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Raoul de Coucy quitta l'évêché de Metz en 1415, et eût pour successeur Conrade Bayer de Boppart. En 1417, le duc Charles II ayant vendu à Henri d'Angeviller (apparemment Oge, viller ou Augeviller), moyennant mille florins du Rhin , la moitié des choses qui lui avaient été engagées en 1595, dans la ville d'Epinal; Jeanne de Joinville, veuve dudit Henri d'Angeviller, qui était au droit de son mari, eût pour héritier Simon , comte de Salm, qui rétrocéda ce que Henri d'Angeviller avait acquis, à Conrade Bayer, évêque de Metz, en 1454, moyennant mille vieux florins du Rhin. En 1425, Conrade Bayer de Boppart, évêque de Metz, entra en procès contre la ville et la communauté d'Epinal ; et en 1426, pour punir leur insolence, les traduisit à Rome et produisit contre eux plusieurs sujets de plaintes, prononça contre la ville un interdit, et enfin les assiégea et fit venir du canon pour battre leurs murailles. Ils furent contraints de lui demander pardon et de lui remettre les clefs de la ville. Il y entra, y fut reçu avec l'honneur convenable et on lui donna les présens de la ville. Quelque temps après, en 1429, comme il voulut imposer quelques charges sur les bourgeois , ils se soulevèrent de nouveau, mirent l'évêque et ses officiers hors de la ville; et le 15 avril 1429, intervint une sentence de la Rote, en faveur des habitans d'Epinal, qui déclare que I'évêque Conrade a injustement exigé une somme de quinze cents florins desdits habitans d'Epinal, et le condamne à les leur restituer. Enfin, en 1429, il fut obligé de leur accorder la permission de se mettre sous · la protection de René d'Anjou, duc de Bar. Ce prince déclara, par acte du 1" janvier 1429, qu'à la prière de l'évêque de Metz, seigneur direct de la ville d'Epinal , il avait promis de décharger les bourgeois

sées en 1508, contenant certains cens d'argent et d'avoine qu'ils devaient au duc pour droit de sauve-garde et de protection. En 1450, l'évêque de Metz ayant fait emprisonner Baudenot, Diron , Colin et Etienne, bourgeois d'Epinal, il y eût procès en cour de Rome, pendant lequel l'évêque Conrade reçut 1500 florins du Rhin pour l'élargissement desdits prisonniers ; après quoi s'étant pourvus à la Rote, jugement intervint qui condamna ledit évêque à restituer audit Baudenot et consors lesdits 1500 florins et tous les dépens faits en ladite cause. En 1457, l'empereur Sigismond étant au concile de Basle, accorda aux habitans d'Epinal la permission de commercer dans tous les pays relevant de l'empire. Dans le même concile, en 1429, et le 10 juin 1455, intervinrent deux arrêts entre Conrade, évêque de Metz et les habitans d'Epinal, pour terminer les différens qu'ils avaient entr'eux, En 1440, il y avait une espèce de guerre entre Philibert du Châtelet, Eloi de Granson et les bourgeois d'Epinal, laquelle fut terminée par traité fait le 16 juillet 1440, où ils promettent réciproquement de vivre en paix ensemble. Le 4 novembre 1441 , Louis, fils du roi de Jérusalem et de Sicile et marquis du Pont, prend sous sa protection la ville et les bourgeois d'Epinal, et leur permet de trafiquer dans tous ses états, en toutes sortes de marchandises, en payant cependant les droits de passage anciens et accoutumés. Ladite patente confirmée la même année par Isabelle, reine de Jérusalem et de Sicile, duchesse d'Anjou, de Bar et de Lorraine. Louis, dont on vient de parler, était fils de René I et d'Isabelle d'Anjou ; il mourut âgé de vingt ans. En 1442, ou 1445, il y avait une espèce de guerre entre les bourgeois d'Epi

| nal et Claude de Butte, à l'occasion d'un

de leur serment lorsque la succession au collier d'or, ou surdoré, que ledit Claude duché de Lorraine lui serait ouverte par la assurait avoir été confié par son père,

