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gecourt, qui a possédé une partie de Grange patrimonialement pendant plus d'un siècle. Ce village, composé de vingt-six à vingtsept maisons, était beaucoup plus considérable avant les guerres et la peste de 1655, et 1656. Deux régimens de l'armée de Turenne y logèrent et dans les environs vers 1658. Ils y commirent beaucoup de dégats. Des soldats de la garnison d'Epinal y mirent le comble de la désolation, en brûlant jusqu'à dix ou douze maisons, qui n'ont pas été rétablies, et dont on voit encore les ruines, une enceinte et des murs de cinq à six pieds. Les habitans ont des lettres patentes du premier septembre 1456 , par lesquelles Jean II, de la maison D'Anjou, duc de Lorraine, leur accorda le droit de faire turer leurs bestiaux jusqu'aux portes d'Arches. Ils ne sont séparés de cette prevôté que par la petite rivière de Cosné, commune au roi, au chapitre de Remiremont et au Seigneur. La chambre des comptes de Lorraine les maintint en 1619, au droit de rouage, maronage, affouage dans les forêts d'Arches. Ils ont le même droit dans les forêts du comté de Fontenoy, quoiqu'ils n'en dépendent en rien , ayant leur haute justice sans part d'autrui. Il y a un habitant de la seigneurie de Cironcourt, dont la famille subsiste de père en fils depuis six siècles; ce que l'on ne croirait pas, si le titre original de son auteur n'existait. Cet habitantse nomme George Pernot, et le titre est de 1150. Une autre chose fort extraordinaire, c'est que ce même George Pernot, qui vit aujourd'hui , et qui est àgé de 60 ans, est extrêmement petit, n'ayant que trois pieds, quatre pouces. Il a été conduit par curiosité au roi de Pologne. Les droits de haute justice de la seigneurie de Cironcourt ont été reconnus par différens arrêts de la cour, des 24 août 1750,

14 juin 1751, premier décembre 1757, et |

15 avril 1758. CLAIRE-FONTAINE, abbaye de Citeaux. - Claire-Fontaine, abbaye de Filles

de l'ordre de Citeaux, située à quatre lieues de Luxembourg, et à une d'Arlon, dans un vallon agréable, appellé autrefois Beaulieu, et aujourd'hui Claire-Fontaine (1). Cette abbaye fut fondée en 1215, par Ermensinde, comtesse de Luxembourg. Voici l'occasion de cet établissement, comme on le raconte dans les Annales du pays. Ermensinde s'étant endormie sous un chêne touffu sur les bords d'une fontaine, crut voir en songe une dame, d'une beauté et d'une majesté ravissante, tenant entre ses bras un enfant, qui vint s'approcher de la même fontaine. Cette dame se trouva aussitôt environnée d'un troupeau de moutons, marqués sur le dos d'un bout à l'autre, d'une raie noire, qui avait quelque rapport à un scapulaire de religieux de Citeaux. Ermensinde s'étant éveillée, frappée de ce qu'elle venait de voir en songe, consulta sur cette vision un saint homme, qui vivait en solitude en l'endroit où est situé aujourd'hui l'abbaye de Claire-Fontaine. Le solitaire ayant consulté Dieu,dit à la comtesse que son songe était mystérieux et que la SainteVierge qui lui était apparue au milieu de ces moutons blancs et rayés sur le dos, avait voulu lui donner à entendre que son intention était, qu'elle bâtit à Claire-Fontaine un monastère de religieuses de Citeaux, qui y louassent Dieu nuit et jour; et qu'elle par

ticiperait aux prières de ces saintes filles.

Ermensinde ne différa pas d'exécuter le conseil qui lui avait été donné. Dès l'an 1216, elle commença à y bàtir une église avec une abbaye, occupée aujourd'hui par des filles nobles, de l'ordre de Citeaux. Elles y ont conservé jusqu'en l'an 1652, la peinture que l'on y fit alors pour perpétuer la mémoire de la vision ou du songe d'Ermensinde qui avait donné occasion à la fondation de cette abbaye. Cette peinture étant gâtée de vétusté, on l'a supprimée en 1652, il aurait mieux valu la réparer. CLAIR-LIEU, abbaye de Citeaux. Clair-Lieu, abbaye de Citeaux située à à une lieue de Nancy au midi, dans un

(1) Hist. de Luxemb. Tom. 4, pag. 425.

