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On connait encore aujourd'hui deux Hornbach près la ville des Deux-Ponts; l'un situé, comme on l'a dit, au confluent de deux ruisseaux, dans un fonds entourré de montagnes; l'autre connu sous le nom de Vieu-Hornbach , Alt-Hornbaeh, à une demi lieue du premier. On croit que c'est le lieu où l'abbaye fut premièrement fondée; le cloître y subsiste encore, le dortoir sert de magasin. On y voit la cuisine bien voûtée, de même que tout le bas du monastère.

Saint Pirmin y construisit une église sous l'invocation de la Sainte-Vierge, de saint Pierre et de tous les saints, et yassembla une nombreuse communauté, qui vivait dans la pratique exacte de la règle de saint Benoit. Il était simple évêque régionnaire, n'ayant point de siége fixe; mais exerçant les fonctions épiscopales dans tous les lieux où il se rencontrait. S'étant enfin fixé à Hornbach, il y exerça les fonctions épiscopales, non à Hornbach , les femmes n'y ayant point accès, mais à Metlis, ou Metleshein, gros bourg qui en est proche. Obtinuit sedem episcopalem in castello metlis appellato. Il parait qu'alors les limites des évêchés n'étaient pas encore bien fixées, et d'ailleurs Hornbach est situé sur les confins de l'archevêché de Trêves, de l'évêché de Metz, et celui de Spire, à vingt-cinq lieues de Trèves, à autant de Spire, et à vingt de Metz; c'est un archiprêtré.

Un jour,comme saint Pirmin donnait la confirmation à une multitude de personnes de l'un et de l'autre sexe, à Metlis, il arriva que le saint Chrême manqua dans les boites ; alors saint Firmin dit à son diacre: courez vite au monastère, et en rapportez les boites pleines de saint Chrême, afin que nous continuions à conférer le sacrement à ce peuple assemblé. Le diacre ayant pris les burettes, les vit remplies de saint Chrême jusqu'au haut et les rendit au saint évêque.Cela fut regardé comme un miracle et remplit de joie et d'admiration toute l'assemblée.

J'ai raPporté ces particularités pour

montrer que Metlis où saint Pirmin exerçait ses fonctions épiscopales, n'était ni la ville de Metz, ni celle de Meaux , qui sont si éloignées d'Hornbach ; mais Metlis ou Metleshem, qui en est assez près, c'està-dire , environ à une lieue ; d'ailleurs , les siéges de Metz et de Meaux, étaient alors remplis par d'autres évêques bien COIlI1U18• Quoique saint Pirmin eut fixé sa demeure ordinaire à Hornbach , il ne laissa pas de fonder ou de réformer encore avant et après ce temps, d'autres monastères. Il fonda de nouveau, Schuvarsach et Gegenbach dans l'Ortnaw, et Pfefers en Suisse, et il réforma Augie-la-Riche, Schutteren, Wissembourg et Maurmoutier en Alsace, et quelques autres monastères. Mons nous bornerons ici à Hornbach, qui se trouvant dans le diocèse de Metz, entre naturellement dans notre sujet. S. Pirmin y mourut et y fut enterré en 758. Quoique l'église et le monastère soient entre les mains du duc des Deux-Ponts , on y a conservé les reliques de St. Pirmin, jusqu'aux dernières guerres de religion, qu'on les transféra à Inspruch. St. Pirmin a laissé un petit ouvrage en forme d'homélie, dans lequel il exhorte ses disciples à la pénitence et à la communion, après la pénitence accomplie et la réconciliation obtenue. Il eut pour successeur dans le gouvernement de son abbaye d'Hornbach, saint Jacob, évêque de Toul (1), qui s'y retira apparemment quelque temps avant la mort de saint Pirmin, arrivée en 758. On croit qu'il souscrivit au concile de Compiègne en 758, en ces termes : Jacob peccator subscripsi; et encore au concile d'Attigni en 765, où son nom se trouve ainsi : Jacob Episcopus de Monasterio Gamundias. On dit que Jacob se trouva aussi à la dédicace de l'église de Gorze, en 761 ; enfin au retour d'un voyage qu'il fit à Rome en 767, il mourut à saint Benigne de Dijon. (1) v. l'hist de Toul, chron. 22, et l'histo Lorr., t. 1, p.538.