mort du duc Charles II son beau-père, et

Gaillard de Monzeron, à certains bourde mains en mains, de manière qu'il se trouvait égaré. Claude de Butte en ayant inutilement demandé la restitution, fit une guerre sérieuse auxdits bourgeois d'Epinal, qui interposèrent la médiation du prince Louis de Lorraine, fils de René I" d'Anjou, roi de Jérusalem et de Sicile,"et marquis du Pont, lieutenant dudit seigneur roi en ses duchés de Lorraine et de Bar, et protecteur de la ville d'Epinal, qui mit d'accord les parties , moyennant la délivrance de Jean de Chassiney, lieutenant dudit Claude de Butte, qui avait été fait prisonnier à Charmes, par ceux d'Epinal. On voit par là quel était l'état de cette province, et quelle était la licence d'y faire la guerre, et de désoler le pays. En 1444, le roi Charles VII étant venu en Lorraine, les députés de la ville d'Epinal vinrent trouver ce prince à Nancy, pour se donner à lui. Le roi accepta leur soumission, et étant allé devant Epinal accompagné du roi René I ", la ville se rendit; les deux rois y entrèrent , et Charles VII fit placer les armes de France sur les tours, L'acte de la cession faîte par les bourgeois, fut dressé le 11 de septembre 1444, après quoi ils prétèrent serment de fidélité entre les mains du roi (1). On sait que le dessein du roi était de se rendre aussi maître de la ville de Metz , et c'était déjà quelque chose de détacher Epinal , de l'obéissance de l'évêque de cette ville. Le même roi Charles VII, le 18 juin 1447, décide que les habitans des faubourgs d'Epinal, sont tenus, en cas d'attaque, de défendre la ville, de même que les autres habitans , d'y faire guet et garde, et d'entretenir ladite ville dans l'obéissance de Sa Majesté, sous peine d'y être contraints par sorce. Mais l'évêque de Metz se pourvût à Rome, et y cita les bourgeois d'Epinal. Le roi Charles VII prit leur défense, et produisit le traité passé entre lui et Con

de rendre auxdits bourgeois les lettres pas-jgeois d'Epinal, qui l'avaient fait passer

(1) Corpus diplomat, t. 5, p. 1 55.

jrade, évêque de Metz, par lequel ce prélat cédait au roi la ville d'Epinal et ses dépendances. Les bourgeois d'Epinal cités à comparaître et à produire leurs titres contre ledit évêque, ayant négligé de répondre aux écritures produites par ledit prélat, l'auditeur commis par le pape Nicolas V, asin d'entendre les parties, pour punir le mépris ou la négligence de ceux d'Epinal, mit en interdit cette ville et le ban. Le roi Charles VII informé de l'entreprise de l'auditeur, demanda au pape qu'il lui plût révoquer cet interdit, et le déclarer nul, promettant de se défendre dans | cette partie contre l'évêque de Metz. Le pape bien informé des dispositions de ce prince par son nonce résidant en France, révoqua l'interdit et se réserva la connaissance de l'affaire au sond. La bulle est du 8 septembre 1450. L'empereur Frideric III ayant été informé de la cession d'Epinal, qui était considérée comme fief impérial, dépendant de l'église de Metz; l'empereur, disje écrivit au roi Charles VII, et se plaignit de ce qu'il se fut ainsi emparé de la ville d'Epinal, qui relevait de l'empire. Le roi fit réponse à l'empereur qu'il n'avait accepté le domaine et la souveraineté de cette ville, qu'aux instantes prières des bourgeois, qui s'étaient volontairement donnés à lui; que la France me regardait pas la conquête d'Epinal, comme un bien fort considérable, parce que c'était une ville éloignée du centre du royaume, dont la défense ne serait pas aisée, et pourrait même devenir à charge, étant assise au milieu d'un pays peu affectionné à la couronne. Dans un breviaire manuscrit de l'abbaye de Remiremont, écrit vers l'an 1440, on lit ce répons à Laudes : capto Spinal dolis non virtute , desperabant strenui cives de salute, hostis clam ingrediens maenia transcendit, et succensis aedibus hostem lux ostendit. Cives metus incitat improvisa mortis, parat fugam pavidus, praelia vir fortis, ad fugandas igitur

