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comparaison de ce qu'il rapportoit autrefois. Les naturels de l'ifle font en général très difformes, de petite taille, & d'une couleur rougeâtre; les hommes & les femmes portent leurs cheveux passés dans un anneau sur le front, & par-dessus un petit chapeau de paille, d'où pendent deux cordons qu'ils nouent fous le menton.

Leur vêtement consiste en une piece de toile de coton noir ou bleu foncé, qui les couvre depuis la ceinture jusqu'aux genoux; les femmes ont une esspece de chemisette de la même étoffe, &c se distinguent par des raies bleues qu'elles se font avec de Yindigo, depuis les yeux jusqu'au bas du visage. Les uns & les autres portent des boucles d'oreilles d'or & d'argent en forme de poire, &C très-bien travaillées. Leurs armes font Tare & la fleche; ils ont encore un coutelas qu'ils portent dans un petit panier attaché derriere eux à la ceinture; c'est le seul instrument dont ils se servent pour exécuter leurs ouvrages de charpente, ou pour couper les bois &c les broussailles, lorsqu'ils traversent les forêts. Parmi les animaux que l'ifle produit, on distingue une espece curieuse de grands singes noirs, qui ont les traits & la figure de l'homme; on prétend qu'ils font très-amoureux des femmes. On y trouve aufíì des corbeaux ornés de cravates blanches, des étourneaux qui portent sur le bec une petite lunette , des merles d'un bleu foncé avec deux oreilles jaunes, élevées d'un demi - pouce , & une foule d'autres oiseaux remarquables par leurs couleurs & leur chant.

Outre les mines d'or & d'azur qui enrichiílent l'ifle de Hai-nan3 on y voit quantité de bois rares & précieux. Le prédécesseur de l'Empereur actuel en fit transporter jusqu'à Pe-king, avec des frais immenses, pour orner ua palais qu'il destinoit à fa sépulture. Le plus estimé, appelé í par les gens du pays Hoa-li 3 &c par les Européens bois de rose ou de violette, à cause de son odeur, est un bois incorruptible, & d'une beauté que rien n'égale; aussi est-it réservé pour le service de l'Empereur.

L'iste de Hai-nan a mérité par sa situation, par sa grandeur 8c par ses richesses, d'être mise au rang des ifles considérables de l'Asie.

Non loin de là est une autre petite ifle, appelée communément San-cian; elle est célebre par la mort de Saint François Xavier. On y voit encore son sépulcre; ce tombeau est placé fur une colline, au pied de laquelle est une plaine couverte de bois d'un côté, & de l'autre ornée de plusieurs jardins. Cette ifle n'est point déserte , comme quelques* Voyageurs l'ont publié; on y trouve cinq villages, dont les habitans font de pauvres Pêcheurs qui ne vivent que de riz & de poisson.

Province de Quang tçng.

ARTICLE X I I L
Province de Quang-Jî.

Cette province est située entre celles de Quang-tong,
de Hou-quang, de Koei-tcheou, d'Yun-nan3 & le Royaume
de Tong-king; elle n'est comparable aux autres provinces,
ni pour la grandeur, ni pour le commerce; cependant elle
produit du riz en si grande abondance, qu'elle en fournit
pendant six mois à la province de Quang-tong, qui, fans
ce secours, feroit dans l'impuissance de faire subsister ses
nombreux habitans. Comme les montagnes dont elle est

Province
de Quang-si.

Province dt Quang - fi.

84 DESCRIPTION GÉNÉRALEcouverte, principalement vers le septentrion, abondent en mines d'or, d'argent, de cuivre 8c d'étain, un Gouverneur d'une ville du premier ordre présenta, il y a quelques années,, un Mémoire à l'Empereur, où il détailloit les précautions qu'on pouvoit prendre pour parer aux inconvéniens qui pourroient résulter de l'exploitation de ces mines: il marquoit, entre autres choses, que les gens du pays s'offroient à les ouvrir à leurs frais, & qu'on n'admettroit à ce travail aucun ouvrier qui n'eût une Patente de son Mandarin,.& qui ne donnât quatre répondans de fa conduite. L'Empereur ayant lu ce Mémoire, le renvoya au Hou- pou, ou Cour des Finances , pour l'examiner. Ce Tribunal' Souverain, après avoir délibéré, approuva ce qui étoit contenu dans l'écrit; mais il voulut,, fuivant ce qui s'étoit pratiqué autrefois en pareille occasion, qu'on donnât quarante pour cent à l'Empereur , 8c cinq pour cent aux Officiers & aux Soldats qui présideroient à l'exploitation. Dans la suite, le Prince se réserva les mines d'or, & les rìt ouvrir lui-même à ses frais.

