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des grosses et menues dimes, et le curé l'autre moitié. Les bénédictins de St.-Mihiel à cause de leur prieuré de Laitre-sousAmance, y prennent un sixième sur la totalité. Amance fut érigée en Cure en 1450 , auparavant elle était annexe de Dommartin. On voit dans la paroisse d'Amance 1° la chapelle de St. Jean-Baptiste, fondée en 1525. Le revenu en était considérable; elle était desservie par deux Prêtres, chargés de dire chaque jour la messe au point du jour ; mais la modicité du revenu a fait réduire les messes à deux par semaine. 2° La chapelle de Notre-Dame et de St. Gérard , fondée le 5 mars 1529 chargée de trois messes par semaine. 5. La chapelle de Ste. Catherine, chargée d'une messe par semaine. 4. La chapelle de St. Nicolas et de St.Antoine, chargée de deux messes par mois. 5. La chapelle de Sainte Barbe et de Saint-Adrien. . Le duc Ferri III, en 1265, affranchit Amance, Lunéville et Port, ou St.-Nicolas, et les soumit aux lois de Beaumont en Argonne; il reconnait pour témoin et garant de cet affranchissement, le jeune Thiébaut, comte de Champagne, que Ferri appelle son très cher seigneur, sans doute à cause de certains fiefs qu'il tenait de lui, et consent que s'il vient à manquer à sa parole, il puisse reprendre ses fiefs sans faire tort; caperefeoda mea sine mesfacere. Ces fiefs étaient Nancy, Neuf-Château , Chatenoi, Montfort près Mirecourt, et Grand en Bassigni. Par une Charte de Ferri III. Duc de Lorraine, de l'an 1280, il paraît qu'il y avait une léproserie ou un hôpital de Mazels dessous Amance ; que cet hôpital était du domaine du duc, qui le céda à l'abbaye de Ste. Marie-aux-Bois en échange d'autres biens ; cet hôpital était situé en la ville de Ste.-Marie-sous-Amance (1). C'est Laitre sous Amance, dont le prieuré était dédié à la Sainte-Vierge, et l'on y devait

(1) Hist. de Lorraine, t. 2, p. 313

recevoir tous les Mazels et lépreux de la ville d'Amance ou de Ste-Marie, et les y entretenir jusqu'à leur mort. Dès l'an 1225, la même léproserie subsistait, et Agnès de Bar, duchesse de Lorraine, épouse du duc Ferri II, y fit une donation d'un demi muid de vin de cens, qui lui était dû par ceux d'Amance. Il y avait encore dans le pays d'autres léproseries, comme celle de St.-Aubin et celle de Valcourt, ou Valco près la ville de Toul. Mais la plupart de ces établissemens sont aujourd'hui supprimés, ou ont changé de nature. La maison d'Amance, célèbre dans nôtre histoire, portoit d'Azur à l'écusson d'argent, ou l'écusson d'azur en cœur. On dit que le duc Mathieu II, outre les enfans connus dans les généalogies ordinaires, eut encore deux fils, savoir : Thiébaut, sire de Preny, ct Renaut comte d'Amance. Dès l'an 1244 et 1245, nous lisons dans d'anciennes chartres Geoffroy d'Amance, qui en 1249, est dénommé Monseigneur par le duc de Lorraine ; il pouvait être fils de Renaut d'Amance; on peut voir la généalogie de la maison d'Amance dans la seconde édition de l'histoire de Lorraine, tom. 2. Jacques d'Amance, maréchal de Lorraine, est dit-on, le dernier de cette maison. Il vivait encore en 1599. Cette maison d'Amance se fondit dans celle de Bayon, dont Henry de Lorraine, dit le Lombard, était chef et auteur. Voyez la généalogie de la maison de Bayon. Histoire de Lorraine, tom. 2, seconde édition. La proximité et le mélange des villages qui composaient la prévôté d'Amance et celle de Château-Salins, et la multiplicité des officiers desdites prévôtés étant à charge aux sujets, le duc Léopold ordonna le 15 d'août 1721, qu'à l'avenir les deux prévôtés seraient réunies en une, dont le chef-lieu serait Château-Salins. Aujourd'hui, ensuite des remontrances faites par les juridiciables et les officiers de la grurie d'Amance, que l'on avait surpris la religion du duc Léopold, en sup