acies prœdonum, palam clerus evehit patriae patronum. L'on chante encore à présent ce répons dans l'église d'Epinal, toutes les fois que l'on descend la chàsse de S. Goëric, dans les solemnités ou calamités publiques, et l'on montre près du grand autel une pierre ronde, telle qu'on les tirait autrefois par les bombardes, au commencement de l'invention de la poudre à canon, avant qu'on employât les canons ordinaires, et les boulets de fer fondu, dont on se sert aujourd'hui. La tradition d'Epinal veut que par l'intercession de saint Goëric, ce boulet ou cette pierre tomba dans l'église sans blesserpersonne; ct pour en perpétuer la mémoire, on a composé le répons que nous avons rapporté, et l'on a peint dans un vitrau de l'église, le même miracle, mais sans autre inscription que ces mots en lettres gothiques : L'an mil quatre cens soixante-deux. Dans ce vitrau , saint Goëric est représenté en chappe, la crosse à la main gauche, et la main droite étendue, comme pour rejetter un gros boulet de pierre qui est lancé contre lui. Il n'est plus question que de savoir qui étaient les brigands, praedones, routiers, aventuriers, qui attaquèrent alors Epinal , et qui tirèrent contre la ville pendant la nuit quelques coups de bombardes. Nous ne connaissons aucune guerre en Lorraine, où la ville d'Epinal ait pu être insultée en 1462 , ou 1465, aussi n'est-il ici question que d'une surprise nocturne, pendant laquelle les ennemis ou brigands, praedones, étant entrés dans la ville, y mirent le feu , et furent reconnus à la lueur des flammes. Dans ce temps-là les petites guerres entre les villes et les seigneurs particuliers étaient fréquentes et de peu de durée. Il faut pourtant que dans celle-ci on se soit servi de bombardes, et qu'on ait tiré contre la ville quelques coups, puisqu'on attribua à la protection de saint Goëric, que le boulet de pierre soit tombé dans l'église sans y causer ni mal, ni blessure, ni

mort à personne. Et nous avons un acte du 7 décembre 1466, par lequel Nicolas de Lorraine, marquis du Pont , donne main-levée à ceux d'Epinal de tout ce qui avait été sequestré, arrété et mis sous sa main, à l'occasion de la guerre qui darrièrement a été meüte contre ceux d'Epinal , et qu'on restitue auxdits d'Epinal tout ce qui a été pris sur eux, tant en Lorraine qu'au marquisat du Pont-àMousson. Il est fort possible que ces actes d'hostilités se soient passés en 1465. Le maréchal de Bourgogne, Thiébaut de Neuf-Chatel, sachant les dispositions du roi Louis XI, lui demanda, en 1465, la terre et seigneurie d'Epinal : Louis la lui accorda sans peine, et lui en fit expédier les lettres. George de saint Blin , bailly de Sens, partit de Paris avec le maréchai de Bourgogne pour intimer aux bourgeois d'Epinal la volonté du roi ; mais ceux d'Epinal prièrent le bailli de témoigner au roi la répugnance invincible qu'ils avaient d'obéir au maréchal de Bourgogne, à cause de l'antipathie naturelle qui est entre les deux nations de Bourgogne et de Lorraine; mais qu'ils le suppliaient, s'il voulait les mettre hors de sa sainte couronne, de leur donner un autre maître.Après quelques négociations et raisons alléguées de part et d'autre, le roi les fit venir à Montargis, et leur déclara qu'il leur laissait le choix du souverain qu'ils jugeraient à propos. Le duc Jean de Calabre qui était alors à la cour, s'offrit aux députés d'Epinal, qui le reconnurent avec plaisir pour souverain. C'est ainsi que la ville d'Epinal est entrée sous la domination des ducs de Lorraine. Le roi Louis XI, par acte donné à Montargis, le 6 août 1466, y donna Ron consentement, et déchargea ceux d'Epinal de leur serment de fidélité. La même année, Nicolas, marquis du Pont, lieutenant-général du duché de Lorraine , reçut au nom du duc Jean de Calabre, son père, les gouverneur, échevins et communauté d'Epinal à hommes et sujets du duché de Lorraine, les incorpora pour

