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lewardet de Pierre-fort, et envoya garnison au Pont-à-Mousson, parce qu'on avait répandu le bruit que Jean, bâtard de Sicile ou de Calabre, fils naturel du roi René I, voulait s'emparer de la ville et marquisat du Pont-à-Mousson, qui lui avait été donné par son père le roi René I, le 17 d'octobre 1475, et qu'il avait dessein d'y introduire les français. Nous ne savons quelles étaient les vues du bâtard de Calabre et des français; mais à Metz on disait que c'était à la ville de Metz qu'en voulaient les français; l'on vit par la suite que ces bruits étaient mal fondés. Le bâtard fut obligé, vers l'an 1485, de renoncer à ses prétentions sur le Pont-à-Mousson. Nous avons déjà remarqué (1) que depuis très long-temps les seigncurie, châtel et prévôté de Dieu-leward appartenaient à l'évêque de Verdun pour le temporel : Nicolas Psaume, évêque de Verdun, qui la possédait en 1548, en fit hommage à l'empereur Charles V. Mais en1561(2), le mêmeévêque Psaume institua le duc de Guise, comte, Marchis, gardien et protecteur des biens de son évéché, et lui laissa les château, terre et préprévôté de Dieu-leward, pour être tenus en fiefpar lui et ses successeurs mâles, s'en réservant à lui, et à ses successeurs évêques, le ressort et la souveraineté : l'acte de cette

cession est daté de Verdun, le 2 mars 1561,|

c'est-à-dire 1562 avant Pâques. Le prince Erric de Lorraine, évêque de Verdun en 1608 (3), faisait encore battre sa monnaie au château de Dieu-leward; le roi Henri IV, lui envoya Joly, pour le prier de lui céder ce droit de frapper monnaie dans les terres de son évéché. Erric y consentit, mais en même temps il demanda au roi les abbayes de Saint-Paul de Verdun et de Trois-Fontaines en Champagne (4). M. Colbert, en 1660, visita le château de Dieu-leward, et dit que ce lieu paraissait avoir été autrefois un lieu de défense. 1) Hist. de Lorr., t. - # Ibid., p. io4 ' t. 3, P. 98 et 99 3) Ibid., 126. (4) Hist. de Verdun, p. 8.

Il y avait anciennement près Dieuleward une abbaye de bénédictins nommée Gellamont (1), à laquelle succéda une collégiale qui fut fondée vers l'an 1020, par Dudon, prévôt de Montfaucon, sous Heimon, évêque de Verdun. Il y eut bientôt un différent entre l'évêque de Toul et celui de Verdun, au sujet de cette abbaye, et ce différent fut terminé par l'empereur Conrade le Salique. En 1028, ce prince confirme le monastère bâti au même lieu par Heimon, évêque de Verdun, vers l'an 1020, proche le château de Dieu-leward, sous l'invocation de saint Laurent martyr, au pays de Scarpone; et comme ce monastère était fondé dans un terrain appartenant à l'abbé de St. - Germain de Montfaucon, Heimon, princier de l'église de Verdun, obtint de l'abbé de Montfaucon, par échange, ce monastère de Gellamont, qui est du diocèse de Toul, quoique du domaine temporel de l'évêque de Verdun. L'empereur Conrade confirme donc au princier de Verdun la propriété de cet endroit, du consentement de Rembert, évêque de Verdun, successeur de Heimon, fondateur; et Heimon y ajouta quelques biens deson fond. Nous trouvons qu'en 1457, ce chapitre de Dieu-leward fut uni à celui de la Sainte Croix, sur le pont du Pont-à-Mousson. En 1565, l'évêque de Verdun, Nicolas Psaume, obtint par le crédit de la reine régente, que le duc de Lorraine modérât les sommes qu'il exigeait pour réprimerles hérétiques qui s'étaient saisis du château de Dieux-leward et avaient pillé et brûlé l'église collégiale de St.-Laurent. Les chanoines de Dieu-leward avaient même déjà abandonné leur église; mais le 9 octobre 1467, le duc Jean leur permit d'y rentrer, à cause de la mésintelligence qui était survenue entre eux et le chapitre de Sainte-Croix du Pont-à-Mousson, à l'occasion de la bulle accordée à la sollicitation du duc Jean.

