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rendit maitre sans beaucoup de résistance. ' Farel trouva le moyen de se sauver avec une charette de lépreux, dont il avait pris l'habit et les marques, s'étant enfariné le visage et portant des cliquettes en mains. Peu de temps après, la garnison de Thionville, irritée de ce que les Français qui étaient en garnison à Gorze faisaient des courses sur les terres d'Espagne, jusqu'en Bourgogne, vinrent le 27avril 1545, avec du canon et des bonnes troupes, attaquèrent le château et l'abbaye de Gorze. La garnison française y fit une vigoureuse résistance ; elle fut toutefois forcée de se rendre; la plupart des soldats furent taillés en pièces, les autres furent pendus aux crénaux des murailles. La ville et l'abbaye furent pillées, et après avoir laissé dans la place du monde pour la garder et pour réparer les brêches, ils se retirèrent. Mais comme la nouvelle garnison laissée à Gorze n'était pas nombreuse, les Français y revinrent bientôt. Le château fut aisément]forcé et les soldats passés au fil de l'épée; l'église de l'abbaye fut de nouveau pillée et profanée.A peine en étaientils sortis que les Lorrains y entrèrent, et n'ayant pas trouvé de quoi piller, ils mirent le feu à l'abbaye et à l'hôtel abbatial ; de là le feu se communiqua au château et en consuma une grande partie. L'église seule fut épargnée pour cette fois. En 1552, le connétable de Montmorency, étant à Pont-à-Mousson, fut informé que le château de Gorze était une retraite de brigands et de bandits, qui disaient retenir cette place pour l'empereur. Il détacha douze compagnies sous le commandement du duc d'Aumale, avec trois ou quatre pièces de canon, et les envoya pour réduire ce château, dont la garnison pouvait incommoder l'armée du roi dans sa marche. On tira soixante coups de canon contre les murailles, et la brêche étant faite, le duc d'Aumale entra dans la place, tailla en pièces ceux qui la défendaient, rasa le château et le réduisit en tel état que depuis ce temps il n'a jamais pu se rétablir. Aujourd'hui le bourg de Gorze n'a rien

qui le distingue. On voit encore au voisinage les belles sources d'eau que les Romains avaient fait conduire à Metz, par le moyen de l'aqueduc de Jouy-aux-Arches, dont nous voyons encore les magnifiques restes dans le peu d'arches qui en restent sur pied. Pour l'abbaye qui a fait autrefois une si grande figure dans le pays et qui passait pour souveraine, on n'en voit pas même les ruines, et à peine connait-on l'endroit où elle était. L'église même et tous les lieux réguliers furent démolis en 1609, malgré la résistance et les oppositions de M. d'ArquienLagrange, qui était alors lieutenant pour le roi à Metz. Les rois de France étaient protecteurs et non pas souverains à Gorze; de sorte que le roi Henri II , au traité de Cateau-Cambresis, et Henri IV, au traité de Vervins, comprirent l'abbé de Gorze au nombre de leurs alliés ; mais les ducs de Lorraine, dont les frères ou les fils s'étaient fait donner cette abbaye, la ruinèrent absolument, en démembrèrent les grands biens et dissipèrent les religieux qui y étaient en assez petit nombre. En 1572, le cardinal Charles de Lorraine, évêque de Metz, ayant formé le dessein de fonder une université au Pont-àMousson, obtint du pape Grégoire XIlI la suppression du titre abbatial, dont ledit cardinal était alors pourvu, pour en former la mense d'un primat à Nancy; il obtint aussi le démembrement des prieurés d'Amelle et d'Apremont, dépendans de la même abbaye, comme aussi des offices claustraux de Gorze, pour de leurs revenus former la mense des pères jésuites du Pont-à-Mousson, auxquels il voulait donner la conduite de l'université qu'il avait projetée. On tira de plus des revenus de l'abbaye de Gorze de quoi entretenir douze chanoines, qui devaient faire le service dans l'église paroissiale de Gorze. C'est de la ville de Gorze que l'on tirait les eaux qui étaient conduites à Metz, Par l'aqueduc de Jouy-aux-Arches, commo on l'a dit.

