprit le démolit et en arracha jusqu'aux fondemens. Il en usa de même envers les châteaux d'Amelincourt, de Donjeu, d'Etanville, (peutêtre Etrevalle) et de saint Evre, qui appar

« PrécédentContinuer »