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après (4), un seigneur lorrain nommé
Hezel ou Hezeb, ayant apporté de Chinon
en Tourraine, des reliques de saint Maxe
ou Maxime , bâtit dans ce château de Bar
une chapelle ou oratoire, où il déposa
les reliques de saint Maxe, et fit consacrer
cette chapelle par saint Gérard évêque de
Toul, qui fut nommé à cet évêché en 964,
et mourut en 994. -
Nous avons une charte authentique, qui
nous a été eommuniquée par M. de la
Vallée, doyen de la collégiale de saint
Maxe, et imprimée au premier tome de
l'histoire de Lorraine, sous l'an 1025 (5),
indiction 15, donnée sous le règne de
Louis comte de Bar, sous l'épiscopat
d'Hermand évêque de Toul; dans laquelle
il est dit que sous le règne de Lothaire roi
de France, et de Frédéric duc de Lor-
raine, un seigneur Lorrain de très-grande
qualité , nommé Hézeb , ou peut - être
Hezel , bâtit dans ce château de Bar, un
Oratoire qu'il fit consacrer par Gérard
évêque de Toul, en l'honneur de la Sainte
Vierge, de saint Etienne et de tous les
Saints , et qu'il décora des reliques du
précieux confesseur saint Maxime, qu'il
avait apportées du pays de Tours en
Tourraine, par une providence particu-
lière de Dieu.Que le jour de cette dédicace,
la duchesse Béatrix et (épouse du duc
Frédéric), fit présent à cette chapelle de
la terre de Varenne. On trouve ensuite le
dénombrement des autres biens que divers
particuliers firent à saint Maxe, qui font
voir que dès lors c'était plus qu'une simple
chapelle , et qu'apparemmcnt on y mit des
chanoines pour la desservir.
Quoiqu'on ne puisse pas fixer au juste
l'année de la fondation et de la consécra-
tion de l'église collégiale de saint Maxe de
Bar, on peut néanmoins la déterminer à
peu près ainsi : Saint Gérard fut fait évêque

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de Toul en 964, le duc Frédéric com-
mença à bâtir le château de Bar en 964 ;
quelques années après (peut être en 992),
saint Gérard consacra l'oratoire de saint
, Maxe. Frédéric ne vivait plns en ce temps-
là , mais la duchesse Béatrix son épouse
vivait : Frédéric mourut en 984 et saint
Gérard en 994. On ne peut donc pas
reculer cette dédicace au-delà de 984 ,
ainsi elle peut s'être faite entre 992
| et 995. -
Quant à la personne de saint Maxe , on
forme sur son sujet quelques difficultés
qu'il est bon d'éclaircir ici. On nous écrit
de Chinon en Touraine, du 28 août
1755 (1), que l'église de saint Maxe ou
! de saint Méme , ou saint Maxime de
| Chinon, ayant été incendiée par les Hu-
guenots, messieurs du chapitre ont perdu
| la plupart de leurs titres et monumens
anciens. Que toutefois leur légende porte
que saint Maxe était sorti d'une famille
noble d'Aquitaine, qu'on prétend même
que son père était gouverneur de Loudun,
sous l'empereur Julien l'apostat ; que
saint Maxe avait pour frères cadets , saint
Maixant et saint Jouin , tous deux succes-
sivement évêques de Poitiers et qu'il
passe pour certain, qu'il fut instruit par
saint Hilaire évêque de Poitiers ; qui fut
rélégué en Phrygie par les Arriens ;
qu'ensuite saint Maxe vint trouver saint
Martin évêque de Tours, qui l'ordonna
prêtre. De là il se retira dans une solitude
près de la ville de Chinon , qui n'était
alors qu'un très-petit Bourg. La réputa-
tion de sa vertu lui attira bientôt des
imitateurs, en particulier saint Louand.
Après une vie très-exemplaire accompa-
gnée de plusieurs miracles, il mourut à
Chinon le 20 d'août , àgé de soixante-dix
ans, et fut enterré par saint Martin, dans
la chapelle dédiée à la Viergc, au monas-
tère qu'il avait bâti à Chinon. L'église
subsiste encore aujourd'hui ssus le titre

(1) Lettre de M. Perrault chanoine de Chinon, au R. P. Dom Augustin Gnillcmin, religicux de Senones.

de saint Méme, desservie par une collégiale célèbre.