En l'année 1751 , M. de Creil, intendant de Metz a fait travailler au canal qui conduisait autrefois les eaux de la belle source qui se voit à Gorze, sur le fameux aqueduc dont une partie subsiste à Jouyaux-Arches ; ces eaux avaient leur source dans un vallon près de Gorze et le canal y subsiste encore dans son entier, il est d'une beauté parfaite. M. de Creil a fait suivre ce canal , et a fait ôter les terres qui le couvraient par-dessus (1). Ce canal se partage en cinq conduits, qui se réunissent en un à une certaine distance. GOUSSAINCOURT.—Goussaincourt, village du diocèse de Toul, partie Champagne, partie Barrois mouvant, à gauche de la Meuse, à deux lieues et demie de Neufchâteau et de Vaucouleurs ; bailliage de la Marche, présidial de Chaumont, parlement de Paris. Le roi est seul seigneur de la partie du Barrois. La paroisse, qui est commune aux deux parties, a pour patrons saint Gervais et saint Protais. GRAFIGNI.—Grafigni, village situé entre la Meuse et le Mouzon, à une lieue de Bourmont, diocèse de Toul ; bailliage de Bourmont, cour souveraine de Lorraine. L'église a pour patron saint Eliphe , ou Elophe, martyr. Annexe Malaincourt, dont l'église est dédiée à sainte Marie-Magdeleine. Bailliage de Bourmont; cour souveraine de Lorraine. La chapelle de Ste. Marie-Magdeleine. Chemin, autre annexe de Grafigni, ne

une grosse tour carrée en pierres de taille , taillées d'une façon rustique, en pointe de diamans, comme j'en ai remarqué quelques autres ; par exemple à Brisac et à Saverne au palais de M. l'évêque de Strasbourg. Cette tour sert à présent de clocher à l'église paroissiale dédiée à sainte Libaire, qui était de Gran même, et qui y fut martyrisée en 561 , par les ordres de l'empereur Julien l'Apostat. Saint Elophe ou Eliphe, frère de sang, ou seulement frère en JésusChrist , de sainte Libaire, y souffrit de même le martyre, dans le même temps.Tous les monumens du pays en rendent témoignage, et on montre partout aux environs des vestiges de leur martyre et de leur culte. La ville de Gran est située dans l'Ornois, qui tire son nom de la rivière d'Orne, ou Ornay , Odorna. Ce canton d'Ornois, Odornensis pggus, est fort différend d'un autre Ornois, Odornensis situé dans la Voivre, entre la Meuse et la Moselle, sur l'Orne, Odorna ou Orna, petite rivière qui se jette dans la Moselle , entre Metz et Thionville. Dans le partage fait en 870, entre les rois Louis de Germanie et Charles roi de France, l'Ornois supérieur, dont Renaud était comte, échut à Louis roi de Germanie ; c'est l'Ornois du côté de Metz ; l'autre Ornois du côté du Barois et du Bassigny, échut à Charles : il avait alors pour comte, Thetmarus. Il est assez surprenant qu'on ne trouve pas le nom de Gran, dans les anciens géo

faisant qu'une conmmunauté avec Grafigni. : graphes.Ammien Marcellin, qui a décrit Patron saint Nicolas, bailliage de Bour- dans un assez grand détail, la vie de l'emmont. C'est ce que dit le Pouillé de Toul. | pereur Julien, n'en fait aucune mention 7

GRAN-EN-BASSIGNY.— La ville, | non plus que l'itinéraire d'Antonin, ni les

ou plutôt le bourg de Gran ou de Grans en Bassigny, du bailliage et de la recette de Chaumont en Bassigny Français, avec pré

tables de Peutinger. On croit que sous Charles-le-Chauve, en l'an 886, la ville de Gran est marquée par ces mots : actum

vôté royale. C'est un lieu fort ancien, et jin Granis villa, in Dei nomine. Mais si

autrefois fort considérable , comme il paraît par les monumens qu'on y voit encore aujourd'hui. Nous y avons remarqué des vestiges très-sensibles d'un amphithéâtre ;

l'on considère les ruines presque immenses de ce bourg , l'amphithéâtre dont nous avons parlé , des murs de trois et quatre pieds d'épaisseur , les médailles du haut

