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Gondrecourt est chef-lieu de l'office et de la prévôté de même nom; il est de la recette de Bourmont, du bailliage de la Marche, du présidial de Châlons —surMarne, et du parlement de Paris, le roi en est seul seigneur. Hors la ville de Gondrecourt est une chapelle ou léproserie sous l'invocation de la sainte Vierge. Sous le duc Léopold en 1707 le comte des Sales avait obtenu de construire sur le ban de Gondrecourt, à titre de fief, une forge et un fourueau ; cette forge a été transférée sur le ban d'Abainville , trois ou quatre cents pas plus bas. Il n'en reste sur le ban de Gondrecourt, que le corps de logis, les écuries et partie de la halle ; on a fait un moulin du fourneau. Il y a à Gondrecourt prévôté et hôtel de ville, dont le prévôt est le chef. Avant l'édit de 1747 il y avait aussi une gruerie qui est à présent du ressort de la maitrise de Bourmont. GONDRECOURT-EN-VOIVRE. — Gondrecourt-en-Voivre, village aux sources de l'Ottain, à deux lieues et demie de Briey, diocèse de Verdun , office et recette de Briey, juridiction des jugesgardes des seigneurs ; la paroisse a pour patron saint Sébastien, bailliage d'Etain, cour souveraine de Nancy. M. Charpentier de Neuvron, président au parlement de Metz, en est seul seigneur, haut, moyen et bas justicier. Il est fait mention de Gontrecuria dans un titre de saint Maur de Verdun vers l'an 1046 (1). GONDREVILLE. Gondreville est un bourg situé sur la Moselle à une lieue de la ville de Toul vers l'orient septentrional, et à trois lieues de Nancy au couchant. Son nom latin est Gondulphivilla : M. de Vallois dans sa notice des Gaules, dérive le nom de Gondreville, de Gondulphe, qui fut maire du palais du jeune Théodebert roi d'Austrasie, et qui fut dit-on préposé à l'éducation de saint Arnou. (1) Hist. de Lorr., p. 421.

Les rois de France y eurent un palais royal, et le roi Théodoric III y a donné une charte en favenr de l'abbaye de Morbach en Alsace en 757. Il est fait plusieurs fois mention de ce palais sous la race des Mérovingiens. Louis-le-Débonaire y demeura quelque temps, et ordonna à Frotaire évêque de Toul, d'y faire une galerie, qui communiquât du palais à l'église de Gondreville. Les seigneurs et les évêques du royaume de Charles-le-Chauve, s'assemblèrent à Gondreville le 9 de septembre 875 et y firent serment de fidélité à ce prince en présence de la reine lngelberge et des légats du saint siége (1). Au mois de juin de l'année 880 les rois de France Louis et Carloman , et Charles-le-Gros roi d'Allemagne et de Lombardie, se rendirent à Gondreville (2). Louis roi de Germanie devait aussi s'y trouver; mais étant tombé malade, il fut obligé d'y envoyer des députés. Dans cette assemblée on confirma à Louis roi de Germanie, la jouissance du royaume entier de Lorraine. On renonça en faveur de Charles-le-Gros aux prétentions que les autres princes de la maison royale , pouvaient avoir aux états d'Italie, et on convint que ces princes se donneraient mutuellement secours contre les ennemis communs de la monarchie; ces ennemis étaient d'une part les Normands et de l'au, tre l'abbé Hugues, qui en voulait à la Lorraine et le duc Boson usurpateur de la Provence. Le duc Mathieu I" bâtit ou rétablit le château de Gondreville vers l'an 1154 (5). Henri évêque de Toul son oncle, le trouva fort mauvais, et excommunia son neveu. Ce prince irrité fit le dégat sur les terres de l'église de Toul; mais le pape ayant ordonné aux évêques de la province, de mettre les états de Lorraine en interdit, Mathieu se rendit et répara le tort qu'il avait fait à l'église de Toul. (1) Hist. de Lorr., t. 1, p. 75 1, nouv. édit, (2) Ibidem, p.787. (5) Ibid., t. 2, p. 13.

