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Ides de janvier 1751. Par ce moyen M. le primat de Nancy, comme abbé de Lisle,est seigneur haut justicier , moyen et bas de cette abbaye. L'église qui sert de paroisse à la basse cour, et qu'on appelle la communauté de Lisle , est composée de huit censes , dont tous les habitans font le nombre de 40 ou quarante-trois ; cette église est sous l'invocation de saint Christophe, et est desservie par un religieux de l'abbaye. Il y a une chapelle dans la ferme dite des AnglecOul't. LISLE-EN-RIGAUT.—Lisle-en--Rigaut, village sur la rivière de Saulx, diocèse de Toul, juridiction du juge-garde

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cette et bailliage de Bar, présidial de Châlons; parlement de Paris. La paroisse a pour patron saint Hilaire. Il y a dans Lisle-en-Rigaut, environ trente-quatre ou trente-cinq habitans. Madame de Nonsart y a un château flanqué de tours, entouré de fossés pleins d'eau , et pont-levis. M. de Rogeville y a une fort belle maison , un moulin, une papeteriesief, et un autre fief consistant en cinquante journaux de terre. I1 y a dans le château de madame de Nonsart, une chapelle sous l'invocation de S. Sébastien, et une autre chapelle à M. de Rogeville, appelée la chapelle du moulin, où les religieux de Jandeure venaient autrefois dire la messe, le jour de St. Sébastien , et recevaient sept francs pour leurs peines. Voyez Viller-sur-Saulx. LIVERDUN.—Liverdun, est un bourg, chef-lieu d'une prévôté et châtellenie appartenant au temporel de l'évêque de Toul. Il est situé sur la rive gauche de la Moselle, entre la ville de Toul ct le Pontà-Mousson. Son nom latin est Liberumdunum, ou Liberdunum. Ce lieu est trèsancien : on cite un titre du roi Dagobert, qui accorde à l'évêque de Toul, le privilége, que nul ne pourrait bâtir aucune forteresse à quatre lieues de distance de la ville de Toul, au préjudice de Liverdun,

qui est comme le boulevard de la ville épiscopale, et un lieu de franchise et de paix, où le martyr saint Eucaire est honoré, et qui le garantit de la violence des Vandales, qui l'avaient assiégé. Ut infra quatuor Leucas, ab urbe Tullensi nulla munitio castellaris aedificata maneut, exceptd immunitate Liberdunis, quod proprium lulamen civitatis est, et locus pacis, in quo sanctus Eucarius Martyr veneratur, et obsessus à vandalis remansit indestructus, etc (1). Ce passage est tiré d'un diplôme du roi Arnoû, de l'an 894. Le titre de Dagobertnese trouve plus, mais il est rappelé dans les anciens monumens de l'église de Toul. Il est certain que Liverdun a toujours été considéré comme une forteresse importante, par sa situation sur une éminence, et sur une espèce de rocher escarpé, situé sur la Moselle, et très-propre à arrêter les ennemis de ce côté-là. Le bourg est situé plus bas que le château qui est aujourd'hui en ruine. Ce château fut brûlé ct rasé durant la guerre que l'évêque de Toul (2), Antoine de Neuf-Châtel, attira dans son diocèse, étant entré trop vivement dans la passion de son père Thiébaut de Neuf-Châtel , qui déclara la guerre à Jean de Calabre, duc de Lorraine, à l'occasion de la ville d'Epinal, que le roi Louis XI, avait donnée au duc Jean, à l'exclusion de Thiébaut, à qui elle avait d'abord été proIIllS6o. L'évêque Antoine de Neuf-Châtel avait reçu garnison Bourguignonne à Liverdun, de même qu'à Brixei et à Maizière, qui lui appartenaient. Le duc de Lorraine , Jean de Calabre, envoya le prince Nicolas son fils, pour s'opposer aux ravages que les Bourguignons faisaient dans la Lorraine. La garnison de Liverdun qui désolait tout le pays d'alentour, fut assiégée et obligée de se rendre au seigneur de Fénétrange, maréchal de Lorraine, que le duc Jean de Calabre, avait envoyé contre elle. Le château de Liverdun était bien for

(1) Hist. de Lorr. t. 1. pag. 325. preuves, (2) Benoît hist. de Toul. pag. 961, 562.