II croît dans cette province un arbre assez singulier;; au lieu de moelle, il renferme une chair molle dont on fait de la farine; on prétend que le pain en est aílez bon. Outre les perroquets, les porcs-épies &- les rhinocéros, on y trouve une quantité prodigieuse d'animaux sauvages, de gibier ,. d'oiseaux rares, & d'infectes particuliers.

La province contient douze villes du premier ordre, 8C. quatre-vingt du second 6c du troisieme.

Quei-ling-fou, qui en est la capitale, tire son nom d'une fleur appelée quei; cette fleur vient sur un arbre dont les feuilles ressemblent à celles du laurier; elle exhale ane odeur si agréable & si douce, que tout le pays en est 2 parfumé.'

Quei-ling-fou est située fur le bord d'une riviere qui fe jette dans le Ta-ho; mais elle coule avec tant de rapidité, & parmi des vallées si étroites, qu'elle ne peut être navigable, ni d'aucune utilité pour le commerce. La ville est grande , & presque toute bâtie sur le modele de nos anciennes forteresses ; mais elle est de beaucoup inférieure à la plupart des autres capitales.

On trouve dans son territoire un grand nombre d'oiseaux; dont les couleurs font si vives & si variées, que pour rehausser, l'éclat des foies on y entrelace leurs plumes, qui font d'un éclat &: d'une beauté inimitables. Quei-ling a. fous fa jurifdiction deux villes du second ordre, èc sept du troisieme. Les autres villes de la province n'ont rien de particulier , leurs noms font , Lieou-tcheou-fou Kin-yuen-fou , Senguen-fou r Ping-lo-fou , Ou-tcheou-fou ». Sin-tcheou-fou Nan-ning-foH Tai-ping-fou , Se-ming-fou » Tchin-ngan-fou „ & Se-tchin-fou,

Toutes ces villes ensemble ont dans leur ressort trente villes du second ordre, &c quarante-une du troisieme.

Province de. Quang-fí..

ARTICLE XIV.
Province d'Yun-nan.

La province $ Y un-nan est bornée au nord parle Se-tchuen
& les terres du Thibet j à l'ouest par les Royaumes d'Ava-
& de Pegou , au midi par ceux de Laos & de Tong-king, &c dYun-
àlest par les provinces de Quang-fi 8c de Koei-tcheou.

Province

Province d'Yun - nan.

U DESCRIPTION GÉNÉRALECette province passe pour une des plus fertiles &c des plus opulentes de la Chine, & ses habitans ont la réputation d'être courageux, robustes, affables, & fort amateurs des sciences, qu'ils cultivent avec succès. Ses rivieres, ses mines d'or, de cuivre & d'étain, son ambre, ses rubis, ses saphirs, ses agates, ses perles, ses pierres précieuses, son marbre, son musc, sa soie, ses éléphans, ses chevaux, ses gommes, ses plantes médicinales, & son lin, lui ont acquis une célébrité qui la rend respectable aux Chinois. Son commerce est immense, ainsi que ses richesses qu'on dit être inépuisables.

Cette province a dans fa jurifdiction vingt-une villes du premier ordre, & cinquante-cinq du second &c du troisieme.

Yun-nan-fou, qui en est la capitale, étoit autrefois remarquable par son étendue & la beauté de ses bâtimens publics. On y voyoit des édifices superbes,de vastes jardins, des mausolées, des arcs de triomphe, &c des places bien décorées; mais les Tartares ont détruit ces monumens dans leurs diverses invasions, & la ville n'est plus aujourd'hui qu'une cité fort ordinaire, ce qui n'empêche pas que le Gouverneur de la province ny fasse fa résidence. Elle compte dans son ressort quatre villes du second ordre, &c sept du troisieme.

Comme on ne trouve rien de particulier dans les autres, nous ne ferons que les indiquer; leurs noms font: Lingngan-fou, Ta-li-fou, Tchou-hiung-fou > Tchin-kìang-fou a King-tong-fou. , Qu an g-nan-fou , Quang-fi-fou , Chunning-fou , Ku-tfing-fou, Yao-ngan-fou, Ko-king-fou3 Kou-tìng-soiL > Li-kìang-tou-fou , Yuen-kiang-fou 3 &C Mong-hoarfou» La sixieme, la septieme, la neuvieme, la

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