vallon fort solitaire, qu'on appelait auparavant en langage du pays Amé-leu ou Amerlieu, à qui on donna le nom de Clair-lieu depuis l'établissement des pères de Citeaux en cet endroit. Ces religieux avaient été appelés en Lorraine, vers l'an 1150, par Gérard II, du nom, comte de Vaudémont frère d'Eudes de Vaudémont, évêque de Toul. Ce prince fit venir de l'abbaye de Bitaine au comté de Bourgogne , un personnage nommé Vidric, avec quelques religieux qui s'établirent d'abord à Ferrières, pas loin de Rozières-aux-Salines, d'où ils furent chassés par la malice des habitans, , et se retirèrent au lieu où est aujourd'hui située l'abbaye de Clair-lieu. Mathieu I, duc de Lorraine les y fonda et leur donna un terrain considérable aux environs, et des paturages pour leurs troupeaux. Ils étaient douze religieux et autant de frères convers. Le monâstère fut dédié à la Sainte Vierge, par la libéralité du duc Mathieu , de la duchesse Berthe son épouse, de ses fils Frideric et Mathieu, et de son Frère Robert. Le titre de fondation est de l'an 1159. Vidric gouverna l'abbaye jusque vers l'an 1165.

A

Les grands moulins de Nancy, furent donnés à Clairlieu dès le temps de sa fon

- - - - | dation (1); mais cette abbaye ne jouit pas long-temps paisiblement de ces moulins ; car Jacques de Lorraine, évêque de Metz, et Renaut son frère comte de Castres, tous ! deux frères du duc Mathieu II, et oncles du duc Ferri III, ayant pris ces moulins,

qu'il proviendrait dudit moulin. Il ajoute que ceux de Nancy, de Rémecourt , de Vandeuvres, Pixerécourt, de Mâchéville, d'Essey, Mont-Martemont, de Saussures, de Tomblaines; de Bosserville, de la Neuve-Ville, de Fleville, de Geraucourt, de Loncourt et Manoncourt, seront banaux aux dits moulins ; ce qui fait voir combien les moulins étaient alors rares dans le pays. Le prince Charles de Lorraine, cardinal, évêque de Metz et de Strasbourg, ayant possédé l'abbaye de Clairlieu, environ huit ans en commande, l'abandonna, et on en fit un grand démembrement au profit de la primatiale de Nancy, à laquelle on donna la cour de Neully, les grands moulins de Nancy,Boudonville et Amance, les dimes de Delmont et Cleveci, les métairies d'Agincourt, d'Enville, d'Azilot et de Varangéville, des prés que l'abbé possédait à Nancy, et dix arpens de bois que l'abbaye avait aux Bois de Hayes et à Chaligni. Les religieux de Clairlieu consentirent à ce démembrement , et l'abbaye n'a pas laissé de conserver son titre abbatial, qui est aujourd'hui entre les mains d'un religieux nommé par le roi. Cette abbaye jouit de quelques droits honorifiques au chœur de la primatiale de Nancy, en considération des biens qu'elle a cédé à cette église. L'abbé y occupe, dans certains jours solennels, quant il s'y trouve, la première place après le doyen ; de plus il a droit de nommer un chanoine dans le mois d'avril, lorsqu'il y vaque une place

rendirent pour cela, quelque dédommage-per obitum pendant ce mois.

ment à la dite abbaye.Et en 1257, le duc Ferri III, fils du duc Mathieu, et neveu des deux princes devant nommés , rendit · à l'abbaye de Clairlieu , le moulin qui était dans la ville de Nancy, et celui qui était au-dehors, et le moulin de la NeuveVille, et le siége du moulin qui est en Baranbreux ; à condition que la dite abbaye rendrait au duc Ferri, et à ses hoirs, chacun an six vingt reseaux de blé , tel

(1) Voyez sous l'an 1225, aux preuves.

On voit dans l'église de Clairlieu, le tombeau du duc Mathieu , qui en est fondateur; la duchesse Berthe, son épouse, y fut transférée après sa mort. On y remarque aussi plusieurs monumens des plus illustres maisons de Lorraine. .

SAINT-CLEMENT.—Saint-Clément, village dépendant , de la châtellenie de Moyen, avec son ban, qui renferme les villages de Chenevière et de la Ronce (1).