(1)Abbaye de Gellamont ou de St.-Laur. de Dieu-leward.

Le chapitre de Saint-Laurent de Dieuleward subsista jusqu'à sa suppression et son union à la primatiale de Nancy, en 1602. Les bénédictins anglais y sont entrés en 1606, par la concession du cardinal de Lorraine, primat de Nancy; ils la possédent aujourd'hui. Ils avaient ci-devantune fort bonne bibliothèque que nous y avons encore vue; elle y avait apparemment été donnée par M. Giffort, archevêque de Rheims , qui était profès de ce monastère ; elle fut malheureusement brûlée par accident, il y a environ 50 ans.

Ces pères ont ordinairement dans leur monastère des jeunes anglais qu'ils élèvent

triciens et sur la route de Metz ou Divodurum à Strasbourg, nommée en latin Argentoratum : l'itinéraire d'Antonin met Decem-pagi entre Saverne (Tabernas) et Metz, à la distance de dix milles de l'une et de l'autre ville. Les tables de Peutinger mettent aussi Metz, Dieuze, Sarbrich, Pons-Saravi, Saverne et puis Strasbourg. L'histoire de Metz(1) dit que les Huns qui avaient à leur tête le roi Attila, surnommé le Fléau de Dieu, ayant pris St. Auctor, évêque de Metz (2), s'avancèrent jusque Dieuze, où ayant été frappés d'aveuglement, ils mirent en liberté le saint évêque et ceux qu'ils avaient pris avec lui,

dans la religion et dans les lettres, et ils puis recouvrèrent l'usage de la vue. Gréenvoyent de temps en temps des mission-§oire de Tours (5) dit que l'armée des

naires en Angleterre. On peut voir leur |

histoire et la suite de leurs prieurs au 7° tome du Gallia christiana, p. 1068 et suivantes. La paroisse de Dieu-leward est dédiée à saint Sébastien. Les chanoines de la primatiale de Nancy en sont patrons et collateurs, apparemment à cause de la collégiale de Saint-Laurent, unie à leur église primatiale. L'évêque de Verdun y est décimateur pour les deux tiers des grosses dimes, et les chanoines de la primatiale de Nancy pour l'autretiers; ce tiers néanmoins est chargé de vingt paires de resaux pour le curé, qui a aussi toute la menue dime, excepté la dime de vin sur laquelle le curé a vingt hottes de vin annuellement. Il y a dans cette église : 1° la chapelle de NotreDame-des-Grottes, qui est très bien fondée; car comme l'église est bâtie sur le penchant de la montagne , il y a des grottes souterraines assez remarquables. 2° Une autre chapelle de Notre-Dame, dont les chanoines de la primatiale sont patrons. - - 5° La chapelle de sainte Catherine. 4° La chapelle de saint Erasme. 5° La chapelle de saint Jean, unie à présent à la confrérie de saint Sébastien, qui subsiste dans la même église paroissiale. DIEUZE. — Dieuze, en latin Decempagi, est située dans le pays des Medioma

Huns était de cinq cent mille hommes et s'étendait depuis Dieuze jusqu'à Cambray, ravageant toutes les campagnes et enlevant tous les bestiaux. Dieuze était une maison des rois de la | première race (4); c'était déjà un poste important dès le temps des empereurs romains, comme nous le venons de voir par les témoignages des anciens itinéraires. Le roi Dagobert, dans un diplôme de l'an 655, donna à l'abbaye de St.-Maximin de Trèves huit habitans ou villages qui dépendaient de sa cour royale, nommée RegiaCurtis, de Dieuze. Haec loca ad RegiamCurtem quœ dicitur Decima, pertinent. Le roi Arnoû , en 895, confirme la ville de Dieuze, Decima, à l'abbaye de SaintMaximin. Le duc Godefroi s'étant réconcilié avec l'empereur Henri III, en 1048, par l'entremise de l'archidiacre Hermenfroi (différent de l'évêque de Verdun de ce nom), les citoyens de Verdun vinrent aussitôt lui porter leurs plaintes contre Godefroi et demandèrent des indemnités pour les dommages qu'il avait fait l'année précédente à leur ville. L'empereur obligea Godefroy à donner

(1) Hist. Metens à Paulo Diacono.

