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x v.

S B - T C H O U S S.

Ching, province.
Ta, grands ,
Siao, petits,
Nan, nommes,
Niu, femmes,
Kong, en tout:
Eui, deux
Pei, cent

Che, } scPtante
Pa, huit
Ouan;
Eui, deux
Tfien, mille
Kieou, neuf
Pei, cent

et', } scPmtc
Leou, six.

( 1,781,97*.)

XVI.

Ching, province.

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XVII.
Qvaxg-si.

Ching, province.
Ta, grands,
Siao, petits,
Nan, hommes,
Niu, femmes,
Kong, en tout:
San, trois
Pei, cent
Kieou, 1

CJtt, f nonantc
Se, quatre
Ouan;
Tfi, sept
Tfien, mille
Se, quatre
Pei, cent
Y,

quatorze.

Population de l* Chint>

Che A

st, y

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L'envoi de ce dénombrement étoit accompagné d'un état de comparaison des années vingt-cinq & vingt-six du regne deKiEN-LONG, c'est-à-dire, des années \-jgo0li-j6i. Dans la premiere, on comptoit à la Chine 196,837,977 bouches; dans la seconde, on en trouve 198,114,553: il résulte donc une augmentation de 1,376,576 dans le cours d'une seule année. Mais vingt autres années se sont écoulées depuis l'époque de ce dénombrement; & puisqu'il est prouvé par les faits que la population fuit depuis long-temps à la Chine une marche progressive, n'est-il pas dès-lors à présumer que cet Empire contient aujourd'hui plus de deux cents millions d'habitans? On conviendra fans doute qu'il n'est aucun Souverain dans l'Univers qui commande à autant d'hommes, réunis en une iriême société, & régis par les même loix.

Mais d'où provient, dira-t on, cette intarissable multiplication cation d'hommes dans cette partie reculée de l'Asie ? Est- S55S elle due aux seuls germes physiques; ou ceux-ci ne sont- Popul ils fécondés à ce point que par l'influence des institutions morales & politiques? II feroit difficile de donner une solution précise de ce problême; mais on peut dire, en général, que les causes les plus apparentes de cet excès de population font les suivantes : i°. la piété filiale maintenue au milieu de cette grande nation, & les prérogatives de la paternité, qui font qu'un fils est la plus riche & la plus sûre propriété de son pere; 2°. la honte attachée à la mémoire de ceux qui meurent fans postérité; 3°. les mœurs générales, qui font du mariage des enfans la plus grande affaire des peres & des meres; 4°. les honneurs que le Gouvernement décerne aux veuves qui ne convolent pas à de secondes noces; 5°. les adoptions fréquentes qui soulagent les familles & en perpétuent les branches; 6°. le retour des biens à la souche par l'exhédération des filles; 7°. la solitude des femmes, qui les rend plus complaisantes pour leurs époux , qui fauve leur grosseíle d'une foule d'accidens , & les force de s'occuper du foin de leurs enfans; 8°. le mariage des soldats; 9". l'immutabilité des impôts, qui, toujours attachés aux terres, ne tombent jamais qu'indirectement sur le Marchand & l'Artifan; io°. le petit nombre des Marins & des Voyageurs; u", le grand nombre de ceux qui ne restent chez eux que par intervalle; 12°. la profonde paix dont jouit l'Empire; 13°. la vie frugale & laborieuse, même des Grands; 14°. l'exemption du vain préjugé de mésalliance; 15°. la politique ancienne de distinguer les hommes fans distinguer les familles, en

Oo

——TSS n'attachant la noblesse qu'aux emplois & aux talens, Population^ de la permettre qu'elle devienne héréditaire; i6°. la décence des mœurs publiques, & l'ignorance des scandales de la galanterie.

ARTICLE III.

Fertilité de la Chine; causes des famines fréquentes qu'on

y éprouve.

L T^ous les Voyageurs s'accordent dans leurs récits fur

Fertilité de la |a fenm je laChine, fur 1 etendue & la beauté de fes

Chine s causes des . . .

famines fréquentes plaines. On n y voit ni enclos, ni haies, ni fosses, ni aiï on y éprouve, presque aucun arbre, tant le Cultivateur Chinois craint de perdre la moindre portion de son terrein. Les plaines des provinces septentrionales produisent le froment; celles du midi portent du riz, parce que le pays est plus bas & plus aquatique. Les terres, dans plusieurs provinces, portent deux moissons dans Tannée; 8t même, dans l'intervalle des deux récoltes, on y feme encore plusieurs fortes de petits grains & de légumes.

Mais comment concilier cette fertilité des terres avec ces famines 'cruelles & ces disettes générales qui désolent si souvent la Chine? Comment arrive-t-il qu'un peuple sobre, actif, industrieux, qui habite les plus fertiles contrées de l'Univers, qui est gouverné par des Princes dont la fageíle & la prévoyance font le principal caractere, se trouve si fréquemment exposé à ce fléau destructeur; tandis qu'on voit en Europe des pays stériles, habités par des peuples qui manquent de la plupart de ces avantages , n'éprouver presque jamais les horreurs de la

famine> Fertilité de U

Ce problême paroît difficile à résoudre à ceux qui n'ont fand^s fréquentes qu'une connoiílance superficielle de la Chine; mais un quonyéprouve, coup-d'œil réfléchi sur le local des différentes parties de cet Empire & sur la police de ses grains, suffit pour expliquer ce fait & dissiper le doute de la contradiction.

Deux causes concourent à produire dans ce royaume ces affreuses famines. i°. Lorsque des accidens naturels, tels que la sécheresse, la grêle , les inondations , les insectes, font manquer les récoltes de Tannée: dans quelque disette absolue que soit la Chine, non seulement elle ne peut tirer aucun secours de ses voisins, mais elle se trouve encore dans la nécessité de leur en fournir. Qu'on observe ses frontieres & les peuples limitrophes: en commençant par la province d'JTun-nan, & remontant ensuite vers le nord par les provinces de Koèi-tcheou, de Setchuen & de Chen-Ji, jusqu'à la grande muraille, on ne trouvera que des montagnes affreuses, la plupart peuplées jusqu'ici des sauvages Miao-Jfe, dont nous avons parlé.

Au nord de la Chine, font les Tartares MongouxJ nation soumise, il est vrai, mais extrêmement paresseuse, qui ne feme du millet que pour son usage, & fait sa principale nourriture de la chair de ses troupeaux.

Au nord-est , est la province de Leao-tong qui est trèsfertile, mais trop éloignée de Pe-king & du centre de l'Empire , pour y faire parvenir ses denrées. D'ailleurs le transport en est impraticable dans toute autre saison que l'hiver : c'est le temps où l'on apporte de cette contrée

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