posant que les villages qui composaient la la prévôté d'Amance, étaient trop éloignés de ladite prévôté, le roi a ordonné par édit du 17 janvier 1746, que l'ancienne prévôté d'Amance serait rétablie dans son premier état. Aujourd'hui Amance répond à Nancy. AMANCIEULE (l') ou AMESULE rivière. L'amancieule ou Amesule , en latin Asmantiola ou Amantiola, est un ruisseau, qui à deux branches, qui embrassent la montagne d'Amance, ancienne ville de Lorraine. Ce ruisseau ou petite rivière joint la Meurthe au-dessous du village de Lay-Saint-Christophe, à une lieue au-dessous de Nancy. AMANTY.— Amanty, village à une lieue de Gondrecourt, du diocèse de Toul, bailliage de la Marche, présidial de Châlons, parlement de Paris. La paroisse à pour patron saint Martin. La cure est à la nomination de l'ordinaire. Amanty fut érigé en cure en 1707. Décimateurs, le curé et les seigneurs. Il y a dans l'église paroissiale la chapelle dédiée à St. Mertin, dont le curé est collateur, et la chapelle de S. Sébastien, fondée par Dominique Mengin prêtre, dont les héritiers sont patrons. Il y a dans ce village environ soixante habitans. M. de Sommièvre en est seigneur, et il y possède une maison seigneuriale. Le père Benoît dans son poulié de Toul, t. II, p. 278, dit que M. de Camilly par son décret de désunion dotta la cure d'Amanty des deux tiers dans les grosses et les menues dîmes avec les novales, et que le chapitre de Liverdun et l'abbé de St.-Léon de Tonl, auparavant décimateurs chacun pour un sixième, n'ont plus rien dans la dime. La seigneurie d'Amanty appartenait en 1552, à Guillaume de Gondrecourt et à Edeline sa sœur (1), comme il paraît par les lettres de reprises qu'il en donna cette année au comte de Bar. Jean Thirion, écuyer dudit Gondrecourt, fit ses reprises pour la même terre en 1597.Autre dé

(1) Archives de Lorr. Laye. Gondrecourt.

nombrement donné à René duc d'Anjou et de Bar, par Jean d'Ourches seigneur de Villers et de Rougeville, pour la part qu'il avait en ladite seigneurie, tant d'acquêt par lui fait, qu'à cause d'Isabelle de Foug sa femme, le 24 août 1441. Autre fourni par Aubert d'Ourches chevalier, seigneur dudit lieu , en 1446. Autre de Geofroi de Verrières de 1456, de Jean du Ménil, seigneur d'Amanty en partie, de 1458, de Jean de Verrières écuyer, seigneur de Demange-aux-Aubr, de 1487, de Jean de Marcheville écuyer, demeurant à Gondrecourt, de ce qu'il tient à Amanty, de 1487. On trouveencore d'autres dénombremens de la même seigneurie depuis le seizième siècle; comme sont ceux de Nicolas de Verrières, seigneurd'Ourches en partie,de 1505 d'Aubert d'Ourches, pour le quart d'un cinquième, dont les quatre quarts et demi font le tout, ledit cinquième et la moitié d'un demi-quart en l'autre moitié en toute la terre et seigneurie d'Amanty, du 4 janvier 1510, de Gaspard de Verrières seigneur d'Amanty et Goussaincourt en partie, du 29 juillet 1547, de Geofroi de Verrières de 1551, de Claude de Verrières seigneur d'Amanty, Pargney et Maxey-surVaize, du 15 avril 1556, du même de l'an 1574. Les armes de Verrières sont une étoile en chef, chargée de trois anneaux. AMBLEVE oU AMBLEF. — Ambleve, Amblava, lieu et rivière célèbre dans l'histoire, par la victoire que Charles Martel remporta en 707 ou 717, sur les Neustriens dans le Luxembourg. La petite rivière d'Amblef passait près de l'abbaye de Stavelot, à l'extrémité du duché de Luxembourg. Cette petite rivière d'Amblef se perd dans le Semoy, en latin Sesmarus fluvius, ou Sesomiris, sur lequel est situé l'ancien prieuré de Cugnon, Congodunum, fondé par saint Remache, qui est aussi fondateur de Stavelot, Stabulense monasterium. La rivière d'Ambleve est encore bien connue, mais on ne voit plus la maison royale, villa publica, ou