(2) Lcttre de M. Lançon le fils, conseiller à empire qu'on y trouve fréquemment , les

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débris des colonnes et des chapiteaux , les armes anciennes, les conduits souterrains, les briques et les tuiles antiques , la tradition constante du lieu et des environs, on ne pourra guères se refuser à croire , que Gran n'ait été une ville de conséquence. Quelques manuscrits du pays (1), portent que l'empereur Julien l'Apostat faisait sa demeure à Gran. François de Rosières avance même que cet empereur fit le siége de cette ville et l'emporta. La tradition constante de la Lorraine et du diocèse de Toul, veut que cet empereur y fit souffrir le martyre à saint Elophe ou Eliphe, et à sainte Libaire (2). Cela prouve au moins la persuasion où l'on est depuis très-longtemps, que la ville de Gran est très-ancienne , et qu'autrefois elle était trèsande. L'abbé Rupert (3), qui vivait au commencement du douzième siècle , et qui a écrit la vie de saint El1phe, sur de plus anciens monumens, appelle Gran, Civitas, nom qui ne se donne qu'aux villes importantes : urbem tunc longitudine et latitudine maximam , et turribus et muris munitissimam nomine Grandem. Orthétius cite la vie de saint Eliphe, composée par l'abbé Rupert, qui parle de la ville de Gran , comme d'un lieu considérable du diocèse de Toul, et peu éloignée de cette ville; mais elle en est environ à neuf lieues. M. Baillet dans sa topographie des saints , en parle comme d'une petite ville de Lorraine sur les limites du Bassigny ; il ajoute qu'on prétend sans beaucoup de fondement, qu'elle a été autrefois épiscopale. On croit poursuit-il, qu'elle est le lieu de la naissance de St. Eliphe et de St. Eucaire, et de leurs trois sœurs, Libaire, Menne et Susanne. La Martinière , dans son dictionnaire géographique, semble reconnaître deux bourgs de Gran, l'un en Champagne dans le diocèse de Toul , l'autre une ville de

(1) Riguet, chronol. des évêques de Toul, p. 8 et 49.

(2) Syst. Lot. etc. fol. 99, verso.

(3) Vit. R. Eliphi, apud surium, 16 oct.

France. Il remarque que M. Baillet se trompe ; que Gran n'est point une ville, mais un bourg, et qu'il n'est point en Lorraine, mais en Champagne , et dans le Bassigny même, et à la source de la rivière d'Ornez. Il - dit après M. Baugier (1), que Gran est remarquable par le tombeau de saint Thibet, seigneur du lieu, qui est sous des arcades et des portiques fort anciens, sous lesquels on tient que l'empereur Julien lui fit trancher la tête. Ce tombeau est visité par une infinité de personnes malades, qui espèrent y recevoir la guérison de leurs maladies incurables.Ce bourg a été autrefois possédé par des seigneurs de ce nom, qui étaient considérables; on y voit les vestiges d'un ancien château qu'ils habitaient. C'est ce que dit M. Baugier. Mais il était mal informé ; il a mis saint Thibet pour saint Eliphe, qu'il fait seigneur de Gran. Saint Thibet est inconnu dans l'église de Gran , on ne connait point de seigneurs particuliers qui aient possédé ce lieu, ni qui y aient eu leur château. On sait seulement que depuis l'an 1220, et peut-être encore auparavant, les ducs de Lorraine reprenaient du comte de Champagne, Gran , ou du moins la moitié de cette ville, de même que Nancy, Chatenoy, Montfort, Neuf - Château et Frouart ; et qu'ils ont continué à en faire hommage à la France, depuis la réunion de la Champagne à la couronne, jusqu'en 1465, que le roi Louis XI en remit l'hommage à Jean de Lorraine, duc de Calabre. Lorsqu'en 1525, le duc Ferri promit à Raoul duc de Lorraine, son fils, en faveur de son mariage avec Eléonore de Bar, fille d'Edouard comte de Bar, les terres de Neuf-Château , Chatenoy, Gran ct Montfort, il fallut encore obtenir l'agrément du roi de France, dont ces lieux relevaient. Je reconnais méanmoins que depuis l'an 1512, on ne parle plus de Gran, dans le ( ) Baugier, mém., hist. de Champag. t. 1,