La lettre ajoute, qu'on prétend que le corps fnt transféré au temps des persécutions, à l'Ile-Barbe près Lyon , où il y avait autrefois un chapitre sous le nom de saint Maxime, qui vient d'être uni il y a cinq ou six ans à la cathédrale de Lyon. On a fait à Chinon la fête de cette translation, le 29 octobre. C'est ce que porte la légende de Chinon. Messieurs du chapitre de Chinon , ayant demandé à ceux de Bar, quelques portions des reliques de leur saint patron, ils en obtinrent quelques ossemens du chef, comme il paraît par le prooès-verbal et le certificat , en date du 8 juin 1598, signé, que l'on conserve dans la chasse du saint, à Chinon.

Les chanoines de Chinon conservent dans l'église le livre des évangiles, que saint Méme avait avec lui lors de son naufrage dans la Saône, rapporté par saint Grégoire de Tours (1). Ils conservent aussi son étole et sa chappe qui est fort grande, faite à l'antique, sans Orfroi, ayant au lieu du Chaperon, une espèce de petite capuce pointue. Elle est absolument sans coûture et faite d'une écorce fort fine, d'un fond violet brun , chargée d'une quantité prodigieuse de léopards, couleur jaune foncé.

Ils ajoutent qu'il y a environ vingt-huit ans, qu'en démolissant un ancien autel dans l'église de saint Méme ou Maxime de Chinon , on trouva dans les fondemens dudit autel , une boîte pleine d'ossemens , avec un morceau assez considérable de la chappe du saint dont nous avons parlé , qui était aussi brillante que si elle sortait de la main de l'ouvrier , avec une inscription dont on ne pût lire que ces mots : Hic sunt Reliquiae Apostolorum et Sanctorum. La circonstance de la chappe de saint Maxe pourrait faire croire, que luimême aurait placé les reliques en cet endroit.

(1) Gregor. Turon. lib. de gloria confessor c. 22. p . 912.

Jusqu'ici nous avons suivi la légende de saint Méme ou Maxe ou Maxime de Chinon, avec les remarques de M. le chanoine Perrault. Ce qu'il avance de l'instruction de saint Maxe par saint Hilaire évêque de Poitiers , et de la sépulture donnée à saint Maxe par saint Martin , tout cela est insoutenable , toute la chronologie y répugne. La translation des reliques de saint Maxe à l'IleBarbe, n'est pas plus certaine non plus que ce que l'on avance de la famille de saint Maxe. Nous mettons tout cela au rang des histoires fabuleuses ou apocryphes. Venons à présent aux sources d'où l'on peut tirer plus sûrement la vérité de cette histoire. Le premier auteur qui ait parlé de saint Maxime, est Grégoire de Tours , qui nous apprend (1), qu'il avait en main une vie de saint Maxime écrite en vers , et qui portait que saint Maximin était disciple de saint Martin ; que le désir de vivre inconnu au monde, l'avait porté à se retirer au monastère de l'Ile-Barbe ; que son mérite éclatant l'y ayant fait connaître , il fut obligé de retourner dans son pays : mais comme il passait la Saône, la barque où il était ayant été submergée , il échappa heureusement au danger, ayant à son col le livre des évangiles et les instruinstrumens de son ministère journalier, Ministerium quotidianum , c'est-à-dire, le calice et la patène pour dire la messe. Echappé de ce danger, il arriva heureusement à Chinon cn Touraine , où il bâtit un monastère. Quelque temps après, Giles, préfct des troupes Romaines, ayant assiégé cette place, et ayant bouché un puits dont les assiégés tiraient de l'eau pour leur besoin , saint Maxime touché de leur extrémité, obtint du ciel par ses prières, une pluie si abondante, que tout le peuple eut de quoi appaiser sa soif , et à remplir tous leurs vases qu'il leur avait dit d'apporter sur la place publique, leur promettant de l'eau en abondance; la

(1) Hist. de gloria cofessorum, cap. 22.