tifié, et bien muni de toutes sortes de provisions ; l'armée Lorraine demeura six semaines devant la place , et le Châtelain de Chate, qui la défendait, ne la rendit qu'à la dernière extrémité. La garnison de Liverdun, quiétait de quatre cents hommes, fut faite prisonnière de guerre; les habitans furent chassés, les murailles renversées , les sortifications rasées. Les soldats Lorrains irrités, ne mirent point de bornes à leurs vengeances. Liverdun fut pillé, le château brûlé, les archives de l'évêché furent consumées en partie. Le maréchal de Fénétrange accourut pour réprimer la licence du soldat; il ne put sauver qu'un ticrs des papiers qu'il mit en dépôt dans

l'église collégiale de saint George de |

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de l'évêché de Verdun (1) , voulut la rebâtir à cent pas plus loin, dans un lieu plus avantageux que le rocher sur lequel elle était placée, et moins exposé aux surprises des ennemis. Simon II , duc de Lorraine , et Arnoû évêque de Verdun , s'y opposèrent; le premier craignant que cette forteresse ne fut préjudiciable à sa ville de Nancy, et le second de peur qu'elle ne nuisit à son château de Dieuleward, qui n'en est pas éloigné. Arnoû y consentit, néanmoins à condition que Pierre de Brixei jurerait qu'il n'y donnerait aucune retraite aux bandits et aux proscrits de Verdun. Ceci ariva vers l'an 1180. Le château fut rétabli en 1 182. Ce fut donc apparemment après cet accord , que le même Pierre de Brixei ayant entrepris le voyage de Jérusalem, laissa une grosse somme d'argent à quelques uns des siens , afin qu'ils l'employassent à fortifier le bourg de Liverdun, les ménaçant de la malédiction de Dieu et de la sienne, s'ils divertissaient cet argent à d'autres usages: ses intentions ne furent pas exécutées, et l'argent fut dissipé. Mais après son retour il rebâtit- Liverdun, comme nous l'avons vu plus haut. On dit que saint Gauzelin, évêque de Toul, qui a vécu au dixième siècle, depuis l'an 922, jusqu'en 962, tira les reliques du martyr saint Eucaire de son premier tombeau, et les exposa à la vénération publique, dans l'église paroissiale de saint Pierre de Liverdun. Mais je ne trouve pas cette particularité bien prouvée. Il y a apparence que long-temps avant S. Gauzelin , le corps de saint Eucaire reposait à Liverdun. Giles de Sorcy, un des successeurs de Pierre de Brixei, fit faire une châsse précieuse où il enferma les reliques du saint; et cette châsse fut prise en 1587, par l'armée protestante, qui ayant arraché les plaques d'argent qui la convraient, la brûla avec les reliques qu'elle renfermait (2).

(1) Hist. de Verdun, p. 268. (2) Benoît hist. de Toul, pag. 2f0.

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Le bourg de Liverdun est divisé en deux portions , l'une haute, aux environs du château , et l'autre basse, plus près de la Moselle. Le château de Liverdun n'a point été rétabli depuis sa ruine au quinzième siècle, sous l'évêque Antoine de Neuf-chatel. Le roi Louis XIII, avait ordonné qu'on fortifiat ce lieu ; mais on n'a ni achevé , ni entretenu ces fortifications. On lit dans l'abrégé de la vie des évêques de Toul , que l'évêque Henri de Ville-sur-Illon , qui fut évêque depuis 1409 jusqu'en 1456 (1), fit réparer les forteresses de Liverdun , de Brixei, de Blénod et de Maizière, et les mit en tel état, qu'on Ies tenait pour imprenables. Louis d'Haraucourt, évêque de la même église, depuis 1457 jusqu'en 1456 , répara aussi à grands frais Liverdun et Brixei, et y ajouta de nouveaux ouvrages. Guillaume Fillatre, qui fut évêque de Toul, depuis 1456 jusqu'en 1461 , bâtit à Liverdun un lieu propre pour garder les chartres de la mense épiscopale, ce qui lui coûta cinq cents florins. Hector d'Ailli, qui gouverna l'église de Toul , depuis 1525 jusqu'en 1552 , mit la forteresse de Liverdun entre les mains du duc Antoine, pendant les guerres de l'empereur Charles V, et du roi François I". - Sous l'évêque Thomas de Bourlémont, qui siéga depuis l'an 1550 jusqu'en 1555 (1), Isabelle d'Autriche, régente de Lorraine, sous la minorité du duc Raoul son fils, pour se venger des ravages que les troupes del'évêque deToul avaient faits dans la Lorraine, s'était emparée du château de Liverdun , et l'avait fait ruiner. L'évêque Thomas de Bourlémont , quelque temps après, fit un traité avec Henri IV comte de Bar, par lequel il lui cédait cette forteresse, à charge d'en réparer les fortifications. Le comte y fit aussitôt entrer se

(1) Hist: de Lorr. t. 1. p. 187, 188 PreuvesPremière édition.