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dénombrement des lieux relevant de la France, et que dès auparavant quelquefois on omet le nom de cette ville dans ces dénombremens. Le bourg de Gran , est aujourd'hui nuement à la France, chef d'une prévôté, bailliage de Clermont. J'ignore le temps et la manière dont ce lieu est sorti des mains des ducs de Lorraine, qui en ont possédé moitié pendant long-temps. Après la levée du siége de La Mothe, en 1642 (1), le duc Charles IV qui s'était avancé pour la secourir jusqu'à Lifoule-Grand, ayant appris que le maréchal du Hallier avec ses troupes , s'était logé à TBasoile, se mit incontinent en marche, pour l'y aller attaquer : du Hallier informé de sa marche, se retira à Gran. Le duc le poursuivit, mais du Hallier ne l'attendit pas, et Charles après avoir battu quelques détachemens français, qu'il trouva sur sa route, se rendit à Neuf-Chàteau, prit la ville, en tira quantité de blé, qu'il fit conduire à la Mothe, outre 6 mille resaux de froment, qu'on trouva dans les bois de Gran. Gran est aujourd'hui du diocèse de Toul, et on croit qu'il a toujours été du pays des Leuquois, quoique fort voisin du diocèse de Langres. La grande route de Langres à Neuf-Château, et de NeufChâteau à Ligni et à Bar-le-Duc, passe assez près du bourg de Gran. La rivière d'Ornez, qui passe à Gondrecourt, à Ligni et à Bar, prend sa source au même lieu. On imprima à Nancy, peu de temps après la mort de M. l'abbé de Riguet, en 1701 , chez Paul Barbier , un petit ouvrage in-douze, sous le nom de M. l'abbé Riguet, grand aumônier de S. A. R. grand-prévôt de Saint-Diey, etc. , intitulé : Système chronologique, historique, des évéques de Toul, avec une assez longue préface, que l'on croit être de M. l'abbé Hugo, alors prieur de St. Joseph à Nancy.

(1) Le P. Donat, histoire de Lorraine sous Charles IV.

Quelques années après , c'est-à-dire en 1707, le même ouvrage reparut sans nom d'auteur et sans préface, c'est-à-dire, qu'on y fit un nouveau frontispice, et qu'on en supprima la préface, qui se trouve pourtant dans plusieurs exemplaires. Dans cet ouvrage, M. l'abbé de Riguet montre que les catalogues des évêques de Toul, publiés jusqu'alors, sont très-fautifs : comme ceux de Symphorien Champier de l'an 1510 , celui du rituel de Toul, imprimé en 1616, et même de 1658, publié à la fin du rituel imprimé en 1652 , au chap. 11 ; il s'efforce de montrer que saint Eucaire martyr, n'a pas été évêque de Toul , mais de Gran. Il soutient qu'il a eu le caractère épiscopal, et il le prouve par la vie de saint Eliphe, qui en parlant de saint Eucaire, dit episcopali functus honore ; or, il est certain qu'il n'a jamais été reconnu pour évêque de Toul. Mais les anciens missels, bréviaires et autres monumens de ce diocèse, lui donnent le titre d'évêque de Gran (1). Il est en particuler nommé ainsi , dans un ancien breviaire de l'église de Toul , et dans deux autres des années 1595 et 1628, où dans l'hymne des vêpres, on lit : Sanctum tamen Eucarium Ac virtutum opificem Urbs Grandis et confinium Habuit in pontificem. Dans le bréviaire de 1512 et 1515, imprimé par l'ordre de l'évêque Hugues des Hazards , la septième leçon commence ainsi: In ea siquidem urbe grandi nomine, prœclarissimus vir Eucarius Deo dilectus, Dei disponente gratid , fuerat episcopus ordinatus. Dans le bréviaire de 1595 le répons de la troisième leçon , est conçu dans ces termes : Julianus dum gallias ingreditur, urbem Grandem introivit , christicolas insequitur; pluresque carceravit, Eucarium aggreditur et ipsum decollavit. Dans un missel à l'usage de Toul, de (i) Riguet, système, pages -23, 25, 27,28 et 2o.