tempête fut accompagnée de tonnerre , de soudre et d'éclairs si terribles , que les assiégeans effrayés furent contraints de lever le siége. On croit que ceci arriva vers l'an 465. Saint Maxime mourut dans son monastère dans un âge avancé , et y fut enterré. Dieu fit éclater le mérite de son serviteur, par un grand nombre de guérisons miraculeuses, dont saint Grégoire de Tours rapporte deux des plus signalées (1), d'un jeune garçon et d'une jeune sille appartenant à son église de Tours, dont il fut témoin, et y reçurent la santé. L'ancien livre de la vie de saint Maxime, ne se trouve plus ; mais on en cite un autre qui se conserve au monastère de Marmoutier, où l'on ne voit que peu de choses , hors ce que nous venons de voir dans Grégoire de Tours. M. le Laboureur ancien prévôt de l'ileBarbe (2), dans l'histoire de cette abbaye qu'il a composée sous le titre de Mazures de l'ile-Barbe, imprimée à Paris, en deux volumes in-4° en 1681 , raconte aussi l'histoire de saint Maxime , qu'il a tirée de la légende conservée à Chinon , ainsi que nous l'avons rapportée d'après la lettre de M. le chanoine Perrault ; mais il avoue qu'il y dans cette légende quelques particularités apocryphes. Dans un autre endroit il dit, que saint Eucher évêque de Lyon, avait une estime si particulière pour saint Maxime, qu'il le faisait souvent venir de son monastère de l'ile-Barbe à Lyon , pour les affaires de son diocèse, lui donnant soin d'en faire la visite en son absence. Il rapporte une lettre du même saint Eucher écrite à Philon, qu'il nomme son frère vénérable et prêtre comme lui, par laquelle il le prie d'engager le vénérable abbé Maxime, qui gouverne le monastère de l'ile-Barbe, à sortir de son abbaye et de le venir trouver, et de lui dire qu'il lui

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prépare une demeure et des livres, parce qu'il avait dessein de passer le carême avec lui. Il lui envoya en attendant, trois cents mesures de provisions annonœ , apparemment de froment , deux cents mesures de vin , deux cents livres de fromage et cent livres d'huile pour la nourriture de sa communauté. Si cette lettre de saint Eucher regarde notre saint Maxime, comme nous le croyons , on peut fixer son àge et sa demeure à l'ile-Barbe vers l'an 450, puisque saint Eucher vivait à Lyon en 440 , et que le siége de Chinon par le préfet Giles ou Gillon , arriva en 465. Je sais qu'il y a quelques difficultés sur cette lettre de saint Eucher, touchant saint Maxime (1), et que M. Baluze croit que l'abbé Maxime dont il est parlé dans cet épitre , est un autre Maxime , dont Leidrade évêque de Lyon , parle dans une lettre à l'empereur CharlemagneM. le Laboureur dont j'ai cité l'ouvrage, dans ses deux tomes de son histoire de l'ile-Barbe, ne dit pas un mot de la demeure de saint Maxime en l'ile-Barbe ni de la translation de ses reliques en ce monastère. Mais il montre que son culte y était en honneur, de même que celui des S.S. Benoit , Parent de Charlemagne et de saint Ambroise, tous trois abbés de ce célèbre monastère, et insérés dans son calendrier. D'autres savans critiques sont partagés sur la personne de saint Eucher de Lyon. | Les uns, comme Pierre François Chifflet | dans son saint Paulin illustré , partie 1 , chap. 19. M. l'abbé Antelmi dans une | dissertation particulière, et M. de Tille| mont, histoire ecclésiastique, tome 15, , soutiennent qu'il n'y eut qu'un seul Eucher ' évêque de Lyon , en quoi ils conviennent · avec tous lcs plus anciens catalogues des | archevêques de Lyon et avec tous les auteurs des martyrologes.

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1) V. Gregor. Turen. opera est studio Domini Theodorici Ruinart, in addendis et emen, dandis, p°g. 1 4oo.