(2) Hist. de Lorr., t. 2, p.514, 515, prem. édition.

troupes, qui y travaillèrent avec tant de diligence, qu'en six semaines la place se trouva en état de défense, et dès lors la garnison Barrisienne commença à faire des courses sur les terres de Lorraine. Le duc Raoul devenu majeur, entra en | guerre avec le même Henri comte de Bar. Il fit parler à l'évêque, le menaça, l'intimida, et l'obligea à renoncer au traité qu'il avait avec le comte, et à en passer un nouveau avec lui. L'évêque fit sortir par stra' tagème lestroupes Barrisiennes, qui étaient dans Liverdun , et y fit entrer celles de , Raoul ; elles n'y demeurèrent pas longtemps. L'évêque traita de nouveau avec Henri IV comte de Bar, et introduisit les Barrisiens dans Liverdun, après en avoir tiré les troupes Lorraines par artifice. Ces variations du prélat déplûrent même au comte Henri, qui s'accommoda avec le duc de Lorraine, et demanda à l'évêque la restitution des frais de la guerre, qui avait été suscitée à son occasion, entre le duc et lui. L'évêque fut obligé de donner six mille livres au comte. Le roi Louis XIII étant entré en Lor- . raine en 1652 vint d'abord à St.-Mihiel, puis au Pont-à-Mousson, où le duc Charles IV le vint trouver (1). Du Pont-àMousson le roi s'avança vers Liverdun , apparemment pour y passer la Moselle, car il n'y avoit alors point de pont à Frouart, pour de là venir investir Nancy. Dans cette extrémité, le duc Charles envoya des députés pour faire ses soumissions au roi. Les articles en furent arrêtés le 26 juin 1652. Il y fut dit que le duc remettrait au roi, Stenay, Jametz et Clermont-en-Argonne, et que dans un an, il ferait hommage au roi pour le Barrois mouvant, et qu'il observerait religieusement les cinq premiers articles du traité de Vic. Ce fut aussi à Liverdun que les gentilshommes de l'ancienne chevalerie de Lorraine, s'assemblèrent en 1659 pour prendre entre eux les mesures qu'ils croiraient (1) Hist. de Lorr., t. 2, pag. 221, première , les plus propres, pour rétablir dans le pays, leurs anciens priviléges (1). lls y créérent des syndics et des procureurs pour agir au nom de tous. Le duc Charles IV qui était à Bar, en ayant eu avis, condamna le baron de Safre à sortir des états, avec toute sa famille dans huit jours; le comte do Ludre avec quelques autres , furent consignés dans leurs châteaux, sous la garde des soldats, vivant à discrétion. Cette rigueur n'abatit pas le courage des autres; ils s'assemblèrent de nouveau, et dressèrent une requête, signèrent tous en rond , afin de dérober au prince le mom des chefs de l'assemblée. Tout cela ne servit de rien, et n'empêcha pas que la haute noblesse de Lorraine, ne fût enfin dépouillée de ses anciens priviléges. La paroisse de Liverdun est dédiée à l'apôtre saint Pierre. Le corps de saint Eucaire y ayant été transféré avant le cinquième siècle, y fut honoré d'un culte public; et l'évêque Pierre de Brixei y fonda, comme nous l'avons dit, une collégiale en 1188 (2) LIXIN ou LUXlM ou LUXHEIM. Lixin ou Luxim , petite ville de Lorraine dans la principauté de Phalsbourg, dans le Sargau, au diocèse de Metz, archiprêtré de Sarrebourg, est située entre Sarrebourg et Phalsbourg , tirant un peu vers le Nord. Le nom de Luxheim lui vient sans doute des eaux qui s'y voient et aux environs ; car en ancien latin Luxa, ou Lixa signifie de l'eau. Je ne trouve aucune mention de Luxheim dans l'ancienne géographie. Il y a quatre étangs sur les bans des deux Lixin, et de belles caux dans l'ancien Lixin. Luxheim avait ci-devant titre de prévôté, sous le bailliage de Sarguemines (5). Ce lieu était autrefois considérable, puisqu'en 1142 un prieur de Lixin (Luchisin) avait sous lui grand nombre de moines

cdition, P. D. Prcuves.