l'an 1550 après l'épître de la messe, qui est propre pour saint Eucaire, le graduel est conçu en ces termes : 0 pie pastor ovium, urbis grandis et finium , nostrum pasce collegium.... coronam gloriae triumphator Eucari, dignè promeruisti. Et dans la prose qui suit : Hic urbi Grandi praefuit , ibi vitd resplenduit. Dans le bréviaire de l'an 1515 il est dit que saiut Eucaire était né au village nommé Poirier, ou Pyrus, d'une race illustre, et du sang royal ; que son père se nommait Baccius, et sa mère Lientrude, qu'il eut pour frère saint Eliphe, et pour sœur sainte Menne, dont le corps repose à Poussay, sainte Susanne qui est inhumée en Champagne, sainte Libaire, qui fut décolée pour la foi. On tient communément que saint Eucaire souffrit le martyre à la jonction de la Moselle et de la Meurthe, près de Frouart, où l'on voit un ermitage (1): aux deux côtés de la porte de la chapelle, on lit deux inscriptions, l'une latine et l'autre française; la latine dit que le père de saint Eucaire était Baccius, et sa mère Lientrude, tous deux de la race du roi de Châlons. Qu'ils eurent pour enfans saint Eucaire, saint Eliphe, sainte Libaire, sainte Susanne , sainte Menne, sainte Ode et sainte Gertrude. L'inscription française ne parle que de saint Eucaire, et dit qu'il fut mis à mort eu cet endroit en l'an 562 avec deux mille deux cents autres martyrs, enterrés au même lieu. Mais à Liverdun, où fut transféré le corps de saint Eucaire, une ancienne inscription porte que ce saint était évêque de Gran. L'ami de Dieu, et vraimartyr Eucaire, Jadis de Gran, évéque débonnaire. Après cet étalage de citations M. de Riguet convient qu'après le martyre de saint Eucaire, et son épiscopat à Gran,

la ville de Toul étant devenue plus considérable, saint Mansuy a pu y commencer une nouvelle suite d'évêques; et quand on voudrait dire qu'il y avait un évêché à Toul avant le martyre de sainte Eucaire, on pourrait avancer qu'il y en avait encore un autre à Gran, lequel après la ruine de cette ville, aurait été confondu avec celui de Toul, ainsi qu'il est arrivé lorsqu'on a confondu deux évêchés en un. Il dit de plus, qu'on pourrait dire que saint Eucaire aurait eu l'ordination épiscopale, et qu'il en aurait fait les fonctions dans la ville de Gran, de même que dans Toul : qu'en Orient les corévêques, et même en occident, les évêques régionaires ont fait les fonctions épiscopales dans différens endroits, où ils n'ont pas eu des successeurs dans les fonctions de ce ministère. L'auteur de la préface du système de M. de Riguet, que l'on dit être M. l'abbé IIugo, après avoir beaucoup loué M. de Riguet, qui n'avance jamais, dit l'auteur, pour fait constant, que ce qui est appuyé sur des preuves démonstratives , et ne donne que pour conjectures, ce qui ne lui parait pas évident. Il réfute sans aigreur ce qui est apocryphe, et se défiant de ses lumières, il ne risque pas une décision sur des signes équivoques de certitude. C'est ainsi qu'il propose l'établissement du siége épiscopal de saint Eucaire à Gran, comme une probabilité, et quoique les documens de Toul et de Liverdun , qui sont les témoins irréprochables de la tradition locale, conspirent unanimement à prouver ce fait, néanmoins il n'ose établir une décision positive, abandonnant à son lecteur la résolution de ce probléme. M. l'abbé Hugo s'étend après cela à montrer que du temps de saint Eucaire, la ville de Toul était très-bornée, et il s'étonne après cela que le R. P. BenoitPicart(1), cet auteur si judicieux et si sincère ait pu uous vanter la ville de Toul, eomme la capitale des Leuquois , sous les empo (1) Benoit critique de l'histoire de N.-D. de

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Sion, p. 191.

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