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tenaient à la duchesse; elle fit enfin la paix avec l'évêque, et renonça à tous les droits qu'elle prétendait sur les terres et châteaux qui faisaient alors le sujet des contestations. En 1548 Ademare, évêque de Metz, engagea à la duchesse de Lorraine la forte maison de Beaurepaire pour trois ans, pour caution de la promesse qu'il lui fit, de n'empêcher le rétablissement de la forte maison de Château-Salins, qu'il avait fait démolir, et s'obligea à six mille florins *nvers ladite dame, qui promit rendre ladite forteresse de Beaurepaire après les trois ans expirés. Le château de Beaurepaire ne subsiste plus, mais Château-Salins est devenu fort considérable par ses salines , car pour ses fortifications, on ne les considère plus aujourd'hui comme choses qui méritent attention. Les ducs de Lorraine depuis longtemps, possèdent Château-Salins sans aucune dépendance des évêques de Metz ; il ne paraît pas même qu'ils aient jamais relevé d'eux pour cette seigneurie. Le baillage de Château-Salins est composé de trente-cinq villages ou hameaux. Autrefois Château-Salins était le siége du prévôt de la Marchisie de Lorraine. Voyez notre dissertarion sur le titre de Marchis, affecté dès le commencement aux ducs de Lorraine, et des droits annexés à cette dignité. L'eau de la saline de Château-Salinsestenviron à onze degrés, comme est aujourd'hui à peuprès celledeRozières, depuis lagraduation. On n'en a point fait à Château-Salins, I'eau étant d'elle-même suffisament salée. Il y a à Château-Salins une communauté de religieuses de sainte Elisabeth, vulgairement nommées Sœurs grises. CHATEL-SAINT-BLAISE. — Chatel-Saint-Blaise, aujourd'hui hameau de la paroisse d'Augny, diocèse de Metz, situé sur une haute montagne, à un quart de lieue d'Augny et deux de Metz vers le midi. C'était autrefois un château de la souveraineté des ducs de Lorraine. En 1545, ceux de Metz mirent sur pied une armée d'environ cinq mille hommes, commandée

par Nicolas de Gournay, et allèrent mettre le siége devant le Châtel-Saint-Blaise. Cette forteresse n'était défendue que par quinze Marengeois ou paysans (1). Pendant une grande pluie qui survint, les assiégeans s'étant retirés dans leurs maisons à Metz le samedi au soir, les assiégés enlevèrent le dimanche les deux bombardes que ceux de Metz avaient laissées devant le château. Les Messins en firent grand bruit, et s'en plaignirent au Maître-Echevin, qui jura qu'il ferait déclarer chelmes ceux du ChâteauSaint-Blaise, pour avoir ainsi, en trahison, et non en bonne guerre, enlevé leurs bombardes. On ajoute qu'il y eut un procèsverbal dressé, et il fut dit que furtivement, mal à-propos, et contre les bonnes lois de la guerre, lesdites pièces avaient été enlevées. La place ne fut prise que par composition , et les quinze soldats avec leur capitaine sortirent du château, vie, biens et bagues saufs. Châtel-Saint-Blaise est du ressort du parlement de Metz, et situé entre Jouyaux-Arches et Corny. CHATEL-SUR-M0SELLE ET AUBIEY, Prieuré. —Chatel, ou comme on prononce ordinairement, Chaté-sur-Moselle, est une petite ville située sur la Moselle, entre Charmes et Epinal. (2) La seigneurie de Châtel a toujours été distinguée du duché de Lorraine, comme étant un fief mouvant du comté et du duché de Bar, et du marquisat du Pont. Ses seigneurs, dans le douzième siècle avaient titre de comte; un seigneur de Châtel ayant épousé Clémence, fille de Folmare, comte de Châtel ; c'est ce que dit M. l'abbé de Longuerue(5)dans sa description delaFrance, mars nous croyons qu'il a confondu Châtel-sur-Moselle avec Castre, Castel ou Bliscastel. Voyez au tome II de la seconde édition de l'Histoire de Lorraine, la généalogie des comtes de Castre. Gérard de Lorraine, premier comte de Vaudémont, frère de Thierri, duc de Lor(1) Histoire de Lorraine, t. 5. p. 6oo. (2) M. l'Abbe de Longueruc, p. 195. (3) Idem page 147-