le fisque royal d'Ambleve, qui en était

proche ; ou peut-être qu'elle a changé de IlOIIl. Il est parlé de la maison royale d'Ambleve dans les lettres du roi Sigisbert II, et ce lieu d'Ambleve devait être considérable, puisqu'il y avait une église , qui était respectée comme un asile sacré, ainsi qu'il parait par la vie de St. Agibolphe, évêque de Cologne. J'ai parlé ailleurs d'Ambli, Amblivium, dans le Verdunois. AMBLY. — Ambly, Amblivium, village du diocèse de Verdun, au midi de cette ville (1), sur la Meuse, à la distance de quatre lieues. Office, recette, prévôté et bailliage de Saint-Mihiel, cour souveraine de Nancy (2). La paroisse a pour patron saintMartin.Le chapitre de la cathédrale de Verdun nomme à la cure et est décimateur; l'évêque Jean d'Apremont ayant formé le dessein de faire mettre en distributions quotidiennes les biens communs de l'église cathédrale, pour obliger les chanoines à se rendre plus assidus à l'office de leur église, donna au chapitre les dimes de plusieurs églises paroissiales, savoir : de Clermont, de Marré, d'Issoncourt, d'Ambly, et de quelques autres, avec le consentement des patrons, et le chapitre en jouit encore aujourd'hui. Le roi est seigneur haut et moyen justicier du lieu ; MM. Péchard et Thomassin, en sont seigneurs fonciers. Il y a trente-neuf ou quarante habitans. Alberon de Chini, qui fut évêque de Verdun (5) depuis l'an 1151 jusqu'en 1156 (4), après s'être saisi par stratagème, et avoir fait démolir par ses gens, le propre jour de la Pentecôte, une grosse et forte tour que Renaud, comte de Bar avait fait bâtir au lieu le plus éminent de la ville ; le comte pour s'en venger, assembla ses troupes, et les cantonna dans

(1) Histoire de Lorraine, tome 1, page 231, 232. Preuves. 2) Histoire de Verdun, page 244. # Histoire de Verdun , page 244. (4) Histoire de Lorraine, tome i, page 231, 232. Preuves.

trois châteaux voisins de la ville, pour empêcher qu'on n'y fit entrer des vivres, et en même temps fit faire le dégat dans le Verdunois. Il se posta à Ambly, Hugues son fils à Varronville (5), et Heli son premier capitaine à Rosat (6), d'où ils firent des incursions continuelles sur les terres de l'évêché. Alberon ayant fait prendre les armes à ses sujets, et levé quelques autres troupes, surprit d'abord le château de Rosat, qui causait le plus de ravages : il le fit brûler, et prit Heli avec tous ses gens, , qui furent conduits dans les prisons de Courlouve, que ce commandant avait fait lui-même construire. Renaud , comte de Bar, craignaut le même sort, eut recours à Simon, duc de Lorraine, et à plusieurs comtes et barons du pays , qu'il engagea dans ses intérêts, Ils joignirent leurs troupes aux siennes dans le château d'Ambly, d'où ils partirent pour venir assiéger Verdun. Mais ayant vu de loin la cathédrale, ils furent saisis de frayeur, voyânt l'éclat extraordinaire qui brillait sur le toit de cet édifice. Les alliés de Renaud le prièrent de se désister de son entreprise, et s'en retournèrent chacun chez eux. Le comte ne se rebuta pas , et employa ses amis pour obtenir de l'évêque, au moins de pouvoir rentrer dans la tour de Courlouve. Mais l'évêque Alberon l'ayant fait démolir, le comte de Bar ne songea plus qu'à faire sa paix. Il employa pour cela Etienne de Bar évêque de Metz, son frère. L'évêque Alberon céda le haut-domaine de Clermont en Argonne, de Ham et de Vienne, au comte de Bar, qui renonça à ses prétentions sur la ville et le comté de Verdun, et se contenta de la seule qualité de voué, ou protecteur de cette ville. Une partie des troupes licenciées, du comte de Bar, s'étant emparées du châ

(5) Guenionis Villa, à deux lieues de Verdun, vers l'orient.

