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dev. J.C.

fils d'Alexandre Jannée, qu’une ombre de puis- fome. sance; et enfin tout l'Orient : mais il n'eût pas eu où triompher de tant d'ennemis, sans le consul Cicéron qui sauvoit la ville des feux que lui préparoit Catilina suivi de la plus illustre noblesse de Rome. Ce redoutable parti fut ruiné par l'éloquence de Cicéron, plutôt que par les armes de C. Antonius son collégue. La liberté du peuple romain n'en fut pas plus assurée. Pompée régnoit dans le sénat, et son grand nom le rendoit maître absolu de toutes les délibérations. Jules César, en domptant les Gaules, fit à sa 696 et suiv. 58 patrie la plus utile conquête qu'elle eût jamais faite. Un si grand service le mit en état d'établir sa domination dans son pays. Il voulut premièrement égaler , et ensuite surpasser Pompée. Les immenses richesses de Crassus lui firent croire qu'il pourroit partager la gloire de ces deux grands hommes, comme il partageoit leur auto-, rité. Il entreprit témérairement la guerre contre 700 54 les Parthes, funeste à lui et à sa patrie. Les Arsa- 701 cides vainqueurs insultèrent par

de cruelles railleries à l'ambition des Romains, et à l'avarice insatiable de leur général. Mais la honte du nom romain ne fut pas le plus mauvais effet de la défaite de Crassus. Sa puissance contrebalançoit celle de Pompée et de César, qu'il tenoit unis comme malgré eux. Par sa mort, la digue qui les 905 49 retenoit fut

rompue. Les deux rivaux, qui avoient en main toutes les forces de la république, décidèrent leur querelle à Pharsale par une bataille 706 48 sanglante. César victorieux parut en un moment

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J.C. par

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tout l'univers, en Egypte, en Asie, en Mau47 ritanie, en Espagne : vainqueur de tous côtés, il 46

fut reconnu comme maître à Rome et dans tout 45 44 l’Empire. Brutus et Cassius crurent affranchir

leurs citoyens en le tuant comme un tyran, mal43 gré sa clémence. Rome retomba entre les mains

de Marc-Antoine, de Lépide et du jeune César Octavien, petit neveu de Jules César et son fils

par adoption, trois insupportables tyrans, dont 42 le triumvirat et les proscriptions font encore

horreur en les lisant. Mais elles furent trop violentes pour durer long-temps. Ces trois hommes partagent l’Empire. César garde l’Italie; et changeant incontinent en douceur ses premières cruautés, il fait croire qu'il y a été entraîné par ses collégues. Les restes de la répu

blique périssent avec Brutus et Cassius. Antoine 36 et César, après avoir ruiné Lépide, se tournent 32 l’un contre l'autre. Toute la puissance romaine 31 se met sur la mer. César gagne la bataille Ac

tiaque : les forces de l'Egypte et de l'Orient, qu'Antoine menoit avec lui, sont dissipées : tous

ses amis l'abandonnent, et même sa Cléopatre 30 pour laquelle il s'étoit perdu. Hérode Idumeen,

qui lui devoit tout, est contraint de se donner au vainqueur, et se maintient par ce moyen dans la possession du royaume de Judée, que la foiblesse du vieux Hyrcan avoit fait perdre entièrement aux Asmonéens. Tout cède à la fortune de César: Alexandrie lui ouvre ses portes : l'Egypte devient une province romaine : Cléopatre, qui désespère de la pouvoir conserver, se tue elle-même après

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de Rome.

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Antoine : Rome tend les bras à César, qui de-
meure, sous le nom d'Auguste et sous le titre
d'Empereur, seul maître de tout l’Empire. Il
dompte, vers les Pyrénées, les Cantabres et les 730
Asturiens révoltés : l'Ethiopie lui demande la paix: 732
les Parthes épouvantés lui renvoient les étendards 734
pris sur Crassus, avec tous les prisonniers ro-
mains : les Indes recherchent son alliance : ses
armes se font sentir aux Rhètes ou Grisons, que 739
leurs montagnes ne peuvent défendre : la Pan- 742
nonie le reconnoît : la Germanie le redoute, et 747
le Véser reçoit ses lois. Victorieux par mer et
par terre, il ferme le temple de Janus. Tout l'u-

nivers vit en paix sous sa puissance, et Jésus! Christ vient au monde.

