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XI - - AVERTISSEMENT.

au temps actuel. Nos mesures à cet égard étaient prises, et déjà nous nous étions abouchés avec plusieurs notabilités littéraires de la Lorraine ; lorsque de toute part on nous fit observer que le présent était assez connu par les statistiques départementales, et que ne pas donner Dom Calmet tout entier, ce serait dépouiller le récit du charme qui attache le savant. Ces considérations nous ont déterminés à publier la Notice, telle qu'elle est sortie des mains de l'auteur, persuadés d'ailleurs que nous sommes, qu'après Dom Calmet , il n'est plus rien à dire sur notre ancienne patrie. Nous nous sommes donc fait scrupule de reproduire l'édition de 1756, mais pour le texte seulement : car chacun sait que l'auteur, jaloux de ne rien laisser ignorer à ses lecteurs, a ajouté dans la suite un supplément presqu'aussi étendu que le corps de l'ouvrage : de sorte qu'on reste tout étonné, après avoir parcouru toute la nomenclature des lettres de l'alphabet, de les voir reparaître dans le même ordre. Pour éviter de recourir ainsi à chaque instant au supplément, nous avons reporté a la fin de chaque article les détails qui s'y rattachent. C'est d'ailleurs ce que Dom Calmet se proposait de faire lui-même dans une nouvelle édition.

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Le pays que nous connaissons aujourd'hui sous le nom de Lor· raine, faisait autrefois partie de la Gaule-Belgique , et était compris dans la première Belgique, dont la capitale était la ville de Trèves, comme Rheims était capitale de la seconde Belgique. Sous le règne d'Auguste, la Belgique en général comprenait les peuples Tréviriens, les Médiomatriciens, ou ceux de Metz, les Leuques ou Toulois, les Verdunois, les Rémois , les peuples du Soissonnais, du Châlonnais, du Vermandois, d'Arras , de Cambray, de Tournay , de Senlis, de Beauvais, d'Amiens, les Morini , ou les peuples de Téroüane et de Boulogne, et des environs ; Menapã, les peuples de Juliers , Gueldres et Clèves , et des environs ; Sequani, les peuples des environs de Besançon : AEdui, les peuples de l'Autunois, les Suisses en partie et les Rauraques, ou ceux des environs de Bâle en Suisse, et la Haute-Alsace.

Sous les rois de la première race, la Lorraine porta le nom d'Autrasie, ou France orientale, et forma un royaume considérable, dont la ville de Metz était la capitale. Ce royaume était beaucoup plus étendu qne ne Test aujourd'hui la Lorraine, dont les limites n'ont presque jamais été bien fixées ; parce que les rois d'Austrasie ont souvent ou augmenté leurs états par des conquêtes , ou en ont diminué l'étendue par des pertes ou des échanges, ou par d'autres causes , comme il arrive dans tous les états.

Le roi Lothaire, vers l'an 858, donna son nom à la Lorraine , et la fit nommer Lotharingia. Ce prince a régné depuis l'an 855

jusqu'en 869. Il mourut en cette dernière année, sans laisser d'enfans. Charles-le-Chauve et Louis de Germanie, oncles du roi Lothaire, se partagèrent la Lorraine en 870; Louis eut Cologne, Utrecht, Strasbourg, Bâle, Trèves, Metz, Aix-la-Chapelle, leur territoire , et ce qui est entre la rivière d'Ourt et la Meuse : Charles-le-Chauve eut tout le reste du royaume de Lorraine. Après la mort de Charlesle-Chauve, arrivée en 877, la Lorraine fut de nouveau partagée : Louis-le-Bègue demeura maître de ce qui avait appartenu à Charlesle-Chauve son père, et Louis-de-Germanie eut tout le reste de la Lorraine. Louis-le-Bègue étant mort en 879, Louis-de-Germanie réunittoute la Lorraine sous sa domination. Charles-le-Gros lui succéda en 881, et jouit de toute la Lorraine jusqu'en 887, qu'il fut détrôné, et Arnoû fut reconnu roi de Lorraine en sa place. Il céda ce royaume à Zuindebolde son fils, qui le tint jusqu'à l'an 900. Louis son frère lui succéda dans tout ce royaume et le gouverna jusqu'en 912. Charles de France, frère cadet de Lothaire roi de France, fut fait roi ou duc de Lorraine, par l'empereur Othon III en 977. C'est sur cela qu'est fondé l'usage de le nommer Charles Io duc de Lorraine. On doute s'il fut duc ou roi de tout ce pays, ou seulement de la Basse-Lorraine. On peut voir au tome I de l'Histoire de Lorraine, la succession des rois et ducs de Lorraine, jusqu'à Gérard d'Alsace , qui fut nommé premier duc héréditaire de ce pays en 1048 par l'empereur Henri III. J'entreprends dans cet ouvrage de donner la Notice de la Lorraine, non du royaume d'Austrasie, ni du royaume de Lorraine dans l'étendue qu'ils avaient autrefois sous les rois d'Austrasie, et sous les rois de Lorraine qui ont succédé à Lothaire, qui lui donna son nom vers l'an 858; mais de la Lorraine Mosellane , telle qu'elle a été possédée par le duc Léopold I" jusqu'en 1729 et par le duc François son fils, jusqu'en 1757 et par le roi de Pologne Stanislas , qui la possède aujourd'hui. De plus, j'entreprends de donner la Notice des duchés de Lorraine et de Bar; de l'archevêché de Trèves, des trois évêchés de Metz, Toul et Verdun; du duché de Luxembourg et des principautés, comtés et seigneuries qui se trouvent enfermés dans cette étendue de pays.