D'autres savans, comme Baronius sous l'an 529, M. de Sponde son abréviateur, Severtius, dans son histoire des archevêques de Lyon , les Bollandistes en plus d'un endroit, et le P. Théophile Rainaud, dans un ouvrage composé exprès, et le R.P. Mabillon dans ses notes sur la vie de sainte Consortie, tome 1, des actes desaint Benoit, et enfin M. de la Mare,dans l'histoire de l'église de Lyon disent qu'ily eut deux Eucher.

Les auteurs de la Gaule chrétienne, après avoir mûrement pesé les raisons de ces deux sentimens, se sont déterminés pour celui qui admet deux Eucher archevêques de Lyon (1). Le premier qui a gouverné cette église depuis environ l'an 457 jusqu'à vers l'an 450, le second qui a vécu depuis l'an 520 ou environ, jusques vers l'an 550.

Quant à saint Maxime (2) qui fait le principal sujet de cette dissertation, les mêmes auteurs de la Gaule chrétienne, soutiennent qu'il ne fut abbé de l'ile-Barbe que sous l'évêque Loup , successeur du second saint Eucher, et qui vivait en 558. Leidrade dans sa lettre à Charlemagne, parle très-avantageusement de l'abbé Maaime, et dit que les évêques de Lyon lui confiaient le gouvernement de leur diocèse en lenrs absences.

Reste à savoirsi saint Maxime de Chinon, a été abbé de l'ile-Barbe. Saint Grégoire de Tours dit expressément, qu'il se retira dans ce monastére; mais il ne dit pas qu'il en ait été abbé; il ajoutc qu'il en sortit pour venir à Chinon, où il bâtit un monastère, et où il mourut.

Il est vrai que par la lettre d'Eucher à Philon, il parait qu'il y avait eu à l'ileBarbe un abbé du nom de Maxime, fort estimé d'Eucher, et qui voulait se retirer de cette abbaye. Mais ou veut que cet Eucher et ce Maxime ayant été deux personnes fort différentes de celui dont il est parlé dans la lettre de Leidrade à Charlemagne. J'ai peine à me rendre à ce senti

(1) Gallia Christiana. t. iv, p. 2o, 21 et scq. p. 43o, et seq.

(2) Ibiàem, p, 222.

ment. Il est certain que les chanoines de Chinon et ceux de l'ile-Barbe, étaient bien persuadés que c'était le même saint Maxime ou saint Maxe honoré à l'ileBarbe, à Chinon et à Bar-le-Duc ; on ne doit pas mépriser ces traditions locales et anciennes. La lettre de l'évêque Leidrade à Charlemagne (1) que j'ai devant les yeux , parle à la vérité d'un abbé de l'ile-Barbe, du nom de Maxime ou Maximin, mais il ne dit pas qu'il ait vécu de son temps ; il marque même bien clairement que Maxime , Ambroise et Licinius avaient vécu auparavant, sous les évêques de Lyon , Eucher, Loup et Genesius et les autres , qui leur avaient donné des marques de leur confiance , en leur accordant le pouvolr de lier et de délier, de même que lui Leidrade , l'avait confié à Benoit, qui gouvernait alors ce monastère. Carolus imperator ibidem prasecit Dominum Benedictum Abbatem..... Cui etiam Abbati tradidimus potestatem ligandi et solvendi, uti habuerunt Praedecessores sui, scilicet Ambrosius, Maximinus , Licinus. Clarissimi viri, qui locum istum tenuerunt, quos Eucherius, Lupus atque Genesius , caeterique Episcopi Lugdunenscs , ubi ipsi deerant , aut non poterant, adesse, mittebant cognitores utrùm Catholica fides recte crederetur, etc. Ce passage prouve évidemment que Maxime, Ambroise et Licinius ont gouverné comme abbés, le monastère de l'ile-Barbe avant Charlemagne , sous les évêques Eucher, Loup et Genesius. Ainsi il n'y a nulle nécessité de reconnaitre deux Maxime abbés de l'ileBarbe. Mais je ne fais pas difficulté de reconnaître deux saints Eucher, qui ont gouverné l'église de Lyon en des temps différens. Les souscriptions des conciles où s'est trouvé le deuxième saint Eucher, en sont des preuves sensibles, car il est mal aisé de faire vivre le premier saint Eucher, qui a souscrit au concile d'Orange en 441,