raine, (1) ayant imprudemment déclaré la guerre à Heimbert, duc de Bourgogne, fut battu et fait prisonnier; il ne sortit de prison qu'en cédant au duc de Pourgogne la ville de Châtel-sur-Moselle en indemnité de Suniacum ou Xugnei, ou Savigni, que Gérard d'Alsace, duc de Lorraine, père de Gérard, comte de Vaudémont, avait autrefois pris sur le duc de Bourgogne. Mais je pense que le duc de Bourgogne se contenta d'exiger l'hommage du comte de Vaudémont pour Châtel-sur-Moselle, et qu'il en laissa la seigneurie et la propriété sauf l'hommage, au comte Gérard, car on remarque que cette seigneurie a toujours fait partie du comté de Vaudémont. Le même comte Gérard de Lorraine dont on vient de parler, fondant le prieuré de Belval, lui donna la dime de Châtel, qui n'est éloigné que d'une lieue de Belval ; (2) un autre comte de Vaudémont, donna au même monastère de Belval les moulins de Châtel, ce qui suffit pour prouver qu'il était seigneur de cette ville. Encore aujourd'hui les Bénédictins de Nancy, comme prieurs de Belval, en sont curés primitifs. En 1216, Hugues III du nom, comte de Vaudémont, fait hommage-lige à Henri comte de Bar, de tout ce qu'il tient au comté de Vaudémont; et en 1219, le même Hugues se reconnait homme lige de Blanche, comtesse de Troyes et de Champagne, et à son fils, sauf l'hommage lige du comte de Bar. Voyez ci-après Vaudémont. Le comte de Vaudément, Hugues II du nom , fit son testament en 1255 ; et dans le partage qu'il fait de ses biens à ses trois fils, il donne à Hugues, qui était l'aîné, Vaudémont, Châtel, Chaligni, Vitri et Vandelainville. Châtel appartenait donc encore aux comtes de Vaudémont en 1255, et il demeura dans cette maison jusqu'au mariage d'Alix , seconde fille de Henri V du nom, comte de Vaudémont, qui épousa Thiébeau de Neuchatel, maréchal de Bour

(t) Bayon, Hist. Mediani Monasteru, t. 88, pages 265, 266. (2) Historia Mediani Monasteru p. 269.

gogne, auquel elle apporta en mariage les terres de Châtel-sur-Moselle, Bainville-auxMiroirs et Chaligni.

Alix de Vaudémont en 1599 fit ses reprises pour Châtel-sur-Moselle auprès de Robert, comte de Bar, pour le chāteau et chatellenie de Chātel-sur-Moselle , de Bainville et leurs dépendances, qu'elle reconnait tenir ligemcnt dudit comte.

Thiebeau de Neuchatel, maréchal de Bourgogne, dans son testament passé à Dole, le 28 octobre 1465, donne à Henri son fils ainé, les terres de Neuchatel, de Châtelet, de Blamont, Clairmont, Châtelsur-Moselle, Epinal, Bonneville et Chaligni.

De la maison de Neuchatel , les villes de Châtel-sur-Moselle et de Bainville-auxMiroirs passèrent à la maison des comtes d'Isembourg, en Allemagne. (1)

Le duc Antoine les acquit en 1545 , de Valentin comte d'Isembourg, en lui donnant en échange Vaudrevanges et Belrain, ou Bérus, dans la Lorraine Allemande.

L'hommage de Châtel-sur-Moselle, appartenait au duc de Bar, à cause de la prévôté et château de Foug, membre dépendant du duché de Bar.

Le sept avril 1451, (2) le duc Charles II étant à Charmes, suivi de sa noblesse, se fit rendre par Thiébaut de Neuchatel, les fois et hommages pour la ville de Chàtel et Bainville; mouvans du duché de Bar. Jean d'Haussonville, maréchal de Lorraine, portant la parole, en fit voir l'obligation et l'origine dans Alix de Vaudémont, fille de Henri comte de Vaudémont, laquelle porta cette ville dans la maison de Neuchatel par son mariage avec Thiébaut, et qui en fit ses reprises de Robert duc de Bar , lui étant à Châtel le huit février 1599 (ou 1400) (5), et le seize juillet 1451 , Thiébaut demanda délai au duc pour faire jurer ses fiéfés , qu'il désigne, et qui ont pareillement prêté serment audit seigneur duc.

