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de Craon ou Cran en Anjou, en latin ! Credo ou Credonium , située vers les limites de la Bretagne et du Maine, sur la petite rivière de London. Cette seigneurie fut autrefois possédée par les ancêtres de M. de Beauvau ; elle est remarquable par une bataille qui s'y donna du temps des ! guerres avec les anglais, et par un prieuré conventuel de saint Bcnoit. Elle est à dix lieues d'Angers ; son territoire s'appelle le Craonnois. Quant à Craon en Lorraine, anciennement Hadonviller, c'est un village assez connu dans l'histoire de ce pays ; il est situé sur la Vezouze à une lieue de Lunéville, avec une fort belle maison ou château , bâti par M. le prince de Craon, et cédé à M" sa fille, en considération de son mariage en 1721 , avec M. le prince de Lixin. L'église de ce lieu est dédiée à saint Léger. Collateur, le seigneur du lieu , décimateur, le curé pour le tout. Cour souveraine de Lorraine, bailliage de Lunéville. Seigneur, M. le prince de Craon. Le duc René II, arrivant d'Allemagne avec les Suisses qui venaient à son secours, arriva à Hadonviller le jeudi 5 de janvier 1475, et le lendemain il se saisit de saint Nicolas , et en chassa les Bourguignons de l'armée du duc Charles le Hardi. Il y a à Craon la chapelle de saint Claude, · fondée vers 1545 , le 9 avril , par le sieur Claude Thiriet, curé du lieu. Collateurs ses héritiers ; charge, une messe par semaine, et une messe haute le jour du patrOn. CREHANGES. — Crchanges en allemand Chrichengen (1), est une petite ville avec un château, qui a été long-temps une seigneurie ou baronnie libre, dont les seigneurs avaient pour armes d'argent à la face, écartelé de gueules à la croix ancrée d'or. L'origine de ces seigneurs est peu connue, et la maison de Créhanges , ou du moins la ligne directe, est éteinto : Voici

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ce que je trouve maison. 1. Jean I, seigneur de Créhanges, épousa la fille de Jean , seigneur de Forbach, 2. Jean II, épousa Hermengarde, fille d'Arnoû seigneur de Putelange, et c'est par ce mariage que la seigneurie de Putelange vint à la maison de Créhanges. 5. Jean III, mort à la guerre en 1452, épousa Elisabeth fille de Philippe de Daun de Falkestein, mort en 1484, 4. Jean IV, du nom , né posthume, baron de Créhanges et de Putelange, épousa Marguerite fille de Fréderic, baron de Beaucourt. 5. Jean V, épousa Hermengarde, fille de Jean, Baron de Raville. . 6. Varic épousa Antoinette , fille de Thomas Rhingrave. 7. Christophe qui a servi le duc de Lorraine , épousa Antoinette de la maison de Bayer de Poppart. 8. Lothaire épousa Anne-Wadelaine , fille de Jean Renard, comte de Hanau, en 1625. 9. François Ernest, épousa Marie-Elisabeth fille de Hugues, comte de MontFort. 10. Maximilien-Philippe Ernest, dit Villaume, qui est le dernier de sa maison mort au mois de septembre 1697. On voit par-là les alliances de la maison de Créhanges, avec les maisons de Putelange , de Daun, des Rhingraves et de Hanau. La maison de Créhanges était autrefois fort puissante ; elle avait, dit-on, jusqu'à dix-sept châteaux forts, avec ponts-levis ; on lui comptait jusqu'à quarante seigneuries. Mais cette maison s'étant partagée, et la branche aînée, qui était celle de Créhanges, ayant embrassé le calvinisme, et la branche cadette, qui est celle de château Brehain, étant demeurée catholique, cette désunion a causé la distraction des grands biens de cette maison , et par conséquent, son affaiblissement. Le comte Urit Ronkel, calviniste, ré

de la généalogie de cette

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de Metz; que Louis de Créhanges (1), relconnaitrait l'évêque pour seigneur de fief, et le roi pour souverain ; mais cet arrêt de Metz, a été cassé, comme tous les autres, par le quatrième article du traité de Risvic, confirmé par ceux de Rastat et de Bade.