(1) Cartulaire de Senones, t. 1, p. 291, 92, 93 , 94:

L'église paroissiale est dédiée à Saint-Clé-|garde qu'il avait audit Saint-Clément, et ment, pape et martyr; patron l'abbé de Se-| qui consiste à un resal d'avoine, mesure de

nones ; décimateur le même abbé, pour les deux tiers de la dîme, et le curé pour l'autre tiers. Les religieux de l'abbaye de Beaupré prennent sur les dimes de Saint-Clément dix reseaux de seigle et cinq resaux d'avoine, par traité de l'an 1545. Chenevière, annexe de Saint-Clément, a pour patron la sainte Vierge en son assomption ; et la Ronce, hameau dépendant de la même paroisse, a une chapelle sous l'invocation de saint Sébastien. Le ban de Saint-Clément dépend de l'évêque de Metz pour le temporel, et de l'évêque de Toul pour le spirituel ; il répond au bailliage de Vic et au parlement de Metz. Je trouve qu'en 1571 , le 5 septembre (1), sur différentes contestations qui survenaient journellement entre les officiers du duc de Lorraine et ceux de l'évêque de Metz, au sujet de la souveraineté, ressort et autres droits prétendus respectivement par ces deux seigneurs, sur les bans de Saint-Clément et les villages en dépendant, commeaussi surRemeréville,la Neuve-Villeaux-Bois, Hélimère, Hampont, Bouzillon, Moncey, et Domptaille, les deux princes transigèrent à Joinville, le 5 de septembre 1571 , de cette sorte, savoir : Que la souveraineté et ressort du ban de Saint-Clément, consistant ès villages de la Ronce et Chenevière, demeureraient au duc seul, et • à ses successeurs, de même que la souveraineté et ressort du ban de Remeréville, et la souveraineté de la Neuve-Ville-aux-Bois. Quant à Hélimer, que le duc et le cardinal de Lorraine, évêque de Metz, conserveraient respectivement la souveraineté sur leurs propres sujets , etc. Quelques années après, c'est-à-dire le 14 décembre 1595 # le duc Charles III, échangea le ban de Saint-Clément contre Marsal, cédant le ban de Saint-Clément à l'évêque de Metz, avec le droit de sauve(1) # , Pièces de Lorraine, p. 1975. Histoire de Lorraine, t. 2, p. 137o.

(2) Hist. de Lorr., t. 2, p. 1564.

Moyen, et une poule que chaque laboureur doit au seigneur évêque, à la fête de SaintMartin. Avant la cession de Saint-Clément à l'évêque de Metz, les habitans de St.-Clément avaient accoutumé de payer cette redevance sur les greniers de son altesse à Lunéville. C'est ce que porte le pied terrier général de la châtellenie de Moyen, dressé en l'an 1605. Le cardinal Charles de Lorraine, évêque de Metz et de Strasbourg, avait à SaintClément et au ban, le tiers du passage des bois et flottes qui passaient dans la Meurthe, dans toute l'étendue dudit ban ; et le duc Charles III avait, dans les bois flottés de la même rivière, dans toute l'étendue du ban dudit Saint-Clément, les deux autres tiers, par le traité d'échange passé le 14 décembrc 1595 entre ces deux seigneurs ; le cardinal évêque de Metz abandonna son tiers du passage audit duc, qui par ce moyen jouit de la totalité dudit passage; le tout en échange d'autres biens et droits énoncés dans le traité. Depuis cette cession faite par le duc Charles à l'évêque de Metz, le ban de St.Clément fut incorporé à la châtellenie de Moyen. Le mardi 25 novembre 1614, dans un traité passé entre le duc Henri II et l'évêque de Metz, il est expressément marqué : que tout le terrain, depuis l'endroit ou étaient ! les anciennes vannes du moulin de l'abbaye de Beaupréjusqu'au-dessus de St.-Clément, est de la souveraineté de l'évêché de Metz, et lui appartient en tout droit et usage, comme à lui cédé; parce qu'un seigneur duc de Lorraine a cédé ce qu'il y pouvait avoir avant l'échange de Marsal. Convenu néanmoins que la terre ferme de part et d'autre était Lorraine jusqu'au ruisseau, qui est un peu au-dessous du gagnage de Bettaing, qui fait séparation du ban de Chenevière contre la Lorraine. Il est encore parlé ailleurs des Lettres de l'échange des ville et prévôté de Marsal,

