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distingue des cités ordinaires, excepté l'étendue de son ressort, qui comprend quatre villes du second ordre & trente du troisieme.

Kouei-te-fou a sous fa dépendance une ville du second ordre, & six du troisieme. Située dans une plaine vaste & fertile, & au milieu de deux grandes rivieres, il ne lui manque pour être opulente, que d'être plus marchande & plus peuplée; l'air y est pur, & l'on y mange des fruits excellens. Le caractere du peuple a^J'habite, est d'une douceur & d'une affabilité qui surprennent tous les Étrangers.

Tchang-te fou est une des villes les plus septentrionales de la province. On y remarque deux choses ; la premiere est un poisson de la figure du crocodile, dont la graisse est d'une nature si singuliere, que si on la brûle il n'est pas possible d'en éteindre la flamme; la seconde est une montagne voisine, dont le penchant est si rapide & de si difficile accès, que dans les temps de guerre, les habitans s'y résugient & y trouvent un sûr asile contre la violence & les insultes des soldats. Cette ville compte dans son ressort une cité du second ordre, & six du troisieme.

Le territoire de Ouei-kiun-fou & de Hoai-king-fou est très-fertile en simples & en plantes médicinales ; c'est tout ce qu'on y trouve de particulier. L'une & l'autre ont fous leur jurisdiction six villes du troisieme ordre.

Honan-fou est située au milieu des montagnes, & entre trois rivieres; les Chinois croyoient autrefois que cette ville étoit le centre de la terre, parce qu'elle est au milieu de leur Empire. Son ressort est fort étendu, car il contient une ville du second ordre & treize du troisieme.

Une de ces villes, nommée Teng-fong-hien, est célebre

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Province de Ho - nan.

58 DESCRIPTION GÉNÉRALEpar la tour que le fameux Tcheou-kong y éleva pour observer les astres: on y voit encore un instrument dont il se servoit pour prendre l'ombre du midi y afin de connoître l'élévation du pôle. Cet Astronome vivoit plus de mille ans avant J. C. & les Chinois prétendent qu'il a été l'inventeur de la boussole.

Nan-yang-fou & Yu-ning-fou ont fous leur dépendance, l'une deux villes du second ordre & six du troisieme, 8c l'autre deux du seconds douze du troisieme ordre. On assure que dans la premiere les vivres font en si grande abondance, que des armées nombreuses y ont demeuré un temps considérable, fans que ses habitans s'apperçussent de la moindre disette. Les terres de la seconde ne sont guere moins fertiles; c'est tout ce qu'on peut en dire de particulier.

Province de Chan-tong.ARTICLE VIII.

Province de Chan-tong.

Chan-tong est bornée à l'ouest par la province de Pe-tcheïi & par une partie de celle de Ho-nan, au midi par celle de Kiang-nan , à l'orient par la mer orientale, & au nord par cette même mer & par une partie de la province de Pe-tcheli. On la divise en six contrées, qui renferment six villes du premier ordre, & cent quatorze du second & du troisieme. On y trouve de plus quinze ou seize forts bâtis le long des côtes, plusieurs bourgades considérables par leur commerce, & un grand nombre de petites ifles, dont la plupart ont des havres fort commodes four les sommes Chinoises, qui de là passent aisément en Corée: ou dans le Leao-tong.

Outre le grand canal Impérial qui traverse cette province, on y voit quantité de lacs, de ruisseaux & de rivieres qui ne contribuent pas moins à l'embelliílèment qu'à la fécondité de ses campagnes; cependant elle a beaucoup à craindre de la sécheresse, parce qu'il y pleut rarement. Les sauterelles y causent aussi quelquefois de très-grands ravages. II n'est peut-être point de contrée ou le gibier soit plus commun, ni où les faisans, les perdrix & les cailles se donnent à meilleur marché; il est vrai que les habitans de cette province passent pour les plus déterminés Chasseurs de tout l'Empire.