Voyez l'hist. de Toul, ch. xxii, p. 277 et suivantes. Il paraît que vers l'an 758 (1), Amalart était abbé d'Hornbach , apparemment après l'abdication de Jacob, évêque de Toul. Il est remarquable qu'anciennement l'abbé d'Hornbach, était décoré de la dignité d'archidiacre de l'église de Metz, comme il paraît par cette lettre de Conrade de Scharfenech, évêque de Metz, de l'an 1220. Cum ab adolescentia nostra Hornbacensis ecclesiœ noverimus dignitatem, inter cœteros honoris ejus titulos , abbatem non ambigimus infra villam ipsam archidiaconali potestate gaudere sic enim à priscis temporibus in ipsa est ecclesia observatum , ut cum ab Metensi episcopo abbatiœ donum recipitur, simul et archidiaconi infra villum, ut dictum est auctoritas conferatur. Ce fameux monastère persévéra dans la parfaite observance de la vie religieuse, sous la règle de saint Benoît, jusqu'au XII° siècle, qu'il tomba dans un tel relâchement , qu'il fallut faire revenir du monastère d'Hirsauge un excellent religieux, nommé Conrade, avec douze de ses confrères , pour mettre la réforme et rétablir la discipline à Hornbach ; c'est ce que raconte Thrithème, dans sa chronique d'Hirsauge, parte 1, page 275. Ces bons religieux y rétablirent le bon ordre , et il continua comme auparavant à répandre la bonne odeur de Jésus-Christ dans tout le voisinage. Le monastère d'Hornbach changea entièrement de face au XVI° siècie, lorsque les palatins du Rhin, Louis II, Rupert et Volfang, embrassèrent la réforme de Luther, suivant la confession d'Ausbourg. Alors Jean de Kindhausem qui gouvernait l'abbaye, se rangea aussi volontairement de leur parti, avec douze de ses religieux, qui composaient sa communauté. On m'écrit que ce fait est faux , et que les religieux persistèrent dans la religion catholique ; mais que les chanoines d'Hornbach

(1) Annu. Bened. t. 2, p. 189 .

se firent luthériens: Que les religieux s'étant enfuis avec le trésor de leur église , le duc les avait fait poursuivre et enlever leur trésor. Jean Bonne de Vachenheim, ayant généreusement persisté dans sa religion et dans l'observance de sa règle , l'empereur Charles V, lui confia l'administration d'Hornbach, par ses lettres datées de Bruxelles, le 14 avril 1540. Antoine comte de Salm , fut le dernier des administrateurs de cette abbaye, et comme il s'y gouvernait d'une manière qui déplaisait aux seigneurs voisins et qu'on le pressait de changer de conduite, il se retira secrètement. Volfang duc de Deux-Ponts, résolut de changer l'état de cette ancienne abbaye ; et à l'exemple de plusieurs autres princes de l'empire , il y établit en 1559, des professeurs habiles pour enseigner la jeunesse, et donna à ce nouveau collége pour premier recteur, le célèbre Emmanuel Tremellius, si connu par son érudition , et surtout par la science des langues orientales. Mais on m'écrit que l'abbaye d'Hornbach depuis plus de cinq à six siècles, avait des écoles pour les séculiers. Les ducs de Lorraine y avaient fondé douze places pour des gentilshommes, et y avaient donné des fonds pour leur entTetien. En 1570, Philippe Christophe, archevêque de Trèves, et évêque de Spire, ayant repris l'instance d'entre Marquard, évêque de Spire, d'une part, et la maison des Deux-Ponts , d'autre, par devant le conseil de l'empereur; on produisit des lettres de l'empereur Henri III, et de quelques abbés d'Hornbach , qui prouvaient que l'abbaye d'Hornbach avait été mise sous la protection particulière de l'évêque de Spire ; en sorte que l'empereur Ferdinand II, donna son décret en 1628 , en faveur de l'abbaye d'Hornbach, et ensuite intervint en 1629, le fameux décret impérial , qui ordonna que tous les biens des évêchés , des monastères et des autres biens ecclésiastiques occupés dans l'empire, depuis letraité de Passau, fussent restitués à lours légitimes possesseurs.Ainsi le prince Jean duc des Deux-Ponts, fut obligé de rendre les biens de l'abbaye d'Hornbach * l'évêque de Spire, qui y rétablit les bémédictins. Ils y demeurèrent jusqu'à cette terrible omine qui désola tout le pays et les contraignit de chercher ailleurs une demeure, ot de quoi subsister; mais ils n'ont jamais °ntièrement abandonné leur monastère; ils J *ont revenus de temps en temps, et on sait d'un des exécuteurs des ordres du duc des Deux-Ponts, qu'il avait jeté lui-mêoe quatre religieux dans un puits ; les auores dans ces temps de violence et de troubles, se retiraient ordinairement en l'abbaye de Metloc, comme l'a assuré le R. # D. Christophe, ancien procureur de Tholey. Après leur fuite, Frideric duc des Deux-Ponts y entra de nouveau et s'y est maintenu jusqu'aujourd'hui, en vertu de la paix de Munster ou de Vestphalie, qui a maintenu les protestans dans la jouissance des biens d'église qu'ils possédaient alors. Dans les guerres de religion qui furent si funestes à l'Allemagne, le duché des Deux-Ponts fut extraordinairement maltraité par les troupes impériales (1). Un auteur contemporain, et témoin oculaire, dit, que les soldats qui étaient dans lebourg d'Hornbach, le ravagèrent avec le monastère; le commandant logea ses chevaux dans la belle et ancienne église de l'abbaye ; la bibliothèque fut pillée, dissipée et conduite avec l'archive aux Deux-Ponts , où elle est encore. Le bourg fut partie brûlé, partie ruiné et abandonné , de telle sorte qu'en plein jour on y voyait les bêtes sauvages, aller, venir et demeurer sans crainte; les cloches de ce lieu et des environs furent enlevées et envoyées à Trèves, pour y être vendues. Enfin ce cruel commandant réduisit ce lieu en un tel état, que lui-même n'y pouvant plus subsister, il fut obligé de