contre le ban de Saint-Clément et autres villages de Lorraine. Nous ferons imprimer ce traité d'échange e nous avons recouvré depuis peu. CLEMERY.—Clémery, village du diocèse de Metz, juridiction des officiers des seigneurs et dames du lieu. Office, recette et bailliage de Pont-à-Mousson; cour souveraine de Nancy. Toutes les justices sont aux héritiers de madame la princesse d'Epinay et à ceux de monsieur le comte du Hautois; la justice y est exercée pendant quatre mois au nom des premiers, et pendant huit au nom des autres. La paroisse a pour patron saint Loup, évêque de Troyes; l'abbé de St-Simphorien de Metz nomme à la cure. Les héritiers de monsieur du Hautois sout seuls décimateurs, et donnent au curé une pension, et à l'abbé de St.-Simphorien une redevance annuelle de quarante quartes de grains, deux tiers § et un tfers avoine. Il y a un château appartenant aux héritiers de monsieur du Hautois; dépend de ladite seigneu1ie un petit hameau nommé Benicourt.On compte dans Clémery et dans ce hameau environ quarante-huit habitans. La maison de Clémery, ancienne chevalerie, portait d'argent coupé de gueule, à l'aigle d'or. La terre de Clémery fut premièrement donnée par un duc de Lorraine à Antoine Warin, son receveur général , qui y fit bâtir un château et prit le nom de Clémery. Il épousa Claude de Revigny, dont il eut Réné de Clémery, maître d'hôtel du cardinal de Lorraine, qui épousa Magdeleine de Gournay. Magdeleine, dame de Clémery, porta cette terre dans la maison du Hautois, par son mariage avec Jean Fridéric du Hautois, sieur de Nubécourt. CLERMONT-EN-ARGONNE.—Clermont-en-Argone est une ville située sur la rivière d'Aire, entre Verdun à l'Orient et Ste.-Menehoud au couchant; elle est située dans la plaine et a titre de comté. Le château est situé sur la montagne voisine ; c'était autrefois une forteresse de conséquence, mais aujourd'hui il est entièrement ruiné.

L'Argonne est une contrée àssez longue qui s'étend depuis l'abbaye de Moutier-enArgonne, ordre de Citeaux, jusqu'à la Meuse près Mouson. Ce pays était autrefois une vaste forêt dont on voit encore de grands restes autour des abbayes de Moutier, ordre de Citeaux, de Beaulieu, ordre de Saint-Benoit, de Chatrix, ordre de StAugustin, de la Chalade, ordre de Citeaux, et du prieuré de Béchamps, ordre du Valdes-Ecoliers. La ville de Clermont est ancienne et était comprise dans l'évêché de Verdun. Charles Martel passant par Verdun en 719 (1), restitua à l'église de cette ville le haut domaine sur la terre de Clermont et ses dépendances. L'évêque Pepon le racheta du seigneur qui le possédait, comme un fief mouvant de son église. Charles Martel, qui aimait Pepon , ratifia ce traité. Le comté de Clermont ayant été donné à Heimont, évêque de Verdun, en l'an 1000, ce prélat alla à Rome, où il obtint de l'empereur Othon III l'investiture des biens de son église, où était déjà compris Clermont, comme le témoigne l'empereur Frédéric Barberousse dans sa patente confirmative de celle de l'empereur Othon, et donnée l'an 1156. Albéron de Chiny évêque deVerdun, depuis l'an 1151 jusqu'en 1158 (2), céda le haut domaine de Clermont à Renaud, comte de Bar, au moyen de quoi le comte de Bar renonça à ses prétentions sur la ville et comté de Verdun, dont il ne conserva que la seule qualité d'avoué. Du temps du pape Léon IX, et vers l'an 1049 (5), Thicrri, évêque de Verdun, assiégea la ville ou le château de Clermont, qni était occupé par un seigneur nommé Odon, et par ses frères, fils de Humbert. L'évêque ayant dressé une forteresse considérable vis-à-vis la place, s'en rendit maitre. Laurent de Liège qui raconte cet événement, nomme Clermont Castrum ; mais il y a apparence que, sous ce terme, # Bertrar, hist. Virdun ; Spicileg., p.258. 2) Voyes Hist. de Lorr., t. 2, p. 35o. 3) Hist. de Lorr., t. 1, Preuves, p. 212.