Quoique la Lorraine ne comprenne ni le duché de Luxembourg, ni les terres de l'électorat de Trèves situés en-deçà du Rhin , nous ne laisserons pas d'en donner la Notice; mais, moins détaillée que de la Lorraine proprement dite, qui renferme les trois diocèse de Metz, Toul et Verdnn , l'archevêché de Trèves , les comtés de Blâmont, de Salm , de Vaudémont, de Chaumontais, de Remiremont, de Lunéville, de Castres, d'Apremont, de Sarbruche, de Chini, la principauté de Chimay, le Marquisat de Pont-à-Mousson.

Les pagus, ou pays, ou contrées de Port, de Saintois, de Soulosse, d'Ornois , de Barrois, de Bassigni, de Saulnois, de Blamontois , de Blois , Blesensis, de Void , de Charpenois , le Toulois, le Vermois , la Voivre. De ces pagus on a fait des contrées ou comtés.

Les territoires des grandes villes étaient souvent nommés civitas, de même que les villes mêmes et les cités.

Ces pagi étaient sous-divisés en centaines et en vicairies. La centaine comprenait plusieurs villages gouvernés par un centenier qui avait sous lui des Vicaires nommés Viguiers en quelques provinces des Gaules. Ces officiers avaient leurs fonctions distinguées dans leurs districts , en guerre et en paix.

Je donne l'Histoire ancienne et moderne des principales villes de ce pays, et même celle des bourgs et des villages qui font quelque figure dans l'histoireancienne ou moderne : des abbayes, des prieurés, des chapitres et des principaux établissemens sacrés ou civils; des camps romains , des châteaux, des palais royaux des anciens rois d'Austrasie, des antiquités remarquables qni se voient en chaque lieu, et même des monumens modernes qui méritent quelque distinction : ce qui regarde les églises des lieux, leurs patrons, leurs revenus. On trouvera dans cet ouvrage une infinité de particularités et de circonstances historiques, qui n'ont pu trouver place dans l'Histoire générale du pays.

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v Je ne me suis pas engagé à parler de toutes les villes, bourgs et | villages qui se trouvent dans la Lorraine, le Barrois, les trois évêchés, le Luxembourg et l'archevêché de Trèves. Une telle entreprises est au-dessus de mes forces. Je me suis contenté de traiter les villes, bourgs et bourgades qui fournissent plus de matière par rapport à l'histoire du pays. Mais j'ai donné une liste détaillée de tous les lieux de ces provinces, et marqué de quel Diocèse et de quel baillage ils sont. J'ai beaucoup profité pour le détail des lieux de la Lorraine et

du Barrois, du travail du R. P. Benoît Picard, capucin, dans son

Histoire de Toul, et dans son Pouillé du même diocèse. Je me

suis servi de son Pouillé écclésiastique et civil du diocèse de Toul,

imprimé par ordre de M. de Camilly, évêque de Toul, à Toul, en 1711 , in-8° en 2 vol. et j'ai souvent copié ce qu'il dit des paroisses du diocèse, des patrons des églises, de leurs collateurs, des revenus et charges desdites églises, du partage des dîmes, etc.,

r - • - sans prétendre m'en rendre garant, ni les autoriser, bien informé !

que ce Pouillé n'a été ni approuvé ni autorisé, ni admis par la cour souveraine de Lorraine. J'en rapporte historiquement ce que j'y ai trouvé, n'ayant pas été à portée de faire mieux, ni de m'informer en particulier dans chaque paroisse, de ce qui les regarde , bien per

suadé que ce que les curés pourraient m'en dire, ne serait pas plus certain que ce qu'en dit le R. P. Picard. Je suis très-disposé d'ailleurs à

· profiter des lumières et des avis , que des personnes plus éclairées voudront bien me donner sur tout cela. J'en dis de même à proportion des Mémoires Alphabétique pour servir

à l'histoire, au Pouillé et à la description générale du Barrois, impri

més à Bar-le-Duc , in-12, en 1749 , dont M. de Maillet , conseiller à Bar, passe pour auteur.Je n'ai pas prétendu donner à ces ouvrages

une autorité nouvelle en les citant ; mais n'ayant rien de mieux ,

je les ai suivis et cités en historien , qui ne prend point de parti.

J'ai fait copier le Pouillé de l'église de Metz, renouvelé en 1544, par Hugues Nicolas , Chanoine de Metz, et curé de Rosonville, Archiprêtre de Gorze : mais il ne m'apprend que le nom des Eglises , des

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