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« ( )Balthasarvenatorin miscellis G.C. Joannis.

se retirer dans la ville des Deux-Ponts, pour y en faire autant, s'il pouvait. Les troupes Françaises ne traitèrent pas mieux ce malheureux pays, lorsqu'en 1676, elles y vinrent en quartier d'hiver ; elles exigèrent d'excessives contributions des habitans, puis ruinèrent les portes, les tours, et renversèrent une grande partie des murs, dont le bourg d'Hornbach était fermé, après en avoir tiré des habitans tout l'argent qu'ils en purent extorquer. L'abbaye d'Hornbach est aujourd'hui presqu'entièrement ruinée. Le chœur où les religieux faisaient l'office, est renversé; la tour tomba il y a long-temps, faute de réparations , écrasa par sa chute une grande partie de l'église, et couvrit par ses ruines les monumens et les tombeaux des personnes illustres qui y étaient enterrées. La nef, subsiste et sert à l'exercice de la religion des réformés et ceux qui suivent la confession helvétique , apparemment celle de Calvin et de Zuingle. Il y a dans cette ville des luthériens, des calvinistes et des anabaptistes. La nef de l'église de l'abbaye est partagée, une moitié sert de prêche aux calvinistes; l'autre moitié sert de magasin. Le portail de l'église est accompagné de deux grosse tours. L'ancien Hornbach est à une demo-lieue de la grande abbaye et du bourg d'Hornbach; le cloître y subsiste encore en partie, les dortoirs servent de greniess ; la cuisine est entière, tout le bas est voûté. Le chœur est renversé. Il y avait à l'entrée du chœur deux clochers, comme en plusieurs autres abbayes. Il y a assez près de l'abbaye une église nouvelle , bâtie en 1651 , à la place de la halle, par Jean II, duc des Deux-Ponts, lorsqu'en vertu du décret de la chambre impériale, il fut obligé de restituer l'abbaye d'Hornbach aux bénédictins, par de le crédit l'évêque de Spire.Cette nouvelle église est commune aux catholiques et aux luthériens de la confession d'Ausbourg. Il y a encore une église dédiée à saint Jean, assez près du bourg vers le midi, aujourd'hui presque ruinée; la nef de cette