Gondreville était donc dès auparavant | Le bâtard de Vaudémont fut fait comau duc de Lorraine, puisque le duc | mandant de Gondreville, après que le Thierri y bâtit un château ; l'évêque de duc René I# eut repris Nancy sur le duc Toul et son chapitre ne se plaignirent de de Bourgogne. Un jour veille de la Touscette entreprise du château, que parce saint, à six heures du soir, le bâtard sort qu'il était trop voisin de la ville épiscopale | de ce lieu avec ses gens, à qui il fait prenet qu'il pourrait leur causer du dommage; ' dre une écharpe blanche, afin qu'ils se ou plutot parce que les anciens rois de France | pussent mieux reconnaitre. Ils tombèrent avaient défendu qu'on ne bâtit aucune sur les Bourguignons qui étaient au village forteresse dans la banlieue de Toul, en de Laxou près Nancy, jetèrent l'alarine deça de la forteresse de Liverdun, qui de- ' jusque dans le camp du duc Charles, qui puis très-long-temps était comme le boule-iétait revenu devant Nancy : et après avoir vard de la ville et de l'évêché de Toul, pris et tué bon nombre de Bourguide ce côté là. Voyez ci-après l'art. de gnons, ils s'en retournèrent à Gondreville

Liverdun.
Quelques années après, le duc Thié-

baut l" étant décédé sans enfans en 1220,

sa veuve Gertrude de Dasbourg épousa le

avec plus de trente chevaux et beaucoup

de butin. -
Le premier octobre 1520 (1), le duc

Antoine abandonna à Rénée de Bourbon

comte de Champagne (1). Le duc Mathieu son épouse, Gondreville et ses revenus, par

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dans le duché, fut obligé de fais e valoir
à Gertrude , Nancy et Gomdreville, qui
lui avaient été donnés pour douaire ; mais
comme on avait assigné Nancy pour douaire
à la duchesse Agnès mère de Mathieu , il
sallut user de violence pour l'obliger de
rendre cette ville à Gertrude.
En 1252 (2), il y avait un pont à Gon-
dreville sur la Moselle ; le duc Mathieu II
ayant été obligé de lever le siége du château
de Foug, se jeta dans Gondreville après en

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En 1295, Thiébaut prince de la maison
de Lorraine, donne en fief à Ferri duc de
Lorraine son père, la terre de Gondreville,
et ordonne à tous ses vassaux de lui rendre
hommage. -

Durant la guerre du duc Charles
de Bourgogne contre la Lorraine , ce
prince s'empara de Gondreville et y mit
garnison ; mais Res troupes de Lorraine qui
tenaient Fontenoy qui n'en est pas loin ,
les harcelèrent et les fatiguèrent de telle
sorte qu'ils furent obligés d'abandonner ce
poste (5). -
(1) Hist. de Lorr. p. 222.
# Hist de Lorr., t. 2, p. 231 .

P (3) Histoire de Lorraine, tome 3, page lxxvi.
TeuVeS.

ce que cette princesse s'y plaisait et voulait
y faire séjour.
Dans la vie de St. Bernard (2), on lit
que cesaint guérit à Gondreville, une femme
aveugle, en présence d'une infinité de per-
sonnes qui y étaient accourues de tout le
voisinage. -
Gondreville est chefd'une prévôté dépen-
dante du bailliage de Nancy ; cette prévôté
comprend environ trente-cinq villages;au-
trefois Gondreville était compris dans le
comté de Toul.
L'église paroissiale est dédiée à l'As-
somption de la Vierge.
Il y avait autrefois , un hôpital de petit
revenu, qui ne subsiste plus ; mais M. le
prince d'Elbœuf y a fondé il y a environ
trente ans un hôpital magnifique , dont il
a donné la direction aux frères de la chari
té. Leur maison est très bien bâtie, et tout
s'y ressent de la grandeur d'ame, et du
bon goût du fondateur.
L'ancien palais ne subsiste plus; mais le
même prince s'y est bâti une maison fort
bien entendue. Elle est sur les ruines de
l'ancien château. Pour le nouvel hôpital,
(i) Archives de Lorraine, Layette Gondre-

ville.
(2) Vita sancti Bernardi, tome 2, édit. Ma-

bil. p. 1 152.

