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ne sont pas d'un débit facile, mais qui, accompagnées de ■■»marchandises de prix, se vendent, jcoujQigis, avantageusement. : Cet inconvénient, tout inévi^le qu'il est, ne paroît cependant pas fans., remede,.! Xoríque les Hollarfdois envoyoient de Surate 6c de Coromandel à la Cochinchine des vaisseaux chargés de toiles, de plomb, de salpêtre , &c. on leur laiílbit leurs, denrées. ,j parce qu'ils avoient la précaution de payer totfs Jes ans une certaine somme pour chaque navire qui abordoit dans les ports. Ijes autrep Nations auroient pu recourir au même expédient; mais en voulant s'exempter d'un tribut modique, qu'il étoit sage-de payer, elles ont porté un cx>uJp..#*ortel;, à leur commerce. Au reste , les Cochinchinois, depuis plmjeqrs années , font devenus beaiicoup r plus modérés unff quelles que soient leurs exactions, elles n'approchent pas de celles des Tong-kinois; dont cependant le commerce se soutient toujours, uniquement par ses rapports constans avec les Etrangers. . . [a 'n •. '/n

L'argent du Japon est le .seul, qui ait cours à: la. (Cochinchine; on le reçoit au poids. La monnoie du pays est de cuivre , ronde, large comme nos jetons ordinaires , 6c trouée vers le milieu, pour qu'onj puifljb Venfiler en forme de chapelet. On met trois cents pieces d'un côté, 6c trois cents de l'autre; ce qui passe,chete les Cochinchinois píour un mille, parce que, dans six cents, il se-rencontre dix fois soixante, ce qui fait un siecle chez presque tous les Peuples orientaux. \ II n'est peut-être pas de pays où les .Marchands sokritj plus sujets à se Tromper fui. Ianvaleiirir4e ,k>monnoiè : celà vient de ce que ces pieces font égales par la figure 6c la matiere, & que la différence qui en regle le prix ne consiste que dans les caracteres qi/on y imprime. D'un côté, on y lit quatre lettres Chinoises, & rien de l'autre. La prudence exige qu'on ait des personnes sûres pour décider de la bonté & de la valeur des pieces, & qu'on en spécifie toujours la nature , lorsqu'on fait un marché: autrement on court grand risque d'être la dupe des Marchands Cochinchinois , qui s-'applàudissent toujours. d'avoir trompé un Européen.

On a répandu le bruit en Europe , que quand un vaisseau marchand échoue ou relâche en Cochinchine , le Roi s'empare des effets, si le gouvernail du navire est rompu. Ce bruit est fans fondement. Lorsqu'un vaisseau fait naufrage , il est mieux reçu en Cochinchine que par-tout ailleurs. On lui envoie 'des barques pour sauver l'équipage; on fait plonger & jeter des filets dans la mer, pour recouvrer les marchandises; enfin on n'épargne ni foins ni peines pour remettre le vaisseau en état. II n'y a que deux choses qui puissent nuire au commerce des Etrangers à la Cochinchine, encore est - il facile d'en éviter une. La premiere regarde la sortie des navires. Quand on attend la veille ou le jour du départ pour demander fes dépêches, il arrive très-souvent que 'les vaisseaux manquent leur voyage; ce qui occasionne des pertes immenses , & capables de ruiner pour toujours un Négociant. II faut avoir foin de solliciter fesj dépêches un mois auparavant, &, en usant de cette précaution, on est sûr de les obtenir & de. partir' au temps marqué. La seconde, qui est inévitable , est la nécessité où l'on se trouve quelquefois de donner les marchandises à crédit, parce que le paiement est toujours plus tardif .=

qu'on ne l'a stipulé. Ce n'est cependant pas I-intention Dcucomím^ du Prince : tous les Négocians qui ont fait parvenir jusqu'à lui leurs plaintes sur ces injustes délais, ont été satisfaits sur le champ, & souvent même avec usure.

ARTICLE IV. .
Du Thibet.

J jE Thibet est connu fous différens noms. Les Chi- —nois l'appellent Tsang; les Tartares, Barantola , Bout- Du Thlbettan , Tangout. Les uns & les autres le désignent encore fous le nom de royaume de Lasa, parce que c'est dans le pays de Lasa que le Dalaï-Lama tient fa Cour. On donne à cette vaste contrée six cent quarante lieues d'étendue d'orient en occident, & six cent cinquante du nord au sud. Le Thibet est renfermé entre le pays de Kokonor , les provinces de Se-tchuen & d'Yunnan, le royaume d'Ava , les Etats du Mogol, la Buckarie, & le grand désert de Cobi.