(2) Hist. de Lorr., t. 1, p. 55 et 56. Preuves. 3) Greg. Turon hist., I. 2, c. 7.

$ De Honthem, t. 1 , hist. Trevir. p. 78.

satisfaction aux citoyens (1), et Godefroi vendit à cet effet le domaine de Dieuze et les salines avec ses dépendances à Hermenfroi, qui en paya le prix; l'empereur autorisa par ses lettres patentes cette acquisition (2) en faveur de l'église de la Madelaine de Verdun dont Hermenfroi était le fondateur, ou du moins le restaurateur. Ceci est fort différent de ce qu'avance la père Benoît Picard, capucin (5), qui dit que la ville et les salines de Dieuze ayant été données à l'église de Verdun par l'empereur Henri II, cette donation lui fut confirmée par son successeur Conrade le Salique, en l'an 1025; mais que Gothelon et Godefroi, comtes de Verdun, s'en étant attribué la propriété en 1042, l'empereur Henri III les obligea en 1047 d'en faire la restitution, le pape Léon IX confirma et autorisa cette restitution par une bulle datée de l'an 1049. Selon cet auteur, Dieuze et les salines avaient été données à la cathédrale de Verdun, elles devaient donc lui être restituées et Godefroi n'avait pas droit de les vendre pour indemniser les bourgeois de Verdun. Il les aurait indemnisés à leurs propres dépens. Le même père Benoit dit (4) que le duc Thiébaut, par traité passé en 1216, de voué qu'il était de Dieuze et des salines, en devint propriétaire pour la plus grande partie. Il cite les archives de Lorraine et ne fait nulle mention de la Madelaine de Verdun qu'on ne peut nier qui n'ait été propriétaire de Dieuze depuis l'acquisition qu'en fit, en 1047 ou 1048, l'archidiacre Hermenfroi. Il faudrait voir les pièces que cite le père Benoît Picard, qui nous sont inconnues aussi bien qu'à l'auteur de la nouvelle Histoire de Verdun. Le chapitre de la Madelaine, en 1065, (5)accompagna le duc Gérard d'Alsace en · la seigneurie de Dieuze et la partagea avec

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lui, et le duc transigea ensuite avec le chapitre pour la moitié de cette ville qui lui demeura en propre, de manière que les ducs de Lorraine, d'avoués qu'ils étaient de Dieuze et de ses salines, en sont devenus maitres et propriétaires pour la plus grande

partie depuis l'an 1215.

Jacques de Lorraine, évêque de Metz, fils du duc Ferri II (1), après la mort de son père arrivée en 1215, prétendit avoir sa légitime dans les biens patrimoniaux de son père et de sa mère. Mathieu II son frère, duc de Lorraine, lui accorda entr'autres choses la jouissance de la ville de Dieuze et de sa dépendance, à condition qu'après sa mort cette ville retournerait au duc de Lorraine et à ses successeurs , qui seraient tenus d'en faire hommage à l'évêque de Metz. En effet, après la mort de Mathieu II, arrivée en 1250 (2), le duc Ferri III, fils de Mathieu, en fil hommage à Jacques de Lorraine son oncle, qui n'en était qu'usufruitier, et en 1259, Ferri III laissa à son dit oncle Jacques de Lorraine, la jouissance de Dieuze, aux conditions marquées ci-devant. En 1291 (5), le duc Ferri III fit sa paix avec Laurent, évêque de Metz, avec qui il avait toujours été en guerre. Ii fut arrêté entr'eux que le duc lui rendrait Remberviller et le château de Condé, et quel'évêque rendrait au duc, Dieuze et ses apparteIlaIlCeS. Ferri s'engagea d'écrire à l'évêque de Strasbourg, son allié dans cette guerre, de rendre à l'évêque Laurent la ville de Castres et ses dépendances. Ferri déclare qu'il ne répéterait rien dans Castres, et l'évêque de Metz réciproquement, qu'il ne demanderait rien dans Dieuze, c'est-à-dire apparemment, qu'il n'exigerait plus l'hommage du duc pour cette ville qu'il lui restituait. En 1296 (4), le chapitre de la Madelaine

1) Hist. de Lorr., t. 2, p. 283. $ Longuerue, Description de la France, partie 2, p. 154. (3) Hist. de Lorr., t.,2, p. 333. (4) Cartul. de Bar, fol. xviij, xix et xx.