il est hors de Gondreville, à l'extrémité
des jardins du prince, et près le passage
de la Moselle où se voit le bac aujour-
d'hui assez peu fréquenté, depuis qu'on a
fait près de-là, la grande route de Nancy
à Toul , et qu'on a construit un pont sur
la Moselle, près la ville de Toul.
La seigneurie de Gondreville relevait
autrefois de l'évêque de Metz (1).
Il y a un autre village de Gondreville
sur le chemin de Metz, à Viller-bretnach ,
à une lieue et demie de cette abbaye , où
l'on montre une espèce de circonvallation,
où l'on dit qu'un empereur et un roi de
France, ont eu une entrevue. C'est la tra-
dition du pays.
GORCY. — Gorcy , Gorcium , petit
village du diocèse de Trèves ; office de
Villers-la-montagne, juridiction des juges
des dames du lieu ; recette et bailliage
d'Etain ; cour souveraine de Nancy. Mes
dames de la fontaine et Martinières en sont

dames , hautes, moyennes et basses justicières, et perçoivent toute la dime. Il y a onze ou douze habitans.

GORZE. — Gorze, est un gros bourg, ou une petite ville , située au couchant de Metz, environ à trois bonnes lieues de cette ville , sur un ruisseau nommé Gorze, qui se décharge dans la Moselle, au-dessus d'Arnaville, vis-à-vis Corny. Ce ruisseau

Gorze (1) était dans le Comté de Scarpone; et les chroniques de Metz, portent que St. Clément, premier apôtre des Médiomatriciens, ayant été converti par saint Pierrre fut envoyé par lui avec saint Céleste prêtre, et saint Félix diacre, pour y annoncer la foi de Jésus-Christ ; qu'ils arrivèrent à Gorze, qui était alors un lieu sauvage, couvert de bois, rempli de belles sources d'eau, destiné à la chasse par les princes du pays , et remarquable par l'aqueduc que l'empereur Auguste (2) avait fait bâtir à Joui-aux-arches, pour conduire d'une montagne à l'autre, les eaux de Gorze dans la ville de Metz.

C'est là que saint Clément et ses compagnons s'arrêtèrent , et bâtirent un oratoire en l'honneur de saint Pierre apôtre , qui les avait envoyés. Il n'y avait pas long-temps qu'ils y étaient arrivés, lorsque le prince de la ville de Metz, avec ses chasseurs, vint dans la forêt de Gorze, et les chiens ayant poursuivi un grand cerf, cet animal vint se jetter aux pieds de St. Clé

| ment, comme pour lui demander sa pro

tection. Le prince ayant demandé au saint qui il était, et ce qui l'amenait en ce pays, Clément lui dit qu'il était venu de Rome, envoyé par l'apôtre saint Pierre , pour lui annoncor les vérités du salut. Le prince traita d'abord ces discours de réveries, et

de même que le lieu de Gorze, se nomme | cependant leur dit qu'ils pouvaient venir quelquefois Gurgés, ou Gouffre, apparem-| en la ville.

ment à cause de l'abondance de la source

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d'eau, ou d'une espèce de gouffre ou de vangile. Ils promirent au peuple que s'il profondeur, qui se voit à Gorze. Ce nom | voulait croire en Jésus-Christ, ils le déline se lit pas dans les anciens géographes , | vreraient de serpens qui infectaient l'air ni dans les itinéraires, ni dans les anciens des environs , et faisaient mourir les historiens des Gaules, mais dans les au- hommes et les animaux. Plusieurs se conteurs et les titres du moyen-âge. Gorze et vertirent , et saint Clément assisté de ses très célébre, principalement à cause de deux compagnons, Céleste et Félix , et l'abbaye qui y fut fondée en 749 , par | suivi des nouveaux convertis, et des bourCrodegang évêque de Metz , la quelle y a geois de Metz , marcha en habits pontifisubsisté avec beaucoup de réputation et de - A

splendeur, jusqu'à ce qu'elle fut entière-|. (!) Hist. de Lorr., t. 1. p. 273. Preuves. t.