au nombre des comtes d'empire du BasRhin, l'an 1617, par l'empereur Mathias, n'étant auparavant que barons, et ils ont été établis dans leurs anciens états par les traités de paix. En 1677 (2), le maréchal de Crequi, en se retirant vers Metz, avait laissé dans le château de Créhanges, soixante hommes en garnison ; le duc de Lorraine, Charles V, les fit attaquer, et ils se rendirent prisonniers de guerre. CREPEI ET GERMINI. — Crepei, Crepiacum, est la mère église de Germini, Germiniacus, ou Grimaldi Vicus , ou Grimaldi Vicinum. Crepei, village de Lorraine, diocèse de \Toul, situé à quatre lieues de Nancy; l'église est dédiée à la nativité de NotreDame. Collateur, l'abbé de saint Evre ; décimateur, le curé pour un tiers dans les grosses et menues dimes, l'abbé de St.Evre pour les deux autres tiers. Seigneur, l'abbé de St.-Evre, bailliage et cour souveraine de Nancy. Quelques-uns avaient soupçonné que Crepei pouvait-être Stirpiacum, Estrepi, maison royale connue dans les anciens monumens du pays, aujourd'hui entièrement inconnue, mais le nom de Crepei, Crepiacum, se trouve dans de très-anciennes chartres, et jamais n'est désigné sous le nom de Stirpiacum. Voyez ce que je dis sur Estrepi, Stirpiacus. Les chapelles de Saint Jean-Baptiste et de saint Jean l'Evangéliste, fondées dans l'église de Crepei, sont unies; le revenu est de douze écus.

(1) Apparemment Jean Louis mort en 1681, la dernier de sa race ; il était fils de Louis-Philippe Rhingrave.

(2) Histoire de Lorraine, t. 3, p. 823.

Les seigneurs de Créhanges ont été mis On voit sur le ban de Crepei, l'hermitage de sainte Lucie. CREPEI, au pays Messin. Il y a un autre Crepei ou Crepi près la ville de Metz (1), dont il est parlé dans la chronique du doyen de saint Thiebaut, sous l'an 1428, où il dit que le duc Charles II, de Lorraine, le duc de Bar, le marquis de Bade et le duc de Bavière , à la tête de dix mille chevaux , vinrent dans le pays Messin , dans l'espérance de se rendre maîtres de la ville de Metz. Ils prirent Goin et Pargni, mais ne purent prendre Vignei. Le onze juillet ils vimrent coucher à Crepei, et le douze du même mois ils attaquèrent la forteresse de Crepei, et la prirent. Le treize, ils fauchèrent les blés qui étaient en plus de mille journaux (2), à Pertes, à Crepei et à Magney. En 1444, les Messeins attaquèrent Crepei avec douze cents hommes, et après avoir été cinq jours devant la place , ils levèrent le siége. Germini. — Germini est annexe de Crepei : l'église du lieu est dédiée à saint Evre, évêque de Toul. Décimateur, l'abbé de saint Evre pour les deux tiers des dimes, et le curé pour l'autre tiers ; seigneurs, les héritiers de M. le Begue ; prevôté de Foug ; bailliage de saint Mihiel. Il ya dans l'église deux chapelles, l'une dédiée à saint Christophe. Patron , le seigneur du lieu ; revenus , trois paires sur le moulin, trois jours de terre et une fauchée de pré. La seconde chapelle est dédiée à saint Jacques ;patron, le seigneur, revenus sept paires; charges , deux messes par semaine. Il y a à Germini ciuquante ou cinquantedeux habîtans. Office de Toul, recette d'Etain, bailliage de saint Mihiel, cour souveraine de Nancy. En 1549 , Henri de Germini fut élu évêque de Verdun. En 1522, Philippe d'Haraucourt donne

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son dénombrement pour ce qu'il tient à Germini. En 1545, Nicolas de Lucebourg, seigneur de Germini, fut fait capitaine de Nancy. En 1551 , Perrin d'Haraucourt fait la même reprise que Philippe. En 1555, Catherine d'Haraucourt, Dame de Germini, femme d'Africain d'Haus sonville, Item. En 1574, Louis de Scharkenberg , fait ses seprises pour Germini. En 1585, Jean de Varsperg, écuyer à cause d'Ursule de Scharkenbergsa femme, fait ses reprises. En 1626, Gabrielle d'Ardre, baronne, née de Fricamp, veuve de Charles d'Haraucourt, baron de Chambley, tant en son nom, qu'en celui de ses enfans , de même. En 1624, dénombrement de Viant-Pistor le Begue, conseiller d'état du duc de Lorraine, de ce qu'il a en la seigneurie de Germini , joint les copies des titres d'acquisition desdites portions, et les lettres patentes du duc Henri II, qui confirme lesdites acquisitions, et les reprises faites en conséquence. Les anciens titres de l'abbaye de saint Evre de Toul, nomment toujours Germini Grimaldi vicus, ou Grimaldi vicinum. La maison dc Germini, de nom et d'armes, a produit plusieurs branches. Elle portait d'azur à l'écu d'argent mis en COeur. CREUE. — Creue, village à une lieue d'Hatton-Chatel, et deux et demie de saint Mihiel, diocèse de Verdun, office et marquisat d'Hatton-Chatel, recette et bailliage desaint Mihiel, cour souveraine de Nancy. La paroisse a pour patrons St.-Pierre et St.-Paul; le seigneur du lieu, qui est M. Duplessis , y est haut, moyen et bas justicier et nomme à la cure; la justice y est exercée par son juge-garde ; il y a un hermitage, un moulin et une tuilerie. Le 15 mai 1485, Regnier de Creuë, chevalier, reconnaissant que ses hommes et femmes étant de morte-main, sa terre se dépeuplait et diminuait tous les jours,