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DIXIÈME ÉPOQUE.

Naissance de Jésus-Christ.

Septième et dernier dge du monde.

Ans de J.C.

Nous voilà enfin arrivés à ces temps, tant désirés par nos pères, de la venue du Messie. Ce nom veut dire le Christ ou l'Oint du Seigneur; et Jésus-Christ le mérite comme .pontife, comme roi, et comme prophète. On ne convient pas de l'année précise où il vint au monde, et on convient que sa vraie naissance devance de quelques années notre ère vulgaire, que nous suivrons pourtant avec tous les autres, pour une plus grande commodité. Sans disputer davantage sur l'année de la naissance de notre Seigneur, il suffit que nous sachions qu'elle est arrivée environ

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l'an 4000 du monde. Les uns la mettent un peu auparavant, les autres un peu après, et les autres précisément en cette année : diversité qui provient autant de l'incertitude des années du monde, que de celle de la naissance de notre Seigneur. Quoi qu'il en soit, ce fut environ ce temps, mille ans après la dédicace du temple, et l’an 754 de Rome que JésusChrist, fils de Dieu dans l'éternité, fils d’Abraham et de David dans le temps, naquit d'une vierge. Cette époque est la plus considérable de toutes , non-seulement par l'importance d'un si grand événement, mais encore parce que c'est celle d'où il

y a plusieurs siècles que les Chrétiens commencent à compter leurs années. Elle a encore ceci de remarquable, qu'elle concourt à peu près avec le temps où Rome retourne à l'état monarchique sous l'empire paisible d'Auguste. Tous les arts fleurirent de son temps, et la poésie latine fut portée à sa dernière perfection par Virgile et par Horace, que ce prince n'excita pas seulement par ses bienfaits, mais encore en leur donnant un libre accès auprès de lui. La naissance de JésusChrist fut suivie de près de la mort d'Hérode. Son royaume fut partagé entre ses enfans, et le principal partage ne tarda pas à tomber entre les mains des Romains. Auguste acheva son règne avec beaucoup de gloire. Tibère , qu'il avoit adopté, lui succéda sans contradiction, et l'empire fut reconnu pour héréditaire dans la maison des Césars. Rome eut beaucoup à souffrir de la cruelle politique de Tibère : le reste de l'Empire fut assez tranquille. Germanicus, neveu de Ti

bère,

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bère, appaisa les armées rebelles, refusa l’Empire, battit le fier Arminius, poussa ses conquêtes jusqu'à l'Elbe; et s'étant attiré avec l'amour de tous les peuples la jalousie de son oncle, ce barbare le fit mourir ou de chagrin ou par le poison. A la quinzième année de Tibère, saint Jean-Baptiste paroît: Jésus-Christ se fait baptiser par ce divin précurseur : le Père éternel reconnoît son Fils bien-aimé par une voix qui vient d'en haut : le Saint-Esprit descend sur le Sauveur, sous la figure pacifique d'une colombe : toute .la Trinité se manifeste. Là commence , avec la soixante-dixième semaine de Daniel, la prédication de Jésus-Christ. Cette dernière semaine étoit la plus importante et la plus marquée. Daniel l'avoit séparée des autres, comme la semaine où l'alliance devoit être confirmée, et au milieu de laquelle les anciens sacrifices devoient perdre leur vertu (1). Nous la pouvons appeler la semaine des mystères. Jésus-Christ y établit sa mission et sa doctrine par des miracles innombrables, et ensuite par sa mort. Elle arriva la quatrième année de son ministère, qui fut aussi la quatrième année de la dernière semaine de Daniel; et cette grande semaine se trouve, de cette sorte, justement coupée au milieu par cette mort.

Ainsi le compte des semaines est aisé à faire, ou plutôt il est tout fait. Il n'y a qu'à ajouter à quatre cent cinquante-trois ans, qui se trouveront depuis

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