il désigne plutôt Ia ville que le château de
Clermont, qui ne fut fortifié que par
Henri I, comte de Bar, père de Thiébaut
Il, vers l'an 1255, comme nous le dirons
ci-après.
Richardde Gandprey, évêque deVerdun,
vers l'an 1110 (1), invita l'empereur Hen-
ri IV ou V à venir à Verdun , le reçut avec
honneur à la cathédrale, et lui fit de grandes
plaintes de Dudon, ou Guide, comte de
Clermont, qui avait fait de grands ravages
sur les terres de l'évêché de Verdun.
Ce Dudon , ou Guide, comte de Cler-
mont (2), avait dès auparavant commis de
grandes violences sur les terres de l'évêché
de Verdun ; ce qui irrita si fort les cha-
moines, qu'ils résolurent de l'arrêter et de
le prendre, quand il viendrait dans la ville
de Verdun. Ils exécutèrent leur dessein et le
firent prisonnier en 1095.Ce procédé fut
fort désapprouvé, comme ayant été fait par
gens d'Eglise, et les chanoines furent obli-
gés de relâcher Dudon et de lui faire sa-
tisfaction.
Dudon n'en devint que plus méchant et
plus irrité, il continua ses violences et ses
excès (5), ce qui excita Richard de Grand-
prey à prier l'empereur de venir au secours
de Verdun.
L'empereur assiégea donc Dudon dans la
ville et i'emporta. Mais les évêques deVer-
dun, successeurs de Richard, ne rentrèrent
pas dans la jouissance de cette place; elle
demeura entre les mains des seigneurs par-
ticuliers (4), qui relevaient apparemment
des évêques, puisqu'en 1116, Clermont est
confirmé à l'évêque de Verdun, comme une
terre de sa dépendance.
Henri de Vinchestre (5), évêque de Ver-
dun, successeur de Richard de Grandprey,
et qui a gouverné depuis 1117 jusqu'en
1129, s'étant ligué avec Renaud, comte de
Bar, vint assiéger Verdun en 1120, prit la
ville et en brûla une partie. Pour s'en ven-

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ger, Henri, comte de Grandprey, entreprit
de chasser l'évêque de Verdun; vint assié-
ger la ville, y entra pendant la nuit par
une porte qu'on lui livra ; l'évêque fut obli-
de se sauver en chemise, et de passer la
Meuse à la nage. Le comte de Grandprey
fit le dégat dans la ville et dans la campagne
de Vcrdun, et alla attaquer le château de
Clermont, où Renaud, comte de Bar, allié
de l'évêque de Verdun, avait , mis des
troupes.
Les soldats du comte de Grandprey at-
tirérent la garnison hors du château, et lors-
qu'elle en fut à une certaine distance, ils la
coupèrent et se jettèrent dans la forteresse,
tuant tout ce qu'ils y trouvèrent en armes
et y mirent le feu. Renaud fut obligé de de-
mander la paix, et il l'obtint par la média-
tion de Fridéric, comte de Toul. Le traité
fut conclu à l'abbaye de la Chalade, en
1124, et le comte de Bar fut rétabli dans
sa qualité de comte de Verdun, à condition
qu'il ne se vengerait pas de ceux de Ver-
dun, qui s'étaient déclarés contre lui; et
qu'il ne répéterait rien au comte de
Grandprey, du butin que ses gens avaient
pris sur ses terres. L'évêque Henri, pour
indemniscr le comte de Bar, des frais de
cette guerre, lui donna plusieurs terres dé-
pendantes de son évêché.
Thiébaut I du nom, comte de Bar, ayant
gagné par présent ou intimidé par menaces,
les seigneurs de Clermont, s'en rendit
maitre et le conserva jnsqu'en 1204 (1).
Ses snccesseurs en jouirent de même, à la
charge d'en faire hommage à l'évêque de
Verdun (2). Mais nous lisons que dès l'an
1151 , Albéron de Chyny, évêque de
Verdun, fit sa paix avec Thiébaut I comte
de Bar, par la médiation d'Etienne de Bar,
évêque de Metz (5), et qu'Albéron fut
obligé de donner au comte de Bar, une
grosse somme d'argent, avec les fiefs de
Clermont, de Hans et de Vienne, qui dé-
pendaient de son évêché. -

(1) Hist. de Lor., t. 1 , p. 124o.

$ Alberic, ad ann. 12o4. (3) Alberic, ad ann. 1131. Vassebourg, t.4, folio 297, verso.

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