iI les affranchit et exempte de toute main-[même Regnier possédait à Hadonville, morte, tant personnelle que réelle, de mouvant du seigneur d'Aixe et que tenaient meubles et héritages, moyennant qu'outre | ei-devant Alexandre de l'Isle et Marie sa les droitures qu'ils lui doivent, ils lui femme. Cet échange fut ratifié ensuite par payeront tous les ans, savoir : chaque la-BIenri, comte de Luxembourg. boureur ayant bêtes tirantes deux bi-| On trouve beaucoup d'anciens titres # chets de bled, moitié froment, moitié | font mention des seigneurs de Creuë. En avoine, et un gros d'assise, monnaye du 1259, Roger, évêque de Toul, déclare pays, au jour de saint George, pour qu'en sa présence Pierre de Gorze, chechaque bête tirante, etc. lier, reconnaît tenir de l'évêque de Verdun Le comte Vulfoade, fondateur de l'ab-| sa maison de pierre, sise à Châillon, près baye de Saint-Mihiel, en 709 (1), parle du pont, qu'il tenait aussi d'Olry de en deux endroits de la petite rivière de Creuë, chevalier. En 1266, Robert de Creuë, superfluviolo qui vocatur Creuoa. Grand-Pré, évêque de Verdun fit un traité C'est sur cette petite rivière, ou snr ce ruis-| avec Regnier, Perrignon, Marguerite et seau qu'est situé le village de Creuë, et le | Agnès, enfans de feu Gervais de Creuë, comte dont on vient de parler, dit qu'il y a par lequel lesdits de Creuë cèdent à l'éacheté une terre, avec toute ses apparte-| vêque et à ses successeurs tous les hommes nances, qu'il a donnée à son nouveau mo-| et femmes qu'ils prétendent avoir en cernastère dédié à saint Michel. tains lieux, et l'évêque reconnait ne pouLa maison de Creuë était de nom et lvoir retenir à Hatton-Chatel aucun des d'armes, et une des quatre pairies de l'é-| hommes de Creuë. vêché de Verdun (2); elle portait d'or à | Dans l'histoire des évêques de Verdun la croix de sable. Cette maison est éteinte | il est parlé d'Alain de Creuë (1), qui joidepuis long-temps. Alain, seigneur de |gnit ses troupes à celles des autres seigneurs Creuë, en 1208, soutint le peuple de Ver-| qui s'étaient déclarés pour Robert de dun, soulevé contre son évêque. Pierre et Grand-Pré, compétiteur d'Albert de HirGuillaume de Creuë furent les derniers |gis, évêque de Verdun, pour cet évêché. seigneurs de cette maison. La croix qu'elle | En 1208, dans une sortie que ces seiportait dans ses armes venait du nom du |gneurs firent contre les troupes de l'évêque village de Creux ou Croix : car en Lorrain | Albert, les deux neveux d'Alain de Creuë, nous disons une creuë au lieu d'une croix. | Robert et Thieri , furent tués. Il y a un village du nom de Croix, au | En 1518, Henri d'Apremont, évêque diocèse de Verdun, sur la rivière de de Verdun, donna à Alexandre de Creuë, Meuse et sur le chemin de St-Mihiel à chevalier, tout ce qu'il avait à Creuë, en Verdun, fort différent de Creuë dont nous considération de ses services. Je trouve venons de parler. encore Pierre de Creuë , seigneur dudit On parle encore d'une ancienne maison | lieu en partie, rappelé dans une sentence de Creuë, qui portait d'azur à une croix dc Nicolas, évêque de Panéade, adminisd'argent, le franc quartier vairé d'or et de trateur de l'évêché de Verdun , du 18 fésable; mais je crois que c'était la même vrier 1509. maison, ou une branche de la première. | En 1485, Regnier de Creuë, considéEn 1276 (5), Thiebaut comte de Bar,| rant que sa terre de Creuë étant de morteéchangea avec Regnier de CREUE chevalier, main, elle se dépeuplait et diminuait, il tout ce qu'il avait au lieu de Creue, qui l'affranchit et exempte de toutemain-morte, était de son domaine, contre ce que le moyennant certaines redevances énoncées # Hist. de Lorr., t.1 p. 265. Preuves. .. dansl'aoo d'affranchissement. Gérard d'A(2) Hist. de Verdun, p. 275. (3) Archives de Lorr., Layette Apremont, 2.