Ce n'est que vers l'an 410 de notre Ere qu'on commence à découvrir quelques faits distincts & suivis dans l'Histoire du Thibet. On voit qu'il existoit alors un Prince désigné fous le titre de Tousan, lequel s'assujettit les peuples des provinces de Chen-si & de Se-tchuen, & qui poùflà fes conquêtes jusqu'à se rendre maître du Thibet. Lui & ses successeurs'y régnerent pendant plus d'un siecle, fans avoir aucune communication avec laChine,.

Long-han , Prince Toufan , est le premier Souverain du Thibet qui commença, vers l'an 634, à envoyer des Ambassadeurs à la Chine. Sept ans après, ce même Prince épousa la fille de l'Empereur , & cette alliance accrut tellement sa puissance , qu'il vint à bout de soumettre à sa domination tous les peuples qui étoient à l'occident de la Chine. Cette puissance des Princes Toufans se soutint pendant près de deux cents ans; elle s'affoiblit ensuite, èc se trouva presque anéantie vers l'an 907 , sur la fin de la dynastie des Tang. Plusieurs petits Etats se formerent alors dans le Thibet. Les Religieux ou Prêtres de ce pays commencerent insensiblement à posséder de grands domaines , & peu à peu les Supérieurs des divers Monasteres se rendirent si puissans, qu'ils exercerent chez eux une autorité presque souveraine. II paroît cependant qu'il y eut toujours un Prince qui portoit le titre de Roi du Thibet; mais ces Princes, fous la dynastie des Song, étoient tributaires de la Chine.

Cet état de décadence continua d'augmenter jusqu'à ce que Chi-tfou, premier Empereur de la dynastie des Yven, divisât le pays du Thibet en plusieurs provinces ou départemens, dont le principal sut Ouffe-hang : c'est la partie la plus fertile du Thibet, èc celle qui offre le climat le plus doux; c'est là qu'est située Lasa, devenue la résidence ordinaire du souverain Lama. II fe trouvoit alors dans cette contrée un Bonze ou Religieux appelé PaJJèpa. L'Empereur lui accorda le titre de Prince, l'honora du sceau d'or, & lui permit d'établir des tribunaux dans le pays de OuJJe-hang , & dans les autres parties du Thibet. II obtint encore le titre de Maître ou Instructeur de l'Empereur, de Docteur de l'Empire , de Chef de la Loi , & même celui de Ouang, qui signifie Roi ou Regulo. Ses fuccesseurs furent honorés de titres semblables , & furent, comme lui, tributaires des Empereurs Chinois.

En 1414, vers le milieu du regne de Yong-lo , huit autres Bonzes reçurent de l'Empereur le titre de Ouang, accompagné des mêmes prérogatives dont nous venons de parler. Leurs titres désignoient de grands Docteurs, des Maîtres de la Loi, des Propagateurs zélés de cette Loi;.mais ces dénominations pompeuses ne les diípensoient pas de payer le tribut qui leur étoit imposé. 'Leg jPrinces Bonzes du Thibet prirent le titre de Grands Lamas,,, vers, l'an' 1426• Le plus puissant d'entre eux, npmmé Tsong-kepa „ faisoit sa résidence à Lasa; il étoit reconnu pour le Chef de tous les Lamas. C'est lui qui rendit dominante la loi du chapeau jaune : car il faut observer qu'il est deux sortes de Lamas; les uns à chapeau jaune, les autres, ^. chapeau rouge. Son fuccesseur fut le premier qui établit un Typa, ou premier Ministre, qu'il chargea du soin de gouverner ses Etats. Celui qui vint enfuite fut aussi le premier qui prit le titre de Dalaï-Lama, titre éminent, qui l'élevoit de beaucoup au dessus des autres; car Dalaï signifie physiquement & moralement étendu , grand & presque sans bornes.

Les Princes Lamas n'étoient cependant pas encore les seuls Souverains du Thibet. Vers le commencement du dernier siecle, un Prince, appelé Tsangpa-han, en possédoit une grande partie à l'ouest de,Lasa. Sa domination s etendoit jusqu'aux sources du Gange, fur le pays de $rsinigflr,, arrosé, pa^, le. ;même fleuve. Le P. d'Andrada>y

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