1) Longueruë t. 2, p. 196.

$ # Archives à L§ne, Châtel-surMoselle.

(3) 1299. - 14oo.

En 1472, Henri de Neuchatel donna acte d'obéissance et d'ouverture au roi et duc René I", des villes, châteaux et dépendances de Châtel-sur-Moselle et Bainville. Le même roi et duc René I" vendit le neuf juin 1480 l'hommage de Châtel-surMoselle au roi Louis XI, pour la somme de soixante mille livres. René étant mort trois mois après, le dix juillet 1480, la somme ne fut pas payée, et l'hommage ne laissa pas de demeurer au roi de France jusqu'à François I", qui remit l'hommage de Châtel-sur-Moselle au duc Antoine, au mois de mai 1517 , en considération des services qu'il lui avait rendus dans les guerres d'Italie, et il lui remit la souveraineté de Châtel-sur-Moselle et de Bainville-aux-Miroirs; on en pourra voir les Chartres dans la seconde édition de l'histoire de Lorraine. On sçait que le comté de Vaudémont fut ! réuni au duché de Lorraine par le mariage de Ferri de Lorraine avec la princesse Marguerite de Vaudémont. Auparavant il relevait du duché de Bar. Châtel-sur-Moselle était autrefois considéré comme une place importante, ayant un bon château, et étant fort par sa situation sur le penchant d'une montagne, au pied de laquelle coule la Moselle. Sommation fut faite en 1467 (1) à Thiébaut de Neuf-Chatel de venir faire à Bourmont ses reprises de Châtel et de Bainville, selon l'ordre du roi René. " La même année il y eut une guerre entre ledit Thiébaut, le duc Jean de Calabre et son fils Nicolas. Jean de Beaufremont et Erard d'Haraucourt furent députés pour négocier la paix. On voit dans les archives de Lorraine la relation de cette guerre. Le duc de Bourgogne offrit sa médiation Pour accommoder ce différent, et en 1470, après la mort de Thiébaut de Neuf-Chatel, son fils Henri de Neuf-Chatel, demanda la Paix au duc de Lorraine, par la médiation ou duc de Bourgogne, et se soumit de reoonaitre le duc Jean de Calabre pour son souverain seigneur.

(') En 1467, le 17 août.

Enfin, en 1471 , le 17 juillet, René I" donne procuration au duc Nicolas de recevoir en foi et hommage, Henri de NeufChâtel pour Chatel et Bainville confisqués sur lui(1), pour les guerres et cruautés qu'il avait exercés dans le duché de Bar, et pour avoir refusé de faire hommage. Pendant la guerre du maréchal de Bourgogne contre la Lorraine en 1471 (2), et pendant l'absence du duc Nicolas, qui était à Paris, et ne se hâtait pas de venir en Lorraine pour prendre possession de ses états, les régents de Lorraine résolurent de faire le siége de Châtel-sur-Moselle. Ce siége fut commencé à la mi-carême de l'an 1471 ou 1472 avant pâques ; le comte de Salm, maréchal de Lorraine y commandait. On raconte que le duc Nicolas, qui était toujours à Paris, présumant que Châtel serait bientôt pris, en donna la eonfiscation à un seigneur nommé Clermont. Mais ce seigneur s'étant présenté au conseil de Régence qui était à Charmes près Châtel, on lui répondit que le duc Nicolas avait fait ce don imprudemment et sans connaissance de l'état des choses; que si les gens de guerres qui étaient au siége étaient informés de cette disposition faite en sa faveur, cela ralentirait beaucoup leur courage à pousser le siége. On dit aussi que le roi Louis XI ayant demandé au duc Nicolas quelques troupes pour être employées contre le duc de Bourgogne, le duc Nicolas sans délibérer, manda à son maréchal de lever le siége de Châtel, et d'envoyer ses troupes au roi. Mais le maréchal de Salm s'excusa d'obéir, et le roi même ne put désapprouver ses raisons. Cependant les officiers du maréchal de Bourgogne ramassaient des troupes pour venir au secours de Châtel. Le maréchal de

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moncerait à tout le droit qu'il pouvait prétendre sur la ville d'Epinal. 2° Que tous les environs de Châtel, hormis Romont, demeureraient aux Lorrains.