(6) Rosat est nn château de la paroisse de Ronne, doyenné d'Amelle, au nord eVerdun.. teau d'Ambly, commencèrent à faire des courses dans les lieux des environs : l'évêque Alberon les y attaqua, les força, mit le feu au château, et le démolit. Les pillards qui s'y étaient enfermés, furent amenés eomme en triomphe dans les prisons de Verdun, et ainsi se termina cette

guerre. AMELÉCOURT.— Amelécourt, village à une demi-lieue de Château-Salins, diocèse de Metz. La cure est du patronage de l'abbaye de Metloc, selon l'ancien poulié de Metz, composé par M. Hugues Nicolas , chanoine de Metz en 1544 , bailliage de Château-Salins , cour souveraine de Lorraine. Le roi en est seigneur Jean de Grunerot, abbé de Metloc, du consentement de ses religieux (1), vendit au grand duc Charles en 1575, le 1" de juin, la moitié des grosses et menues dimes d'Amelécourt, de Couture et de Lebécourt, avec le droit de patronage audit Amelécourt , pour une somme de cinq mille francs , monnaie de Lorraine. Le même prince acquit en 1582, de Claude de la Ferté écuyer, capitaine de Bouconville, toute la part qu'il pouvait avoir en la terre etseigneurie d'Amelécourt, pour une somme de 1,400 francs. L'acte est du 25 février. Il avait acquis le 14 du même mois de Guyon de Lucy, sieur de Taisey, etc., baron de Conflans, maréchal héréditaire de Champagne, du consentement de Catherine de Boulon sa femme, tout ce qu'il avait en ladite seigneurie, pour douze mille francs. La seigneurie d'Amelécourt a été possédée autrefois par une maison noble du même nom. On trouve Jean d'Amelécourt chevalier, dans un accord fait entre lui , Jean de Lesse, à cause de Jeanne d'Amelécourt sa femme, Androuin et Simonin écuyers, sieurs d'Amelécourt ses frères, et Marie de Blois duchesse, régente de Lorraine, de l'an 1546, par lequel accord lesdits sieurs d'Amelécourt consentent que

S (1) Archives de Lorraine, layette, ChâteauSalins.

la duchesse ait en toute propriété le chàteau, les fossés et appartenances de Chàteau-Salins ; que la fontaine d'eau salée soit par moitié aux dits d'Amelécourt et à ladite dame ; que les salines qui sont situées sur le ban d'Amelécourt, sur le ruisseau qui descend des bans de Couture et de Salone, soient encore par moitiè à frais et profits communs. L'acte est signé de Thomas de Bourlémont évêque de Toul, de Henri comte de Vaudémont et de Thiebaut sire de Blâmont, le samedi devant la mi-carême, au mois de mars. Il parait qu'Amelécourt est beaucoup plus ancien que Château-Salins (2), et que les salines de ce lieu étoient autrefois appelées salines d'Amelécourt. En 1277, Ferri duc de Lorraine donna à Thiébaut comte de Bar le tiers dans les salines et la seigneurie d'Amelécourt. Voyez l'article Chāteau-Salins. Conrard abbé de Metloc donna commis

sion en 1516 , à Pierre Ciclert, clerc du

diocèse de Metz, d'agir en son nom dans l'affaire au sujet de la présentation à la cure d'Amelécourt, qui lui était contestée par Colin et Isambard d'Amelécourt frères, enfans de feu Ferri d'Amelécourt, Reinier et Colin fils de feu Androuin d'Amelécourt. Brocard de Fénétrange, écuyer, déclare le 11 juin 1546, qu'il est deveuu hommelige de Raoul duc de Lorraine, pour 50 livres de terre à tournois qu'il lui a assignées sur son fief d'Amelécourt, qui lui était nouvellement échu ; en outre le duc lui promet de lui donner encore 500 livres tournois, lorsqu'il commencera à bâtir au même lieu une maison forte, laquelle il tiendra lui et ses hoirs , pour toujours en foi et hommage dudit duc. * • En 1585 , Colin d'Attienville, écuyer, fils de Simon d'Attienville, vendit au duc de Lorraine les deux tiers et au duc de Bar l'autre tiers de ce qu'il avait au quart du château, salines , fossés, fontaines, etc., à Château-Salins et au ban

(2) Ibidem.