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jusqu'an temps des conciles d'Arles, tenns en 524, de Carpentras tenu en 527, d'Orange en 529, et de Vaison en 529, auxquels a souscrit un saint Eucher , nécessairement différent du premier. Pour revenir à la collégiale de saint Maxe de Bar; quelques années après sa dédicace, dont nous avons parlé , c'est-àdire, vers l'an 990, le duc Thierri fils de Frédéric, pour expier la faute qu'il avait commise en faisant arrêter la duchesse Béatrix sa mère, afin de l'obliger à lui remettre le gouvernement de ses états , fonda au lieu d'un oratoire, la collégiale de saint Maxe et y mit quatre chapelains, ce qu'il fit en exécution de la sentence du pape Jean XX, qui lui avait imposé pour pénitence, de former quatre prébendes dans ses états. Mais dans la suite ce chapitre fut considérablement augmenté , ensorte qu'aujourd'hui il est composé d'un doyen et de neuf chanoines, de quatre vicaires et de quatre chapelains , d'un maitre de musique et de quatre enfans de chœur. Le doyen de saint Maxe est premier chanoine · de la collégiale de saint Pierre, dont on parlera bientôt et réciproquement, le doyen de saint Pierre est premier chanoine de saint Maxe ; ils possèdent chacun une prébende dans ces deux églises. Cette église de saint Maxe est chapelle du château , et paroisse des ducs, de leur maison, et commensaux, et de l'hôtel-deville. La châsse de saint Max est couverte de lames d'argent, par la libéralité de M. Didier le Bégue, doyen de cette église,

qui mourut le 27 octobre 1685. Il fit la !

châsse en 1669. On admire en particulier dans cette église, la mort qui sert de mausolée au cœur du prince d'Orange, qui

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c'est l'ouvrage de Richier, célèbre sculpteur de Saint-Mihiel. On remarque dans la même église de saint Maxe, un maitre-autel d'un dessin très-recherché , tout incrusté de marbre, avec des colonnes de même, autour du grand cadre du milieu ; on admire un

Christ en croix, la Sainte-Vierge et saint Jean avec les douze apôtres, le tout en petit, d'un albâtre admirable, et d'un ouvrage exquis. En 1555, Giles de Trêves, doyen de saint Maxe, fit bâtir une chapelle où l'on trouve des morceaux de sculpture, qui ne cèdent en rien à ceux de la plus vénérable antiquité. On y voit entr'autres les quatre évangélistes , et les quatre pères de l'église latine, qu'on ne saurait assez estimer ; toutes ces pièces sont de la même main et de la même pierre, que le squelette merveilleux dont on a parlé. Au-dessus de la corniche qui règne aux deux côtés de la même chapelle , on a placé les douze apôtres qui sont d'une terre cuite ; mais avec des attitudes et des traits si finis et si naturels , que les images de cire ne pourraient pas être plus délicates. Le doyen de saint Maxe est curé de cette paroisse, où il y a eu des princes , qui y ont reçu le Baptême. Les chanoines de cette église doivent être nobles ou docteurs. Le souverain est collateur de plein droit de tous les canonicats ; le doyen est électif et confirmé par l'ordinaire, comme ayant curam animarum. Le prince est en possession lors de l'élection, de recommander au chapitre un ou deux sujets. Le duc Léopold par édit du 50 septembre 1698, a affecté les trois quarts des prébendes de saint Maxe et de la primatiale de Nancy, à des nobles de trois degrés du côté paternel, et l'autre quart , à des docteurs. On montre à Chinon en Touraine , le tombeau de saint Maxe, mais on convient que les reliques du saint n'y sont plus, et que l'on n'y conserve que celles qui y ont été envoyées de saint Maxe de Bar, comme · il conteste par les certificats réciproques de ces deux églises ; on lit que des hérétiques 'ayant assiégé et pris Chinon, profanèrent | le tombeau de saint Maxe, en tirèrent les reliques et les jetèrent dans les flammes ; | mais qu'un gentilhomme lorrain nommé | Hezeb, se trouva là, et en sauva une

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