de Verdun vendit au duc Ferri III tout ce |

qu'il avait, pouvait avoir et prétendre dans la ville et ban de Dieuze et Bispanges, de la Saint-Jean-Baptiste prochaine en neuf ans, pour quarante livres de tournois petits, que le duc leur devait payer chacun an, la veille de St.-JeantBaptiste, à Verdun; sans pouvoir, pendant lesdites neuf années, aliéner ni mettre hors de ses mains les choses à lui cédées, mais les doit défendre à ses risques et périls. Et après lesdites neuf années expirées, le tout doit revenir audit chapitre de la Madelaine de Verdun. Fait au mois de juillet 1296. Ainsi, c'était plutôt un engagement, une amodiation, qu'une vente , et le chapitre de la Madelaine jouissait encore en ce temps là de certaines choses en propriété à Dieuze et à Bispanges. | Au siècle suivant et en 1547 (1), Marie de Blois, mère et tutrice du duc Jean de Lorraine, fit encore, au nom de son fils mineur, ses reprises auprès de l'évêque de Metz, pour la ville et les salines de Dieuze ; mais depuis ce temps il ne parait pas que les ducs de Lorraine ayent reconnu tenir ni Dieuze, ni les salines, ni de l'évêque de Metz, ni du chapitre de la Madelaine. Ils en jouissent à présent en tout droit de souveraineté et de propriété, en vertu des traités de paix des Pyrenées, de l'an 1659, de Vincennes, de l'an 1661 , et de Risvich, de l'an 1697. Pendant la guerre des paysans d'Allemagne, révoltés contre les puissances en 1525(2), plus de quatre cents hommes de la châtellenie de Dieuze allèrent sejoindre à eux, et quelque temps après le duc Antoine et ses frères François comte deVaudémont, et Claude de Guise, se rendirent avec leurs troupes dans cette villc, où était le rendezvous général de l'armée des princes lorrains, destinée à disputer aux paysans luthériens révoltés le passage des montagnes qui séparent l'Alsace de la Lorraine. Cette entrevue se fit le 12 mai 1525.

(1) Longuerue, loco citato.

Pendant les dernières guerres de Lorraine, en 1641 (1), le 25 d'octobre, le comte de Grancey étant parti de St.-Nicolas avec 5,000 fantassins et 700 chevaux, se rendit devant Dieuze. Les enfans perdus se rendirent d'abord maitres des jardins, où il y eût une grande escarmouche ; ensuite ils se logèrent sur le fossé. On dressa une batterie à cent pas du fossé; elle fit brèche sur le midi du 26. On entreprit ensuite de combler les fossés, et on commanda à quatre mille fantassins de faire chacun une fascine, ce qui fut exécuté promptement : mais le commandant de Dieuze, qui comptait que le duc Charles IV viendrait à son secours, voyant qu'il lui manquait, manda au commandant de la tour de Lindre de lâcher les écluses, ce qu'il fit, et les eaux s'accrurent tellement qu'elles emportèrent les fascines et se répandirent dans la campagne , en sorte qu'on eût assez de peine, sur la nuit du 26 au 27, de retirer le canon et de se retirer. Presqu'en même temps on eût avis de l'approche du duc Charles qui venait au secours de Dieuze : le comte de Grancey marcha à sa rencontre. Le duc s'arrêta auprès de Château-voël, et le comte de Grancey semit en bataille le matin du 27; mais le duc se posta si avantageusement qu'il fut impossible de l'attaquer. Le 28, le duc se retira à Morhange; Grancey l'y suivit. Le 51, les armées s'étant trouvées en présence, il y eût quelques cannonades, mais sans combat; et enfin le duc ayant fait passer la Sâre à Vaudrevange, il y mit son infanterie en garnison et le reste de son armée à Sierk, Hombourg et St. Avold. Quelques années après, c'est-à-dlre en 1657 (2), une troupe de soldats sortis de la garnison de Luxembourg, s'étant travestis en femmes, se glissèrent dans laville de Dieuze, se saisirent de toutes les portes et forcèrent la garnison de se rendre. Gombervaux, gouverneur de la saline, se dé

(1) Hist. de Lor. t. 3 p. 416,

(2) Hist. de Lorr., t. 2, p. 1153 et 1157.