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imprimé, t. 1. pag. 275, Preuves de l'Histoire de Lorr.; mais cette tradition n'est rien moins

(1)Arrèt de réunion du 26 déc., p. 212. que certaine.

caux, vers le lieu où étaient ces serpens, qui sortirent aussitôt de leurs repaires. St. Clément mit son étole au cou du plus grand et du plus dangereux de ces animaux, et le traîna dans la rivière deSeille, qui n'était pas loin de là, où il noya ce serpent et tous les au

tres qui l'avaient suivi. Ce miracle fit tant

d'impression sur le peuple qui en avait été témoin, qu'il se convertit, et fut baptisé.C'est ce que racontent beaucoup plus au long les chroniques de Metz, qui voulant embellir la vie de saint Clément, premier apôtre , du pays messin, l'ont entièrement défigurée et travestie en une espèce de roman spirituel. Pour revenir à Gorze (1), on dit que l'église de ce monastère fut dédiée en 761, par le pape Jean, en présence du roi Pépin, de vingt-quatre évêques et de grand nombre de seigneurs, mais ce fait souffre quelque difficulté ; car Alcuin dit expressément que l'église de Gorze fut dédiée par Crodegang, évêque de Metz, le cinq des Ides de juillet. Depuis que l'abbaye de ce nom y eut été fondée vers le milieu du huitième siècle, par le même Crodegang, ce lieu devint fameux ; et il s'y forma auprès du monastère, un bourg considérable, dont on ne peut guères séparer l'histoire de celle de l'abbaye, qui en faisait le principal orIleIIlent. Le monastère et le bourg allèrent en augmentant par les grands biens que les princes donnèrent aux religieux, et par le concours des étrangers qui venaient en ce lieu par principe de dévotion , ou par intérêt, et pour profiter du voisinage de cette nombreuse et puissante communauté. La vigueur de l'observance régulière s'y maintint assez long-temps; mais les malheurs des guèrres et les irruptions des Hongrois, l'usurpation des biens temporels, par des seigneurs séculiers, diminuant les revenus du monastère, réduisirent les religieux à un très petit nombre, et y introduisirent par une suite nécessaire , le relâchement et le désordre ; de manière que sous Adal

(1) Hist. de Lorr.. t. 1 , p. 51 1.

beron I du nom, évêque de Metz, l'abbaye

l · était comme abandonnée, t réduite à peu ' de religieux , qui n'avaient que l'habit de · leur ordre.

Adalberon y introduisit Jean de Vandière , connu sous le nom du B. Jean de Gorze, qui avec six compagnons remplis du même zèle , y firent bientôt refleurir l'observance régulière. Ils choisirent pour leur abbé , le vénérable Einolde ; et Jean de Vendière s'étant chargé du soin du temporel , et le comte Adalbert ayant rendu les biens qu'il détenait du monastère, l'abbaye changea de face ; l'on y retablit les édifices ruinés ou négligés, et la régularité qu'on y observait , y attira bientôt plusieurs excellens sujets. L'on y envoyait des religieux des autres monastères pour y apprendre la pratique de la règle de saint Benoît , et on en vit sortir plusieurs religieux qui portèrent la réforme dans les abbayes d'où ils étaient venus.

L'abbaye de Gorze avait de grandes dépendances, non seulemeut dans la Voivre et dans le Comté de Scarpone, mais encore dans l'Alsace et dans le pays de Vorms , où l'évêque Crodegang son fondateur lui avait donné des fonds considérables (1). Le roi Pepin lui céda Dombasle, Varengéville et le lieu de saint Nicolas, les prieurés d'Amance, d'Apremont, d'Amelle et quelquesautres qui en dépendaient. Elle a eu dans les commencements des abbés d'un mérite extraordinaire; dans lasuite elle en a eu de la première noblesse de Lorraine. L'hospitalité s'y exerçait avec grandeur, et l'office divin s'y célébrait avec beaucoup d'édification et de dignité.