La riviere d'Yun, qu'on nomme autrement le canal Impérial, augmente beaucoup les richesles de cette province. C'est par ce canal que doivent néceslairement palier toutes les barques du midi de la Chine, destinées pour Pe-king. Leur abord est si considérable, & elles transportent une telle quantité de marchandises & de denrées de toute espece, que les seuls droits acquittés sur ce canal, montent chaque année à plus de dix millions. Toutes ces barques passent du fleuve Jaune dans le canal Impérial à So-tsien, d'où elles vont à Tci-ngin & de là à Lin-tcin, où elles entrent dans la riviere Oei. Le défaut d'une quantité suffisante d'eau pour les grosses barques a nécessité la construction d'un grand nombre d'écluses, qu'on rencontre dans le cours de cette navigation. Les obstacles que la Nature opposoit à l'exécution de ce superbe canal, les fortes 8c longues digues qui le contiennent, ses rives décorées 8c souvent revêtues de pierres detaille, le mécanisme ingénieux

Province
de Chan-teng.

Province de Chan-tong.

60 DESCRIPTION GÉNÉRALEde ses écluses, tout en fait un objet d'étonnement pour les Voyageurs Européens ; ils y admirent le même génie qui a présidé à l'exécution de notre célebre canal de Languedoc.

Outre les vers à foie ordinaires, on trouve encore dans cette'province une autre espece d'insecte, assez semblables à nos chenilles, qui donnent à la vérité une foie plus grossiere, mais dont on fabrique des étoffes beaucoup plus fermes. Comme celles-ci font plus de durée, il s'en fait un grand débit dans toute la Chine.

C'est dans cette province qu'est né I'ïmmortel Kong-sutsé ou Confucius, le plus éclairé, le plus sage & peut-être celui des Philosophes qui ait le mieux mérité ce nom.

Tfi-nan-fou » capitale du Chan-tong, est située au midi de la riviere de TJîng- ho ou Tjì. Cette ville est grande èc bien peuplée; mais ce qui la rend respectable aux Chinois, c'est qu'elle a été la résidence d'une longue suite de Rois, dont les tombeaux, élevés sur les montagnes voisines, forment un très-bel aspect.

TJì-nan a sous fa dépendance quatre villes du second rang, & vingt-six du troisieme. Ces villes n'ont rien de particulier, excepté Yen-tching , où il se fait une espece de verre si délicat & si fragile, qu'il se rompt lorsqu'on l'expose aux moindres injures de Tair.

Yen-tcheou-fou, qui est la seconde ville de la province, est située entre deux rivieres; l'air y est doux &c tempéré, & le séjour en est extrêmement agréable.

Le ressort de cette cité est très-étendu; elle a fous fa jurisdiction quatre villes du second ordre, & vingt-trois du troisieme. Une de ces villes, nommée Tçi-ning-tcheou, n'est inférieure à fa métropole, ni par fa grandeur, ni par la multitude de ses habitans, ni par la richesse de son commerce. Sa lìtuation fur le bord du grand canal y attire une foule de Négocians étrangers. Une autre non moins célebre, est Kìo-feou, qui a donné naissance à Confucius: on y voit encore plusieurs monumens élevés en l'honneur de ce grand homme.

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On assure que dans les environs d'une troisieme, on ramaíToit autrefois beaucoup d'or, &: c'est peut-être ce qui lui a fait donner le nom de Kin-kiang ou terre dorée.

Tong-tchang-fou a dans son ressort trois villes du second ordre, & quinze du troiíieme, hin-tçin-rchcou, située sur le grand canal, est la plus remarquable de ces cités; elle est l'abord de tous les vaisseaux , & , pour ainsi dire, le magasin général de toutes les marchandises qu'on peut désirer. Parmi les édifices qu'on y admire, est une tour octogone partagée en huit étages, dont les dehors, revêtus de porcelaine, font chargés de diverses figures artistement travaillées ; au dedans, les murs font incrustés de marbres de différentes couleurs : on a pratiqué dans l'épaisseur du mur un escalier par lequel on monte à tous les étages, d'où l'on passe dans de superbes galeries ornées de balustres dorés. Toutes les corniches &. les saillies de la tour font garnies de clochettes, qui, agitées par le vent, forment une harmonie assez agréable; le dernier étage renferme une idole à laquelle la tour est consacrée ; cette statue est de cuivre doré. Près de cette tour, font quelques temples d'idoles d'une assez belle architecture.

La ville de Tjîn-icheou-fou n'est ni moins étendues ni moins riche que la précédente. La principale branche de son commerce est le poisson; on y en pêche en si grande

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