Images de page
PDF
ePub

i _l on ne manquera jamais de grains pour se nourrir, ni de

iLoixCiviUs. vêtemens pour se couvrir.

Cette conclusion si simple n'est rien moins que triviale. Elle nous indique & le motif de cette Ordonnance, 8c ce qui doit résulter de son exécution.

Art. V. Que la frugalité, la tempérance, la modestie, 8c une économie non avare, deviennent les objets de vos réflexions & la regle de votre conduite.

Art. VI. Qu'on entretienne avec foin les Ecoles publiques; & sur - tout qu'on y forme les jeunes étudians aux bonnes mœurs.

Art. VII. Que chacun s'applique aux devoirs, aux seules fonctions de son état; elles en seront mieux exercées.

Art. VIII. Qu'on extirpe avec foin les Sectes dès leur naissance; il feroit trop tard après.

Art. IX. Qu'on inculque souvent au Peuple les Loix pénales établies par l'autorité souveraine. Les esprits grossiers & indociles ne peuvent être contenus que par la crainte.

Art. X. Qu'on s'instruise parfaitement des loix de la civilité & de l'honnêteté; elles font les appuis de la concorde.

Art. XI. Qu'on s'applique essentiellement à bien éduquer les enfans, 8c les freres cadets.

{JSfota). Cet article nous rappelle qu'à la Chine, comme dans quelques-unes de nos Provinces, les droits du cadet font bien inférieurs à ceux de l'aîné, quoique celui-ci soit souvent inférieur à l'autre en mérite.

Art. XII. Qu'on s'abstienne de toute accusation calomnieuse.

Art. XIII. Qu'on ne recele aucun de oes coupables que leur crime condamne à mener une vie errante & vagabonde; les recéler, c'est se rendre leur complice.

Art. XIV. Qu'on soit exact à payer les contributions établies par le Prince; on fera à couvert des recherches & des vexations de ceux qui les exigent.

(Nota). Les vexations des préposés à la perception des impôts existent donc aussi à la Chine? Mais le Chef de ce vaste Empire trouve qu'il est encore plus facile à tous les contribuables de payer, qu'à lui de prévenir ces vexations.

Art. XV. Qu'on agisse de concert avec les Chefs de quartier établis dans chaque ville; c'est le moyen de prévenir le larcin, & de ne pas laiíler échapper ceux qui en font coupables.

Art. XVI. Qu'on réprime les saillies de la colere, on fera à couvert de tout péril.

On voit par la forme de ces Ordonnances, que les Souverains de la Chine donnent à leurs réglemens même celle de préceptes & de maximes. Chez nous Texpofé du motif de telle ou telle Loi précede toujours la Loi;, chez eux la Loi précede toujours l'expofé du motif.

Les Rits ne forment point, en matiere civile, le seul Code des Chinois; il faut toujours, & par-tout, que l'autorité vienne au secours du zele. Nous allons rapprocher encore d'autres Loix émanées du trône en différens temps, & fur différens objets d'administration intérieure.

Celles qui concernent les mariages font très-étendues. Un Chinois ne peut avoir qu'une femme légitime; il est même nécessaire qu'elle soit d'un rang, d'un âge à peu près égal au sien. Au surplus, il lui est permis d'avoir plusieurs concubines. Celles-ci font reçues dans la maison sans aucune formalité. II a pourtant fallu d'abord payer à leurs parens une somme plus ou moins forte, & s'engager par écrit de bien traiter leur fille.

Ces femmes de la seconde claíle dépendent totalement de la femme légitime; elles font, ou doivent être, toujours à ses ordres; leurs enfans son réputés les siens. Ils lui donnent le nom de mere, & ne peuvent le donner qu'à elle. Ils doivent, à fa mort, porter le deuil durant trois ans , s'absenter des examens, quitter leurs gouvernemens, leurs charges. La mort de leur propre mere ne les assujettit à aucune de ces conditions.