L'évêque Crodegang y fit venir de Rome le corps de saint Gorgon, qui en devint le principal patron, et qui lui donna son nom. Les anciensabbés de Gorze jouissaient des droits régaliens, faisaient la guerre et la paix en leur nom, ou se liguaient de leur chef avec les autres seigneurs de Lorraine, pour la faire à leurs ennemis. Ils frappaient monnaie à leur coin , et nous avons encore

(2)V. Hist. de Lorr., t. 1. p.288 des preuves

des monnaies d'argent des abbés de Gorze. aux environs de Metz au mois de mai 1542, Varri de Dommartin abbé de cette abbaye, avec ses troupes ; il se logea d'abord à Anpuis évéque de Verdun , avait bâti sa mai-cy, puis à Gorze, où il arriva la veille de son abbatiale avec une somptuosité ex- Saint-Jean-Baptiste; il s'en rendit maître traordinaire; l'abbaye était devenue comme et y mit garnison. Le 9 de juillet suivant il une espèce de forteresse, et ce fut en partie entra dans Metz sans résistance, à la faveur ce qui fut cause de sa ruine et de sa perte. de Gaspard de Heu, maître échevin. Quel

En 1586 (1), le comte de Saint-Pol, | que temps après il fit venir à Gorze, dont frère du B. Pierre de Luxembourg, évêque jle roi lui avait fait présent, Guillaume Fade Metz , voulant punir les Messins qui | rel 2 zèlé calviniste, qui n'était ni prêtre :avaient fait quelqu'entreprise contre les ni religieux, ni docteur, ni savant, mais droits de l'évêché de Metz, entra en armes grand déclamateur, et dont le principal

sur leurs terres et prit la villes de Gorze, puis marcha contre Moyenvic et Marsal. Le 21 mars 1587, le même comte vint de

talent était de traduire en bouffonneries les cérémonies les plus sérieuses de la religion. Il prêcha à Metz, dans le cimetière des ja

nouveau sur les terres de Metz, attaqua ies | cobins, qui est aujourd'hui à l'abbaye de

châteaux de Louvigny, qui étaient défendus
par des troupes de Metz ; il prit ces trois
châteaux ou maisons-fortes, puis attaqua
la ville de Gorze, qu'il prit d'assaut le 26
mai; enfin il vint loger à Wapy, où il fit
de grands ravages.
En 1441, une troupe d'aventuriers d'en-
viron trois mille hommes, de l'armée du
roi Charles VII, qui étaient venus cette
année dans la Champagne et dans le Bar-
rois, se jetèrent dans le pays Messin et y
séjournèrent environ trois semaines ; ils
prirent la ville de Gorze et y demeurèrent
environ quinze jours. Ils avaient pour chef
un capitainenomméMontgomeri; lorsqu'ils
en voulurent sortir ils y mirent le feu, et
près de la moitié de la ville fut réduite en
cendres. Ils disaient qu'ils n'en voulaient
point à la ville de Metz, et le capitaine
Montgomeri entra même dans la ville
comme ami et y demeura quelque temps ;
mais quelques-uns du menu peuple de la
ville étant sortis sur eux sans ordre, furent
repoussés et fournirent prétexte à ces trou-
Pes de faire le dégât dans la campagne.
Les protestants d'Allemagne, sachantde
quelle importance peurrait être la ville de
Metz pour répandre leurs erreurs dans la
Lorraine, le Barrois et le Luxembourg,
#ent tous leurs efforts pour s'y introduire.
Guillaume de Furstemberg, un des plus
*olés partisans du luthéranisme , se rendit
(1) Histoire de Lorr., t. 2, p. 625.

Saint-Arnoû.
Farel ne put demeurer long-temps à
Metz ; les catholiques l'obligèrent à se re-
tirer à Montigni, village fort près de la
ville; il en sortit encore quelque temps
après, et se retira à Gorze, où il demeura
avec ses adhérens, sous la protection de
Guillaume de Furstemberg, jusqu'à Pâques
de l'an 1545.
Le jour de Noël, un cordelier prêchant
dans cette ville avança, suivant la créance
de l'Eglise, que la Sainte Vierge était de-
meurée vierge, après comme avant son
enfantement; Farel qui était au sermon se
leva brusquement, interrompit le prédica-
teur et nia ce qu'il venait de dire : les
femmes du lieu l'ayant entendu, se je-
tèrent sur lui, lui arrachèrent la barbe et
les cheveux, et auraient fait de même des
yeux sans le capitaine qui commandait dans
le fort, qui y accourut et le tira de leurs
mains; il garda la chambre, se fit traiter
jusqu'au jour des rois, qu'il monta en

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