église était autrefois destinée à la sépul-
ture des bourgeois ; elle appartient aux
catholiques, et le curé y va dire la messe.
HORREEN , voyez SAINTE MARIE
D'HoRRÉEN , abbaye de bénédictins à
Trèves. -
HORVILLE. — Horville, Dehuvilla,
village du diocèse de Toul, à gauche de
l'Ornain, à trois quarts de lieue de Gon-
drecourt. Il y a un fief, érigé le 22 juillet
1709 : bailliage de la marche, présidial
de Châlons, parlement de Paris, Barrois
mouvant. Le roi en est seul seigneur. Ce
lieu était autrefois annexe de Bonnet. Il en
a été desuni par feu M. de Bissy évêque
de Toul, et érigé en cure.La paroisse a
pour patron St. Jean-Baptiste. -
Jean seigneur de Choiseuil possédait en
1270, le fief d'Horville (1). Cette année il
assigne à Thiebaut ccmte de Bar, son
cousin, en indemnité des dommages qu'il
lui avait causés à l'occasion de la guerre
qui avait été entre eux, il lui assigne, dis-
je, cent livres de terre; entre autres sur le
fief qu'il tient de lui à Horville et à Ange-
ville; lequel fief il tiendra jusqu'à l'entier
paiement de deux mille soixante livres ,
dont ils étaient convenus pour tous dom-
mages et intérêts.
Én 1272, Henri roi de Navarre, comte
de Champagne et de Brie, donne à Thiebaut
comte de Bar et à ses successeurs le fief de
Gondrecourt, que Jean de Gondrecourt
tenait de lui en la dite châtellenie, et ce
qu'il pouvait avoir à Horville, pour les
tenir de lui en fief et en hommage. Fait à
Bar sur Seine au mois de février.
Jean d'Ourches seigneur d'Epiez en
partie, possédait laseigneurie d'Horville en
1464, comme le marque la dénombrement
qu'il en donna au duc de Bar le 14 avril
de cette année.
BIOUAVILLEet BATTILLY.-Houa-
ville, village du diocèse de Metz, ci-devant
office et prévôté de Thiaucourt , bailliage
de Pont-à-Mousson; depuis 1751, bailliage
de Briey, cour souveraine de Lorraine,

(1) Archives de Lorr. Layette Gondrecourt.

situé à deux lieuès de Briey, une de Conflans en Jarnisy. Les seigneurs et dame sont leroi et mademoiselle Richard de Jouaville. Battilly , Battilleium , village annexe d'Houaville. Le roi en est seul seigneur, M. Richard d'Etain jouit du tiers du domaine. M. François Ampoire curé d'Houaville et Battilly, archi-prêtre de Hattrise, et Valentin Francillon son neveu fondèrent en 1629, une messe tous les samedis de chaque semaine dans l'église paroissiale d'Houaville. HOUD (sAINTE), abbaye de filles, ordre de Citeaux.—Sainte Houd, ou sainte Hoïlde, abbaye de filles, ordre de Citeaux, diocèse de Toul, à deux lieues de Bar-leDuc, sur le ruisseau d'Auxone, office, recette et bailliage de Bar, présidial de Chàlons-sur-Marne, parlement de Paris. Le roi est seul seigneur de tout le continent; il y a dans la basse cour trois ou quatre fermiers. Cette abbaye fut fondée vers l'an 1225, par Henri II, du nom , comte de Bar, et Philippe de Dreus, Dame de Torcy. Ils y déposèrent le bras de Ste. Hoïlde, ou Ste. Houd, que l'on y conserve encore aujourd'hui. La première abbesse desainte Houd, est Marguerite, dont la mémoire est en bénédiction dans ce monastère, elle mourut vers l'an 1240. On peut voir dans le dernier tome de l'histoire de Lorraine, la succession des abbesses de sainte Houd. Cette abbaye snbsistait déjà un peu auparavant dans le château de Putil, à cent pas du lieu où elle est aujourd'hui. La cense seigneuriale de Gros-terme auprès de l'abbaye de sainte Houd, dans la paroisse de Laimont, bailliage de Bar, est remarquable par une source d'eau minérale, appellée les Eaux du blanc chéne; elles sont ferrugineuses, froides, et sortent d'une espèce du marre. H0UDELAINCOURT. — Houdelaincourt, village du diocèse de Toul, à gauche de l'Ornain, à une lieue de Gondrecourt; bailliage de la Marche, présidial de Châlons , parlement de Paris , Barrois