toujours au domaine dudit duché , et confirma leurs droits, coutumes et privilèges envers et contre tous, notamment contre l'évêque de Metz; en même temps il prit possession de la ville et du château d'Epinal, et reçut le serment de fidélité des officiers et habitans dudit lieu. Le maréchal de Bourgogne outré du mépris que ceux d'Epinal avaient témoigné de sa personne et de sa domination, assembla quelques troupes, et les mena devant Epinal pour en faire le siége. Ceux de la ville persistant dans le choix qu'ils avaient fait du duc de Calabre pour leur souverain, ce prince envoya le jeune marquis du Pont pour secourir Epinal; le maréchal de Bourgogne leva précipitamment ce siége, et le marquis du Pont fit son entrée dans la ville, et en prit de nouveau possession au nom du duc de Calabre. La même année, le 21 juillet 1466, les bourgeois d'Epinal renoncèrent au droit qu'ils avaient toujours eu de conserver et d'user de leurs poids et balances, et cela au profit du prince Nicolas de Lorraine, lequel toutefois leur laissa la liberté de peser et tenir poids pour leurs marchandises, jusqu'à cent livres et audessous. Les évêques de Metz ne désespéraient pas toutefois de ramener cette ville à leur obéissance; George de Bade, évêque de Metz, fit, en 1469, un voyage à Rome pour solliciter le pape Paul II d'employer son autorité, afin d'obliger le duc de Calabre à restituer Epinal à l'église de Metz (1). Le pape donna un mandement à cet effet; mais le duc ne permit pas qu'on le publiât dans ses états. En même temps le duc Jean députa à Rome, Jean de Lambale, son conseiller, pour représenter à sa sainteté les raisons qu'il avait de retenir cette place, qu'il ne l'avait pas enlevée de force; que le roi Louis XI à qui les bourgeois l'avaient offerte, la lui avait cédée. Que les évêques de Metz,

(1) Histoire de Lorr., t. 2, p. 944.