d'Amelécourt, pour la somme de quatrevingt petits florins de bon or, rachetable de celle de huit cents florins. En 1595, Maheu de Lescey écuyer , céda tout ce qu'il possédait au ban d'Amelécourt aux mêmes ducs de Lorraine et de Bar, moyennant une somme de 700 florins. Maheu déclare dans l'acte de cette vente, qui est du 10 mars , que ces choses lui étaient éehues de dame Jeanne sa tante, fille de Nicolas d'Ameléconrt. Je trouve une reprise de la terre d'Amelécourt, faite en 1405 par Jean de Chambrey, excepté les douaires que Philippe de Norroy, femme de Guillaume de Gueberre et Isabelle de Bozemont y tiennent à cause de Jean Chatron et Reinier Jullenat ; les quelles choses échurent après la mort de de Jean Chatron d'Amelécourt à Hautzelia, dit Jullenat, de Faulquemont, dont le susdit de Chambrey était devenu héritier. AMELLE. — Amelle, Amella, à une lieue d'Etain, diocèse de Verdun ; l'eglise est dédiéc à St. Martin, à la présentation de l'abbé de Gorze. L'église du prieuré d'Amelle , dont saint Pierre était patron , était autrefois la mère église de saint Martin d'Amelle ; mais aujourd'hui elle est érigée en église paroissiale, séparée de celle d'Amelle, par bulles apostoliques. Eston est encore annexe d'Amelle. Son patron est St. Jean , à la nomination du même abbé de Gorze. Dans le village d'Amelle, se voit le prieuré du même nom , dépendant originairement de l'abbaye de Gorze. Ce prieuré fut fondé en 960 (1), par Hildegonde, comtesse du pays de Voivre, du consentement de Vigfride , évêque de Verdun, et de son clergé ; cette comtesse dit qu'elle fonde à'Amelle une collégiale de douze chanoines, et leur donne l'église de Saint Pierre d'Amelle avec toute sa dime, et la petite abbaye dite Amelle, adjacente à l'é

(1) Voyez le Factum imprimé en 1743, dans le procès entre le recteur de l'université de Pont-à-Mousson , contre Nicolas de Malherbe, vicaire perpétuel de la paroisse d'Amelle.

glise de saint Pierre, avec une autre église construite au même lieu, sous l'invocation de Saint Martin, avec les biens qui en dépendent. La première église était la paroisse à qui les dimes appartenaient , et la seconde était une église de secours, qui " avait ses propres biens de dotation et de fondation. Cette première intention de la comtesse Hildegonde ne fut pas exécutée, ou du moins fut bientôt changée, puisqu'en 982 le prieuré ou la petite abbaye d'Amelle, fut donnée à l'abbaye de Gorze, et on n'a nul monument, nulle mémoire, qu'il y ait jamais eu de collégiale en cet endroit. On sait au contraire qu'en cette année 982, Conrade, fils du comte Rodolphe, apparemment de Rodolphe, fils de la comtesse Hildegonde, qui est rappelé dans la fondation faite par cette comtesse, comme déjà décédé en 960, Conrade, dis-je, au jour du combat donné en Italie entre l'empereur Othon III et les sarrasins, à Bassentelle en Calabre, le 15 juillet 982, prévoyant qu'il serait tué dans ce combat, pria Othon, le cas arrivant, comme il arriva en cffet, de donner tout ce qui lui appartenait dans le royaume de Lorraine, au monastère de saint Gorgon de Gorze. Il fit cette demande sous l'étendard impérial , à la manière des testamens militaires faits sans écrits, dans de pareilles circonstances, et autorisés par les lois. L'empereur Othon étant à Capoue le même année 982,

ratifia la donation faite par Conrade, et

donna à l'abbaye de Gorze, tout ce que ce seigneur avait dans le royaume de Lorraine, tant à Amelle qu'en d'autres lieux dénommés dans la chartre de l'empereur.

En 1052, Sigefroy, abbé de Gorze, demanda à Raimbert, évêque de Verdun, qu'il lui plût ordonner : 1° que désormais la conventualité monastique fût continuée dans le prieuré d'Amelle, de même qu'elle l'était dans l'abbaye de Gorze ; 2° Que le prieuré d'Amelle fût déchargé in capite et membris, de toutes les exactions que les officiers de son évêché y exerçaient auparavant avec une rigueur excessive ; 5° Que

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