(2) Hist. de Lerr., t. 3, p.547.

fendit dans sa maison pendant trois heures, mais la crainte de voir sa maison incendiée l'obligea à capituler. Avant la cession de la Lorraine, Dieuze etait possédée en toute souveraineté par les ducs de Lorraine, sans en faire hommage à personne. Aujourd'hui elle appartient nuement au roi. Dieuze se gouverne par la coutume de Lorraine; mais Marsal, Saint-Médard et Haraucourt ont des coutumes particulières. Il y a à Dieuze, maîtrise des eaux et forêts, recette des finances, recette des bois, hôtel de ville, une brigade de maréchaussée et de belles salines. Deux ruisseaux, le Spin et le Verbach, embrassent la ville et se jettent ensemble dans la Seille, deux lieues au-dessous de Dieuze. La paroisse est du diocèse de Metz, elle fut unie au chapitre de Dieu-leward en 1504. Il y a dans la ville, des minimes, des sœurs-grises, des capucins, établis le 6 Janvier 1749, et deux hôpitaux, l'un de Saint-Jacques, fondé en 1718, et l'autre de Saint-Charles, fondé en 1750. La source d'eau salée est à seize degrés, supérieure à celle de Château-Salins et de Rosières et si abondante que ses eaux superflues fournissent à la saline de MoyenVic et y vont par une conduite de cors, depuis l'an 1746. De Dieuze à Fénétranges il y a une chaussée nouvelle de quatre lieues de longueur, sur une ligne directe de Dieuze au village de Mittershem. Dieuze est au-dessous de l'étang de Lindre, le plus grand et le plus beau de la province. SAINT-DIEY. — La ville de SaintDiey en Vôge, située sur la rivière de Meurthe, à quatre lieues de sainte Marie-aux-Mines vers le Levant, à peu près à pareille distance de Remberviller au Couchant, et à trois lieues de Raon-l'Etape au Nord, doit son origine à saint Deodat ou à Saint-Diey(1),évêque de Nevers, qui vers l'an 651, quitta son évêché pour chercher

(1) Abrégé de la vie de saint Diez.

Dieu dans la solitude. Il arriva d'abord à Rômont près Remberviller, où Dieu manifesta le mérite de son serviteur par un miracle. Saint-Diey y laissa deux de ses compagnons, qui y bâtirent le prieuré de Rômont, relevant aujourd'hui de l'abbaye de Beze en Bourgogne. Le saint voulut ensuite bâtir une abbaye à Arentelle, lieu aujourd'hui nommé sainte Helène, situé sur le ruisseau d'Arentelle près Rômont (1), ce ruisseau se jette dans la Mortagne près Remberviller; il est parlé du village d'Arentelle dans un titre de l'abbaye d'Epinal, de l'an 1005. Delà, le saint se rendit dans la forêt d'Haguenau en Alsace; d'Haguenau il vint au monastère de Novientum, aujourd'hui Ebersmunster; delà à Amerschwir, puis au Bon-Homme dans la montagne de Vôge, et enfin il se fixa au Val de Galilée ou à Join-tures, où l'on voit aujourd'hui la ville, l'église et le chapitre insigne de Saint-Diey ; ceci arriva vers l'an 659, ou 660. Ce lieu n'avait point alors de nom parculier (2), ou s'il en avait, c'était celui de Jointures, Juncturae, à cause de l'union ou du confluent de la rivière de Meurthe, qui vient du Valtin et des autres ruisseaux, et en particulier de celui de Robache, qui viennent du côté de la montagne voisine et se réunissent au dessous de l'emplacement du monastère bâti par saint Diey ; mais depuis ce temps on a fait divers changemens dans les lits et dans les cours de ces ruisseaux. Ce saint évêque trouva ce vallon assez spacieux pour y fonder un monastère, et moyennant son travail et celui de ses disciples, il espéra d'y rencontrer de quoi faire subsister une communauté nombreuse ; comme la vallée était alors marécageuse et inculte, il choisit le coteau méridional du vallon , comme plus propre à y bâtir une abbaye; bientôt il se vit à la tête d'une (1) Histoire de Lorraine, tome 1, page 565. Preuves.

(2) Fondation de l'abbaye de Saint Diez vers l'an 56o.

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