Moyennant ces conditions, le siége de Châtel fut levé. On prétend que le dépit qu'eurent les seigneurs Lorrains de ce que le duc Nicolas avait donné Châtel au seigneur de Clermont, fut la principale cause de la levée du siége. A peine l'armée Lorraine fut partie de devant Châtel que l'on y vit arriver le secours des Bourgnignons, conduit par M. de Neu-Chatel, fils du maréchal de Bourgogne et par plusieurs seigneurs de marque. L'on jugea à les voir, qu'ils étaient bien huit mille hommes. Dès le lendemain ils s'avancèrent contre la vllle de Charmes, où commandait Jacques d'Haraucourt, Bailli de Lorraine.

Le conseil de régence de Lorraine manda promptement le ban et arrière ban de Lorraine, et en un jour et une nuit, l'armée se trouva renforcée de six mille hommes. Thomas de la Rape, bailli de Vaudémont, amena ceux du comté de Vau· démont, qui étaient environ huit cents ; les troupes Bourguignones ayant vu ce renfort, jugèrent à propos de se retirer dans leur pays.

En 1475, pendant la guerre du duc Charles de Bourgogne contre le duc René II (1), la ville de Châtel, de même que les autres du pays (2), furent aisément prises pour le duc de Bourgogne, qui mit partout des garnisons. On a remarqué dans cette occasion l'ancienne antipathie de ceux de Châtel-sur-Moselle contre la ville de Charmes ; car cette dernière ville ayant été forcée, ceux de Châtel se montrèrent plus acharnés à sa ruine que les ennemis mêmes, ayant acheté plusieurs chariots de butin et jusqu'aux cloches de Charmes, qu'ils firent mener dans leur ville ; il ne parait pas que Châtel soit rentré dans l'obéissance du duc René jusqu'après la mort du duc de Bourgogne en 1476.

(1) Chronique de Lorraine. (1) Histoire de Lorraine. t. 2, p. 1o17, 1o:8.

En 1479, le 4 octobre, les seigneurs et fiéfés du duché de Bourgogne, promettent pour procurer la liberté à Henri de NeuChatel, prisonnier du duc René, que les terres de Châtel-sur-Moselle, Bainville et Chaligni, ne seront ouvertes à personne que du consentement dudit duc.

Saladain V ou Salantain d'Isembourg, ayant épousé Elisabeth d'Hunstat, prétendait à la seigneurie de Châtel-sur-Moselle contre les dames Antoinette, Marguerite, et Anne de Neu-Chatel , filles de Thiébaut de Neu-Chatel (1). Il fit pour soutenir son droit, de vives et longuespoursuites, ayant même employé le pape pour cela ; mais il fut débouté par sentence du bailliage de Saint-Mihiel.

En 1625, M. de Badeville bailli de Chatel-sur-Moselle, résolut avec son épouse de donner aux religieux réformés de St.Vanne, un établissement à Châtel. Il en écrivit au chapitre général, qui lui répondit qu'on acceptait volontiers ses offres, mais qu'il fallait auparavant demander l'agrément à monseigneur l'évêque de Toul. Je ne sais si ce prélat y forma quelque opposition; mais la chose n'a point eu d'exécution.

Cette ville soutint plus d'un siége sous le duc Charles IV. Dès avant l'an 1656 . les Français s'étaient rendus maîtres de la plupart des petites villes de Lorraine. Le duc Charles IV en reprit un bon nombre en 1657, et en particulier, Charmes et Châtel-sur-Moselle. Duhalier forma le siége de cette dernière place en 1641.

Le 28 août 1641 , l'armée française partit d'Epinal et vint camper devant Châtel-sur-Moselle. Duhalier étant retourné à' Nancy, le comte de Grancey fit battre la place. Le 29 on y fit une brêche, et les soldats de Grancey y donnèrent l'assaut , malgré les cris des habitans, qui demandaient quartier, craignant d'être abandonnés au pillage; la garnison s'étant retirée au château avec le gouverneur Vateville, la ville se rendit sans faire beaucoup de résisaI1C62.