par le violement des priviléges de la ville, lui avait donné lieu de rechercher la protection d'un autre souverain. George de Bade intéressa aussi l'empereur Frideric V à lui faire rendre justice sur la restitution d'Epinal. L'empereur députa à Metz un commissaire pour prendre connaissance des droits d'un évêque de Metz sur la ville d'Epinal, et des raisons qu'avaient eues ceux d'Epinal pour se soustraire à l'obéissance de leur seigneur naturel. Le commissaire rendit compte de sa commission à la diète de Spire. Le duc de Calabre y envoya aussi ses députés avec tous les titres et mémoires qui prouvaient ses droits sur cette ville. La diète ordonna qu'on citerait le duc à fournir ses défenses pardevant les commissaires qui furent nommés ; mais le duc de Calabre était alors en Catalogne, où il faisait la guerre au roi d'Arragon : il y mourut le 15 décembre 1470, ainsi les choses demeurèrent au même état où elles étaient auparavant. On trouve dans les archives de Lorraine, que Henri de NeufChatel, fils de Thiébaut, fit cession au duc Nicolas et à ses successeurs, des droits qu'il avait sur Epinal. Le duc Nicolas confirma les priviléges de cette ville, et ensuite René II en fit autant en 1475, le duc Antoine en 1515, Charles III en 1599, Henri II en 1615, Charles IV et Nicole en 1624. George de Bade, évêque de Metz , voyant qu'il ne pouvait plus recouvrer Epinal, qui était tenu par René II, duc de Lorraine, héritier du duc Nicolas, pour s'en venger fit un traité avec Charles-leHardi, duc de Bourgogne, qui faisait la guerre à René II ; et en 1475 lui engagea le château d'Epinal entièrement, avec la moitié du domaine que le duc de Bourgogne pourrait recouvrer par la voie des armes ou de la justice, et que l'évêque de Metz pourrait retirer des mains du duc et le dégager par quinze mille francs monnaie de Bourgogne. L'évêque, dans l'acte qu'il en passa, déclara qu'il s'était pourvu inutilement devant le pape, l'empereur et le roi de France pour rentrer en possession d'Epinal. Pendant la guerre du duc de Bourgogne Charles-le-Hardi contre la Lorraine, ce prince, dans le mois d'octobre 1475 (1), se rendit maître des villes du pays qui sont situées sur la Moselle. Epinal, comme la meilleure place de ces quartiers-là , se défendit pendant neuf jours, et ne se rendit qu'à condition que les troupes étrangères qui s'y trouvaient en sortiraient la vie et les bagues sauves, et que les bourgeois seraient maintenus dans leurs priviléges, franchises et libertés. Le duc de Bourgogne fit son entrée dans Epinal avec toute sa noblesse et dans la plus grande pompe qu'il lui fut possible. Le lendemain il reçut le serment de fidélité de la bourgeoisie, y laissa une garnison de trois cents hommes et en sortit pour achever la conquête de la Lorraine. La ville ne souffrait qu'avec peine de se voir au pouvoir des Bourguignons. Les paysans de la campagne s'obstinèrent à ne vouloir pas leur porter au marché les choses nécessaires à la vie, ce qui réduisit bientôt les soldats et les bourgeois à une extrême disette; le peuple en fit grand bruit et les magistrats résolurent de se délivrer du joug de ces étrangers. Ils députèrent au duc René II, qui était toujours à Strasbourg, et le priêrent d'envoyer dans huit jours quelque monde devant leur ville, promettant de lui en ouvrir les portes. René promit que dans le 8 septembre 1476 il serait devant Epinal. Il n'y manqua pas, il avait rassemblé un corps considérable de troupes, il rangea sa petite" armée à un quart de lieue de la ville. Dès que les bourgeois l'aperçurent ils commencèrent à prendre les armes, la garnison en usa de même; mais elle s'aperçut bientôt que la bourgeoisie n'attendait que le moment de tourner ses armes contre eux. Ils prièrent les magistrats de faire leur composition avec le duc René; on leur promit la vie et bagues sauves, sous

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le bon plaisir du duc, et on les conduisit hors de la ville; le duc leur donna un sauf conduit, et les magistrats offrirent les clefs au duc René II, qui entra dans la ville avec ses gens en ordre de bataille; le gouverneur du château se rendit bientôt après. Les bourgeois prêtèrent au duc un nouveau serment de fidélité, et l'abondance fut incontinent rétablie dans la ville. Epinal, comme le reste de la Lorraine, jouit d'une assez grande tranquillité jusqu'à la guerre que le duc Charles IV attira dans le pays(1). En 1655, ce prince étant àSierk, et n'ayant pas de quoi y faire subsister ses troupes, les envoya dans les montagnes de Lorraine ; elles y prirent leur logement, mais la ville d'Epinal, avec la garnison française qui y était, fit une longue et vigoureuse résistance. Jean-Baptiste de Lamezan qui y commandait, s'y défendit avec tant de résolution, que la ville et le château ayant été pris d'assaut, il demeura lui cinquième entre les mains des officiers lorrains, qui le tinrent prisonnier un an entier et lui firent acheter bien cher sa liberté, En 1657, sur la fin de l'année, Charles IV résolut de reprendre toutes les petites places de Lorraine et du Barrois. Il prit d'abord Remiremont et Epinal : cette dernière place lui fut rendue par un conseiller de la ville, qui l'y introduisit pendant la nuit. Il fit prisonnier la Jonchette qui y commandait avec toute sa garnison. Il prit ensuite Châtel-sur-Moselle et Charmes. Ce fut dans Epinal que le duc Charles IV fit une démission de ses états en faveur de son frère le cardinal Nicolas-François, le 26 d'août 1655 (2). En 1641 (5), après que le duc Charles IV se fut retiré dans ses états, outré de la faute qu'il avait faite en signant le traité par lequel il n'y rentrait que sous certaines conditions très désavantageuses, il se rendit en Lorraine et vint à Epinal, où, le 26 avril 1641 , il renouvela ses protestations

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