(1) Hist. de Verdun, p.275.

viller, baillifde St.-Mihiel, acheta la moitié de la seigneurie de Creuë, du même Regnier, et ensuite l'autre moitié de ses fils, Pierre et Guillaume de Creuë. Après la mort de Gérard d'Aviller, la terre de Creuë fut cédée en vertu d'un traité de partage fait en 1561 , entre les héritiers dudit M. d'Aviller, à M. François de Choiseuil, sieur de Montigny-le-Comte, baron de Clémont. Jean du Châtelet, seigneur de Châtillon en Vosge, fit, en 1585, ses reprises de la terre de Creuë , à cause de dame de Choiseuil , sa femme. Il est dit dans les lettres de reprise que de la seigneurie de Creuë est mouvante en plein fief la terre de Neuville en Verdunois. On fit annoncer dans la clef du cabinet du mois de décembre 1755, qu'on renouvellerait le 8 janvier de l'amée suivante une foire, qui se tenait anciennement à Creuë, dans laquelle on trouverait toutes sortes de denrées exposées en vente, et notamment des vins blancs du lieu, qui sont renommés pour leur bonté. CR0F-THAL ou KRAUF-THAL.— Crof-Thal, en latin Claustriacum, abbaye fondée , dit-on , par saint Sigebaud, évêque de Metz, qui a gouverné cette église depuis l'an 707 jusqu'en 742 ; on ignore jusqu'à la situation de cette fameuse abbaye. On m'a écrit de Morhange que le domaine du roi posséde à Morhange et dans les environs, quelques fermes et quelques dimes, qui appartenaient autrefois à l'abbaye de Crof-Thal, qui était située à Morhange, et qui est à présent éteinte. · Je ne trouve aucun vestige du nom de Crof-Thal , aux environs de Morhange, et j'ai peine à croire qu'elle y ait jamais été. Le plus ancien monument de la vie de Sigebalde, évêque de Metz (1), ne parle que de la fondation de Saint-Avold, ou Hilariacum, et de Neuviller, et ne dit rien de Cros-Thal. Meurisse (2) dit dans un endroit que Sigebalde fonda Crof-Thal ; ail# Hist. de Lorr., t. 1, p. 59. (2) Meurisse, p. 151 et 39o,

leurs il en attribue la fondation aux ancétres de Folmar, comte de Metz, qui vivait au dixième siècle, et qui a fondé l'abbaye de Beaupré, en 1155. Nous connaissons un village nommé Krauf-Thal, entre la Petite-Pierre au nord, et Phalsbourg au midi. Ce pourrait bien être le lieu où était l'abbaye de Crof-Thal. Je ne trouve aucun monument certain de ce monastère avant le douzième siècle (1), et alors il était possédé par des religieuses de Citeaux. En 1187, je lis Agnès abbesse de Crondal; et en 1487, Gertrude d'Uzenheim, abbesse de Crof-Thal. On remarque que Folmar, comte de Metz, mit cette abbaye sous la conduite de Théogère, son frère, évêque de Metz, abbé de St.George , dans la forêt noire ; d'où vient que depuis le douzième siècle les abbesses de Crof-Thal ont toujours reconnu pour leurs supérieurs les abbés de St.-George en la forêt noire, jusqu'à la ruine entière et la suppression de cette abbaye, arrivée il y a environ 160 ans, par les luthériens, qui en prirent les revenus pour fonder le collége de St.-Marc, à Heidelberg. CROIX-SUR - MEUSE (LA).— La Croix - sur - Meuse, village du diocèse de Verdun, à droite de la Meuse, deux lieues au-dessus de Saint-Mihiel. Seigneurs, MM. les comtes de Rosières et de Hanonville pour moitié; bailliage de Saint-Mihiel, cour souveraine de Lorraine. La paroisse a pour patron saint Jean-Baptiste. L'abbé de Saint-Mihiel nomme à la cure. Il y a environ quatre-vingt-dix habitans, un château à M. de Rosières, une maison seigneuriale à M. de Hanonville. Voici le détail des droits dont jouissait l'abbesse de sainte Glossinde de Metz à la Croix-sur-Meuse , au XV° siècle : chaque nouvelle abbesse avait droit d'élire six prud'hommes pour faire un échevin, dont elle choisissait celui qui lui plaisait, lequel devait durer tout le temps qu'il lui plaisait: l'échevin devait un past ou repas à l'abbesse, de quinze sols, lorsqu'elle allait à la

. (3) Hist. de Lorr., t. 1, p. 4.

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