(1) 1542. — 1543.

Duhalier était occupé à ce siége, lorsqu'il reçut ordre de la cour de se transporter à Paris aussitôt après la reddition de Châtel , pour rendre compte à la cour de sa conduite. On ne doutait pas de sa fidélité, mais sa femme avait découvert un secret dont on fit porter la peine à son mari. Il alla en cour et revint bientôt après, avec ordre de réduire à l'obéissance de Sa Majesté le reste des places de Lorraine qui s'étaient rendues au duc. Ce fut le comte de Ligniville, qui en l'an 1650 les ramena à l'obéissance du duc Charles IV. Il défit Roze-Vorms près de Châtel , et incontinent après, il fit le siége de cette place. Beaufort en pressa si vivement les attaques, que Vely, gouverneur pour la France, après quatre jours de résistance, fut obligé de capituler. On dit que Ligniville fit accroire au gouverneur que la mine était prête à jouer, et que le gouverneur, ayant envoyé pour reconnaître l'état de la chose, on lui fit voir une caque de navette sur laquelle on avait répandu quelque peu de poudre; ce qui l'obligea à rendre la place. L'année suivante, 1651 , le maréchal de la Ferté alla mettre le siége devant Châtel, que le comte de Ligniville avait repris, avec plusieurs autres places. Châtel était la ville la plus forte et la mieux munie de toutes celles de ces quartiers là. Beaufort en était gouverneur; après six semaines de siége et quatre mille coups de canons tirés contre la ville, elle se trouvait encore en état de résister assez long-temps. Le duc Charles IV craignant la perte de tant de braves gens qui s'étaient enfermés dans la ville, envoya un capitaine de ses gardes, nommé Agecourt, pour traiter de la reddition de Châtel avec la Ferté. Les conditions furent bientôt arrêtées, et la ville fut rendue prématurément. Le duc Charles IV (1), pressé par le roi Lonis XIV de lui envoyer ses troupes, fut si mal satisfait des manières que la France avait pour lui et pour ses gens, qu'il fit

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fortifier en diligence Epinal et Châtel # Ces deux villes furent assiégées en 1630 par le chevalier de Fourille. Le comte de Tornielle commandait dans Epinal et Beaufort dans Châtel; cette dernière ville fut investie le 28 septembre. Beaufort oublia dans cette occasion toute son ancienne fermeté; il parla de capituler presque aussitôt qu'il eut vû l'ennemi; les articles de la capitulation furent dressés dès le trois deseptembre. Les assiégés promirent de se rendre au maréchal de Créqui, qui était devant Châtel, si dans quatre jours, à commencer au premier d'octobre, il ne leur arrivait du secours capable de faire lever le siége; les quatre jours écoulés, Beaufort remit la place et se retira à Bitche. C'est à peu près ce que nous savons de Châtel. Les fortifications en ont été démolies au dernier siècle. La paroisse est consacrée à St. Laurent; et l'abbé de St. Leopold de Nancy, à cause du prieuré de Belval qu'il possède, en est curé primitif; autrefois l'église de Moriville, village situé à une lieue de Châtel , en était la mère église. Les capucins furent reçus à Châtel en 1707, et furent logés dans l'ancien château. Les religieuses de la congrégation y ont aussi un établissement ; il y a de plus un hôpital et un hôtel de ville. J'ai parlé plus au long des derniers siéges de Châtel, dans le dernier tome de l'histoire de Lorraine, première édition. Le nouveau bailliage de Châtel s'étend entre les bailliages de Lunéville, de Rosières et d'Epinal. Il se gouverne selon la coutume de Lorraine, excepté les villages de Bademenil, Padoux et Saint-Genois, qui suivent celle d'Epinal. Autrefois Châtel avait ses usages particuliers, qui tenaient lieu de coutume, mais ils furent supprimés de même que ceux de Vaudémont, par édit du 10 mars 1725. La maison de Châtel était de l'ancienne chevalerie de Lorraine. Elle portait d'argent à la face vivrée de gueules; cette maison a été alliée à celle de Lenoncourt.

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