mouvant. Le roi en est seul seigneur : l'église paroissiale a pour patron St. Pierreès-liens. HOUDREVILLE.—Houdreville, Audriaci-villa, village près Vezelize, à gauche du Brenon, bailliage de Vézelize. La paroisse a pour patron saint Evre évêque de Toul, comté de Vaudémont. Omalmont ost un hameau dépendant de la terre de Tantonville.Annexe, Parey-Saint-Cézaire. La métairie de la Hutterie en dépend pour le spirituel. En 1580, Houdreville appartenait au comte de Genêve, à cause de son comté de Vaudémont. Ce comte de Genêve était Pierre de Genéve , premier mari de Marguerite de Vaudémont. Il était mort en 1595. Le duc Léopold érigea la terre de Houdreville en baronie le 4 novembre 1720, en faveur du marquis de Beauvaude Craon et d'Harroué, portant pour armes celles de Beauvau. . HUBERT (sAINT), abbaye. La fondation de l'abbaye de Saint-Hnbert en Ardennes a quelque choses de si extraordinaire, qu'on aura peine à croire ce qu'on en raconte. On dit que le roi Pepin, et la reine Plectrude son épouse, passant par un endroit nommé Andain dans les Ardennes, au pays de Luxembourg, diocèse de Liège, la reine accablée de fatigue s'endormit, et à son réveil vit tomber du ciel un billet, qui portait que Dieu voulait être honoré en ce lieu là , qu'il l'avait choisi Pour procurer le salut de plusieurs. La reine montra ce billet à Pepin, qui le communiqua à un bon prêtre nommé Bérégise, qui ne désirait rien tant que de quitter le monde, pour se consacrer à Dieu. Pepin et Plectrude lui donnèrent le terrain d'Andain, où il commença de bâtir un monastère, qui subsiste encore aujourd'hui avec beaucoup de régularité, sous l'invocation de Saint-Hubert évêque de Tongres, dont onypossède les reliques. On y mit d'abord des clercs séculiers, qui y subsistèrent jusqu'en 724, que Valcand évéque de Tongres, y mit des religieux bé

nédictins. On fixe la fondation de ce monastère en 697. Ce fut seulement en 825, que l'on y transféra le corps de Saint-Hubert. Valcand évêque de Tongres , touché de l'état misérable où ce monastère était tombé par le dérangement et la mauvaise économie des clercs qui l'habitaient, résolut de le réparer et commença en 814 , par rebâtir l'église et les lieux réguliers; puis du consentement du pape Léon III, et de l'empereur, il en chassa les clercs quidéshonoraient la sainteté de leur état, et y mit des bénédictins, aux quels il donna pour abbé un saint homme nommé Alveus. Ce changement se fit en 824, et pour l'affermir de plus en plus, et donner aux religieux un puissant protecteur auprès de Dieu , Valcand leur accorda les reliques de SaintHubert mort en 727, ou 750; et la translation s'en fit de Tongres au monastère d'Andain , nommé aujourd'hui de SaintHubert, le trente septembre de l'an 825. On assure que le corps du Saint n'était nullement corrompu et qu'il se'trouva dans son cercueil aussi entier que le jour de sa mort. Dieu continua les miracles au monastère, comme il avait fait à son tombeau à Tongres. On l'invoque principalement contre la morsure des chiens ou des loups enragés, et on y accourt de tous les environs de la Lorraine et des pays voisins. On n'assure pas que tous ceux qui vont à Saint-Hubert recouvrent la santé, mais on a l'expérience qu'il n'y en a presque aucun qui n'y recouvre la santé, ou du moins qui ne reçoive les sacremens avant la mort. Il y a plus de neuf cents ans qu'on l'invoque contre les morsures des animaux enragés, de même que contre les maléfices; et on a une très-longue et très-certaine expérience de son pouvoir en faveur de ceux à qui ce malheur est arrivé. Voici comme on traite ces personnes : dès qu'elles sont arrivées à Saint-Hubert, on leur fait sur le front une légère incision, dans laquelle on met une petite partie que l'on coupe de l'étole du Saint, qu'on dit avoir été tirée de son tombeau, lorsqu'on le leva de terre;

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