L'homme devenu veuf, la femme devenue veuve, peut contracter un second mariage. Alors l'égalité de rang & d'âge n'est plus une condition néceílaire; le nouvel époux peut même choisir parmi ses concubines celle dontîl veut faire fa femme légitime; dans tous les cas, ce nouveau mariage exige peu de formalités.

Une veuve qui ailes enfans, devient absolument maîtresse d'elle-même; sesparens ne peuvent la contraindre ni à rester dans fa viduité? ni à se marier une seconde fois.

Les

Les veuves, d'une condition médiocre, ne jouissent pas ——— *du même privilége, lorsqu'elles n'ont point d'enfans mâles. Lotx Clvlíes-Les parens de leur premier mari peuvent les remarier fans leur aveu , fans même les en prévenir. La Loi les autorise à en disposer de la forte, pour se dédommager en partie des sommes qu'elles ont coutées à leur premier époux: c'est proprement les vendre. Mais font-elles restées enceintes , ce trafic est suspendu. II n'a plus lieu si elles accouchent d'un enfant mâle.

Cette Loi souffre, toutefois, deux exceptions; l'une, quand les parens de la veuve lui assignent de quoi subsister, & dédommagent ceux du mari désunt; l'autre, quand elle se fait Bonzesle.

Le divorce est permis à la Chine, comme il le sut chez tous les Peuples anciens, mais avec moins de facilité, & dans certains cas feulement, tels que l'adultere, l'antipathie , l'incompatibilité des humeurs , l'indiscrétion, la jalousie, la désobéissance absolue, la stérilité , 8c des maladies habituelles , qui se communiquent.

II n'est permis ni de renvoyer , ni de vendre fa femme avant que le divorce ait été ratifié par la Loi. Dans le cas contraire, elle féviroit également contre le vendeur & l'acheteur.

Si une femme, dite légitime, s'échappe furtivement de la maison de son mari, celui-ci réclame la Loi; elle prononce; & il peut vendre la sugitive, qui dès-lors cesle d'être fa femme , & devient son esclave.

La Loi vient aussi au secours de toute femme que son mari abandonne. Qu'il s'absente trois ans, elle peut s'adresíèr aux Mandarins, & leur exposer fa situation. Ceux-ci

N nn

peuvent l'autoriser à prendre un autre époux. Elle seroit

loix Civiles, rigoureusement punie, si elle anticipoit sur leur aveu.

Dans certaines circonstances la Loi défend de contracter un mariage, ou le déclare nul, s'il a eu lieu malgré ses dispositions. Les voici:

i°. Si une fille a été promise à un jeune homme, que les présens aient été envoyés & acceptés par les parens des deux suturs, la fille ne peut plus avoir d'autre mari.

2°. Si, à la place d'une belle personne qu'on aura fait voir à l'entremetteuse, on en substitue une autre d'une figure désagréable ; ou si l'on marioit la fille d'un homme libre avec son esclave; ou enfin si celui qui donneroit son esclave à une fille libre, persuadoit aux parens de la fille qu'il est son fils ou son parent, le mariage est nul dans toutes ces différentes suppositions, & tous ceux qui ont participé à la fraude sont rigoureusement punis.

3 °. Défense à tout Mandarin de Lettres de s'allier à aucune famille de la province ou de la ville dont il est Gouverneur. Le mariage est nul, s'il déroge à cette Loi, & lui-même est condamné à une rude bastonnade.

4°. Le mariage est interdit à tout jeune Chinois durant le deuil, soit de son pere, soit de fa mere. Si les promesses se sont faites avant cette mort, tout engagement cesse à cette époque. Le jeune homme doit avertir de cet événement les parens de la fille qui lui étoit promise. Ils ne sont point, pour cela, dégagés de leur promesse. Ils laissent expirer le temps du deuil, écrivent ensuite au jeune homme pour lui rappeler son engagement. La fille est libre , s'il n'y persiste pas.

Le mariage est également suspendu, si la famille eíliûe

« PrécédentContinuer »