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|# et de femmes dévotes, qui étaient en réputation de sainteté. Ce prieur voyant que les personnes confiées à ses soins , n'avaient point encore de reliques dans leur église , comme étant nouvellement établie, s'adressa à Etienne de Bar évêque de Metz, et le pria avec de grandes instances , de procurer quelque saint protecteur à son nouveau monastère. Le prélat ayant fait venir les abbés de saint Vincent et de saint Arnoû, leur dit de faire savoir aux religieux de saint Clément de découvrir le corps de saint Legome évêque de Metz, qui reposait dans leur église, et que lui Etienne, viendrait au premier jour pour le lever de terre , et en faire la translation , sans leur déclarer qu'il avait dessein d'en faire présent aux religieux de Luxin. Mais ceux de saint Clément ayant eu connaissance de sa résolution, tirèrent de terre les corps des deux saints Victor et Legome, et des deux saintes Spere et Aprince, vierges, et les mirent séparément dans une châsse, chacun avec son inscription. Tout cela se passa l'an 1142 au mois de juin , indiction 5. Ainsi le prieur de Lixin n'obtient pas ce qn'il demandait. Par un titre de l'an 1260 on voit que Léopold, prieur du monastère de Lukesance, ordre de saint Benoît , diocèse de Metz, était dans la dépendance de Dietmar, abbé de St. George de la Forêt moire, même ordre, diocèse de Constance, qu'il nomme son père. En 1504 le prieur de Notre-Dame de Luxheim, et le prieur de saint Quirin sont députés pour reconnaître l'état du temporel de l'abbaye de Hesse. Henriette de Lorraine fille du duc François II et sœur du duc Charles IV princesse célèbre dans l'histoire par ses aventures, et par ses mariages successifs, 1° avec Louis de Guise, baron d'Ancerville, prince de Phalsbourg;2° avec Carlo Guasco, gentilhomme espagnol; puis 5° avec M. de Grimaldi, gentilhomme Génois ; cette princesse ayant eu pour apanage la terre de Lixin, dépendante de la principauté de Phalsbourg, dont Louis

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toire de Lorraine, dont trois sont avec l'effigie de la princesse Henriette, et deux de l'an 1654 ; l'une de cuivre avec cette légende : HENR. A LOT. PRIN. PHAL. ET LIX; et sur le revers, des fleurs de lys sans nombre avec le lambel à trois pendans, et cette inscription : DOVBLE T0VRNOIS 1654, La seconde d'argent avec ces mots : HENR. A L0TH.PRIN.PHAL.ET LIX. Au revers les armes pleines de Lorraine avec ces mots autour : 1634 MONETA N0VA LIXEI CVSA. La troisième aussi d'argent avec la même effigie et la même inscription, et sur le revers un alérion couronné, avec ces mots : MONETA NOVA LISEI LVSA. , La quatrième où l'effigie de la princesse ne se voit pas, porte l'écusson chargé de fleurs de lys sans nombre, avec deux H à côté, et cette inscription : 1655. HENR. A LOTH. PRIN. PHAL. ET LIX; etsur le revers une croix avec deux couronnes , et les deux fleurs de lys entre les croisons, et cette inscription : SIT NOMEN DOMINI BENEDICTVM. Cès fleurs de lys sans nombre, sont les armes du royaume de Naples et de Sicile, sur lequel la maison de Lorraine a des prétentions. Voici un mémoire qui m'a été envoyé de Lixhin et que je donne ici mot pour InOf. Lixheim, petite ville de Lorraine entre Sarrebourg et Phalsbourg vers le nord, est assez régulière. Les rues sont lar

ges et tirées au cordeau ; il y a une fontaine dont l'eau est des plus légère , et un couvent du tiers-ordre de saint François. Elle a titre de bailliage composé d2 vingt-cinq villages ou hameaux ; elle est à présent du diocèse de Metz, et se régit par la coutume de Lorraine ; c'était autrefois une abbaye de bénédictins située dans la Westriche contrée d'Allemagne. Les guerres et d'autres événemens la firent abandonner en 1555. Jules III alors sur la chaire de saint Pierre, ayant fait informer de commodo et incommodo, sur la représentation des religieux, et trouvé qu'ils ne pouvaient plus subsister, leur permit de se retirer dans des couvens de leur ordre. La plupart , se rendirent à Filing, où on croit qu'ils portèrent leurs archives. L'abbaye étant ainsi restée déserte, le pape s'en empara comme d'un bien ecclésiastique tombé en déshérence. On n'a point de connaissance des dévotes que l'on croit y avoir été autrefois; à moins que ce n'eût été des femmes et filles d'une confrairie ou fraternité établie à Sarrebourg, à laquelle les religieux de Lixheim étaient associés, ou des religieuses bénédictines d'un couvent qui subsistait alors à Crauffthal dans les montagnes d'Alsace, lequel était desservi par les religieux de Lixheim. Ce couvent a été détruit par les guerres de religion. En 1602, Clément VIII, voulant favoriser l'université d'Heidelberg, qui commençait à s'ériger, porta Frideric V prince palatin, à céder à ladite université les biens que ce prince avait à portée de cette ville, et lui donna en échange les biens de l'abbaye de Lixheim, que ce pape sécularisa à cet effet. En 1608, Frideric V fit bâtir la ville de Lixheim sur le territoire de l'abbaye, et donna refuge à tous ceux qui avaient comme lui embrassé la religion calviniste ; il leur fit des conditions favorables et leur distribua la plus forte partie des biens, dont lesdits religieux jouissaient par euxmêmes. Il leur fit bâtir un "#, qui fut

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